Dark Horse – Craig Johnson

Je pris mon inspiration et contemplai les tourbillons des hautes herbes dans les prés. On aurait dit que quelqu’un les caressait aussi doucement que j’avais caressé les chevaux.
– Rien de tout cela ne me paraît convaincant, et ça m’inquiète.
Le bai tendit son museau et renifla mon haleine, ce qui me fit rire :
– Ils sont à Hershel.
Henry me rejoignit et rendit à Vic sa lampe-torche.
– Quoi ?
Je repoussai doucement la tête du bai.
– Ces chevaux doivent appartenir à Hershel – ils veulent toujours t’identifier en reniflant ton haleine.
– VTI.
Je lui lançai un coup d’oeil – un Vieux Truc Indien.

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Dark Horse – Craig Johnson

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Sur une idée de Chiffonnette

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En sortant de l’école – Jacques Prévert

jeudi-poesie

Allez chez Asphodèle lire les trouvailles des autres participants 😉

Aujourd’hui, je vous propose une vidéo : (un film d’animation réalisé par Lila Peuscet et Interprété par Renan Luce)

prevert

clic ici pour monter dans le train 

Il y a également la version avec Yves Montand

et pour ceux qui préfère lire le texte, le voici :

En sortant de l’école
Nous avons rencontré
Un grand chemin de fer
Qui nous a emmené
Tout autour de la terre
Dans un wagon doré
Tout autour de la terre
Nous avons rencontré
La mer qui se promenait
Avec tous ses coquillages
Ses îles parfumées
Et puis ses beaux naufrages
Et ses saumons fumés
Au-dessus de la mer
Nous avons rencontré
La lune et les étoiles
Sur un bateau à voiles
Partant pour le Japon
Et les trois mousquetaires
Des cinq doigts de la main
Tournant la manivelle
D’un petit sous-marin
Plongeant au fond des mers
Pour chercher des oursins
Revenant sur la terre
Nous avons rencontré
Sur la voie de chemin d’fer
Une maison qui fuyait
Fuyait tout autour de la terre
Fuyait tout autour de la mer
Fuyait devant l’hiver
Qui voulait l’attraper
Et nous sur notre chemin d’fer
On s’est mis à rouler
Rouler derrière l’hiver
Et on l’a écrasé
Et la maison s’est arrêté
Et le printemps nous a salué
C’était lui le garde barrière
Il nous a bien remercié
Et toutes les fleurs
De toute la terre
Soudain se sont mises à pousser
Pousser à tord et à travers
Sur la voie de chemin d’fer
Qui ne voulait plus avancer
De peur de les abîmer
Alors on est revenu à pied
A pied tout autour de la terre
A pied tout autour de la mer
Tout autour du soleil
De la lune et des étoiles
A pied à cheval en voiture
Et en bateau à voile

 

Lettre à Césaria

plumes2A l’est d’Eden, le 29 Avril 2013

Chère Césaria

Voir ton annonce dans le quotidien « Caprice des dieux » m’a fait très plaisir. Un peu comme une bouffée de tendresse dans un monde de violence.
J’ai répété plusieurs fois le texte de ton annonce : « Silence supect, se voir qd, où? courage, lutte avt éclaircie. Trust in you babe. C. »

D’abord, entendre un peu d’anglais m’a fait plaisir et puis ce message de confiance à l’état pur met du baume au coeur. Je me dis que là où tu es , tu es bien placée pour voir venir l’éclaircie.
Comme tu le sais peut être, ça y est, j’ai passé mon audition devant les deux Bigs Boss. Il faut que je te raconte tout en détail. Je suis toujours en quarantaine : quarante jours, je ne pensais pas que ce serait si long, cette séparation d’avec mes semblables. La première semaine, je n’ai pas trop compris ce qui m’arrivait : Moi qui n’ait jamais cru dans la vie de l’au-delà, le blabla horrifiant de la vie après la mort, and so one, j’ai été servie : J’étais aux premières loges pour mon enterrement, ce 13 avril 2013. Les voir tous défiler en ce jour de printemps m’a fait tout drôle. Un enterrement de première classe avec juste ce qu’il faut comme étalage de richesse. Ken Loach a même lancé une pétition pour que l’Etat ne paie pas mes obsèques. Je dois dire avoir bien ri à ce moment. S’ils savaient ce qui les attend !

Ils avaient fait le déplacement malgré l’éloignement. Ils étaient venus, ils étaient tous là, comme dit la chanson : 2300 invités, je ne vais pas tous les citer, ils venaient du Royaume mais aussi de l’étranger : des chefs d’états, des nobles et des moins nobles, des artistes, tout le dessus du gratin.

Mais raconter mon enterrement n’est pas l’objet de cette lettre, je voulais te remercier pour tes conseils avisés pour mon entrevue avec les Patrons. Dieu m’a paru un peu fatigué, il avait comme une incompréhension dans le regard. Par contre Satan pétait le feu. Heureusement que tu m’avais prévenu en quoi consistait ce grand oral : l’important c’est la préparation. J’avais donc révisé toute la nuit les paroles de Besame Mucho ! Ils sont gonflés quand même les boss de faire passer ce type d’épreuve pour savoir si le défunt doit aller au paradis ou en enfer. J’ai retenu tous tes conseils : être moi-même ! Ne pas déranger Dieu en le réveillant pendant sa sieste ! Rester humble devant Satan ! Et last but not least , ne pas essayer d’imiter les nombreuses personnes qui ont chanté Besame Mucho. En même temps je n’ai pas la voix sensuelle et à fleur de peau de Luz Cazal, le peps de Diana Krall ni le coffre d’Andréa Bocelli. Quand à me trouver des similitudes avec Dalida, peut être ai-je un peu copié sa coiffure mais je le jure c’est tout !

J’ai pensé un moment à chanter « Besame mucho » dans la mosaïque des 23 langues officielles de l’Union Europénne, mais comme tu sais, je suis une européenne un peu tiède et je n’aurais pas été convaincante. Encore que sur le sujet de l’Europe comme sur de nombreux autres, mes détracteurs m’ont diabolisée à outrance. Comme je partais avec un sérieux handicap, eu égard à ma notoriété, j’ai donc plutôt opté pour une grand sobriété lors de mon grand oral: je te fais bientôt parvenir mon dvd. J’espère pouvoir compter sur ta tolérance et ta solidarité.

Dieu avait l’air hagard, je l’ai déjà dit, je crois, quand j’ai commencé à chanter : j’ai un peu perdu le fil à un moment quand il faut parler de l’ultime fois  » Ultima vez », tu sais, moi, les chansons d’amour…. puis j’ai repris mes esprits. Belzébuth m’encourageait du regard. Je n’atteindrai pas ta performance , ma chère diva aux pieds nus, mais je crois que toutes proportions gardées, j’ai fait une prestation honnête, mettant en avant mes talents de dame de fer à la souplesse légendaire.

Quand je suis sortie de la salle, les deux boss se sont regardés d’un air entendu et ont affirmé : « On devrait se mettre d’accord sans disputes, hein? On dit de nous que nous sommes aux antipodes mais en fait nous sommes complémentaires ? ». Je ne sais pas si cela est bon pour mon cas : alors à ton avis vais je gagner les verts herbages de mes aïeux ou me retrouver en enfer ?

Bon, en tout cas le purgatoire, c’est pas pour moi, je suis trop entière, je ne sais que combattre et lever la tête.

Je dois te dire que j’ai hâte de savoir où je vais aller. Parce qu’en fait , ce n’est pas tellement OU on va qui est important – « Vivre au Paradis ou souffrir en enfer, cela m’est égal » – mais avec QUI on y va ! Quelqu’un a dit que l’enfer c’étaient les autres et bien dis lui, si tu le croise, qu’il se trompe :  « l’enfer c’est la solitude » ! Tu sais où il est Reagan ?

Ta Margaret Thatcher

les mots collectés par Asphodèle
tendresse, solidarité, incompréhension, mosaïque, regard, amour, handicap, souffrir, tolérance, dispute, similitude, solitude, séparation, complémentaire, richesse, éloignement, étranger, égal, déranger, combattre, hagard, herbage, horrifiant.

La consigne de Tu dînes ce soir
Il fallait écrire une lettre pour répondre à l’annonce suivante :
« Silence suspect, se voir qd, ou ? Courage, lutte avt éclaircie. Trust in you babe. C. »
En se mettant dans la peau de Margaret Thatcher et en écoutant Besame Mucho

j’espère que Cesaria Evora me pardonnera : Vous pouvez aller l’écouter ici 

Autour de la même consigne , ne manquez pas le billet de Carnets Paresseux 😉

Comment ça je me fais un film ?

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Suite à ce billet (que je vous invite à aller relire), j’ai reçu une proposition de boulot de g**gle que je ne pouvais pas refuser : un job complémentaire à mon travail actuel, un film publicitaire pour tout dire …. et qui  a été enregistré sur un weekend. Tous frais pris en charge à cause de l’éloignement !! A moi les heures supplémentaires et la richesse !!
Maintenant, vous ne pourrez plus me dire que je me fais des films puisque je suis une des 5 actrices principales des court-métrages que vous avez forcément vu, que vous viviez en France ou à l’étranger …Mais je sens que je ne suis pas claire, devant vos mines pleines d’incompréhension (Oui, vous êtes filmés quand vous venez par ici et je vois vos têtes incrédules!)

Un boulot de représentation MONDIALE, excusez du peu , j’en suis encore toute hagarde de la chance qui m’a été donnée. J’ai eu ce job grâce à ma couleur de peau, une sorte de discrimination positive….. Cet handicap génétique – on me croit souvent verte de rage ou au bord du mal de mer – s’est finalement révélé une force : il fallait à g**gle cinq acteurs pour cet évènement et je suis la seule jument verte que je connaisse. Mes compagnons dans cette aventure : deux rouges, deux bleus et un jaune…. Une mosaïque de couleurs, un feu d’artifice permanent….

Samedi, j’ai donc commencé ce nouveau boulot sur les chapeaux de roues , il fallait se déguiser un peu mais on me reconnait bien quand même sur la photo, droite comme un L , même si mes enfants m’ont dit « c’est qui le sapin de Noël sur la photo ? « . Avoir des enfants engendre parfois de grands moments de solitude !!.

Je dois dire que j’ai quand même un peu souffert parce que mon voisin immédiat, le rouge avec le tambour faisait énormément de bruit mais j’ai su combattre mes préjugés, renforcer ma tolérance….. une fois que j’ai récupéré des boules quiès.

DOODLEB
Après l’enregistrement de ce court métrage, d’autre figurants nous ont rejoint dans les gradins et je dois dire que je n’ai pu m’empêcher de sortir un bouquin comme on le voit sur le gif ci dessous. Du coup, j’étais un peu à contretemps sur la chorégraphie, mais les autres participants ont fait preuve de solidarité et ont fait le job sans me déranger pendant que je bouquinais. Je sautillais de temps en temps pour donner à ma prestation une similitude de mouvement.

google brasil 201406 16

Au moment de la séparation en fin de la journée (épuisante quand même ), on était triste que l’euphorie de cette aventure cesse d’un coup. Entre les rouges, les bleus, les jaunes et la verte, nous étions tous égaux, fraternels, altruistes, audacieux, érudits, sincères !! il n’y a pas eu une seule minute de dispute !! Nous avons baigné dans les joies de l’amitié à défaut de l’amoooouuur!!

J’ ai vu des larmes de tendresse dans le regard de mes compagnons (ou alors peut être était ce du soulagement de ne plus m’entendre mâcher mon chewing gum comme si c’était un herbage printanier ?).

Il est cependant l’heure que je rentre chez moi et je vous quitte à regret.
Ah et n’oubliez pas « Think different »

Les mots collectés par Asphodèle
tendresse, peau, solidarité, incompréhension, mosaïque, regard, amour, handicap, souffrir, tolérance, dispute, similitude, solitude, séparation, complémentaire, richesse, éloignement, étranger, égal, déranger, combattre, hagard, herbage, horrifiant.

Je n’ai pas mis horrifiant

Question subsidiaire : avez vous deviné quel livre j’ai lu dans les gradins 😉 ?

 

L’histoire de Chicago May – Nuala O Faolain

Je repris la direction de l’ouest sur un tronçon de route droite entre des arbres sombres. Soudain, en rafale, les phares de la voiture éclairèrent des bandes vermillon et dorées. Des affiches ! Les affiches d’un cirque. Sur deux kilomètres environ, il y en avait tous les quelques mètres, bariolées comme des perruches saluant en rang d’oignons. L’odeur de la tente chaude et de l’herbe écrasée me revint des jours où, quand j’étais enfant au milieu des champs verts et mornes, je voyais le cirque arriver d’un autre monde. L’incroyable éléphant. Les acrobates, comme des phoques sautant et plongeant dans les ténèbres sous le grand chapiteau. Les gens du cirque, avec leur maquillage criard et leurs caravanes qui répandaient cuvettes en fer-blanc, chiots et tissus exotiques sur le sol inégal.
May n’avait pas d’informations, pensai-je. Comment aurait-elle pu en avoir – enfant aux pieds nus au bord des tourbières dans un coin oublié d’un pays oublié ? Mais si, pour une raison ou pour une autre, elle avait su, elle avait senti intuitivement qu’il existait un monde ailleurs avec de la couleur, des fanfares et des femmes scintillantes qui se tenaient en équilibre sur le dos de poneys empanachés, qu’est-ce qui l’aurait empêchée de partir ?

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L’histoire de Chicago May – Nuala O Faolain

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Sur une idée de Chiffonnette

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L’hippocampe – Robert Desnos

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Gloire ! Gloire au bel hippocampe,
Cheval marin, cheval de trempe,
Qu’aucun jockey n’a chevauché,
Qu’aucun cocher n’a harnaché.

Hip ! Hip ! Hip ! Pour l’hippocampe.

Gloire ! Gloire au bel hippocampe. 
Dans une poche, sur son ventre, 
Il porte et il couve ses œufs. 
Là, ses petits sont bien chez eux.

Hip ! Hip ! Hip ! Pour l’hippocampe. 

(Robert Desnos, Chantefables, 1944-1945)

Un tirage au sort pour un livre à gagner

Bonsoir à tous 😉

Brize m’a donné une idée dans son article ici (elle offre un livre qui ne lui a pas plu…mais qui a plu à d’autres)

Je garde peu de livres, car j’offre ceux qui m’ont plu à des personnes ayant des goûts proches des miens, et les autres je les donne à la bibliothèque municipale où je suis connue comme le loup blanc (mais pas en tant que jument verte sinon il ne me laisserait pas entrer 😉

Voici le livre que vous pouvez gagner « Il est de retour » de Timur Vermes

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Je vous fait un petit copier-coller de ce que j’ai mis dans Babelio

Ce livre m’a déçue. Et si ce n’avait pas été un livre proposé par Babelio « Masse critique », je crois que je ne l’aurais pas fini. Car passé le début, où j’ai trouvé l’idée de départ intéressante (Hitler revient à Berlin en 2010 et fait part de ses ressentis sur la situation de l’Allemagne, sur l’Europe….), je me suis ennuyée. Il faut bien dire que l’histoire s’essouffle très vite…
Le dénommé Hitler se réveille sur un terrain vague et se croit en 1945. Il comprend grâce à un kiosque à journaux et à son propriétaire qu’il s’est retrouvé en 2010. Les gens qui le croisent le prennent pour un acteur et écoutent son discours antisémite et nationaliste au second degré, persuadé qu’il s’agit d’une satire.

Enfin le comique de répétition qui d’habitude me fait rire (je suis bon public) est tombé à plat : « on ne plaisante pas avec les juifs » que chacun emploie dans ce livre avec un sens différent , et ce plusieurs fois, m’a laissé de marbre.

Peut être ai-je été déçue aussi par les promesses de quiproquos de la 4ème de couv (mais peut être ne les ais je pas tous relevés ! )

Aucun personnage ne m’a semblé sympathique (Je ne m’attendais pas à trouver Hitler sympathique mais les autres …et bien non , les autres sont soit de simples marionnettes soit des personnalités du petit écran prêtes à tout pour être célèbres ou avoir une émission de télé)

J’ai quand même souri deux ou trois fois (la découverte d’Internet par Hitler, un passage sur ioutoube, un quiproquo sur le mot « opération »s (chirurgie esthétique ou opération militaire).

Ce livre ne m’a pas choqué pour autant, Hitler gesticule, les autres aussi. Je ne pense pas que ce soit un livre dangereux pour autant comme j’ai pu le lire ça et là…..

En tout cas ce livre est un succès en Allemagne : Peut être suis je passée à côté ou ai-je pris les choses trop au « pied de la lettre »………….

Si participer à ce tirage au sort vous intéresse, laissez ci -dessous un petit commentaire jusqu’à dimanche prochain (le 15/06 si j’ai bien compté sur mes doigts – ceci étant un clin d’oeil à Edualc sur ma lecture en cours qui elle me plaît beaucoup )

Il faut sauver Blanche


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Quand j’ai vu l’annonce dans garofi.fr, j’ai tout de suite su que c’était toi, Miguel, qui te cachait derrière ce C. « Miguel de Cervantes a laissé tombé sa particule », me suis-je dis, pour devenir Miguel Cervantes. C’est plus discret au XXième siècle, pour ma part j’ai pris un pseudo aussi mais ceci est une autre histoire.

J’ai relu l’annonce une dizaine de fois, avec toute la circonspection dont je suis capable, avant de tout comprendre…. « Silence suspect, se voir qd, où ? Courage, lutte avant éclaircie. Trust in you babe. C »

J’aime quand tu me dis de garder courage, j’aime quand tu m’incites à ne pas abandonner la lutte. J’aime quand tu me dis de garder confiance en moi, moi qui doute si souvent.

D’ailleurs, en parlant de lutte, j’aurais besoin que tu m’aides et il faudrait que l’on se rencontre. La semaine dernière, je rendais visite à Sancho Panza ! Tu sais peut être qu’il tient un resto de paella près de Toulouse et je lui ai rendu visite. Pendant que je buvais ma grenadine, j’ai repéré deux types louches à l’entrée qui semblaient attendre quelqu’un et qui parlaient tout bas. Avec mon ouïe qui, grâce à toi, est fine , j’ai capté quelques mots : « héroïne….Blanche…..prison. enlèvement ….. prévu …..poudre….crépuscule…… pleine lune….un million….. danger »

J’ai compris immédiatement que la princesse Blanche (de Castille certainement) allait être enlevée par ces gredins et que mon héroïne allait être séquestrée contre une rançon de 1 000 000 d’euro (bon je ne sais pas combien cela fait en piastres d’argent ni en ducats d’or mais certainement un bon paquet ; je n’arrive pas à me faire à cette nouvelle monnaie qu’est l’euro). En plus des deux malfrats, une femme a l’air complice de cette forfaiture … je les aie entendu prononcer son nom à plusieurs reprises …Marilyn Manson. Avec un nom pareil, je n’ose imaginer la tête de cette sorcière. Ils disaient aussi que Roch is dead , je me demande qui est ce Roch (un québécois peut être ou un américain … on ne sait plus maintenant avec la mondialisation, certainement un sous-fifre dans cette bande). Une chose est sûre, il doit s’agir de dangereux criminels, pleins d’orgueil et de vanité.

Mon sang de chevalier errant n’a fait qu’un tour et je me suis dit qu’il fallait que je défende la vertu de cette gracile princesse. Peut être me couvrira-t-elle de richesses et pourrais-je enfin partir à la retraite, voire aller enseigner toute la philosophie que tu m’as transmise aux jeunes des banlieues !

Cependant ces brigands sont trois et je suis seul. Sancho, dans sa vieillesse, n’est plus ce qu’il était avant et ne m’est d’aucun secours. Parfois je me dis que je ne vais pas tarder à faire graver sa pierre tombale au pauvre homme.

Je sais ce que tu vas dire, qu’à mon âge, on ne se lance pas dans des aventures si dangereuses, mais tu comprendras que l’honneur de Blanche est en jeu et que je ne peux lui refuser mon soutien. Si je ne faisais rien je perdrai ma sérénité, ma joie de vivre et ne pourrais plus dormir en paix ! Je t’en conjure donc. Viens nous aider, Rossinante et moi à délivrer la belle princesse. Rossinante n’est plus non plus de la première jeunesse, Son dos se fait cruel pour mes pauvres fesses, mais on ne dira pas que, moi Chevalier des Dents Qui Chottent, je me serais défilé.

J’ai un plan que je t’expliquerai. Mais tu me connais : d’abord l’action et ensuite la réflexion : Je te donne donc rendez vous devant chez Sancho Panza à Toulouse, mardi en huit. Comme cela fait longtemps que l’on ne s’est pas vus je te met une image de moi et de Rossinante, portrait fait par mon pote Gégé (plus connu sous le nom de Gérard Garouste).

Loyalement et chevaleresquement
Ton Chevalier des Dents Qui chottent

don quichotte garouste

Les mots collectés par Asphodèle
fesse, attendre, richesse, dent, refuser, doute, vieillesse, circonspection, vertu, crépuscule, lune, philosophie, âge, vanité, sérénité, psalmiste, paix (celui qui écrit des psaumes), graver, gracile, grenadine, image et réflexion. .

je n’ai pas mis psalmiste, (celui qui écrit des psaumes)

et la consigne chez Tu dines ce soir 
Rappel du principe du jeu d’écriture : il fallait composer une lettre en se mettant dans la peau de Don Quichotte et en répondant à l’annonce suivante :

« Silence suspect, se voir qd, où ? Courage, lutte avant éclaircie. Trust in you babe. C »
Tout en écoutant Rock is Dead de Marilyn Manson.

 

Serge Joncour – L’amour sans le faire

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En grandissant Franck prenait de la distance, il ne suivait plus son frère dans ce besoin de tout défier, de sortir sous les éclairs et d’ouvrir grand la bouche aux pluies d’orages, tout çà ne l’amusait plus. Franck leur laissait cette manière de ne pas s’avouer de faiblesse.
Le cadet le dispensait d’endosser le rôle du successeur, un rôle crucial quand il y a de la terre, surtout des terres profondes et grasses près de la rivière, des terres que tout le canton enviait, sans compter les noyers et les dizaines d’hectares de bois en bord de route, des bois d’oeuvre, facile à débarder. Par la suite Alexandre aura pris la tête du domaine, fier d’assurer la relève, totalement dévoué au sacerdoce, il se levait avec le jour, se couchait bien après la nuit, comblé de vivre auprès des bêtes. Par la force des choses, il s’endurcissait . Comme tous les gars d’ici il passait ses dimanches à traquer le gibier, rêvait de prises toujours plus grosses, participait à tous les ball-traps, il baignait naturellement dans les enjeux de là-bas, un schéma fait de prédateurs et de proies, parce que là bas un homme c’est aussi fait d’une arme et d’un chien. De tout point de vue Alexandre, c’était le bon fils, il garantissait la pérennité des terres et du troupeau, un genre de cow-boy finalement, il en avait pris l’allure, il avait même mis deux chevaux dans le pré, il n’avait jamais le temps de les monter, mais bon, les chevaux étaient là. Alexandre c’était devenu un homme solide au regard bleu et à la nuque tannée, très éloignée de leur peau d’enfance, un pur cow-boy avec les chemises à carreaux et le jean, un cow-boy plus vrai que nature, un cow-boy mort en cow-boy, un fusil à la main et dans l’eau glacé d’une rivière.

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Serge Joncour – L’amour sans le faire

 

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Sur une idée de Chiffonnette

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