Lettre à Mr Lechat

Cher Mr responsable des opérations de sponsoring, Mr Felix Lechat

Je me permets par la présente de vous présenter mon projet, assuré en coopération avec 30 Millions d’@mis.
Pour être succinct voici les grandes lignes du projet :
– construction d’une arche pouvant accueillir 3000 animaux et son équipage
– Maître d’ouvrage : Dieu
– Maître d’œuvre : Saint Pierre
– Maître d’oeuvre délégué : votre serviteur : Noé
– Assureur : m@@f assurances (fournit également les dauphins)

Sans être exhaustifs, voici une liste des sponsors nous faisant actuellement confiance :
– Fourniture des gilets de sauvetage : L@coste (fournit également un couple de crocodiles)
– Fourniture du moteur à propulsion selon les normes ISO en vigueur Ferr@ri (fournit également un couple de chevaux)
– Fourniture du navigateur Fir@fox (+ couple de renards roux)
– Approvisionnement en barriques de lait (+ une v@che qui rit)
– Bottes : @igle (+ deux exemplaires royaux…..)
– Tee- et sweat shirts Puma ( + deux félins …..)
– 1234 tonnes de nourritures : C@sse grain (et deux lapins blancs)
– 7867 sac de noisettes (C@isse d’Ep@rgne et deux écureuils)
– Du riz (et un t@ureau ailé, en espérant que la v@che qui rit sera d’accord)
– Logiciel GPS (Linux et deux pingouins au cas où les renards nous feraient faux bonds : application de la norme  7-1-ANE)

Je vous mets en pièce jointe le plan de financement (gazouillé par Twitter et ses moineaux bleus)

Pour la cérémonie de lancement, nous aurons en guest-stars un certain « taureau rouge » et une « jument verte »

Je suis en attente de votre réponse, cher Monsieur Lechat. Votre accord pour partager cette aventure d’un nouveau genre est primordiale : Nous manquons de lessive et 3 000 animaux plus l’équipage sans lessive, permettez moi d’être cru mais « ça va schlinguer » !

Votre dévoué Noé.

Si en plus des dosettes de votre magnifique lessive verte, vous pouviez nous garantir la venue d’un couple de chat (siamois, de gouttière ou aristocrates peu importe), je vous dirai chatpeau et vous tirerai la langue bien bas.

Merci pour votre réponse ASAP (c’est demain la fin de l’agenda ironique de septembre)

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Double participation chez Filigrane Il s’agissait de raconter une histoire bien connue de tous « à la façon de »…le thème imposé : L’Arche de Noéchez Martine et Carnets Paresseux pour l’Agenda Ironique (avec un chat et sa langue, un loup déguisé, une rouge fillette et une forêt …bon pour le moment, le loup est encore caché dans la forêt….espérons qu’il sorte d’ici demain)

L’arche ivre

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L’arche ivre 

 

Moi Noé, je voulais me voir dans la bible,

Je me suis efforcé de devenir bateleur :

Des animaux pour une armada invincible,

Je les aie convaincus sur un ton enjôleur.

 

Conscient de la rareté de cet aréopage,

Je mélangeais  flamands roses et faucons maltais.

Quand mes fils descendirent des doux alpages,

Nous embarquâmes avec les vaches qui meuglaient.

 

Quand les cordes du bord furent désamarrées,

Je tressaillis sous le roulement des éléphants,

Je frémis, encourageant la lune et ses marées

Pour que les pachydermes dorment comme des faons.

 

Le déluge mit à l’épreuve les couples légitimes.

Fragiles comme porcelaine, ils regardaient les hublots

Le roulis provoqua malaise et tout le toutim,

Quarante jours et nuits, ils devinrent bien falots !

 

Salée la mer nous infligea de cruelles morsures,

L’eau verte s’infiltrait, poudre de perlimpinpin

Les lagomorphes devinrent fous de leurs blessures

Serrés sans pouvoir se reproduire, pauvre lapins.

 

Ainsi nous voguions tels des guêpes qui essaiment

Portés par les eaux de l’océan fluorescent,

Ivres de couleurs, de sons, d’odeurs, de bohème

Ebahis,  le soleil nous manquait incandescent.

 

Que penser des rugissements et des soupirs ?

La ronde patiente,  vigilante des vautours,

Puis plus lancinant que  le chant de l’oiseau-lyre,

Retentit le caquètement de la basse-cour !

 

Je tendis le poing et lâchai une colombe

Et guettai craintif et à la fois plein d’espoir,

L’horizon  pourpre  avant qu’il ne succombe,

Et j’ai cru qu’il allait s’arrêter de pleuvoir !

 

Le scorbut rendit les animaux squelettiques,

Les jambes des girafes enflaient et flageolaient.

Pareils à des pantins démembrés, les moustiques

Voletaient comme des fantômes désemparés!

 

J’ai embrassé l’aurore verte évanouie,

Encensé les animaux avec des mots flatteurs,

Nous allions retrouver bientôt les terres enfouies,

Oh la la, je ne me savais pas si bon acteur

 

Mon amie réussit à éviter une mutinerie

Les animaux ballotés étaient dépressifs

Malgré ses arguments la rusée otarie (1)

Voyait l’Arche partir en lambeaux successifs !

 

J’ai décidé d’utiliser un puissant insecticide

L’équipage, devenu fou, réclamait poules au pot.

Hallucinations collectives, 16 pattes par arachnides

Sous le ciel trempé, tous travaillaient du chapeau.

 

J’ai vu un chat poète s’essayer au Parnasse

Il déclamait des vers français peu ragoutants

Me cherchant des poux dans la tignasse,

J’essayais de m’éloigner clopin clopant !

 

Trempé, je donnai mon canot pour une fournaise !

Sur les mats de l’arche frappaient les embruns

Des serpents-liane me donnaient malaises

Et m’incitaient à rendre mon repas prochain !

 

J’aurais voulu griller quelques dorades

Qui dans les flots  nous suivaient en chantant.

Des effluves à mon nez battaient la chamade

J’évitais une dernière vague le navire accostant

 

Un jour, apercevant  une frêle amazone,

Dont les doux yeux me séduirent  comme un hibou

J’enjambais la rambarde, foutues hormones

Dans l’océan je finis ma vie…. tel un caillou

 

Les autres participants sont chez Filigrane 

Il s’agissait de raconter une histoire bien connue de tous « à la façon de »…
le thème imposé : L’Arche de Noé
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Je n’ai pas totalement respecté la consigne puisque mon histoire « à la façon de » finit mal ….j’espère que Arthur R. me pardonnera🙂
(1) Je recommande ce livre au passage « la revanche des otaries » de Vincent Wackenheim qui m’avait beaucoup fait rire lorsque je l’avais lu.
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Résultat du concours

Bravo aux 17 participants de ce concours du mois d’août🙂

Après avoir coché et recompté mes petites croix (sans l’aide de l’huissier) voici les résultaaaaaaats

1er août : René Fallet – A Paris au mois d’août
Célestine est la gagnante du jour

2 août : Richard Brautigan – Tokyo Montana express
Kathel remporte l’énigme

3 août : Fred Vargas – Sous les vents de Neptune
Célestine grille Martine sur le poteau

4 août : Valentine Goby – L’échappée
Martine a trouvé

5 août : William Boyd – les vies multiples d’Amory Clay
Kathel a lu et aimé ce livre et a donc trouvé brillamment

6 août : Douglas Adams – Beau comme un aéroport
Lydia a trouvé Douglas Adams
Patrice a trouvé le titre

7 août : Jean-Christophe Ruffin – Le collier rouge
Martine a gagné

8 août Alessandro Baricco : Mr Gwyn
Martine est à fonds …..

9 août : Henning Mankell – L’homme inquiet
Myo a trouvé l’auteur
Et Villaseurat à trouvé le titre

10 août : Marcel Aymé – Clérambard
Patrice a été le plus rapide

11 août : Oates – Délicieuses pourritures
Martine

12 août : Francesca Melandri – Eva dort
Martine et Kathel ont trouvé😉

À partir de ce jour, les commentaires ont été modérés et il y a donc eu plusieurs gagnants par jour

13 août : Terry Pratchett – Les cht’is hommes libres
Martine et Jobougon ont tout trouvé (titre et auteur)
Kathel et Quichottine ont trouvé l’auteur

14 août : Jonathan Swift – Les Houymhmhs
Martine, Kathel, Lydia ont remporté le tiercé

15 août : Ernest Hemingway – Paris est une fête
Bookmaniac, Kathel, Villaseurat remportent l’énigme

16 août : Sandor Maraï – Le miracle de San Gennaro
Martine, Quichottine et Jo Bougon très perspicaces ont trouvé Sandor Maraï et le miracle de San Gennaro

17 août : Dany Laferrière – L’énigme du retour
Gagnantes : Martine et Quichottine
Myo et Villaseurat avaient trouvé l’auteur mais pas le titre

18 août : Oscar Wilde – Le fantôme de Canterville
Les gagnants du jour  sont Martine, Myo, Quichottine, Patrice

19 août : John Steinbeck – Des souris et des hommes
Ont brillamment trouvé : Bookmaniac, Edualc, Martine, Quichottine, La Licorne

20 août : Karl Vonnegut – Abattoir 5
Quichottine, Martine, Jo Bougon

21 août : Dino Buzatti – Le désert des tartares
Edualc, Martine, Carnetsparesseux, Anne de Louvain la Neuve, Lydia, Quichottine

22 Août : Roy Lewis – Pourquoi j’ai mangé mon père
Martine, Quichottine… j’attends vos recettes …

23 août : Gaëlle Josse – Noces de neige
Martine, Mind, Patrice, Quichottine, Myo

24 août : Cécile Coulon – Le rire du grand blessé
Carnetsparesseux, Martine, Mind, La Licorne

25 août : Frédérique Deghelt – la vie d’une autre
Martine, Lydia

26 août : Miguel de Cervantes – Don quichotte
Martine, Edualc, Kathel, Bookmaniac, Lydia

27 août : Walter Moers – les treize vies et demies du capitaine ours bleu
Martine pour l’auteur
Et Lydia pour le titre

28 août : Ray Bradbury – La foire aux ténèbres
Martine, Myo, Jobougon, Lydia et Carnetsparesseux pour l’auteur

29 août : Ernesto Sabato – L’ange des ténèbres
Lydia est l’unique gagnante

30 août : Michel Bussy – Gravé dans le sable
Martine, Kathel, Quichottine, Lydia

31 août : Gilles Barraqué – Une histoire à toutes les sauces
Bookmaniac, Martine, Carnetsparesseux, Edualc, Domicano, Lydia, Jacou

 

en synthèse, voici le quarté gagnant😉

Martine : 22 points

Lydia : 11 points

Quichottine : 10 points 

Kathel : 8 points

Bravo à tous et à toutes !!!!!

Et pour les quatre gagnantes, pensez à m’envoyer votre adresse par mail pour recevoir votre petit cadeau😉

Bon mois de septembre à tous et à toutes

Trouvez le titre et l’auteur – 31 août

À la sauce aux animaux

Elle est fantastique, maman : après chaque aller-retour à son boulot, il faut qu’elle me ragondin truc marrant. Celui de ce soir vaut qu’on y revienne : dans le square odorant ou tant de tulipes en terre font les arlequins, elle voit un chat tigré se tapir au sol ; il rumine en fait un tour pendable et se met à serpenter vers un de ces petits moineaux qui papillonnent ou rêvent autour du bassin. Le chat mauvais s’élance car il bout d’impatience, mais ce glouton sera bientôt mouché : le moineau a eu le temps de faire un saut de puce ! Médusé, le chat se flanque à la mare, en faisant un grand plongeon !
J’ai bien rigolé. Cheval la retenir, cette histoire….
Dis, maman, t’en as encore beaucoup comme ça, ou t’as tout raconté ?

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La règle du jeu est ici. Comme c’est le dernier jour du jeu, il faut en plus trouver 40 noms d’animaux cachés dans ce texte😉

Bonne rentrée à tous😉

Trouvez le titre et l’auteur – 30 août

La même enveloppe contenait une photographie d’Alan Woe et trois cartes postales.
Sur la première, une rutilante machine agricole était exposée sur un socle de bois. On lisait au dos : Jonathan Feed, 1863, première moissonneuse-lieuse automatique, Musée de la Machine agricole, Ashland, Kentucky.
Sur la seconde, un général à cheval posait sur un socle de granit. Au dos était inscrit : Général Howard D. Linford, 1798-1859, Effingham Battle, 1837, Effingham.
Sur la troisième, une rivière apparemment sauvage transportait malgré elle quelques canoës-kayaks dont les coques et les gilets de sauvetage orange des occupants tranchaient avec le vert environnant. On lisait en bas à droite Des Moines Rivers, Valentine, Iowa.
Alice lut rapidement les mots d’Alan, quelques phrases neutres, rassurantes. Alan écrivait que tout allait bien, qu’il serait bientôt de retour, demandait à Lison de la compréhension et de la patience, glissait un mot pour les amis restés en Normandie, concluait par une formule pudique de tendresse.
Ashland, Effingham, Valentine… Alan avait joué les Petit Poucet. Retrouver sa trace, six mois plus tard, ne devrait pas être trop difficile.

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 La règle du jeu est ici

Trouvez le titre et l’auteur – 29 août

– Ah, le bon temps, Nacho, le bon temps…Pour rien te cacher, c’est l’époque de ma vie que je me souviens le plus, c’est le meilleur temps de ma vie. Je faisais le péon, mais quand j’ai su que le cirque Lobandi était au village, j’y suis allé. Nelia Nelki habillée en homme montait un cheval blanc qui avait la queue tellement longue qu’elle traînait par terre. Puis Lobandi en personne, le seul, l’unique, il montait sur le cheval en l’attrapant par la queue, et pendant que le cheval tournait au son de la musique, il ôtait vingt-cinq gilets de couleurs différentes. Et Scarpini, le fameux clown argentin… Et après, il y avait un numéro terrible dans une cage qui tenait toute la piste, avec un lion africain en liberté, le dompteur et un cheval noir comme du charbon. Et puis la fameuse Pyramide humaine des frères Lopresti… Alors je me suis dit : Moi je pars avec ce cirque-là, et advienne que pourra.
– Et ils t’ont mis dans la Pyramide humaine ?
– Allons, voyons, Nacho, comment qu’ils m’auraient mis dans la Pyramide, si je savais rien faire ? Qu’est-ce que tu crois que c’est un cirque ? C’est très sérieux, un cirque. Ils m’ont engagé comme péon. J’enlevais le crottin des chevaux, je balayais le chapiteau, un peu de tout, tu vois. Valet d’écurie, quoi. Mais quand il y avait représentation, j’avais l’uniforme avec les galons dorés et le képi, ils nous faisaient faire la haie de chaque côté, comme un couloir, et les athlètes, les chevaux, les chiens savants, les clowns, ils passaient entre nous.

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 La règle du jeu est ici

Trouvez le titre et l’auteur – 28 août

D’abord, on était en octobre, mois très spécial pour les petits garçons. Un mois très spécial, cela n’a rien d’exceptionnel, mais peut être en bon ou en mauvais, comme disent les bonnes gens. Septembre, par exemple, est un mauvais mois : c’est la rentrée des classes. Mais août c’est bon : l’école est encore fermée. Pour juin, il n’y a pas l’ombre d’un doute, c’est le mois le meilleur, celui où les portes des classes s’ouvrent et où septembre est encore à un million d’années de distance.

Mais prenons octobre. La rentrée, c’est déjà du passé, on commence à avoir la bride sur le cou. On trottine gentiment. On peut trouver le temps déjà de penser à la poubelle que l’on ira vider sur la porche du père Prickett et au bal de l’Association chrétienne des jeunes gens, au dernier jour d’octobre, où ce serait amusant d’arriver en singe velu. Et vers le 20 du mois, quand tout prend une odeur de fumée, sous un ciel orangé et gris cendre au crépuscule, on se dit que la Toussaint et les Trépassés n’en finissent pas d’arriver, avec leurs pluies tombant en hallebardes et assourdissant les roulements du tonnerre.

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Trouvez le titre et l’auteur – 27 août

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Au début, la locomotion à dos de Chamadaire me posa quelques problèmes. Se promener sur le dos de cet animal n’est pas vraiment confortable et exige une grande habitude.
Tandis que le cheval donne l’impression de se mouvoir sur un air de musique classique, le Chamadaire, lui, semble avancer au rythme d’un tambour battu par un ivrogne. Il place ses pattes de façon tout à fait aléatoire, avançant tantôt une patte avant, tantôt une patte arrière, si bien qu’il se fait sans cesse des croche-pieds à lui même. Il vacille vers la droite, titube vers la gauche, tombe à genoux, se redresse …
S’il m’est arrivé une fois dans ma vie d’éprouver quelque chose comme le mal de mer, ce n’était pas à bord d’un navire sur un océan quelconque, mais bien au beau milieu du désert à dos de Chamadaire.

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Trouvez le titre et l’auteur – 26 août

Ayant, comme on le voit, complètement perdu l’esprit, il lui vint la plus étrange pensée que jamais fou ait pu concevoir. Il crut bon et  nécessaire, tant pour l’éclat de sa propre renommée que pour le service de sa patrie, de se faire chevalier errant, et d’aller par le monde, avec son cheval et ses armes, chercher les aventures, comme l’avaient fait avant lui ses modèles, réparant, comme eux toutes sortes d’injustices, et s’exposant aux hasards et aux dangers, dont il sortirait vainqueur et où il gagnerait une gloire éternelle. Le pauvre se voyait déjà récompensé de sa vaillance et couronné, pour le moins empereur de Trébizonde. Emporté par le plaisir singulier que lui procuraient des pensées aussi agréables, il ne songea plus qu’à mettre son projet à exécution.
Pour commencer, il nettoya une armure qui avait appartenu à ses aïeux, toute moisie et couverte de rouille, et qui  gisait depuis des siècles, oubliée dans un coin. Il en fourbit les pièces et les remit en état du mieux qu’il put. Mais, s’apercevant qu’il en manquait une d’importance – car en guise de heaume, il  n’y avait qu’un simple casque -, il y suppléa par son ingéniosité en fabricant avec du carton, une sorte de visière, qui s’emboîtant dans le casque,donnait l’apparence d’un heaume. Il voulut alors s’assurer de sa solidité et de sa résistance au tranchant d’une lame, tira son épée, et au premier coup qu’il lui asséna, défit le travail d’une semaine. Jugeant la visière un peu trop facile à mettre en pièces, et pour s’assurer contre un tel risque, il en fit une nouvelle, renforcée au dedans avec des tiges de fer ; content de son travail et ne voulant pas renouveler l’expérience, il décréta qu’il possédait le plus parfait des heaumes.
Il alla ensuite voir sa monture. La pauvre bête avait  plus de tares que d’années, et plus de défauts que le cheval de Gonèle, cui tantum pellis et ossa fuit, mais il lui sembla que ni le Bucéphale d’Alexandre, ni le Babiéca du Cid, ne pouvaient lui être comparés. Il passa les quatre jours qui suivirent à se demander quel nom il lui donnerait ; car, il était juste, selon lui,  que cheval d’un si fameux chevalier, et si bon par lui-même, portât un nom connu de tous qui ferait comprendre ce qu’il avait été avant d’appartenir à un chevalier errant et ce qu’il était désormais : quand le maître changeait de condition, il convenait que son cheval changeât de nom  et en prît un, célèbre et pompeux, qui s’accordât avec son  nouvel état et avec le métier qu’il allait exercer. C’est ainsi, qu’après avoir compose, effacé, retranché, ajouté, tourné, retourné mille noms dans sa tête, il lui donna celui de Rossinante, qui lui paru noble et sonore, et signifiait clairement que sa monture avait été antérieurement une simple rosse, avant de devenir, la première de toutes les rosses du monde.

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Trouvez le titre et l’auteur – 25 août

La nounou est revenue avec les enfants, et je continue à explorer mes papiers. Je commence à me faire à l’idée de fouiller dans mes propres affaires comme une étrangère. Je ne peux pas continuer longtemps, car j’ai été capturée en pleine lecture par un Indien de huit ans. Je suis attachée à une chaise par sa squaw qui pousse des cris perçants, et rassurée par une petite haute comme trois pommes qui vient me caresser les mains, inquiète de voir les deux grands gesticuler autour de moi avec des danses sauvages.

Rien n’arrive à me détacher de la fascination que ces trois enfants exercent sur moi. Je suis captée par leurs jeux. Je les observe. Ils me replongent dans des souvenirs d’enfance très précis, dans lesquels les rebords d’un lit assez haut étaient des chevaux bien dressés, qui m’obéissaient au doigt et à l’œil. Mon frère et moi les montions sans selle et, d’un petit coup sur les flancs, indiquions la direction aux braves bêtes, qui sautaient n’importe quel obstacle sans sourciller. La proximité du matelas nous permettait de nous jeter sans danger de notre « cheval » pour ramper par terre, quand il arrivait que l’ennemi nous tire dessus à l’improviste. La mémoire de mon enfance semble toujours intacte et ça me rassure de m’y replonger comme dans une eau tiède et douce.

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