GLAZ N°1

Gwenaëlle est heureuse de vous annoncer la naissance de Glaz ici, un magazine trimestriel dont elle vous parle mieux que moi

glaz1

Je n’ai pas encore tout lu mais  les nouvelles ayant pour thème « l’insomnie » m’ont fait voir du pays.

Celui d’Hurluberlu pour qui l’insomnie est un pays mais bien plus encore.

La nouvelle d’Olivia Billington est la plus belle insomnie du monde après une « journée éprouvante »

Anthony Boulanger avec son IFF (je vous laisse découvrir ce que signifie ce sigle) m’a surprise avec une chute étonnante….

Le Luigi d’Olivia Bourreau m’a bien fait rire 😉

Olivier Cabrera fait la rencontre inquiétante avec un robinet assassin

Francis Frey nous raconte à contre-pied ses nuit de tueur à gage

Gwen nous parle de sa meilleure amie

Marcelino Meduse (17 ans à peine) a écrit un texte (poème presque) choc et poignant

Fabienne Rivayran nous décrit un monde du travail très dur et un homme qui chute

Sandrine un dialogue de deux jeunes parents autour de leur nouveau né (inquiétante fin)

et enfin l’Heureuse Imparfaite nous emmène dans un drôle de pays marqué par la guerre ….

Bonne lecture ………………

Souriez , vous êtes filmés !

Soène nous parle de chat ce matin et nous donne des devoirs : il faut s’imaginer et imaginer Soène en pâtisserie 😉

Pour Soène je dirais Langue de chat

LANGUEDE CHAT

 

Mais non pas celle là de langue , celle là :

 

LU CHAT

 

ou barquette 3 Chatons

3 chatonS

 

Moi je suis une poire au sirop  souris

SOURIS 2

J’ai fredonné Pow-wow en préparant ces friandises 😉

Moi vouloir être chat
Me frotter contre tes bas
Je me ferai angora
Pour me blottir dans tes bras
Je te jure j´boirai plus
Que du lait je n´aime plus
La vodka
Moi vouloir être chat
Tous les soirs quand je te vois

Moi vouloir être chat
Retrouver sur les gouttières
Mes copines de litière
Mais toujours rester à toi
Prendre des mines chafouines
Me lécher les babines
Quand viennent tes copines
Moi vouloir être chat
Et ne risquer de tes doigts
Que leurs caresses sur moi

Moi vouloir être chat
Quand dehors il fait froid
Attendre mon repas
Tapi au creux de tes draps
Si un jour tu préfères
A mes félines caresses
Les canines d´un chien en laisse
Tu ne comptes pas sur moi
Pour dormir sur le sofa
Je te montrerai de quoi
Est capable un gros chat
A ce jeu là je suis roi
Et la souris ce sera toi
Et la souris ce sera toi
Et la souris ce sera…

SOURISBon dimanche

 

 

Point sur Challenge ABC

Bonjour à tous

En septembre dernier je m’étais inscrite au challenge ABC BABELIO

J’ai failli réussir……20/26 et des livres lus mais pas de billet ;-(

A Trilogie new-yorkaise : Cité de verre ; Revenants ; La chambre dérobée – Paul Auster (très très bien)

B De Beaux lendemains – Russel Banks (magnifique mais si triste)

C Les plus belles Facebook – Collectif

D Ubik – Philip K. Dick (très très bien)

E Cheval Roi – Gaston Paul Effa (très très bien)

F Mon chien stupide – John Fante

G La vie rêvée d’Ernesto G – Jean Michel Guenassia

H La maison où je suis mort autrefois – Keigo Higashino

I Liberté pour les ours – John  Irving

J J’ai lu l’amour sans le faire de Serge Joncour sans parvenir faire un billet (alors que j’ai adoré)

K Un oiseau blanc dans le blizzard – Laura Kasischke

L La ballade de Lila K – Blandine Le Callet

M Le ciel des chevaux – Dominique Mainard (magnifique mais si triste)

N Série noire à l’abattoir – Bernard Nuss

O 1984 – George Orwell

P Les choses – Georges Perec

Q j’ai lu « Tous les matins du monde » de Pascal Quignard – un peu déue donc pas de billet

R Maudit soit Dostoievski – Atiq Rahimi (très très bien)

S Valentin de Majipoor Robert Silverberg

T Evelyne Trouillot Absences sans frontières
U

V Un automne à Pékin – Boris Vian (très très bien)

W J’ai lu  Axis de Wilson (billet à faire peut être pour le mois américain)

X

Y Liberté conditionnelle – Akira Yoshimura 

Z J’ai lu trois nouvelles de S. Zweig (Amok – lettre d’une inconnue – La ruelle au clair de lune)

Cette année je ne me réinscris pas (mais j’ai déjà un ou deux challenges qui me font de l’oeil)

Bon dimanche

Lettre d’une citadine à son cousin de la campagne‏

 olivia-desir-histoire

Cher Jerry,

Je prends la plume pour te remercier de ta charmante invitation à venir passer quelques jours dans ta maison de campagne à Saint Nom la Bretèche.

Je ne sais pas encore quand je pourrais venir : tu sais que j’ai des obligations dans ma jolie ville de Courbevoie. Je viens d’emménager dans mon nouveau chez moi, car ma « maison » précédente a été inondée, j’ai du m’activer pour tout réinstaller. Maintenant je suis juste en face de la gare avec vue sur les trains.

 Je suis donc dans le quartier de Courbevoie que l’on peut appeler « ancien » , enfin ancien tout est relatif mais ancien par rapport à toutes les tours de la Défense qui ont poussé comme des champignons depuis 30 ans. La prochaine tour fera 333 mètres, tu te rends compte ?

 Enfin là où j’habite, le quartier est resté calme et l’esprit village règne encore. Voilà le déroulement de mes journées : 

 A l’aube, je vois les sportifs débarquer, tu sais, ceux qui se lèvent tôt  pour aller courir en début de matinée avant d’aller bosser. Je m’en méfie de  ceux là car ils me voient à peine, tellement je suis menue. Ils me marcheraient bien dessus, si je n’y prenais garde.

A l’angle de la rue Guynemer et de la rue de Bezons, je salue tous les matins ce monsieur qui passe la nuit dehors, lui aussi avec son chien aux beaux yeux langoureux. Il me fait peine surtout pendant les longs mois de cet hiver. En comparaison ma situation, si elle n’est pas florissante, est  presque un luxe. Je me suis aménagée un petit abri avec de vieux cartons  et de vieux journaux comme cela j’ai de la lecture dans mon petit coin de paradis. Avec les poubelles de la boulangerie en face (ah la volupté des petits croissants rassis trempé dans du café tiède) et du traiteur chinois, je suis la plus heureuse du quartier : la seule contrainte est de ne pas se faire prendre par les employés de la municipalité. J’ai appris toujours dans ces petits journaux qu’il y avait de plus en plus de SDF en ville : quelle tristesse !!! 

Ensuite, je vois défiler les travailleurs et les travailleuses qui vont de l’ouest vers Paris. Un peu plus tard les mères de familles avec leurs nombreuses poussettes défilent. C’est le meilleur moment de la journée, car ces tendres petits me voient souvent dans leurs  poussettes, ils  tendent alors leurs menottes en souriant de toutes leurs quenottes.

Tu me connais les quenottes c’est mon ancien métier  et je l’adorais ce métier : j’ai du arrêter car  j’étais un peu âgée mais les enfants je les aime toujours autant, et ils me le rendent bien.

Enfin je vieillis, mes dents sont moins jolies maintenant et j’ai même de la moustache.

 Le soir la transhumance des travailleurs se fait dans l’autre sens : les banlieusards retournent dans leurs pénates et le calme s’installe sur Courbevoie. Le soleil meurt jusqu’au lendemain et j’en profite pour sortir

 La dernière fois que je suis venue te voir, je suis montée fissa dans le train (direct Courbevoie Saint Nom) et là une mère avec son enfant est descendue aussitôt, l’air outré et dégoûtée en me regardant. C’est franchement vexant : je sais que ma robe est vieille et toute grise et ne paie pas de mine  mais ma deuxième robe (tu sais la verte que je mets pour courir dans l’herbe) n’était pas propre.

Je te laisse, il faut aussi que j’écrive à notre cousine commune Minnie qui habite maintenant à Marne la Vallée. La famille s’est toute dispersée maintenant mais rien n’est éternel. Le temps est à la vie urbaine : donc je m’adapte !! J’espère te retrouver pour Noël chez La Souris Rose. Le train qui mène à Convoitise est celui de la rue 10  ¼ , surtout ne te trompe pas le quai 9 ¾ t’emmènerai à Poudlard, chez le rat Croûtard, et le 6 2/3 chez le rat Tatouille  

Je t’embrasse, passe le bonjour à Tom

 Cheese, la souris grise

 

Les mots collectés par Olivia

éternel – paradis – mourir – début – aube – lever – s’activer – volupté – tiède – langoureux

René Guy Cadou – Hélène ou le règne végétal

Tu es dans un jardin et tu es sur mes lèvres 
Je ne sais quel oiseau t’imitera jamais 
Ce soir je te confie mes mains pour que tu dises 
À Dieu de s’en servir pour des besognes bleues
 
Car tu es écoutée de l’ange tes paroles 
Ruissellent dans le vent comme un bouquet de blé 
Et les enfants du ciel revenus de l’école 
T’appréhendent avec des mines extasiées
 
Penche-toi à l’oreille un peu basse du trèfle 
Avertis les chevaux que la terre est sauvée 
Dis-leur que tout est bon des ciguës et des ronces 
Qu’il a suffi de ton amour pour tout changer
 
Je te vois mon Hélène au milieu des campagnes 
Innocentant les crimes roses des vergers 
Ouvrant les hauts battants du monde afin que l’homme 
Atteignent les comptoirs lumineux du soleil
 
Quand tu es loin de moi tu es toujours présente 
Tu demeures dans l’air comme une odeur de pain 
Je t’attendrai cent ans mais déjà tu es mienne 
Par toutes ces prairies que tu portes en toi

.

René Guy Cadou – Hélène ou le règne végétal

.

Sur une idée de Chiffonnette

citation

Chevaux échappés – Mishima

chevaux echappes

Japon 1932 – Isao Iinuma est un jeune homme d’un peu moins de vingt ans. Etudiant, athlète accompli, il est idéaliste et admiratif devant un livre de Tsunamori Yamao qui traite d’un mouvement politique « Société du vent divin ». Ce livre retrace le parcours de samouraïs au XIX ème siècle qui décident d’assassiner des hommes corrompus puis de se donner la mort par Seppuku (suicide par éventration). Isao, à l’aide de ses amis, veut renouveler l’ « exploit  » relaté dans ce livre et faire disparaître les dix hommes les plus corrompus du Japon, puis se sacrifier comme leurs modèles.

Deuxième tome de la tétralogie la Mer de la fertilité, on retrouve quelques personnages du premier tome en particulier Honda, l’ami de Kiyoaki – le héros du premier tome- et Iinuma, qui est le père d’Isao et l’ancien précepteur de Kiyoaki. Honda, qui est devenu un juge respecté, reconnaît en Isao la réincarnation de son ami Kiyoaki. Il décide alors de le suivre puis de l’aider.

J’ai failli abandonner ce livre car le début est très lent et pour tout dire morbide (particulièrement les 50 pages retranscrites de ce livre « Société du vent divin » qui n’est qu’attaques, morts violentes et suicides).

Je n’ai pas adhéré ni aux convictions nationalistes de Isao, ni dans sa vision du suicide magnifié au rang de sacrifice.

Cependant après ce démarrage plus que difficile, l’histoire m’a fortement intéressée, les préparatifs des attentats, l’arrestation, le procès, qui est absolument passionnant. Qui a trahi ? quels sont les sentiments très ambigus de tous les personnages et en particuliers ceux de Makiko, la presque fiancée de Isao ? du père d’Isao , de Honda qui abandonne son travail pour défendre Isao ?

Un petit extrait :

Isao et ses deux amis restèrent chez le lieutenant Hori jusqu’à neuf heures du soir, ce dernier leur ayant offert un dîner apporté par un traiteur. Une fois qu’il avait laissé de côté ses questions subtiles, la conversation de l’officier devenait à la fois intéressante et profitable, très propre à éveiller leur enthousiasme. L’état pitoyable des affaires étrangères, le programme économique du gouvernement qui ne faisait rien pour atténuer la misère des campagnes, la corruption des politiciens, la montée du communisme, et aussi, les partis politiques qui avaient diminués de moitié le nombre de divisions de l’armée et qui, en se faisant les champions des économies sur l’armement, exerçaient une pression constante sur les militaires. Au cours de cet entretien, on évoqua les efforts du Zaibatsu Shinkawa pour acheter des dollars américains, chose dont Isao avait déjà entendu parler à son père. Selon le lieutenant, le groupe Skinkawa avait fait montre d’une grande réserve depuis l’Incident du Quinze Mai. Cependant continua l’officier, il n’y avait aucune raison de faire confiance à l’autodiscipline de ces gens-là. (p 146)

En conclusion : Un livre très pointu sur cette période d’histoire du Japon. J’ai arrêté plusieurs fois ma lecture pour aller voir quels étaient les évènements cités. Pour plus de renseignement sur l’incident du 15 Mai qui est cité à de nombreuses reprises, allez lire l’article Wikipédia).  Un livre à ne pas mettre entre toutes les mains, Isao étant pour ma part, mystique (pour ne pas dire fou). Mais je ne regrette pourtant pas cette lecture car les 150 dernières pages m’ont happée par leur analyse fine des sentiments et motivations humaines.

Livre Lu dans le cadre du challenge Japon d’Adalana et aussi dans le cadre du challenge pavé de l’été de Brize (Neige de printemps est le premier volume d’une tétralogie, le tome 2 s’intitule « Chevaux échappés » (ce billet),  le tome 3 a pour titre  « Le temps de l’aube » et le tome 4 « l’ange en décomposition »). Les deux premiers tomes font 400 pages chacun 😉

challenge-japonais

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Et bien sûr le challenge Totem de Liligalipette 🙂

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Et celui de Sharon « Animaux du monde »

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Volkswagen Blues – Jacques Poulin

vwblues

L’histoire en quelques mots : Jack est écrivain. La quarantaine, il décide de se mettre à la recherche de son frère, Théo,  qu’il n’a pas vu depuis 15 ans. Il part donc en Combi Volkswagen du Canada (de Gaspésie pour être précise) pour suivre une piste ténue, qui consiste juste en une carte postale envoyée par Théo. Avec le recul, Jack y voit un appel au secours. Il rencontre une jeune femme, métisse,  qu’il surnomme vite la Grande Sauterelle, en rapport avec ses longues jambes.  Ils vont ainsi tous deux se lancer dans un périple : Québec, Montréal, Détroit, Chicago, Saint Louis, Les Rocheuses, San Francisco.;

Mon avis : il s’agit d’un livre très introspectif, même si les rencontres faites par le couple sont assez nombreuses.  Jack se cherche, il est même, j’ai trouvé, plutôt dépressif. La jeune femme ne s’accepte pas telle qu’elle est , d’un père blanc et d’une mère indienne : elle ne se sent à l’aise ni d’un côté ni de l’autre. Comme elle répond à une question de Jack  « Quand on est sur la route, je suis heureuse ». Ce voyage sur la trace de ce frère, passionné d’histoire des Etats Unis est l’occasion pour tous deux de réfléchir à leur vie et de l’impulsion qu’ils veulent lui donner. Leur quête ne concernent pas que leur propre vie mais ils sont soucieux de comprendre ce qui s’est passé à l’époque des pionniers : la guerre contre les Sioux, l’extermination des bisons pour affamer les populations indiennes. …..Un livre qui prône la liberté et l’espace.

En conclusion  : de très beaux passages, mais je suis un peu restée en dehors de l’histoire. Peut-être, l’effet des kilomètres avalés et pas énormément de petites histoires du quotidien mais plutôt des allusions à l’Histoire, avec un grand H.

Une carte à la fin du livre  montre le périple réalisé sur une saison. Impressionnant !

Extrait :

L’homme aimait beaucoup le vieux Volks.

Lorsqu’il l’avait acheté, l’année où il avait obtenu un prix littéraire, le Volks était déjà vieux de quatre ans et rongé par la rouille. Il avait refait presque toute la partie inférieure de la carrosserie en utilisant des feuilles de tôle galvanisée qu’il avait découpées, recourbées et fixées avec des rivets, puis il avait repeint le véhicule avec une peinture antirouille. La tôle épaisse et les gros rivets donnaient au minibus une allure de camion blindé. Sous la nouvelle tôle, cependant le rouille continuait à faire son œuvre et on pouvait le constater lorsque le Volks quittait un espace de stationnement : il laissait sur le sol une fine poussière de métal rouillé.

De vieillis factures, que Jack avait trouvées dans le coffre à gants en faisant le ménage, révélaient que le Volks avait été acheté en Allemagne ; il avait parcouru l’Europe et traversé l’Atlantique  sur un cargo, ensuite il avait voyagé le long de la côte Est , depuis les Provinces Maritimes jusqu’au sud de la Floride. Au fonds d’un compartiment à bagages, on voyait des coquillages et des pierres de couleur. Dans l’armoire qui se trouvait à l’arrière de la banquette , il y avait une odeur de parfum bon marché qui se répandait parfois dans le véhicule la nuit, lorsque le temps était chaud et humide. Et on remarquait ici et là, sur les murs  ou à l’intérieur des portes d’armoire en contre-plaqué, toutes sortes de graffiti ; une mystérieuse inscription n allemand, sous le pare-soleil du conducteur, se lisait comme suit : Die Spache ist das Haus des Seins.

Sans doute à cause de son âge, le Volks avait ses habitudes et ses manies. Par exemple, les ceintures de sécurité : une fois qu’elles étaient bouclées, il était très difficile de les détacher et on avait l’impression que le Volks ne voulait pas se résigner à laisser partir les gens. De même, les essuie-glace : ils s’arrêtaient quand on fermait le bouton de commande, mais tout à coup, mus par la crainte d’avoir oublié quelque chose, ils se remettaient en marche et faisait un tour supplémentaire avant de s’arrêter définitivement. Mais la principale caractéristique du minibus était qu’il n’aimait pas du tout se faire bousculer. Tant qu’il n’était pas réchauffé, le matin, il aimait mieux rouler à vitesse réduite.

En tout circonstance, il avait horreur qu’on le pousse au-delà de sa vitesse de croisière, qui était de cent kilomètres à l’heure, et le conducteur impatient qui dépassait cette limite pouvait s’attendre à toutes sortes de protestations : le pare-soleil tombait soudainement et lui masquait la vue, ou bien le toit se décrochait et menaçait de se soulever, ou encore le moteur ou la boîte de vitesses faisaient entendre des bruits suspects.

Le vieux Volks avait parcouru 195 000 kilomètres dans sa vie et il entendait faire respecter son âge, son expérience et ses petites habitudes.    (p 91 – 92)

Livre lu dans le cadre de Québec en septembre (LC autour de Jacques Poulin) organisé par Karine et Yueyin

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Cette lecture rentre aussi dans le cadre du challenge Francophone de Denis

challenge LittFrancophone

Et celui du Commonwealth d’Alexandra

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La chromatographie des étoiles

 olivia-desir-histoire

– « Le sable rouge est comme une mer sans limite (*) », mouais, bof !

– Tu as l’air déçu?

– Un peu, c’est toujours comme cela : les agences de voyages ont des slogans accrocheurs mais une fois sur place, on est un peu déçu : « Le sable rouge est comme une mer sans limite » , je m’attendais à plus grand ou bien plus rouge, enfin à « plus » quoi !

– Comment peux-tu être déçu par ce paysage grandiose ? les rochers rouges, le sable rouge, tous ces dégradés de rouge, ce vermillon et ce carmin : cela en met plein la vue quand même ! Je n’aurais jamais cru qu’une débauche de rouges m’apparaisse si multicolore !

– Euh, je crois que c’est parce que l’an dernier je suis allé en Australie et celle d’avant j’ai vu le Cirque du Soleil à Colorado Springs: y’a le même sable ! et là c’était autre chose : le soleil avait rendez-vous avec la lune pour une gigue démente !

– Oui, mais l’ambiance ? sur notre vaisseau de croisière, le Rimbaud Mirror, tu en fais quoi ? c’est magique quand même, ces couchers de soleil !

– Oui oui c’est sympa sur ce vaisseau, le capitaine Eluard surtout. Tu ne trouves pas qu’il forme un beau couple avec Nush ? J’ai lu dans Voici qu’il était en instance de divorce avec Gala. En tout cas, il sait mettre de l’ambiance le soir. Ces spectacles sont très originaux ; mais là, cette excursion « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je sais pas, j’adhère pas.

– Tu deviens difficile, lâche un peu prise. Profite de la vie. A tout vouloir comparer, tout anticiper tu ne profites pas de l’instant présent : Tu penses toujours que l’herbe est plus verte ailleurs.

– Pas du tout, j’ai adoré le spectacle « l’herbe rouge » du Grand Boris. J’adore la science-fiction. tu vois je suis très ouvert d’esprit.

– Et Hier ! L’excursion « L’étoile a pleuré rose » du Grand Arthur était grandiose : quel feu d’artifice!

– Oui, oui, tu as raison, c’était pas mal : ça y est, j’ai trouvé pourquoi j’étais un peu déçu !

– Ah oui pourquoi ?

– Ben, y’a pas la mer : D’après le titre « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je m’attendais  à voir la mer. C’est paradoxal mais je voulais voir la mer !

– Ah je vois, mais figure toi que c’est une métaphore le nom de cette excursion, une sorte d’image : y’a pas encore la mer sur Mars !

– C’est bien joli les métaphores,  mais c’est pas pratique ces scaphandres pour se balader, on n’a pas la place pour gigoter et se mouvoir, en plus l’air est pas respirable ici, rentrons au vaisseau !

– C’est quoi le spectacle ce soir ?

– « La terre est bleue comme une orange » du Grand Paul. Regarde le prospectus, il y a marqué : « Assistez à un ballet turbulent de la Terre et des étoiles » !

– Encore une métaphore : je crains le pire !

Les mots collectés par Olivia

Multicolore – chromatographie – science – vie – gigoter – turbulent – gigue – couple – divorce – spectacle – cirque – paradoxal

ETOILE

Source Photo

(*) multicolore et spectacle m’ont fait penser à ce petit texte écrit il y a deux ans (j’ai glissé les mots 😉

voici la consigne de ce sujet des Impromptus Littéraires

Sur la base du premier vers d’un poème de Leconte de Lisle (Les Eléphants) partez au gré de votre imagination vers des univers fantastiques, oniriques ou au contraire durement réalistes.

La seule contrainte est de commencer impérativement votre texte par l’incipit :

le sable rouge est comme une mer sans limite

Michel Garneau – Poésie

les chevals sont des animals doux et calmes

quand ils vont contents de se bien chevaucher

.

un petit cheval vient pour l’autre galopade

donnante et trotte en la neige de tous les sens

.

comme les dames quand elles lâchaient tout

pour chasser le chanteur et le surprendre

.

les plaisantes dames qui portent l’amour aux hanches

comme me porte le désir aux corps ventres si blancs

si chaleur cuisses et la tant surprise douceur des seins

.

au jardin de mon bestiaire les chevals se boivent

l’un l’autre en assoiffés allongés dans la source

.

au bestiaire de ma tête jardinière les chevals

s’offrent l’herbe miraculeuse de la légende d’amour

.

chevals à mes oreilles sont sonores noms des corps

où la force d’amour a mieux automne et mieux été

.

en des instants comme des chevaux accotés


« Les chevals sont des animals…», Les petits chevals amoureux, dans Poésies complètes, vol. 1, Montréal, Guérin Littérature/ L’Age d’homme, I988.

– Source ici 

Sur une idée de Chiffonnette

citation

Tombouctou – Paul Auster

tombouctou

L’histoire de Willy Christmas et de Mr Bones est raconté par ce même Mr Bones. Celui-ci comme le nom l’indique est un chien. Willy est SDF et erre dans New york puis dans Baltimore à la recherche de son institutrice, qui voyait en lui un grand écrivain.

Willy est malade, il sent sa fin arriver et avant de mourir, il voudrait confier son « oeuvre » poétique à cette institutrice. Mr Bones nous raconte la vie de Willy mais aussi la sienne et celle des personnages qu’il rencontre avant et après la mort de Willy : Willy , bien sûr , mais aussi sa mère, son institutrice, un petit garçon adorable d’origine chinoise, une mère au foyer qui s’ennuie et se sent prisonnière de sa vie, malgré un mari, des enfants gentils et une petite maison en banlieue (le rêve américain en quelque sorte)

Ce livre m’a énormément plu. J’ai aimé le choix de départ qui est de faire parler et de faire réfléchir le chien (même si ce n’est pas plausible qu’un chien parle ainsi). Il s’agit d’une fable sur la vie, la mort, la difficulté de vivre, seul ou accompagné, et aussi la difficulté d’écrire.

Le chien se retrouve seul et essaie de se trouver une famille mais le souvenir de Willy l’entraîne vers une nostalgie dont il n’arrive pas à sortir.

Certains avis sur Babelio ont trouvé ce livre très triste, même si je ne l’ai pas ressenti (le fait que le narrateur soit un chien m’a certainement donné de la distance 😉 )

Un extrait :

Afin de célébrer l’évènement, Willy courut à Manhattan, dès le lendemain matin, et se fit tatouer sur le bras droit une image du père Noël. Ce fut une épreuve pénible, mais il supporta volontiers les aiguilles, triomphant de se savoir désormais porteur d’un signe visible de sa transformation, une marque qu’il garderait sur lui à jamais.

Hélas, quand rentré à Brooklyn, il montra fièrement à sa mère ce nouvel ornement, Mme Gurevitch piqua une colère furieuse, avec crise de larmes et incrédulité rageuse. Ce n’était pas seulement l’idée du tatouage qui la mettait hors d’elle (bien que cela en fît partie, compte tenu que le tatouage était interdit par la loi juive – et compte-tenu du rôle qu’avait joué de son vivant le tatouage des peaux juives), c’était ce que représentait ce tatouage-ci , et dans la mesure où Mrs Gurevitch voyait, dans ce Père Noël en trois couleurs sur le bras de Willy, un témoignage de trahison et d’incurable folie, la violence de sa réaction était sans doute compréhensible. Jusqu’alors, elle avait réussi à se persuader que son fils finirait par guérir tout à fait. Elle attribuait à la drogue la responsabilité de son état, et pensait qu’une fois les résidus néfastes chassés de son organisme et son taux sanguin redevenu normal, ce ne serait qu’une question de temps avant qu’il éteigne la télévision et reprenne ses études. Mais là , c’était fini. Un coup d’oeil au tatouage, et toutes ces attentes vaines, tous ces espoirs trompeurs se brisèrent à ses pieds comme du verre. Le Père Noël venait de l’autre bord. Il appartenait aux presbytériens et aux catholiques romains, aux adorateurs de Jésus et tueurs de juifs, à Hitler et à tous ces gens-là. Les goys avaient pris possession du cerveau de Willy, et une fois qu’ils s’insinuaient en vous, jamais ils ne vous lâchaient. Noël n’était qu’une première étape. Dans quelques mois, ce serait Pâques, et alors ils ramèneraient leurs croix et se remettraient à parler de meurtre, et il ne faudrait pas longtemps pour que les sections spéciales prennent la porte d’assaut. Elle voyait cette image du père Noël, tel un blason sur le bras de son fils, mais en ce qui la concernait, ç’aurait aussi bien pu être un svastika.

Willy se sentait franchement perplexe. Il n’avait eu aucune mauvaise intention, et dans ce bienheureux état de remords et de conversion dans lequel il se trouvait, offenser sa mère était le dernier de ses désirs. Mais il eut beau parler et s’expliquer, elle refusa de l’écouter. Elle le repoussait à grands cris, le traitait de nazi, et comme il s’obstinait à essayer de lui faire comprendre que le père Noël était une réincarnation du Bouddha, un être saint dont le message au monde était tout amour et compassion, elle menaça de le renvoyer l’après -midi même à l’hôpital. Ceci rappela à XWilly une phrase qu’il avait entendu prononcer par un compagnon de misère à Saint Luke’s : « Tant qu’à m’abrutir, je préfère une bonne biture à une lobotomie » – et soudain il sut ce qui l’attendait s’il laissait sa mère agir à sa guise. Alors au lieu de continuer à fouetter un cheval mort, il enfila son pardessus, sortit de l’appartement et partit en droite ligne vers je ne sais où.

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Livre lu dans le cadre du Challenge « Jacques a dit de Métaphore » où le sujet est  de lire un roman avec un nom de ville dans le titre. Dans ce livre, Tombouctou représente pour Mr Bones le paradis où est parti Willy et où il pourra le rejoindre un jour.

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Et il rentre aussi dans le challenge « Lire sous la contrainte » de Philippe où la contrainte de la 10ème session est « un titre de 10 lettres »

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