L’histoire de Chicago May – Nuala O Faolain

Je repris la direction de l’ouest sur un tronçon de route droite entre des arbres sombres. Soudain, en rafale, les phares de la voiture éclairèrent des bandes vermillon et dorées. Des affiches ! Les affiches d’un cirque. Sur deux kilomètres environ, il y en avait tous les quelques mètres, bariolées comme des perruches saluant en rang d’oignons. L’odeur de la tente chaude et de l’herbe écrasée me revint des jours où, quand j’étais enfant au milieu des champs verts et mornes, je voyais le cirque arriver d’un autre monde. L’incroyable éléphant. Les acrobates, comme des phoques sautant et plongeant dans les ténèbres sous le grand chapiteau. Les gens du cirque, avec leur maquillage criard et leurs caravanes qui répandaient cuvettes en fer-blanc, chiots et tissus exotiques sur le sol inégal.
May n’avait pas d’informations, pensai-je. Comment aurait-elle pu en avoir – enfant aux pieds nus au bord des tourbières dans un coin oublié d’un pays oublié ? Mais si, pour une raison ou pour une autre, elle avait su, elle avait senti intuitivement qu’il existait un monde ailleurs avec de la couleur, des fanfares et des femmes scintillantes qui se tenaient en équilibre sur le dos de poneys empanachés, qu’est-ce qui l’aurait empêchée de partir ?

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L’histoire de Chicago May – Nuala O Faolain

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Sur une idée de Chiffonnette

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