Vertitude

Vertitude 💚💚

Les mots autographes

 Ecrit pourPré vert :, thème de mai.

« La vie en vert, (vers, ver, verre, vair, à votre choix), la vie à l’envers »

Vertitude

 Bleu, tout bleu

Ce sera la mer

Et puis dans un coin

Le pinceau allume un soleil

Jaune, tout jaune.

Comme une larme de pluie

Coule une goutte.

Alors naît l’herbe

Verte, toute verte

Eclatant ça et là

Forêt de vie,

Prémices printanières.

S’envolent les premiers bourgeons

Une coccinelle  rouge, toute rouge

Sur un rayon de lune

Et s’éveillent orange, tout orange

Les lueurs de l’aube

Glissant sur des couvaisons

Oiseaux siffleurs, piailleurs,

Ailes noires, blanches, grises.

Un bec jaune se risque hors du nid

Gobe un ver nu, tout nu

Qui se tortille au bout de la canne du pêcheur.

Le ruisseau chante le soleil luisant

Murmures frais, tout frais

Et moi somnolant dans un hamac

Sirotant un verre menthe à l’eau

Menthe à l’eau, menthe…

View original post 3 mots de plus

Crazy Horse

Ils disent que je suis fou, fuyant, incapable d’aller droit au but mais ce sont eux les paltoquets….

Tenez par exemple, l’autre jour, le type en face me narguait, l’air chafouin, car j’étais un peu coincé et je ne pouvais plus me mouvoir, j’étais cerné….Cela arrive aux meilleurs… Après moultes contorsions et après avoir donné du coude en veux tu en voilà j’avais fini par me rapprocher de sa Majesté. J’allais l’attaquer subrepticement dans les règles de l’art quant à brûle-pourpoint l’autre gougnafier de Crazy-Horse  s’est intercalé et m’a forcé à reculer (enfin je devrai dire gougna-fière je pense parce que le Crazy-horse du camp adverse est en fait une jument – callipyge de surcroît – fière comme un paon – ou une paonne).

Mais ils ne perdent rien pour attendre les autres poltrons-minets. Ils veulent me snober ? moi ? Ils me prennent pour un pion alors que moi,  Jekill Bishop de La Tchèque en bois, je suis un digne descendant d’Agilulfe-Edme-Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra du côté de mon père et de Dulcinea del Toboso de la Cervantesse du côté de ma mère ?

Foin de leurs calembredaines. Je ne me laisserai pas fustiger sans défendre mon honneur par une bande de pleutres qui font des courbettes à une monarchie pour qui rodomontades rime avec galéjades.

Et l’autre en face qui me regarde en biais, je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à ce fou-monnayeur, le hisser pendu haut et court au mat de misaine. Crazy-Horse aura beau s’intercaler, se dandiner, prendre la tangente, moi j’irai droit au but et …paon dans sa face.

Et après je n’en ferai qu’une bouchée de cette reine d’albâtre et une fois celle-ci dans mon escarcelle, à moi les sommets, j’éliminerai le roi et ce n’est pas l’autre Crazy Horse qui m’en empêchera ! Foi de fou !

jeu-echec

Un petit selfie : je suis le troisième en partant de la gauche (votre gauche)

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Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! »

et d’une pierre deux fous, ma participation au jeu de la licorne où il fallait écrire un texte désuet avec au moins 10 de ces 20 mots :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique, moult, paltoquet, potron-minet (détourné), pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement,subodorer

 

Lettre à Mr Lechat

Cher Mr responsable des opérations de sponsoring, Mr Felix Lechat

Je me permets par la présente de vous présenter mon projet, assuré en coopération avec 30 Millions d’@mis.
Pour être succinct voici les grandes lignes du projet :
– construction d’une arche pouvant accueillir 3000 animaux et son équipage
– Maître d’ouvrage : Dieu
– Maître d’œuvre : Saint Pierre
– Maître d’oeuvre délégué : votre serviteur : Noé
– Assureur : m@@f assurances (fournit également les dauphins)

Sans être exhaustifs, voici une liste des sponsors nous faisant actuellement confiance :
– Fourniture des gilets de sauvetage : L@coste (fournit également un couple de crocodiles)
– Fourniture du moteur à propulsion selon les normes ISO en vigueur Ferr@ri (fournit également un couple de chevaux)
– Fourniture du navigateur Fir@fox (+ couple de renards roux)
– Approvisionnement en barriques de lait (+ une v@che qui rit)
– Bottes : @igle (+ deux exemplaires royaux…..)
– Tee- et sweat shirts Puma ( + deux félins …..)
– 1234 tonnes de nourritures : C@sse grain (et deux lapins blancs)
– 7867 sac de noisettes (C@isse d’Ep@rgne et deux écureuils)
– Du riz (et un t@ureau ailé, en espérant que la v@che qui rit sera d’accord)
– Logiciel GPS (Linux et deux pingouins au cas où les renards nous feraient faux bonds : application de la norme  7-1-ANE)

Je vous mets en pièce jointe le plan de financement (gazouillé par Twitter et ses moineaux bleus)

Pour la cérémonie de lancement, nous aurons en guest-stars un certain « taureau rouge » et une « jument verte »

Je suis en attente de votre réponse, cher Monsieur Lechat. Votre accord pour partager cette aventure d’un nouveau genre est primordiale : Nous manquons de lessive et 3 000 animaux plus l’équipage sans lessive, permettez moi d’être cru mais « ça va schlinguer » !

Votre dévoué Noé.

Si en plus des dosettes de votre magnifique lessive verte, vous pouviez nous garantir la venue d’un couple de chat (siamois, de gouttière ou aristocrates peu importe), je vous dirai chatpeau et vous tirerai la langue bien bas.

Merci pour votre réponse ASAP (c’est demain la fin de l’agenda ironique de septembre)

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Double participation chez Filigrane Il s’agissait de raconter une histoire bien connue de tous « à la façon de »…le thème imposé : L’Arche de Noéchez Martine et Carnets Paresseux pour l’Agenda Ironique (avec un chat et sa langue, un loup déguisé, une rouge fillette et une forêt …bon pour le moment, le loup est encore caché dans la forêt….espérons qu’il sorte d’ici demain)

L’arche ivre

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L’arche ivre 

 

Moi Noé, je voulais me voir dans la bible,

Je me suis efforcé de devenir bateleur :

Des animaux pour une armada invincible,

Je les aie convaincus sur un ton enjôleur.

 

Conscient de la rareté de cet aréopage,

Je mélangeais  flamands roses et faucons maltais.

Quand mes fils descendirent des doux alpages,

Nous embarquâmes avec les vaches qui meuglaient.

 

Quand les cordes du bord furent désamarrées,

Je tressaillis sous le roulement des éléphants,

Je frémis, encourageant la lune et ses marées

Pour que les pachydermes dorment comme des faons.

 

Le déluge mit à l’épreuve les couples légitimes.

Fragiles comme porcelaine, ils regardaient les hublots

Le roulis provoqua malaise et tout le toutim,

Quarante jours et nuits, ils devinrent bien falots !

 

Salée la mer nous infligea de cruelles morsures,

L’eau verte s’infiltrait, poudre de perlimpinpin

Les lagomorphes devinrent fous de leurs blessures

Serrés sans pouvoir se reproduire, pauvre lapins.

 

Ainsi nous voguions tels des guêpes qui essaiment

Portés par les eaux de l’océan fluorescent,

Ivres de couleurs, de sons, d’odeurs, de bohème

Ebahis,  le soleil nous manquait incandescent.

 

Que penser des rugissements et des soupirs ?

La ronde patiente,  vigilante des vautours,

Puis plus lancinant que  le chant de l’oiseau-lyre,

Retentit le caquètement de la basse-cour !

 

Je tendis le poing et lâchai une colombe

Et guettai craintif et à la fois plein d’espoir,

L’horizon  pourpre  avant qu’il ne succombe,

Et j’ai cru qu’il allait s’arrêter de pleuvoir !

 

Le scorbut rendit les animaux squelettiques,

Les jambes des girafes enflaient et flageolaient.

Pareils à des pantins démembrés, les moustiques

Voletaient comme des fantômes désemparés!

 

J’ai embrassé l’aurore verte évanouie,

Encensé les animaux avec des mots flatteurs,

Nous allions retrouver bientôt les terres enfouies,

Oh la la, je ne me savais pas si bon acteur

 

Mon amie réussit à éviter une mutinerie

Les animaux ballotés étaient dépressifs

Malgré ses arguments la rusée otarie (1)

Voyait l’Arche partir en lambeaux successifs !

 

J’ai décidé d’utiliser un puissant insecticide

L’équipage, devenu fou, réclamait poules au pot.

Hallucinations collectives, 16 pattes par arachnides

Sous le ciel trempé, tous travaillaient du chapeau.

 

J’ai vu un chat poète s’essayer au Parnasse

Il déclamait des vers français peu ragoutants

Me cherchant des poux dans la tignasse,

J’essayais de m’éloigner clopin clopant !

 

Trempé, je donnai mon canot pour une fournaise !

Sur les mats de l’arche frappaient les embruns

Des serpents-liane me donnaient malaises

Et m’incitaient à rendre mon repas prochain !

 

J’aurais voulu griller quelques dorades

Qui dans les flots  nous suivaient en chantant.

Des effluves à mon nez battaient la chamade

J’évitais une dernière vague le navire accostant

 

Un jour, apercevant  une frêle amazone,

Dont les doux yeux me séduirent  comme un hibou

J’enjambais la rambarde, foutues hormones

Dans l’océan je finis ma vie…. tel un caillou

 

Les autres participants sont chez Filigrane 

Il s’agissait de raconter une histoire bien connue de tous « à la façon de »…
le thème imposé : L’Arche de Noé
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Je n’ai pas totalement respecté la consigne puisque mon histoire « à la façon de » finit mal ….j’espère que Arthur R. me pardonnera 🙂
(1) Je recommande ce livre au passage « la revanche des otaries » de Vincent Wackenheim qui m’avait beaucoup fait rire lorsque je l’avais lu.
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Quand j’avais cinq ans je m’ai tué – Howard Buten

5ans

J’avais commencé par descendre Lauder, comme d’habitude, seulement il y avait des patrouilleurs de sûreté au carrefour qui sont méchants. Y sont affreux. Y s’en prennent aux petits enfants. Que j’en suis justement un. J’avais mon dessin dans la main (pasqu’on avait fait de la peinture en classe quand on avait plus eu rien d’autre à faire) et j’attendais au coin que le patrouilleur dise « Allons-y ». Les patrouilleurs de sûreté écartent les bras comme ça et y disent « Ne bougeons pas » quand y a des voitures qui viennent et puis y disent « Allons-y » quand on peut traverser sans danger. C’est pour ça qu’on les appelle patrouilleurs de sûreté.
Pendant que j’attendais, le patrouilleur a vu mon dessin.
– Qu’est-ce que c’est, une grenouille ?
– Non. C’est un cheval, c’est moi qui l’ai dessiné.
Y m’a regardé, il était très grand.
– Non mais t’es dingue ou quoi ? qu’il m’a dit.
J’ai dit :
– Oui.
Il allait me taper. Mais mon dessin était tout à fait bon, moi personnellement je trouve, comme cheval. Il était vert. Je l’avais appelé Verdi.
Le patrouilleur me l’a arraché de la main, ce qui a déchiré la bouche à Verdi. Il s’est marré et puis y l’a montré à un autre patrouilleur qui lui a dit d’arrêter de déconner. (Ils mettent deux patrouilleurs de sûreté à chaque carrefour pour qu’y puissent s’y mettre à deux sur les petits enfants.) Et puis il m’a rendu Verdi en disant « Allons-y ».

p25-26

Quand j’avais cinq ans je m’ai tué – Howard Buten

Selfbook

Pour ma belle

algernon

Vous vous demandez peut être ce que je fais dans cet arbre, tel le baron perché ?
Je suis là, moi Algernon le deuxième, pour chanter la sérénade à ma belle. Je prends de la hauteur pour la voir arriver. De là on voit la mer, je ne pourrai pas la rater.
Tout à l’heure, je descendrai de mon repère et je lui jouerai quelques notes sur mon piano vert. Celui qui connaît tous les airs d’amour. Il est composé de mousse et ses cordes ne sont pas d’acier mais de liane. Ses notes sont des fleurs : RhoDOdendron / REséda /MImosa / corosSOL / LAvande….

Piano vert
Mon maître de chant me dit toujours que je chante trop bas et que ma voix de baryton ferait fuir la plus sourde des princesses. Et quelquefois j’ai comme une grande idée, alors je suis grimpé dans cet arbre pour que ma voix soit plus haute.
Entre ciel et terre, je suis seul dans mon arbre à me répéter les paroles de ma chanson. Je suis seul mais cela m’est égal, je sais que le coeur est un chasseur solitaire.
Vous vous moquez de mes risibles amours ? Moquez vous,moquez vous ! Tout à l’heure Anna apparaîtra et je chanterai pour elle.
Je chanterai le nom de la rose et le dahlia noir.fleur
Elle a un nom de fleur allemande, mon Anna : un jour, elle me racontera le voyage d’Anna Blume et la musique du hasard de mon piano la suivra dans son odyssée.
Elle racontera la pauvreté, le moment où plus rien ne compte sauf les fleurs ….et la faim.
Elle racontera le moment où aucun souvenir assez solide ne peut nous soulager du chagrin, où l’amour disparaît dans le sillage de l’oubli. L’amour, cet animal du coeur qui me ronge et me fait tant souffrir…
Derrière le mur invisible de mon arbre, je ne compte plus les heures silencieuses à attendre mon Anna.Arbre muré
J’aurais attendu cent ans de solitude, le temps que la lumière des étoiles mortes me parvienne.
A cet instant, avec Anna, je me mettrai au piano et je chanterai avec elle avec ma voix trop basse et elle avec sa voix de petite fadette.
« Il ne faut pas pleurer » me dira-t-elle.
Nous chanterons « des fleurs pour Algernon » avant de partir, moi le voyageur sans bagage, voyageur imprudent ….et elle, toute remplie de la tristesse des anges.

anna blume

la règle du jeu « Photos insolites » est ici chez Filigrane

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27 titres à trouver

Projet 52 nuances de vert

Pour célébrer avril

Jeudi poésie chez Asphodèle

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Pour célébrer avril, semer des mots

Pour célébrer avril, j’ai descendu dans mon jardin avec l’intention de semer des mots (parce que le romarin c’est périssable)
J’ai aéré la terre, mis quelques vers puis je me suis demandée quelles graines de mots j’allais planter…

J’ai ratissé large et mis une centaine de mots dans ma besace : des noms, des adjectifs, des verbes et des adverbes, des petits mots doux et des gros mots….

J’ai planté le mot « oignon » dans l’idée qu’il pourrait donner jour à une tulipe mais l’idée a germé et j’ai récolté un « cor au pied » (foutu homonyme, je n’avais pas la bonne graine, celle de l’ivraie)

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J’ai semé sept petit cailloux pour trouver mon chemin, me suis cassée la binette sur le dernier.

J’ai semé une verveine qui est devenue rouge sang, mon genou sur le caillou précédent.

Je n’ai pas semé de vent de peur de récolter une tempête mais j’ai semé une petite brise et versé une larme pour l’arroser…

J’ai semé du vert et j’ai récolté une trempette dans un vert d’eau.

J’ai élagué, fauché l’herbe sous le pied (juste sous mon cor)

J’ai semé, semé….. et rien récolté.

J’ai pioché à nouveau dans ma besace . Plus de mots à planter….

Les mots ressortaient de terre, ils n’ont pas voulu se laisser enterrer : « c’est le retour des mots vivants » m’a dit le cor de garde…

J’ai semé à tout va dans un champ lexical : à la volée, jardin anglais, dans Word …les mots se sont envolés…

Aurais je dû planter du romarin ?

ile au trsor

Magritte – L’île au trésor

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Projet 52 Nuances de vert

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Merci à Célestine pour l’idée de ce petit poème. La phrase « déclic » est « On sème les mots qui s’envolent comme des parachutes pour se poser sur nos coeurs,  telles des graines de pissenlits que l’on souffle. »

Na !

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Jeudi, suite à un commentaire de Jacou sur le billet de collecte des plumes, je décidai d’agir et de me rendre dans le monde  des À (un livre de SF américain traduit par Boris  Vian)
Je me souvins que j’avais commandé il y a deux ans un décompositeur  de textes qui était tombé rapidement en panne. J’ai donc branché les alluchons sur mon vélo voyageur de temps et j’ai donné un coup de pédale digne d’E.T. pour rentrer à la Maison.
Comme toujours le voyage dans les airs  fut  fabuleux, le ciel couchant était couleur ambre et nul ne vint troubler mon voyage. Comme toujours l’atterrissage fut un peu douloureux pour les rotules mais passable. L’engin semblait en état de repartir après ce périple. Cette île se situe – si mon GPS ne me joue pas de tour – au centre approximatif de la Mer rouge. Et c’est bien là que mon voyage tourna au cauchemar : sur cette île tout était rouge, il n’y avait pas la moindre once de vert : l’herbe était rouge, les palmiers rouges, le sable était manifestement chargé de fer ! La mer était vermillon. Je me suis sentie d’un coup comme étranglée : le vert me manquait, je suffoquais.
Soudain dans mon début de malaise j’entendis des pas. Allongée sur le sable rouge, je pris tout de même la photo de l’autochtone qui me vint  en aide :
boule de soif
– Bienvenue sur l’île des nanas ! me fit la jeune femme.
Je m’appelle Boule de soif, nous t’attendions, ajouta-t-elle en souriant.
La dénommée Boule de Soif s’agenouilla, se pencha vers moi  et me fit m’abreuver  : je ne sais ce qu’il y avait dans ce nectar mais quel goût alléchant, fruité, revigorant. Requinquée je me remis debout et partit à sa suite.
Passé le premier choc de  cette absence presque totale de vert (il y avait quand même quelques cactus verts auxquels se raccrocher ) j’arpentais l’île avec bonheur avec mon hôte : je reniflais les fleurs de calamine (1), tendais la main pour attraper des ananas sanguins, des abricots écarlates et des tomates cerise mûres à point . Sucrés à coeur, ces fruits me faisaient tourner la tête : la soif ne me quittait plus et je picorais encore et encore sous l’œil amusé de Boule.  J’écoutais le chant des rouge-gorge et celui strident d’un nara  (ainsi appelait Boule de Soif une sorte de perroquets magenta),
Car le parler de mon hôte était pour le moins étrange : elle avait un petit accent sur tous les mots commençant par À et cela donnait un nara au lieu d’un ara.
Au bout d’un moment je ne prêtais plus attention à cette caractéristique de langage :  les abeilles  me bourdonnaient aux oreilles, j’étais bien dans cette île sans automobile (pas de N d’accent tonique sur les noms au pluriel un navion, des avions, le navion, une nautomobile, des automobiles, la nautomobile)
Les bras de Boule de soif  s’agitaient en parlant en moultes arabesques (une narabesque, des arabesques, la narabesque)
Elle me prit par le bras en m’appelant son namie et nous partîmes à la rencontre de ses deux sœurs Nana Conda, Nana Morphose,
Les deux autres sœurs m’accueillirent l’une avec un noeillade et l’autre rangea son narbalète pour le serrer dans ses bras (ouille tant d’amitié me fit quelques picotements mais je ne voulais pas les froisser). J’avais dû me tromper  (espèce d’ahurie me dis-je dans mon for intérieur) dans le réglage  du GPS. Mais pourquoi râler de ne pas me retrouver dans le monde des À mais dans celui des « na » l’ambiance n’avait rien à y envier.
Quand vint le moment de les quitter après une journée très active, les trois sœurs me raccompagnèrent à mon vélo. Un nara y avait élu domicile et refusait de me rendre ma place . Azimuté, il chantait à tue tête « Les nanas c’est comme ça, même si elles sont plutôt nunuches, même si elles sont plutôt neuneu, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe namoureux d’elles ». (2)
Quand j’essayai de le déloger, il se mit à hurler « Marre de cette Nana, là ! marre de cette nana là….Vive la nanarchie » (3)
Ravie de monter mes progrès dans la langue, je dis à Boule de soif : aurions nous une « petite » erreur de casting, une nanomalie ?
 !
Les mots collectés par Asphodèle:
:
Abeille, arabesque, ambre, arpenter, automobile, abricot, actif, azimuté, s’agenouiller, anamorphose, aimer, accroche-coeur, ajouter, affirmativement, approximatif, alléchant, ambiance, ahuri, agir, abreuver.
 :
je n’ai pas mis  affirmativement
:
52 nuances de vert avec pour thème l’absence
(1) L’arrache-cœur de Boris Vian
(2) L’attrape-cœur de JD Salinger. La vraie phrase est « Les filles c’est comme ça, même si elles sont plutôt moches, même si elles sont plutôt connes, chaque fois qu’elles font quelque chose de chouette on tombe à moitié amoureux d’elles. »
(3) L’accroche-cœur Pantabruélique (à paraître Valentyne)
:
:

Poètes sur le fil….

Poètes sur le fil

J’en ai connu plusieurs des poètes sur le fil (intérieurement je les appelle des filambules).

Mon père, tout d’abord. Filatéliste, timbré de petits rectangles à dents – qui n’ont pas besoin de fil dentaire – il savait rendre poétique un centimètre carré, surtout sa Muse Marianne.

Ma mère qui, du fonds de la ferme familiale, me dit une fois en terminale : « j’ai une poule qui fit le z’oeuf » quand j’essayais une fois de lui expliquer qui était Merle au Ponti et les autres filosofes.

Incomprise de ma parentèle, je décidai, un jour à l’aube, de partir vivre ma vie de poétesse et enfilai un fuseau, un pull en poil de lama et mes pantoufles de fer : « un pantoufle de ferpoète se doit d’être écorché », fis je en agitant un mouchoir de batiste, tremblotante sur mes talons aiguilles.

Je partis la laine fraîche à la découverte de la grande ville et de son tissu urbain. Il fallait voir ce qui se tramait dans le Charleville-Mézières de la fin des années 80….

J’étais aussi à l’aise qu’un quenouille filant sur son nénufar et je déclamais des vers de mon inspiration : « Poétesse amfilbie je suis aussi à l’aise sur un fil dans les airs que dans une file d’attente sur la terre ferme ».

Au cabaret vert 5 heures du soir, je rencontrai d’autres poètes qui, comme moi, essayaient de ne pas perdre le fil harmonique de leur inspiration à la fois si féconde et si fragile.

Nous dévidions notre pelote de concert, (pelote ardennaise et non basque – note pour Marie-Jo). Nous avions Arthur Rimbaud pour modèle, quoique Vert-laine en connaissait une rayonne sur les fils (moins sur les filles, nul n’est parfait).

Une mamie, filentrope, nous avait pris en affection et nous gorgeait de filets mignons, d’haricots verts sans fil, de cigarettes sans filtre et de philtre sans amour… Elle disait « un poète fait fil de tout bois » et nous approuvions comme un seul homme, même les filles.

De tous les poètes que j’ai rencontrés lors de ma jeunesse, je me rappelle bien de Dermo Fil Indien, qui nous faisait danser la javanaise. Mon ami Lucky (Luke un autre fil en bulles) me soufflait à l’oreille que c’est le fil qui chante et qu’importe le lin pourvu qu’on ait la caresse. Serge  avait un poil de lama ou un poil dans la main, je ne sais plus trop. Hugo de Jersey nous chantait l’exil (qu’il appelait l’exfil : un léger défaut de prononciation dont il n’arrivait pas à se débarrasser. Il disait : O poète j’ai un fil de soie sur la langue (ou parfois j’ai un cil de toi sur la mangue : un brin filexique le Hugo))

Puis les bannières de mai furent chassées par les étoiles filantes qui apparaissait furtivement les soirs d’été. Les sanglots longs de l’automne laissèrent la place au spleen rêvé pour l’hiver…. Je grandissais ou filais un mauvais coton c’est selon.

Notre bande de poètes s’est dissoute un soir où la lettrine d’un de nos textes (police Arial sans certif si ma mémoire est bonne) s’écria : mais que fait la police ?
– Elle file la métaphore répondit notre muse Filomène qui avait de la suite dans les idées (on verra où ça l’a menée)….

Nous nous sommes perdus de vue la bande des poètes, copains de chanvre, chacun essayant de mener sa barque du mieux que possible, au fil de l’eau.

Depuis peu, j’erre sur Facebook de fil d’Ariane en fil d’actualité pour retrouver mes joyeux compagnons de vers. Nulle part, je ne trouve leurs bobines : Dermo, Hugo, Luke et Serge …

Un jour, j’ai reçu un mail de Filomène qui m’a dit avoir renoncé à la poésie pour une carrière dans le film (….alimentaire fit-elle après une pose): j’ai eu le job grâce à mon sexe à fil…..Et toi que deviens tu ?

Je répondis : Je suis devenue technicienne : je câble des bureaux, des fils rouges sur des prises rouges, des Fils verts sur des prises vertes, des petit trous dans les murs…

– Et la poésie ?

– J’écris des poèmes pour la RATP : des poèmes sur l’écheveau des lignes de métros, je m’emmêle dans le nom des stations … Dans mes poèmes amateurs, la station des Gobelins fait tapisserie, saint Filipe du roule n’amasse pas mousse, le filiculaire de Montmartre s’enroule et s’effiloche …La vie de Pinocchio à la Porte de Pantin ne tient qu’à un fil…filomene

Et c’est ainsi, tous poètes de 20 ans que nous fûmes, nous sommes devenus des poètes du dimanche et des travailleurs barbants…..sur le fil du rasoir.

FIN FIL

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NB : Poème retrouvé dans la boîte hermétique de la fusée « Fil d’Ariane » – décembre 2280 – D’après d’éminents chercheurs, ce poème daterait de 2020, année de la réforme de l’orthografe supprimant le Ph, votée à l’assemblée sur le fil (à deux  voix près)

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Pour les personnes aimant jouer 5 titres de poèmes d’Arthur Rimbaud sont à trouver : Pourquoi cette énigme ? Et bien pour vous donner du fil….à retordre….

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Ma participation à l’agenda ironique d’avril avec pour thème « sur le fil » (organisateur Carnetsparesseux)

Printemps – Là où parfois l’inspiration se niche …..

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coin vert

Là où parfois l’inspiration se niche …..

Dans un petit coin vert
Véronique s’installa
Assise tranquille pour lire

Dans ce vallon-cuvette
Elle se sentait mélancolique
Tant de parfums la grisaient

Le bruit de la cascade
Lui chanta à l’oreille
Une mélopée bucolique

Coquelicot et colchiques,
Mille fleurs de lotus dans un pré
Elle découvrit le pot au rose :

De reine elle n’avait que le trône,
Un teint blanc porcelaine
Et une brise printanière

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Ce petit poème vous a plu ? et si vous le relisiez avec une autre photo comme support ?

petit coin vert

Projet 52 nuances de vert avec le printemps pour thème