Bilan « destination PAL été 2018 »

En juin, j’avais établi ma liste à lire de l’été grâce à Liligalipette

J’ai presque lu toute cette sélection (sauf un)

1- La chute des géants – Ken Follett 

2- L’hiver du monde – Ken Follett

3- Aux portes de l’éternité – Ken Follett

4- La servante écarlate – Margaret Atwood 

5- L’épopée du buveur d’eau – John Irving (lu mais pas de billet, car une petite déception) 

6- L’art de la joie – Gollarda Sapienza (pas lu) 

7-  L’amour au temps du choléra – Gabriel Garcia Marquez – un extrait 

8- La conquête de Plassans – Emile Zola – une ambiance un peu pesante (un extrait)

9- Le complot contre l’Amérique : Philipp Roth   

10- Le bal du dodo – Geneviève Dormann (j’ai adoré l’atmosphère – pas de billet par manque de temps mais un extrait ici et ici)

 

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La servante écarlate – Margaret Atwood

Un livre dont j’avais beaucoup entendu parlé et qui m’intimidait beaucoup.

Sans trop raconter l’histoire que je connaissais dans les grandes lignes, j’ai trouvé ce « conte » qualifié de «  science fiction » très réaliste : tout d’abord parce qu’il se situe dans un futur plus que proche même si non daté : l’héroïne se souvient très bien de sa vie d’avant : celle où elle était une femme libre qui pouvait travailler, lire, s’épanouir, rire, choisir ses amis, celle où elle vit avec son amant qu’elle finit par épouser (Luke) et avec qui elle a eu une petite fille.

Il y a quelques années une dictature s’est installée dans ce pays (nommé Gilead près du Canada). L’élément déclencheur a été une « perte de la fécondité : plus de bébé pour renouveler l’espèce : les femmes sont donc reléguées à leur fonction uniquement reproductrice ou sexuelle : les Épouses des Commandants essaient de donner à leurs maris des enfants. Si elles n’y arrivent pas alors une « Servante » (sorte de bonne soeur habillée en rouge) est désignée pour procréer avec le « commandant » , une sorte d’esclave sexuelle (l’Epouse « assiste » aux « ébats » de son mari et de sa « servante »)

Je ne me rappelle pas du  vrai prénom de la narratrice, est-il évoqué seulement ?  les femmes qui deviennent « servantes » perdent leur prénom et leur identité : elle est surnommée Defred comme le prénom de son « maître » Fred.

Ce livre explique bien comment les femmes ont été renvoyées à leur foyer progressivement : d’abord on leur retire le droit de gérer un compte bancaire, puis leur travail…. et elles finissent dans la dépendance avec comme seule choix « Épouse », « Servante », prostituée ou « Tante » (personnes chargées de surveiller et d’éduquer les Servantes)
Les opposants (hommes ou femmes) sont exécutés et leur dépouille laissée visible en place publique : c’est le cas notamment des médecins qui ont pratiqué l’avortement alors que celui-ci était légal quelques années auparavant.

Les personnages sont très réalistes : Defred la narratrice, son « Commandant » qui est à la fois abject et attendrissant, son Epouse qui elle est juste détestable, Deglen la compagne de Defred (espionne ou amie ?) , le beau Nick (espion ou ami ?) et enfin la rebelle Moira qui résiste…

Un livre qui mérite bien son succès, à lire par tous et toutes : jeunes et moins jeunes….
A devenir paranoïaque….ou plus attentif …

Un extrait

Le mois américain est cette année  élargi au Canada

Dans un style très différent et moins « glaçant », je vous recommande  aussi « Chronique du pays des mères » d’Elisabeth Vonarburg, une autre auteure canadienne, où on retrouve une organisation des  femmes très cloisonnée avec des femmes que l’on repère à leur « couleur » (rouge pour les servantes, bleu pour les Epouses, vertes pour les « employées de maison » dans la servante écarlate)

 

Le complot contre l’Amérique – Philippe Roth  

Uchronie : Juin 1940-1942 aux États Unis.  Lors des élections c’est Lindbergh qui est élu et non pas Roosevelt (comme dans la vraie histoire). Lindbergh est un antisémite notoire et fait alliance avec Hitler et avec le Japon. Les Etats-Unis restent donc « neutres » dans cette guerre
Philipp Roth raconte à la première personne : il a entre sept et dix ans et raconte ce qui pendant deux ans va changer dans sa vie.
Son père pense que la démocratie en Amérique est bien installée et que les juifs ne craignent rien. La mère voudrait partir au Canada « tant qu’il est encore temps »
Alvin le cousin s’engage dans l’armée Canadienne et part combattre au côté des anglais, il revient invalide.
Sa tante épouse un rabbin pro Lindbergh et permet au grand frère de Philip de faire partie d’un programme d’intégration des juifs (alors que la communauté juive vit « repliée sur elle même » selon l’entourage de Lindbergh.

Au delà de l’histoire alternative que l’on connaît, Philip Roth est très convaincant dans sa démonstration : sous couvert d’intégration, les familles juives sont peu à peu exclues de la vie économique (et pour certaines familles « déportées » dans le Kentucky) . Une lente escalade va jusqu’à l’organisation de pogroms que l’auteur va  comparer à la nuit de Cristal en Allemagne. Le petit garçon raconte l’assassinat d’un journaliste juif et la propagande faite autour de cette mort : où comment les assassins arrivent à retourner ce fait contre la communauté juive, où comment trouver un prétexte pour faire porter la faute sur un bouc émissaire que l’on connait à l’avance….

Dans cette famille l’affrontement se fait rapidement : « pro » et « contre » Lindbergh : personne n’en sortira indemne … à l’image d’un pays qui se divise également…

Quant au style il m’a réellement enthousiasmé car il sait à la fois se mettre à la place d’un enfant et montrer la complexité de la situation.

Un extrait :

Steinheim père, qui parlait avec un fort accent, ne savait pas lire l’anglais, mais qui était, selon mon père un « homme de fer », fréquentait la synagogue de notre quartier pour les grandes fêtes. Un jour de Yom Kippour, quelques années plus tôt, il avait vu mon père devant le temple avec Alvin ; le prenant pour mon frère il avait demandé : « Qu’est-ce qu’il fait, ce gamin ? Y’a qu’à me l’envoyer, il travaillera avec nous. » Et voilà comment cet Abe Steinheim, fils de petit maçon immigrant qui n’avait pas hésité à jeter ses deux frères sur le pavé dans une guerre fratricide pour transformer l’affaire paternelle en entreprise de milliardaire, s’enticha d’Alvin, avec sa silhouette trapue et son assurance de petit coq ; si bien qu’au lieu de le laisser croupir au courrier ou comme garçon de bureau, il le prit comme chauffeur ; Alvin faisait le coursier, le facteur, il déposait Abe et le récupérait tambour battant sur les chantiers où il allait surveiller les sous-traitants, qu’il appelait ses arnaqueurs, mais qu’il arnaquait fort bien lui-même, selon Alvin, étant toujours plus retors que tout le monde. Les samedis d’été, Alvin conduisait Abe à Freehold, où il possédait une demi-douzaine de trotteurs qu’il faisait courir sur le vieil hippodrome et qu’il se plaisait à appeler ses «hamburgers ». « On a un hamburger qui court, aujourd’hui, à Freehold», et ils fonçaient en Cadillac pour voir son cheval perdre à tous les coups. Il n’en tira jamais un sou, mais tel n’était pas le but du jeu. Le samedi, pour le compte de la Road House Association, il faisait courir ses chevaux sur le joli champ de courses de Weequahic Park, et il parlait aux journaux de restaurer la piste de plat de Mount Holly qui avait jadis eu son heure de gloire ; et c’est ainsi qu’il obtint sa charge de commissaire aux courses pour le New Jersey, avec un macaron sur sa voiture lui permettant de stationner où il voulait, de rouler sur les trottoirs et d’actionner une sirène. C’est ainsi, toujours qu’il s’était lié d’amitié avec les officiels du comté  de Monmouth et qu’il s’était insinué dans les milieux du cheval sur la côte, des goyim de Wall Township et de Sprint Lake qui l’invitaient à déjeuner dans leurs clubs chics, où, il l’avait raconté à Alvin, les gens se mettaient à chuchoter dès qu’ils le voyaient. « Ils peuvent toujours chuchoter « tiens, vous avez vu ce qui arrive », dès qu’ils me voient, ils sont pas fâchés de boire quand c’est moi qui régale ou de se faire inviter à des soupers fins ; si bien qu’en fin de compte c’est rentable. »

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L’avis de Titine, de Noctenbule

Lecture d’été pour le « voyage destination PAL » chez Liligalipette et pour Le mois américain chez Plaisir à cultiver

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Aux portes de l’éternité – Ken Follett


Dernier tome de cette trilogie  « Le siècle »

J’écris ce billet après mes vacances et donc 3 semaines après la lecture…
Ce que j’en retiens ?
Le personnage le plus intéressant est sans conteste Jake, le fils métis de Greg Pechkov : on le suit pas à pas dans la dure conquête des droits civiques aux USA : je ne connaissais pas par exemple l’épisode des freedoms-riders…
Le contexte historique est toujours aussi passionnant : la guerre froide, le bras de fer entre les Russes et les Américains, l’élection de JFK puis son assassinat, le combat de Martin Luther King, son assassinat…l’histoire bégaie …

Georges avait appris quelque chose et avait l’impression qu’il lui faudrait du temps pour assimiler cette leçon. Les problèmes politiques étaient plus imbriqués qu’il ne l’avait imaginé jusqu’ici. Il avait toujours cru que des questions comme celles de Berlin et de Cuba étaient distinctes et n’entretenaient que peu de rapport avec celles des droits civiques et de la couverture maladie, par exemple. Or le président Kennedy n’avait pu régler la crise des missiles cubains sans réfléchir aux répercussions que ces décisions pourraient avoir en Allemagne. Et s’il avait échoué à Cuba, le résultat des élections de mi-mandat aurait affecté son programme de politique intérieure et l’aurait empêché de faire passer une loi sur les droits civiques. Tout était lié.

En Allemagne, à Berlin, la famille de Walli est séparée par le mur. Les allemands de l’est sont terrorisés par la Stasi. Les épisodes en Russie et Allemagne de l’Est font froid dans le dos. Dimitri proche de Khrouchtchev espère une amélioration et une modernisation de son pays : las, il sera remplacé par de vieux tyrans.

Quel gâchis quand même…

A partir de années 80, il s’agit de faits que j’ai vu se « passer » aux infos :  l’essai de démocratie en Pologne vite réprimée par Jaruzelski, la chute du Mur de Berlin….captivant de les revivre avec les personnages de Ken Follett.

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Même si les personnages m’ont paru moins «  proches » que dans les deux tomes précédents, un excellent dernier livre.

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Lecture d’été pour le « voyage destination PAL » chez Liligalipette et pour le pavé de l’été Chez Brize (928 pages) et « lire sous la contrainte » chez Philippe (Trilogie de l’été)

Winter – Rick Bass

Lc avec Edualc 😊

 

J’ai lu Winter pendant la canicule. Bien m’en a pris car cela m’a rafraîchie : L’auteur (texan) raconte son emménagement et sa première année dans le Montana. Il est parti du Texas avec son épouse. Peu argentés, ils trouvent une maison où le loyer sera modeste en échange de gardiennage pour le propriétaire qui vient quelques jours par an dans son chalet.

Ils arrivent donc un peu sur un coup de tête ou une opportunité et emménagent en septembre-octobre juste un peu avant les premières neiges. Par conséquent le moins que l’on puisse dire est qu’ils ne sont pas totalement prêts à affronter l’hiver. Rick passe énormément de temps à raconter sa façon d’emmagasiner du bois, sur la façon d’entretenir sa tronçonneuse …..

En dehors de cela, il écrit (un roman mais on n’en connaîtra pas le sujet) , discute (un peu) avec sa femme et nous fait part de ses remarques sur le village où il se rend (son plus proche voisin est à plus d’un kilomètre)

J’ai à la fois aimé ce regard aigu sur ce retour aux sources qui met bien en évidence nos habitudes de citadins, la disparition des mélèzes, les animaux croisés au détour d’un chemin…j’ai beaucoup aimé les pronostics pour deviner la date de la première neige : octobre, novembre, décembre….

Je n’ai pas l’intention d’écumer. Je m’efforce de rester poli, respectueux, de ne pas hausser le ton. Calme. Façon chute de neige. Mais au-dedans, je suis en rage. Bien sûr que les futaies de pins vrillés, on peut y opérer des coupes sélectives. Mais les grands mélèzes, les derniers cèdres géants ? Alors qu’il en reste si peu, et qu’ils sont si importants pour la nature sauvage ?

…mais j’ai aussi trouvé que les même sujets revenaient beaucoup (la partie tronçonneuse des bois) créant parfois une petite lassitude….

Des passages m’ont semblé magnifiques et non dénués d’humour :

Je crois à la vieille légende de Jim Bridger, à l’époque où il a passé l’hiver du côté de Yellowstone. Il est ensuite retourné dans l’est où il a raconté aux citadins de ces régions que quand les trappeurs essayaient de se parler, les mots gelaient en sortant de leur bouche ; ils ne pouvaient pas entendre ce qu’ils se disaient les uns aux autres, parce que les paroles gelaient dès la seconde où elles franchissaient leurs lèvres — si bien qu’ils étaient obligés de ramasser les mots gelés, de les rapporter autour du feu de camp le soir et de les décongeler, afin de savoir ce qui s’était dit dans la journée, en reconstituant les phrases mot par mot. Moi je peux imaginer qu’il fasse aussi froid.

En quelques mois d’hiver, Rick apprend à vivre au rythme de la nature (avec deux interruptions pour rendre visite à ses parents restés au Texas quand même)

Pour partir ainsi à deux, isolés de tout, il faut être très confiant dans son couple…Etrangement, on aura peu d’information sur l’avis de sa compagne Elisabeth…Elle est peintre et son activité artistique doit donc la combler ….pure supposition de ma part….j’aurais aimé en savoir plus ….

 

A demain pour un autre extrait avec Fuel et Buck 🙂

L’hiver du monde – Ken Follett

J’ai lu ce pavé encore plus vite que le précédent : il faut dire qu’après le 20 juillet et en août tout est  très calme niveau professionnel, et puis j’avais beaucoup plus envie de savoir ce qui allait arriver aux personnages du tome 1 « La chute des géants »

L’action reprend en 1933, 9 ans après la « chute des géants », j’ai retrouvé avec plaisir Maud l’aristocrate anglaise secrètement mariée en 1914 au jeune allemand Walter von Ulrich. Ils ont eu deux enfants Erick et Carla et vivent à Berlin. Tous deux appartiennent au groupe social démocrates allemand et assistent impuissants à la prise de pouvoir d’Hitler. Erick s’engage dans les Jeunesses Hitlériennes puis dans l’armée, Carla plus sympathique aura à faire des choix difficiles.

A Londres, Ethel s’est mariée et continue à militer pour les droits des femmes, elle parvient à se faire élire députée. Son fils Llyod, travailliste convaincu, part se battre en Espagne contre Franco, puis en France pour aider la Résistance. ..

Aux Etats Unis, Gus a épousé une journaliste et eu deux enfants : Chuck qui se battra dans le Pacifique contre les japonais et Woody qui débarquera en France, parachuté en 1944..

Daisy Pechkov, fille de Lev quitte les Etats Unis pour l’Angleterre. J’ai beaucoup aimé son évolution de petite fille riche jusqu’à ambulancière pendant le Blitz à Londres.

Enfin Vladimir Pechkov, espion russe, nous fait part de son « aversion » pour Staline et de la terreur qui règne en Russie.

Pendant 1.000 pages pleines de rebondissements (et quelques scènes improbables), de secrets familiaux dévoilés, Ken Follett nous fait vivre cette période à la fois passionnante et horrible.

J’ai trouvé ce tome légèrement moins abouti que le premier ….(trop de personnages ?) mais quelle saga tout de même….

Lecture d’été pour le « voyage destination PAL » chez Liligalipette et pour le pavé de l’été Chez Brize et « lire sous la contrainte » chez Philippe (Trilogie de l’été)

 

La chute des géants – Ken Follett

Presqu’un an que je gardais ce livre au chaud pour le pavé de l’été.

Le voilà dévoré en quelques jours.

Une fresque historique comme je les aime, un arrière-plan documenté et intéressant, des personnages qui semblent vivants tant Ken Follett sait les animer…

L’action débute en 1911, au Pays de Galles, Billy 13 ans descend à la mine pour la première fois, comme avant lui son père et son grand père (cf extrait). Sa sœur Ethel travaille comme femme de chambre chez le Vicomte Fitzherbert à qui appartient la mine. Elle ne résistera pas longtemps au « charme » de ce noble….

Le livre mêle donc la vie de « petites gens » et de la noblesse.

3 ans plus tard,  la guerre semble aux portes de l’Europe  : cela fait peur bien sûr tous ces gens inconscients qui veulent combattre : pour se venger ou pour accroître leurs territoires…

En parallèle de cette famille galloise et anglaise, Ken Follet nous fait suivre le jeune américain Gus Dewar, qui après ses études, parcourt l’Europe (Angleterre, Russie) pour compléter sa formation de juriste…En Russie, nous suivons l’évolution de deux frères Grigori et Lev : les deux jeunes garçons sont orphelins, le père a été pendu par un prince de l’entourage du tsar (pour avoir fait brouter un animal sur les terres du tsar !!), la mère a été assassinée lors d’un soulèvement populaire en 1905 (là aussi abattue par les soldats du tsar)…ils souhaitent émigrer aux Etats-Unis pour devenir libres.

Enfin, nous suivons une dernière famille : la famille allemande les Von Ulrich, aristocrates dont le fils Walter von Ulrich, pacifiste convaincu et amoureux de la belle Maud, sœur du  Vicomte Fitzherbert,  s’oppose à son  père, Otto, général dans l’armée Prussienne et qui appelle à la guerre….

Durant 1.000 pages, Ken Follett m’a emmené loin, très loin et je lui pardonne donc ces personnages quand même « un peu d’un bloc, voire prévisibles » et quelques situations improbables…

Lecture d’été pour le « voyage destination PAL » chez Liligalipette et pour le pavé de l’été Chez Brize et « lire sous la contrainte » chez Philippe (Trilogie de l’été)

Le livre mystère 2

Un livre qui fait la part belle aux livres. Trouverez vous le titre de ce roman dans lequel les livres ci-dessous sont cités  ? 

1- L’avortement – Richard Brautigan 

2- Le rouge et le noir – Stendahl

3- L’amant – Marguerite Duras

4- Un privé à Babylone – Richard Brautigan 

5- La possibilité d’une île – Michel Houellebecq

6- HHhH – Laurent Binet 

7- Oblomov – Ivan Gontcharov

8- Le Baron perché – Italo Calvino 

9- La promenade – Robert Walser

10- La petite taupe qui voulait savoir qui lui avait fait sur la tête – Werner Holzwarth

11- La dame de pique – Alexandre Pouchkine

12- Bartleby – Herman Melville  

13- Merci pour ce moment – Valérie Trierweiler

14- Sur la route de Madison – Robert James Waller 

15- Eugène Oneguine – Alexandre Pouchkine 

16- Du côté de chez Swann – Marcel Proust

17- A la Recherche du temps perdu – Marcel Proust

18- La conjuration des imbéciles – John Kennedy Toole

19- Karoo – Steve Tesich 

20- Soumission – Michel Houellebecq 

21- Le rivage des syrtes – Julien Gracq

22- After – Anna Todd 

23- 2666 – Roberto Bolano

24- Les clochards célestes – Jack Kerouac

25- Le procès – Franz Kafka

26- Risibles amours – Milan Kundera 

27- Bonjour tristesse – Françoise Sagan 

Il y a bien d’autres auteurs cités mais pas avec un titre en particulier….

 

La marche de Mina – Yoko Ogawa

LC avec Edualc

Deuxième lecture pour ma part de cette auteure japonaise après « La formule préférée du professeur » lu il y a 5 ans (déjà…)

Dans les années 1970, au Japon.

Le personnage principal est Tomoko, une petite fille d’une douzaine d’années, qui raconte l’année qu’elle a passée chez son oncle et sa tante. La quatrième de couverture induit un peu en erreur mais ce n’est pas grave. La quatrième nous informe qu’après le décès du père de Tomoko, la mère doit partir au loin en formation et que Tomoko se retrouve un an chez son oncle et sa tante. Vu comme cela, je m’attendais à de la pauvreté, des larmes, un deuil . Pas du tout le sujet du livre est tout autre :  certes le père de Tomoko est mort mais il est mort quand elle avait 6 ans et elle en a 12 maintenant, il n’y a donc pas de profond chagrin chez cette jeune fille juste un peu de tristesse d’être éloignée de sa mère. Tomoko va vivre pendant cette année de nombreux événements qui vont la marquer. D’abord cette famille où elle arrive est plus nombreuse (avant elle vivait toute seule avec sa mère) : Il y a la grand mère (allemande), la gouvernante, le fils (chef d’entreprise, très souvent absent), sa femme, le jardinier, la petite fille Mina – 11ans, cousine de Tomoko, le frère de Mina, Ryuichi, est à la fois présent puisque l’on parle beaucoup de lui et absent puisqu’il vient de partir faire ses études en Europe.

Tomoko observe sa cousine, les grandes personnes et est témoin de nombreuses scènes qui la font grandir. Elle a à la fois le charme et la naïveté de l’enfance. Mina, quant à elle est une petite fille asthmatique qui fait régulièrement des séjours à l’hôpital, elle est également attachante et drôle (les deux filles font des parties de volley assez époustouflantes….).

De plus, par rapport à Tomoko et sa mère, sa famille « adoptive » est très riche : grande maison, Mercedès, grand jardin….

Cette année passée en compagnie de Tomoko et de Mina m’a enchantée :  des anecdotes sur le quotidien de cette famille, quelques incursions dans l’actualité (par exemple les JO de 1972 et la tragique prise d’otage qui s’est déroulée lors de ces JO…), des histoires que Mina invente pour oublier sa maladie….

J’ai beaucoup aimé l’attitude de Tomoko qui, dès le départ, remarque un « dysfonctionnement » dans cette famille. Sans  juger, elle agit pour donner un virage à la vie de cette famille…

En conclusion : Une histoire bienveillante mais pas du tout mièvre, un très bon moment…(en relisant mon billet sur « la formule préférée du professeur » , je me rends compte que j’avais utilisé le même terme : « bienveillance »)

Et voici l’extrait qui explique le titre :

 

Mina allait tous les jours à l’école primaire Y à dos de Pochiko, l’hippopotame nain.

C’est à cause de sa santé qu’elle n’allait pas à l’école primaire privée de Kobe que son frère aîné Ryuichi avait fréquentée. Qu’il s’agisse de l’autobus de ramassage scolaire ou de la Mercedes, l’odeur des gaz d’échappement était un des facteurs de ses crises. L’école Y avait été choisie parce qu’elle était la plus proche de la maison et que les allers et retours n’étaient pas une trop lourde charge. Elle se trouvait à environ vingt minutes de marche si l’on franchissaitm le pont Kaimori au-dessus de l’Ashiya. Le seul problème était la forte déclivité.

Avant d’entrer à l’école primaire, mon oncle avait négocié avec le directeur de l’école pour obtenir la permission que Mina fasse les allers et retours sur le dos de Pochiko. Il paraît que le directeur avait testé lui-même pour savoir si Pochiko était docile et si elle n’attaquait pas les gens. Il avait fait exprès de crier, de jeter çà et là des tranches de pain de la cantine et de lui tirer les oreilles, mais Pochiko avait conservé son calme en se contentant de renifler d’un air agacé. Elle avait passé le test avec succès.

C’est mon oncle qui avait fabriqué, en multipliant les essais et les échecs, les différents éléments pour transformer Pochiko en moyen de transport. Il avait utilisé comme selle une chaise de bébé dont il avait coupé les pieds, une ceinture comme collier et une cordelière et son gland d’embrasse de rideau comme laisse. Il avait réussi à réaliser la première selle pour hippopotame nain au monde. Le matin, mais monsieur Kobayashi installait Mina sur Pochiko pour l’emmener à l’école et après la classe, ils allaient l’attendre à la sortie. C’était devenu une habitude. Alors qu’il y avait une Mercedes aussi magnifique, je pensais que c’était dommage, mais je changeai d’avis aussitôt. Puisque Pochiko avait coûté le prix de dix Mercedes, Mina utilisait le véhicule le plus coûteux de la maison.

 

Lire sous la contrainte chez Philippe où la contrainte est « tout au féminin »

La débâcle – Emile Zola

Dans La débâcle, Zola le romancier laisse la place à Zola le journaliste. Il retranscrit à travers quelques hommes de la 106ème compagnie la guerre de la France de Napoléon III contre la Prusse de Guillaume Ier.

Nous voyons cette guerre (guerre ridicule mais quelle guerre ne l’est pas ?) à travers les yeux de Jean – paysan, la quarantaine réengagé volontaire car il se retrouve veuf à la mort de Françoise, sans famille et sans attache – et Maurice jeune homme, lui épris de justice et de liberté. Les deux hommes, après s’être heurtés du fait de leur différence de milieu, finissent par s’apprécier : la bataille pour eux se fait attendre et ils vivent six semaines d’attente, de marches très éprouvantes allant de Strasbourg à Paris puis Sedan, entendant le canon au loin sans combattre mais apprenant par bribes les défaites françaises. 

L’empereur apparaît de temps en temps, très diminué, et il finira par se rendre dans le bruit des canons en voyant le massacre de son armée en déroute. 

Les hommes sont faits prisonniers, Jean et Maurice doivent partir en captivité en Allemagne jusqu’à leur évasion durant le transfert. Durant cette période, il se sauvent plusieurs fois la vie et finissent presque « frères ».

Des personnages secondaires nous montrent la dure vie des civils dans cette guerre. Parmi les personnages féminins, j’ai apprécié  Henriette, la sœur jumelle de Maurice qui habite Sedan et qui, jeune veuve, travaille dans l’hôpital de fortune accueillant les soldats mutilés ; Silvine une jeune femme ayant eu avant la guerre un enfant, Charlot, avec un « prussien » qui passe d’une obéissance effrayante à une vengeance encore plus terrifiante… Gilberte, jeune femme volage, apporte un peu de gaité …infidèle à son mari mais fidèle à la France ….

Côté personnages masculins le père Fouchard, tour à tour, semble s’enrichir de cette débâcle en commerçant avec l’ennemi pour finalement se révéler plus patriote ; Prospère, le jeune homme parti en guerre en Afrique  revient au pays pour assister à cette boucherie et finit par déserter…

Blessé, Jean reste à la ferme du Père Fouchard avec Henriette, Silvine, Prosper et le petit Charlot. Ceux-ci le cachent des prussiens pour qu’il ne soit pas fait prisonnier. En parallèle, Maurice part rejoindre l’armée française à Paris et défend la capitale pendant un long siège. Cette expérience le fait changer et il finit par prendre faits et causes de la Commune en train de se former. Idéaliste il refuse l’avenir proposé par le gouvernement francais et se révolte.

Presque 600 pages de bruit et de fureur qui ont été pour ma part assez éprouvantes : penser à cette jeunesse que l’on envoie à la boucherie (qui sera bien pire en 1914 certes) ….Emile Zola mène à charge  contre le gouvernement incompétent de l’Empereur et de tous ces généraux. Convaincus de leur supériorité, ils ne voient pas qu’ils sont moins bien préparés que les prussiens et que la débâcle est inévitable…

 « L’Empire vieilli, acclamé encore au plébiscite, mais pourri à la base, ayant affaibli l’idée de patrie en détruisant la liberté, redevenu libéral trop tard et pour sa ruine, prêt à crouler dès qu’il ne satisferait plus les appétits de jouissances déchaînés par lui ; l’armée, certes, d’une admirable bravoure de race, toute chargée des lauriers de Crimée et d’Italie, seulement gâtée par le remplacement à prix d’argent, laissée dans sa routine de l’école d’Afrique, trop certaine de la victoire pour tenter le grand effort de la science nouvelle ; les généraux enfin, médiocres pour la plupart, dévorés de rivalités, quelques uns d’une ignorance stupéfiante, et l’empereur, souffrant et hésitant, trompé et se trompant, dans l’effroyable aventure qui commençait, où tous se jetaient en aveugles, sans préparation sérieuse, au milieu d’un effarement, d’une débandade de troupeau mené à l’abattoir »

Derrière la bataille, la sympathie fraternelle entre Jean et Maurice apporte de l’espoir … Qui fera long feu dans Paris aux prises de la guerre civile entre Communards et Versaillais … Mais le lecteur est prévenu …il lit du Zola ….

Lecture commune avec Patrice, Ingannmic et Claudialucia