Pal d’été

Il n’aura échappé à personne que ce blog est en léthargie totale. Le dernier post date du 20/04. Un changement total d’orientation professionnelle m’a fait perdre le nord 🙂

J’essaie tout de même de relancer un peu de lecture cet été (type « Dernier inventaire avant liquidation »?)

Voici ma liste pour ce Challenge chez Liligalipette

1- Demain les chats de Bernard Weber (recommandé par mon chat fiston)

2- Un monde sans fin (parce que Ken Follett)


3- Le maître des orphelins (un pavé historique)

Le maître des orphelins par Zimmerman


4- L’homme qui s’envola (j’aime beaucoup Antoine Bello)

L'homme qui s'envola par Bello


5- Pastorale américaine de Philip Roth

Pastorale américaine par Roth


6- La nuit des béguines

La nuit des béguines par Kiner


7- Quatre saisons à Mohawk

Quatre saisons à Mohawk par Russo


8- San Perdido de David Zuckerman

San Perdido par Zukerman

huit livres seulement (j’essaie d’être raisonnable 🙂

Bonne journée à tous

Terre des oublis – Duong Thu Huong

Lecture avec Edualc 🙂

Vietnam de nos jours

L’histoire est vue par les yeux des trois principaux protagonistes.
Commençons par Miên : elle rentre un jour chez elle avec les femmes de son village, après une dure journée de labeur dans les champs. Elle découvre un attroupement devant chez elle : son premier mari, Bôn, déclaré mort à la guerre, vient de réapparaître après 14 ans d’absence. Pour tout le village, peu importe que Miên soit maintenant mariée avec Hoan et aie un petit garçon de cinq ans : elle « appartient » à son premier mari.
Le poids des conventions est énorme : Miên a pour devoir de reprendre la vie commune avec son premier mari, celui ci est un héros de guerre, la société lui doit respect et Miên sera donc « condamnée » à vivre dans la masure de cet homme (revenu très diminué par la guerre).

Le deuxième protagoniste est Bôn et même si je comprends sa passion pour Miên, j’ai eu du mal à comprendre sa façon de réagir : il n’a pour moi pas toute ses facultés de jugement (dû aux traumatismes de la guerre). Ses souvenirs de cette période (et notamment de la mort de son sergent sont très émouvants).

Hoan, le deuxième mari, est quelqu’un avec un caractère entier. Il met du temps à accepter la situation (ou plutôt à trouver une solution à une situation qui paraît inextricable), l’histoire se deroule sur deux ans…
Avec Miên, c’est un personnage lumineux et courageux, qui prend la vie à bras le corps. Il est à la fois un homme mûr, un père aimant, un mari attentionné et un homme d’affaire efficace.

En parallèle de ces trois trajectoires, j’ai aimé ce périple dans ce pays aux multiples talents culinaires et aux paysages flamboyants.

Un roman qui m’a intéressée même si je n’ai pu m’identifier à aucun des personnages : leur soumission aux règles fixées par leur communauté est trop éloignée de ma vision de la vie et de l’épanouissement personnel.

Un extrait

Les matins d’automne, la vallée se couvre de fleurs vert foncé, minuscules comme des gouttes de rosée. Ce sont sans doute les plus éphémères des fleurs. Elles ne vivent que quelques heures. Vers sept heures ou sept heures et demie, le soleil d’automne sèche les herbes, les boutons commencent à s’ouvrir. Vers huit heures, les fleurs s’épanouissent, elles vivent quelques instants la plénitude de leur extraordinaire beauté. Elles fleurissent en grappes, dansent comme des milliers et des milliers de gouttelettes vertes sur les feuillages épais, d’une blancheur de marbre, illuminés par des reflets d’argent velouté. Vers dix heures ou dix heures et demie, les pétales graciles se fanent, se fripent, s’enroulent. À midi juste, les cinq pétales froissés, ratatinés, se tassent en un point noir. Aucun peintre n’a encore réussi à rendre le vert étrange de cette fleur, aucun poète n’a encore su décrire sa beauté chimérique.

CommenterJ’apprécie 

L’autre moitié de soi – Brit Bennett

Genre : histoire familiale vue de 1954 à 1980, USA

Première partie 1954-1968 : L’histoire est vue du point de vue de Desiree une des deux jumelles. Elle rentre chez elle chez sa mère 14 ans après avoir fugué. Elle était partie à 16 ans avec Stella sa soeur jumelle. Un an après, elle avait perdu la trace de celle-ci. Desiree et Stella sont deux jeunes femmes noires mais qui pourraient passer pour des blanches et il semble que c’est ce que Stella a choisi (fuir ce racisme, cette vie sans avenir : le début de l’action se situe en 1954)
Desiree revient chez sa mère, car son mari la bat. Ella a emmené sa fille Jude , 8 ans m.

Deuxième partie 1978 : Jude a 18 ans et arrive seule à Los Angeles. Noire comme l’ébène dans un village où la majorité des gens sont très e« clairs de peau», elle s’est toujours sentie au ban de la société.

Troisième partie : retour en 1968, mais l’histoire est complétée par la vision de Stella qui « renie » sa famille pour devenir blanche, nous faisons connaissance de Kennedy sa fille (qui a le même âge que Jude). Au départ, pour survivre et trouver du boulot elle se fait passer pour « blanche » et se trouve ensuite « prisonnière » de son mensonge.

La première moitié de ce livre est enthousiasmante, l’auteur prend le temps de nous faire découvrir les personnages et leurs motivations. La deuxième tout aussi bien écrite m’a moins intéressée (j’ai en fait préféré la première moitié avec la relation entre les deux soeurs plus que la deuxième partie centrée sur les cousines, Jude et Kennedy)

Malgré cette baisse d’intérêt de ma part pour cette deuxième moitié, cela reste un livre passionnant.

Extraits

C’étaient de braves gens, d’honnêtes citoyens qui donnaient aux bonnes œuvres et grimaçaient devant les reportages où l’on voyait des shérifs matraquant des étudiants noirs dans le Sud. Ils pensaient que ce Martin Luther King était un orateur remarquable, approuvaient peut-être certaines de ses idées. Jamais ils ne lui auraient tiré une balle dans la tête, et peut-être même avaient-ils pleuré à son enterrement – dire qu’il laissait des enfants si jeunes –, mais de là accepter qu’il s’installe dans le quartier, il y avait un monde. 

* *

Elle était la première surprise de s’en souvenir si bien, de voir qu’elle avait conservé une encyclopédie de son humiliation. À cette soirée, elle s’était forcée à rire – la cruauté des enfants, c’est dingue, non ? –, mais à l’époque elle ne riait pas. Parce que c’était vrai. Elle était noire. Noir-bleu. Non, d’un noir qui tirait sur le violet. Aussi noire que le café, l’asphalte, l’espace intersidéral. Aussi noire que le début et la fin du monde. 

L’African-American History Month Challenge est chez Enna

No home – Yaa Gyasi

Dans ce roman, le lecteur suit deux demi-sœurs nées en Afrique au XVIIIème siècle.
L’une d’entre elle se marie et reste en Afrique, l’autre est vendue comme esclave et part en Amérique.
Les chapitres alternent le parcours des deux soeurs (qui ne se connaissent pas) puis racontent la vie de leur progéniture puis celle des enfants et petits-enfants de celle-ci.
Une grand saga familiale donc …
J’ai aimé de nombreux personnages (en particulier H. et Marjorie)
Je suis moins enthousiaste que de nombreux lecteurs mais c’est plus lié au principe même de « roman-sur-plusieurs-générations » : Ce n’est pas la première fois, en lisant un roman qui se déroule sur deux cent ans, que j’ai du mal à apprécier la vie « trop courte » du personnage principal pour passer à une vie tout aussi courte du personnage principal suivant.
La construction des deux lignées, l’une en Afrique l’autre en Amérique est cependant très convaincante et maîtrisée.

Extraits

La nuit où naquit Effia dans la chaleur moite du pays fanti, un feu embrasa la forêt, jouxtant la concession de son père.
Il progressa rapidement, creusant son chemin depuis des jours.
Il se nourrissait d’air;
il dormait dans les grottes et se cachait dans les arbres;
il brûla,
se propagea ,
insensible à la désolation qu’il laissait derrière lui, jusqu’à ce qu’il atteigne un village ashanti.
Là, il disparut, se fondant dans la nuit.

**

H saisit un Blanc à la gorge et le tint en suspens au-dessus du vaste cratère.
« Un jour le monde saura ce que vous avez fait ici », dit-il à l’homme dont la peur se lisait dans ses yeux bleus exorbités tandis que H resserrait son étreinte.
H eut envie de lâcher l’homme au fond de la mine, au fond de la cité souterraine, mais il s’arrêta. Il n’était pas le malfaiteur qu’on l’avait accusé d’être.

L’African-American History Month Challenge est chez Enna

Le salon de beauté – Melba Escobar

Bogotà de nos jours

Claire la narratrice est psychanalyste. Elle est née en Colombie puis est partie de longues années en France pays de ses parents. La cinquantaine elle rejoint la Colombie.
Lucia est une amie de Claire, elle vient de se séparer de son mari Eduardo. Toute sa vie elle a travaillé avec lui, elle écrivant des livres de développement personnel et lui apposant juste son nom dessus.
Karen a 24 ans, elle travaille à la Maison de la Beauté en tant qu’esthéticienne, elle cherche à économiser au maximum pour faire venir son fils de 4 ans qui habite chez sa mère, loin de Bogota.
Sabrina a 17 ans et se rend également fréquemment à la maison de la beauté pour des soins.

Sabrina, après une visite à l’institut, est retrouvée morte… l’enquête est bâclée et conclut à une overdose…les parents de la jeune fille engage un détective pour poursuivre les investigations.

Voilà un thriller qui est plus une chronique sociale de la Colombie qu’un roman policier.
Cette société est corrompue et les femmes fortement malmenées. Chaque chapitre est vu par une des protagonistes (de temps en temps par un des hommes).
Ces femmes m’ont émues et fait trembler.

Ce livre, dur mais passionnant, est porté en grand partie par la lumineuse Karen ….

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Des extraits

Comme la thérapeute ou le confesseur, l’esthéticienne doit faire vœu de silence.
Le fauteuil de soins tient du divan. Le corps de la femme y est sans défense dans une posture de don de soi. Obéissant à l’injonction « Détendez-vous, éteignez votre téléphone portable », elle entre en cabine, prête à déconnecter un moment. Pendant quinze minutes, une demi-heure, parfois plus, elle s’isole du monde, se connecte a son propre corps, au silence, et souvent a une intimité qui l’encourage à confier des choses qu’elle n’avoue a personne, pas même ses proches.

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Pour sa famille, ses amies et les gens qu’elle connaissait, coucher avec un préservatif revenait a se faire traiter de pute. « S’il y a de l’amour, il n’y a pas de capote », récitait dona Yolanda. Puis elle complétait sa phrase par l’une de ses nombreuses superstitions: « Quand un homme dit qu’il t’aime, regarde sa pupille. Si elle se dilate, c’est qu’il ment. » Nixon lui avait dit qu’il l’aimait et sa pupille n’avait pas bougé.

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Lu dans le cadre du mois organisé par Goran et Ingannmic

Challenge petit bac chez Enna (catégorie voyage) 
Mois du polar 2021 chez Sharon

Patagonie Route 203 – Eduardo Fernando Varela

LC avec Edualc – Coup de coeur –

Parker est camionneur en Patagonie, il sillonne de long en large l’Argentine ; souvent son camion est chargé de marchandises illicites et il prend par conséquent les petites routes. Un jour, il tombe par hasard sur une fête foraine (délabrée) et semble séduit par la jolie Maytén, guichetière au train fantôme.
On ne sait pas grand-chose du passé de Parker juste qu’à une époque il avait vraisemblablement une famille, femme et enfant. Pourquoi est-il seul dans cette contrée aride de Patagonie ?

L’ambiance de ce roman est souvent absurde, le premier village selon certains s’appelle Jardin Espinoso (jardin épineux) mais le premier être humain qu’interroge Parker nomme ce village El Succulento (Le succulent). Un dialogue étrange, surréaliste …et succulent…

Les premiers dialogues entre Parker et Maytén sont également en décalage : ils viennent de mondes diamétralement opposés et pourtant l’attirance est certaine et réciproque. Pour tout dire je me suis régalée de ce côté absurde et très surprenant…

Ce roman tour à tour fantastique, road movie, roman d’amour m’a enchantée. J’ai été plongée presque immédiatement dans la peau de Parker (un peu moins dans la vision de Maytén)

Il s’agit d’un livre qui montre une vie très rude que ce soit celle du camionneur qui passe son temps sur les routes ou que ce soit celle de Maytén qui s’est mariée avec Bruno pour échapper à la misère mais qui se retrouve dans une misère encore plus noire. Malgré cette vite rude où à chaque moment, on peut être bousculé par une rafale ou recouvert de cendres de volcan, les personnages poursuivent leur route s’adaptant aux situations étranges.

Les personnages secondaires sont également très bien campés que ce soit le journaliste, à la recherche de sous marins nazis, Bruno le mari de Maytén ou les deux sbires travaillant à la fête foraine.

Bref j’ai tremblé pour ces personnages… et j’ai ri aussi …comme Bruno, j’ai vu la lumière..

Une réussite, ce premier roman

Des extraits :

Bon, alors prenez la 210 jusqu’à trouver un arbre abattu. Si vous dépassez les trois jours, revenez en arrière, parce que vous serez allé trop loin. Au croisement, prenez à gauche, c’est l’affaire d’un jour et demi, deux s’il pleut.

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Le camion de Parker fendait l’air de sa proue, secoué par le vent, et les bâches qui couvraient la remorque se gonflaient, fouettées par une main invisible. Après une demie-journée de route, la plaine céda la place à de hautes falaises d’où l’on apercevait l’immense tapis bleu de l’océan, décoré de lignes d’écume blanche.

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Il frissonna en revoyant le jeune femme de près, au niveau du sol, dans ses vêtements qui moulaient son corps svelte, entourée de poupées en plastique, bouquets de fleurs artificielles, masques de carnaval, ballons de football, statue de la Vierge, vases, porte-photos avec paysages de montagne, bagues, colliers, bracelets fluorescents qui faisaient d’elle une déesse orientale vénérée sur son autel. Il y avait un contraste entre le visage pâle et son abondante chevelure ébène, comme deux forces se disputant le regard intense de ses yeux noirs, un conflit dans cette physionomie mêlant des traces autochtones à des traits venus de l’au-delà de l’océan.

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Lu également dans le cadre du mois organisé par Goran et Ingannmic

Challenge petit bac chez Enna (catégorie voyage) 
Et les coups de coeur chez Antigone

Orange amère

Premier chapitre : Californie années 60
Bert, adjoint du procureur, mari et père de 3,5 enfants, rencontre Beverly, mère au foyer, deux enfants. Le coup de foudre est palpable et Fix, le mari de Beverly, s’en aperçoit mais il ne peut lutter.
Deuxième chapitre : 40 ans plus tard , nous retrouvons Fix et sa fille Franny discutant pendant la chimiothérapie de Fix, on apprend que Bert et Beverly ont chacun divorcé de leur conjoint respectif et se sont mariés (puis ont divorcé).

Et ce roman continue ainsi alternant passé avec les 6 enfants de cette famille recomposée et une période plus récente. Alternance également entre la Californie et la Virginie ….

La mise en place de l’histoire m’a parue un peu lente au début (le temps de découvrir la personnalité des six enfants et de leurs proches) puis je n’ai plus pu lâcher ce livre.
Franny la barmaid amoureuse des livres, Caroline l’avocate, Calvin l’aîné de la fratrie, Albie le petit dernier, Holly et Jeanette, les « filles du milieu », m’ont semblé si proches, presque des amis, que j’ai eu de la peine à les quitter.

Le titre « orange amère » est également le titre d’un livre dans le livre ; livre racontant l’histoire d’un été de ces six enfants dont seulement 5 grandiront.

Extraits

A les voir ensemble tous les six, on pensait plutôt à une colonie de vacances qu’à une famille, à des enfants que seul le hasard avait déposés sur le même trottoir. Il était très difficile de deviner la relation qui les unissait, même ceux qui étaient du même sang.

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Voilà ce qu’il y avait de plus remarquable chez les petits Keating et les petits Cousins : ils ne se haïssaient pas, ni ne possédaient la moindre parcelle de loyauté tribale. (…). Les six enfants partageaient un principe fondamental, qui renvoyait leurs potentielles antipathies réciproques en ligues mineures : ils détestaient les parents. Ils les haïssaient.

Challenge petit bac chez Enna (catégorie aliment/boisson) 

Le lézard lubrique de Mélancholy Cove -Christopher Moore


Ce joli lézard m’a fait de l’oeil depuis la boîte à livres de mon village.
Ce « lézard » est d’ailleurs plus proche du dragon car il a la particularité de mesurer 30 mètres de long sur 3 de large (et 7 en hauteur) joli morceau non? En plus il est un peu caméléon sur les bords et personne ne se rend compte au début qu’il est sorti de l’océan ….où il vivait tranquille depuis 5000 ans…
Sinon que dire de ce livre ? Il appartient à la collectivité Folio Policier. Il y a bien la découverte d’un corps au tout début (décès par suicide plus que suspect) , il y a bien l’enquête de Theo le flic de ce coin de Californie.
Mais ce n’est pas là le principal, le plus important vient que ce roman réussit à être drôle (même hilarant par moment) …ou alors les pages étaient imbibées de la marijuana que le flic fume h24….
Ou alors il y avait un petit effluve de fuite de centrale nucléaire (le berceau de Steve le lézard) …Parce que figurez vous que le lézard s’appelle Steve, il a été nommé ainsi par Molly, ancienne actrice de série B un peu cinglée…enfin un peu plus que les autres personnages … mais si peu finalement…
Si vous rajoutez que la psy locale s’appelle Val (comme moi) vous comprendrez mon enthousiasme…
En bref un roman totalement improbable et impossible mais quels fous rires …..

Au delà de ce bon moment, l’auteur qui s’amuse visiblement, en profite pour dégommer le mode de vie américain : flics, « communautés chrétiennes», médecine, sexe, fast-food, nucléaire, politique ….tout y passe …

Un extrait

Depuis la dernière apparition du monstre à Melancholy Cove, le plus grand danger en relation avec la Préhistoire qu’eût encouru la population avait toujours été la Cadillac de Mavis Sand. Fabriquée en 1956, décapotable, jaune citron, dotée d’une immense calandre chromée, elle semblait avaler l’asphalte. De chaque côté, au niveau du bas de caisse, elle était équipée de petites antennes plaquées or qui vibraient dans le vent et qui permettaient au conducteur de sentir la proximité du trottoir lorsqu’il se garait. Les habitués du bar l’avait surnommé la «Banane ». Un jour, alors que Mavis était occupée, pris d’un élan créatif, ils avaient bricolé une espèce d’emblème représentant une pin-up mexicaine bleue et l’avaient vissée sur le coffre. « Ouais, pas mal, avait dit Mavis. Faut que vous sachiez que c’est pas la première banane que je chevauche, mais je crois bien quand même que celle-là elle bat tous les records. »

Challenge petit bac chez Enna (catégorie animal) et Challenge polar  chez Sharon , Challenge animaux du Monde Chez Sharon 

Je lis donc je suis – 2020

Dis-moi ce que tu lis et je te dirai qui tu es…Les réponses reposent sur les titres lus tout au long de l’année.* *

Décris toi : La daronne

Comment te sens-tu ? Les jours de silence

Décris où tu vis actuellement : Au bord de la terre glacée

La preuve en image – photo du 14-12-2020 prise à 7h56 depuis mon salon

Si tu pouvais aller où tu veux où irais-tu ? Au loin

Ton moyen de transport préféré : Requins d’eau douce

Ton / ta meilleure amie est : L’homme-dé

Toi et tes amis vous êtes : Les buveurs de lumière

Comment est le temps ? Par le vent pleuré

Quel est ton moment préféré dans la journée ? Couleur de l’incendie

Qu’est la vie pour toi ? La chambre aux échos

Ta peur ? Inavouable

Quel est le conseil que tu as à donner ?  Avec joie et docilité


La pensée du jour ? Petits secrets, grands mensonges

Comment aimerais-tu mourir ? Au revoir là haut

Les conditions actuelles de ton âmela traversée des sentiments


Ton rêve : double nationalité

Le séminaire des assassins – Pétros Markaris

Tout commence par des vacances. le commissaire Charitos profite de congés bien mérités avec sa femme. Sur leur lieu de vacances, ils rencontrent trois jeunes retraitées avec qui ils nous font découvrir la beauté de la Grèce. Cette parenthèse achevée ils rentrent tous à Athènes.
Le commissaire Charitos, le premier jour de sa reprise, apprend que son supérieur part à la retraite et qu’il va assurer l’intérim. Il espère profiter d’un peu de calme avant le rush de la rentrée mais les faits ne lui en laissent pas le temps : un homme politique est retrouvé mort dans sa cuisine… une mystérieuse femme en mobylette lui a déposé un gâteau empoisonné…
Ce premier crime est bientôt suivi d’un autre, le meurtre d’un autre homme politique. Cette enquête s’avère compliquée du fait justement de son caractère politique. Charitos est régulièrement convoqué par son ministre de tutelle pour rendre compte de l’avancée de l’enquête ( qui comme toute enquête au début n’avance pas comme il faudrait)
Au delà de ces investigations, c’est la description de la Grèce actuelle qui m’a le plus intéressée : l’arrière plan de l’intrigue est une Grèce en pleine crise : manque de crédits à l’université, problème d’afflux de migrants … organisation politique…la crise est bien présente dans la vue quotidienne…
Le commissaire Charitos est un policier aguerri qui reste sympathique et humain : il est plutôt « famille » et celle ci est très présente que ce soit sa femme ou sa fille, adulte. Ils se retrouvent souvent lors de repas mémorables qui m’ont mis l’eau à la bouche.
Une fois n’est pas coutume, j’avais trouvé rapidement coupable et mobile.
Malgré quelques « ficelles » un peu grosses pour découvrir le coupable, j’ai trouvé ce roman très intéressant.

un extrait

– Les choses de l’esprit, aujourd’hui… les travailleurs de l’esprit n’existent plus, monsieur le commissaire, nous n’avons plus que des intellectuels.
– Quelle est la différence ?
– Les travailleurs de l’esprit sont dans les bibliothèques, ils se consacrent à l’étude, à la science. Les intellectuels sont spécialistes en généralités sur tous les sujets. Les travailleurs de l’esprit ont des connaissances, les intellectuels ont des points de vue qu’ils aiment exposer à la moindre occasion.

Challenge Petit bac  chez Enna – catégorie « Crime et justice »