A propos Valentyne

Mon royaume pour un cheval ...même un bourricot peut faire l'affaire

L’agenda aux nues : les votes !!!

Rhoooo, le beau mois de mai où tout le monde s’est dévoilé !!!! Il y a toute une série de textes aussi intéressants les uns que les autres sur le thème : « NU, NUE, NUS, NUES…. »

Voici les nouveaux textes de l’agenda ironique

Laurence nous conte l’histoire d’une femme qui lisait nue

Martine galéjade (du verbe galéjader) avec ses girls  et avec une poule qui ose sortir cou nu  (non je n’ai pas fait de faute à « cou »)

Emilie nous emmène aux cieux avec « nues »

Carnetsparesseux se laisse emporter par Saint John Perse et « C’étaient de très grands vents »

Victorhugotte nous chante « les nus d’hier »

Véronique nous invite à « Percer le secret d’une journée d’été »

Estelle nous plonge dans les gestes et les pensées d’une femme  « redevenue charnue »

Une Patte nous chuchote un « effeuillage » dont il a le secret.

Clémentine des crayons nous emmène rencontrer la hase de Collonges La Rouge 

Palimpzeste (de citron?) se dévoile dans un poème « Nue »

Max-Louis arrive sur le fil du 21 mai et nous raconte l’histoire surprenant d’un « Nuisible »

Et Clémentine des narines des crayons se faufile itou avant minuit avec « Théatre et transparence »

Et pour ceux qui n’auraient pas vu les premiers c’est ici : 

La licorne a ouvert le bal avec « le Roi est nu »

Et a enchaîné aussitôt avec une bal(l)ade à la Clairefontaine

André nous livre la vérité dans  un poème « nu »

Le thème m’a fait redécouvrir le texte de Carnets et d’une certaine lune 

Martine dénude les fleurs en particulier les pâquerettes 

JoBougon a fait tout ce qui lui a plu

Carnets nous fait saliver  avec un citron nu ou une tarte bleue

Patchcath sait coudre les nus et enlève ses bas

La licorne nous confie que « pudeur » et « nu » sont des mots qui vont très bien ensemble

Je vous laisse avec les deux tableaux de votes : celui pour les trois textes qui vous ont le plus plu et celui pour le gentil Organisateur du mois de juin 🙂

Quant à moi, malgré tous les jours fériés de Mai je n’ai pas réussi à écrire une ligne (il faut dire que j’ai remplacé un collègue malade et que cela m’a mis sur les rotules…)

Bisessss

L’agenda ironique de juin aura lieu chez :

 

Les 3 textes que vous avez préférés :

 

 

 

 

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La débâcle – Emile Zola

Dans La débâcle, Zola le romancier laisse la place à Zola le journaliste. Il retranscrit à travers quelques hommes de la 106ème compagnie la guerre de la France de Napoléon III contre la Prusse de Guillaume Ier.

Nous voyons cette guerre (guerre ridicule mais quelle guerre ne l’est pas ?) à travers les yeux de Jean – paysan, la quarantaine réengagé volontaire car il se retrouve veuf à la mort de Françoise, sans famille et sans attache – et Maurice jeune homme, lui épris de justice et de liberté. Les deux hommes, après s’être heurtés du fait de leur différence de milieu, finissent par s’apprécier : la bataille pour eux se fait attendre et ils vivent six semaines d’attente, de marches très éprouvantes allant de Strasbourg à Paris puis Sedan, entendant le canon au loin sans combattre mais apprenant par bribes les défaites françaises. 

L’empereur apparaît de temps en temps, très diminué, et il finira par se rendre dans le bruit des canons en voyant le massacre de son armée en déroute. 

Les hommes sont faits prisonniers, Jean et Maurice doivent partir en captivité en Allemagne jusqu’à leur évasion durant le transfert. Durant cette période, il se sauvent plusieurs fois la vie et finissent presque « frères ».

Des personnages secondaires nous montrent la dure vie des civils dans cette guerre. Parmi les personnages féminins, j’ai apprécié  Henriette, la sœur jumelle de Maurice qui habite Sedan et qui, jeune veuve, travaille dans l’hôpital de fortune accueillant les soldats mutilés ; Silvine une jeune femme ayant eu avant la guerre un enfant, Charlot, avec un « prussien » qui passe d’une obéissance effrayante à une vengeance encore plus terrifiante… Gilberte, jeune femme volage, apporte un peu de gaité …infidèle à son mari mais fidèle à la France ….

Côté personnages masculins le père Fouchard, tour à tour, semble s’enrichir de cette débâcle en commerçant avec l’ennemi pour finalement se révéler plus patriote ; Prospère, le jeune homme parti en guerre en Afrique  revient au pays pour assister à cette boucherie et finit par déserter…

Blessé, Jean reste à la ferme du Père Fouchard avec Henriette, Silvine, Prosper et le petit Charlot. Ceux-ci le cachent des prussiens pour qu’il ne soit pas fait prisonnier. En parallèle, Maurice part rejoindre l’armée française à Paris et défend la capitale pendant un long siège. Cette expérience le fait changer et il finit par prendre faits et causes de la Commune en train de se former. Idéaliste il refuse l’avenir proposé par le gouvernement francais et se révolte.

Presque 600 pages de bruit et de fureur qui ont été pour ma part assez éprouvantes : penser à cette jeunesse que l’on envoie à la boucherie (qui sera bien pire en 1914 certes) ….Emile Zola mène à charge  contre le gouvernement incompétent de l’Empereur et de tous ces généraux. Convaincus de leur supériorité, ils ne voient pas qu’ils sont moins bien préparés que les prussiens et que la débâcle est inévitable…

 « L’Empire vieilli, acclamé encore au plébiscite, mais pourri à la base, ayant affaibli l’idée de patrie en détruisant la liberté, redevenu libéral trop tard et pour sa ruine, prêt à crouler dès qu’il ne satisferait plus les appétits de jouissances déchaînés par lui ; l’armée, certes, d’une admirable bravoure de race, toute chargée des lauriers de Crimée et d’Italie, seulement gâtée par le remplacement à prix d’argent, laissée dans sa routine de l’école d’Afrique, trop certaine de la victoire pour tenter le grand effort de la science nouvelle ; les généraux enfin, médiocres pour la plupart, dévorés de rivalités, quelques uns d’une ignorance stupéfiante, et l’empereur, souffrant et hésitant, trompé et se trompant, dans l’effroyable aventure qui commençait, où tous se jetaient en aveugles, sans préparation sérieuse, au milieu d’un effarement, d’une débandade de troupeau mené à l’abattoir »

Derrière la bataille, la sympathie fraternelle entre Jean et Maurice apporte de l’espoir … Qui fera long feu dans Paris aux prises de la guerre civile entre Communards et Versaillais … Mais le lecteur est prévenu …il lit du Zola ….

Lecture commune avec Patrice, Ingannmic et Claudialucia 

Le chameau sauvage – Philippe Jaenada

Elle m’a demandé pourquoi je la suivais, j’ai répondu que je ne la suivais pas, que j’essayais simplement de me cacher, moi aussi.
– Ah, d’accord. Vous avez des ennuis avec la police ?
– Non. Enfin si.
Curieusement, la seconde réponse me paraissait plus honnête que la première. Je n’avais pas d’ennuis avec la police, dans l’absolu, mais je venais de passer vingt-quatre heures entre leurs pattes, et à présent je me tapissais dans l’ombre au cinquième étage d’un immeuble pour échapper à une voiture de patrouille (car nous étions là, tout à notre amour, à rire à gorge déployée comme deux amants complices, enivrés par le plaisir d’être ensemble et pris dans le tourbillon de la passion naissante, mais nous semblions oublier un peu vite que le shérif et ses hommes rôdaient dans les parages, le nez au vent et la main sur la crosse). De toute évidence, l’avenir ne s’annonçait pas rose – ou alors les flics sont vraiment faciles à berner, et les vaches bien mal gardées. (Bon, avec moi, les vaches et le citoyen ne risquent pas grand chose, mais les flics ne sont pas censés savoir que je suis un agneau pacifique. Comme le coiffeur, tiens. C’est vrai, en fin de compte, personne n’est censé savoir que je suis un agneau pacifique– j’espère que ça ne va pas me causer de problèmes.)
En tout cas, dans le grand steeple-chase initiatique de la vie, je commençais à trouver ma foulée : le mors aux dents, la tête et la corde, et vas-y mon grand. J’avais trébuché sur le premier oxer, mais j’avais vite retenu la leçon. Dès le deuxième obstacle, on remarquait des progrès notables : d’abord, à la différence de la première fois, j’avais réussi à échapper à la voiture de patrouille (je me trouvais donc « en cavale », avec tout le prestige et la saveur émoustillante que contiennent ces mots magiques dans la mythologie du gangster), et surtout, pour ce deuxième crime, j’étais bien mieux accompagné (n’importe quel gangster vous dira que même pour un forfait mineur (ce qui n’était pas mon cas, ne l’oublions pas), il est primordial de savoir choisir ses complices – c’est la base de tout, paraît-il ; or je me sentais plus à l’aise  avec cette jeune femme humide mais jolie qu’avec un petit marseillais bête comme ses pieds). Il s’agissait maintenant de ne pas relâcher ma vigilance, et peut-être même de savoir si ma complice n’avait pas envie qu’on se serre les coudes, pour mieux faire face.

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Le chameau sauvage – Philippe Jaenada

Top Ten Tuesday : Mères…..

Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine.

Le TTT de la semaine est : « Les 10 livres dont l’un ou des personnages sont des mères ou des futures mères »

1- Chroniques du pays des mères d’Elisabeth Vonarburg

Dans le futur, la terre est peuplée  de 10% d’hommes et de 90% de femmes. Ces femmes sont élevées dans des garderies et doivent devenir des « mères » pour sauvegarder l’espèce : un livre foisonnant et passionnant , un rapport homme-femme totalement modifié, de même pour les relations mères-filles….

2- Boris Vian – L’arrache-cœur :  Clémentine accouche de trois garçons : une scène impressionnante et ensuite le récit de l’évolution (entre autres) des 3 garçons : Clémentine n’arrive pas à les voir grandir ; très inquiète de ce qui pourrait leur arriver dans un monde si hostile, elle finira par les mettre en cage ….. surréaliste et magnifique 

3- Frédérique Deghelt – La vie d’une autre : Une jeune femme amnésique a oublié qu’elle a eu trois enfants : un très beau passage ici 

4- L’avancée de la nuit de jakuta Alikavazovic : lecture récente où on découvre qu’avoir été abandonnée par sa mère peut empêcher une femme de devenir mère à son tour 

5- Ce que je sais de Vera Candida  de Véronique Ovaldé : l’histoire de Rose qui deviendra la mère de Violette qui deviendra la mère de Vera, qui deviendra la mère de Monica Rose. Un extrait

6- La promesse de l’aube de Romain Gary : où la mère du héros est à la fois aimante et tyrannique : un grand moment d’auto dérision pour l’auteur. Un extrait ici 

7- Room d’Emma Donoghue : l’histoire d’une jeune fille enlevée à 16 ans et qui a un enfant avec son kidnappeur-violeur…puis l’évasion de la jeune femme et de son fils de 5 ans et la dure réadaptation au monde extérieur  ….Un extrait

8- Du domaine des murmures de Carole Martinez : Au moyen âge Esclarmonde choisit de se faire emmurée plutôt que d’être mariée contre son frère : le rapport avec la maternité ? Et bien….. lisez- le 

9- Amours de  Leonor de Récondo : Début de XX éme siècle : Qui de Céleste, la bonne, ou de Victoire la patronne est la mère du fils d’Anselme, le notaire ? 

10- Giboulée de soleil de Lenka Hornakova Civade : Tchécoslovaquie de 1930 à 1980 – Magdalena, Libuse et Eva seront tour à tour fille puis mère d’une fille …sur fonds de Guerre Mondiale puis de communisme et enfin effondrement du régime soviétique…

 

L’espionne de Tanger – Maria Duenas

L’hiver s’écoula, laborieux et tendu, dur pour presque tout le monde, pour l’ensemble du pays, pour les citoyens. Le printemps nous tomba dessus, presque à notre insu. Et avec lui une nouvelle invitation de mon père. L’hippodrome de la Zarzuela rouvrait ses portes, pourquoi ne pas l’accompagner ?

Quand je n’étais encore qu’une jeune apprentie chez Doña Manuela, nous entendions souvent nos clientes parler de cet endroit. Très peu de ces dames était sans doute intéressées par les courses elles-mêmes, mais elles aussi rivalisaient, à l’instar des chevaux. Pas en vitesse, mais en élégance. Le vieil hippodrome se trouvait au bout de la promenade de la Castellana; c’était un lieu de rendez-vous pour la grande bourgeoisie, l’aristocratie et même le souverain : Alfonso XIII occupait souvent la loge royale. Peu avant la guerre, on avait entamé la construction d’installations plus modernes, qui fut brutalement interrompue par les combats. Après deux années de paix, la nouvelle enceinte hippique, encore inachevée, ouvrait ses portes à Monté d’El  le pardon. L’inauguration faisait les gros titres des journaux depuis plusieurs semaines et circulait de bouche-à-oreille. 

Mon père passa me prendre avec sa voiture, il aimait conduire. Pendant le trajet, il m’expliqua comment avait été bâti l’hippodrome, avec son toit ondulé si original ; il évoqua également  l’enthousiasme de milliers de Madrilènes, heureux de retrouver les courses de jadis. De mon côté, je lui décrivis mes souvenirs de la société hippique de Tétouan, ainsi que l’image formidable du khalife  traversant un cheval à place d’Espagne pour se rendre, tous les vendredis, de son palais à la mosquée.

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L’espionne de Tanger – Maria Duenas

Récapitulatif intermédiaire de Agenda ironique de mai – Nu, Nue, Nus, Nues

Il nous reste une semaine avant la clôture du festival de Cannes la clôture de l’agenda ironique et voici ceux et celles  qui ont déjà gravi les marches :

La licorne a ouvert le bal avec « le Roi est nu »

Et a enchaîné aussitôt avec une bal(l)ade à la Clairefontaine

André nous livre la vérité dans  un poème « nu »

Le thème m’a fait redécouvrir le texte de Carnets et d’une certaine lune 

Martine dénude les fleurs en particulier les pâquerettes 

JoBougon a fait tout ce qui lui a plu

Carnets nous fait saliver  avec un citron nu ou une tarte bleue

Patchcath sait coudre les nus et enlève ses bas

La licorne nous confie que « pudeur » et « nu » sont des mots qui vont très bien ensemble

Je vous laisse : c’est que j’ai un texte à écrire (c’est chez Carnets que j’ai trouvé l’idée « Hugo est le Francis Cabrel du XIXème » sera le point de départ de mon texte (si j’arrive à l’écrire….)

 

Recette : Qu’est-ce qu’un poème de Matéo ?

J’écris, de temps à autre, des poèmes de Matéo. Ce poème en est un.

Voulez-vous savoir ce qu’est un poème de Matéo? Admettons que la réponse soit oui. Voici donc la recette d’un poème de Matéo.

Un poème de Matéo est un poème composé en regardant un Matéo, ça tombe bien j’en ai un à la maison. Le Matéo que j’ai sous les yeux fait présentement des galipettes sur le canapé (foutus seins de glace et ses 10 degrés avec une pluie glaçante…j’aurai donc pu écrire un poème de météo mais comme j’avais un Matéo sous la main, enfin sous les yeux, je n’allais pas faire la fine bouche….)

Un poème de Matéo peut s’écrire dans un salon, une voiture, sur un toboggan, la tête en bas, les jambes en l’air. J’ai choisi d’écrire sur le mien dans la cuisine, en surveillant mon gâteau au citron nu (j’avais plus de pâte à tarte).

Prenez un Matéo d’une dizaine d’années qui se laisse observer sans rougir (on ne parle pas assez de la pudeur des Matéo), il est en général longiligne, mais avec un Mathéo avec une petite brioche, cela fonctionne aussi.

Le premier vers est composé dans votre tête, il doit décrire si votre Matéo est plutôt bonne pâte ou plutôt nouille. Le mien est plutôt farfalle, ou farfadet en tout cas, il papillonne et rebondit sur le canapé.

Le premier vers est transcrit sur le bloc-note du téléphone de suite parce qu’à tout moment le Matéo étudié peut s’étaler comme une pâte brisée et pleurer des larmes de croque-odile (à ne pas confondre avec des larmes de croque-madame ni même des larmes de croque–madeleine ou de croque-mitaine, qui comme chacun sait sont des créatures nageant autour d’un canapé)

Le deuxième vers d’un poème de Matéo doit mijoter légèrement arrosé d’un Cabernet d’Anjou, ou d’un croquignolet, ou croguignolet..je ne sais jamais…mais il doit être arrosé…

Le troisième  vers est composé après l’euphorie du troisième verre : il faut d’ailleurs veiller encore plus au Matéo qui pourrait dans l’euphorie se lâcher en grumeaux (ou gros mots)…mettre le holà à la première alerte est vital sinon tout part en saucisse, ou en purée…

Il est rare q’un poème de Matéo aille plus loin que le quatrième vers, car un Matéo a l’ennui rapide et fulgurant. Si par malchance le Matéo arrête ses galipettes entre deux vers, il ne vous reste plus qu’à sortir le gâteau du four et les assiettes du vaisselier.

Voilà vous savez presque tout sur les poèmes de  Matéo : il vous reste à pratiquer. Mon Matéo est maintenant tout calme sur le canapé, une sorte de Matéo Melba mais ceci est une autre histoire ou un autre poème …..

Pour ma part je tenterai bien la prochaine fois le poème de rétro, ou un poème de Mondéo (à écrire dans une ford intérieure), ou un poème de boléro qui doit aller crescendo ou un poème de Botéro (poème que j’ai d’ailleurs commencé pour l’Agenda Ironique et pas terminé, suis facilement déconcentrée par des galipettes… 😉

Source photo

 

Participation à vos claviers  N°7 d’Estelle de l’Atelier sous les feuilles avec une recette de quelque chose qui ne se mange pas, par exemple, la recette pour être heureux, la recette pour devenir un super héros, la recette pour faire taire le chien du voisin….

 

L’espionne de Tanger – Maria Duenas

J’ai trouvé le contexte historique de cette histoire très intéressant, le style m’a moins plu. Pour tout dire, sans le contexte historique, je crois que j’aurais abandonné : trop « romance » à mon goût : La jeune fille, madrilène de condition très modeste,  tombe amoureuse d’un fieffé escroc, qui la laisse enceinte et sans le sou à Tanger. Heureusement la suite s’améliore et même si quelques situations m’ont paru invraisemblables, Sira gagne en maturité et profondeur. Que d’aventures de Madrid àTanger, Tetouan, de nouveau Madrid puis Lisbonne. 

1936 -1942 :  La narratrice nous emmène dans une Europe en guerre où tous les moyens sont bons pour connaître les intentions de l’ennemi. Autour de Sira gravitent des personnages haut en couleur : Candelaria la Contrebandière qui l’aide à Tetouan, un commissaire marocain étrange qui est assez réussi, la mère de l’héroïne, Rosalinda Fox, une anglaise amoureuse du Haut-Commissaire du Maroc Juan Luis Beigbeder, et aussi le beau  journaliste (j’ai oublié son prénom). Est ce réellement un journaliste ? un sympathisant nazi ? un espion anglais ? 

Franco est devenu le maître en Espagne. L’Espagne oscille entre une neutralité plus qu’ambiguë et une admiration sans borne du régime nazi. C’est aussi l’histoire du Maroc  sous protectorat franco-espagnol (Wiki me souffle à l’oreille 1912-1956…) 

Un avis donc un peu mitigé mais finalement 700 pages qui défilent toutes seules, une fois les 100 premières,  un peu laborieuses, passées ….

Un extrait :

Je m’habituai à vivre seule, sereine, sans peur. À être responsable de l’atelier et de moi-même. Je travaillais beaucoup, me distrayais peu. Le volume des commandes n’exigeait pas de main-d’œuvre supplémentaire, je me débrouillais sans aucune aide. Mon activité était donc incessante, avec les fils, les ciseaux, l’imagination et le fer à repasser. Quelquefois je sortais en quête  de tissus, pour faire recouvrir des boutons, pour choisir des bobines et des agrafes. J’appréciais surtout les vendredis : j’allais place d’Espagne, près de chez moi –les arabes disaient  – El–Feddán – et j’assistais à la sortie du khalife de son palais ; il se rendait à la mosquée sur un cheval blanc, sous un dais vert, escorté par des soldats indigènes en uniforme de parade, un spectacle impressionnant.

 

 

Le mois espagnol est chez Sharon , l’Espagne est aussi à l’honneur chez Madame Lit 


Chez Philippe où la contrainte est le son « è, es,ai,ey… »

Madame lit du Juan Ramón Jiménez

Le mois de l’agenda ironique de mai qui a pour thème « Nu, nus, Nue, Nues » accueille la participation de Juan Ramón Jiménez (Prix Nobel de littérature 1956) avec un poème splendide…..

Madame lit

Jimenez

Chère lectrice, Cher lecteur,

Pour débuter le mois espagnol, j’ai décidé de partager avec vous deux poèmes du grand poète espagnol Juan Ramón Jiménez (1881-1958). En plus d’être poète, il est auteur et son immense talent lui a permis de remporter le prix Nobel de littérature en 1956. Sa passion pour les mots l’a entraîné, entre autres, dans une quête pour atteindre l’essence de toutes choses. Dans Poésieespagnole moderne contemporaine, Marie-Claude Zimmermann mentionne : «Il s’agit là de l’une des voix les plus originales de la littérature espagnole de tous les temps» (p. 32).

Voici un poème très célèbre tiré de son recueil Eternidades traduit par Bernard Sesé :

Elle vint, d’abord, pure,
vêtue d’innocence.
Et je l’aimais comme un enfant.

Puis elle revêtit
je ne sais quels atours.
À mon insu, je la haïs.

Et elle devint une reine
aux trésors fastueux…
Quelle ire de fiel insensée !

……

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Le ventre de Paris – Emile Zola

Au milieu du grand silence, et dans le désert de l’avenue, les voitures de maraîchers montaient vers Paris, avec les cahots rythmés de leurs roues, dont les échos battaient les façades des maisons, endormies aux deux bords, derrière les lignes confuses des ormes. Un tombereau de choux et un tombereau de pois, au pont de Neuilly, s’étaient joints aux huit voitures de navets et de carottes qui descendaient de Nanterre ; et les chevaux allaient tout seuls, la tête basse, de leur allure continue et paresseuse, que la montée ralentissait encore. En haut, sur la charge des légumes, allongés à plat ventre, couverts de leur limousine à petites raies noires et grises, les charretiers sommeillaient, les guides aux poignets. Un bec de gaz, au sortir d’une nappe d’ombre, éclairait les clous d’un soulier, la manche bleue d’une blouse, le bout d’une casquette, entrevus dans cette floraison énormedes bouquets rouges des carottes, des bouquets blancs des navets, des verdures débordantes des pois et des choux. Et, sur la route, sur les routes voisines, en avant et en arrière, des ronflements lointains de charrois annonçaient des convois pareils, tout un arrivage traversant les ténèbres et le gros sommeil de deux heures du matin, berçant la ville noire du bruit de cette nourriture qui passait.

Balthazar, le cheval de Mme François, une bête trop grasse, tenait la tête de la file. Il marchait, dormant à demi, dodelinant des oreilles, lorsque, à la hauteur de la rue de Longchamp, un sursaut de peur le planta net sur ses quatre pieds. Les autres bêtes vinrent donner de la tête contre le cul des voitures, et la file s’arrêta, avec la secousse des ferrailles, au milieu des jurements des charretiers réveillés. Mme François, adossée à une planchette contre ses légumes, regardait, ne voyait rien, dans la maigre lueur jetée à gauche par la petite lanterne carrée, qui n’éclairait guère qu’un des flancs luisants de Balthazar.

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Le ventre de Paris – Emile Zola