A propos Valentyne

Mon royaume pour un cheval ...même un bourricot peut faire l'affaire

Cinq mouches bleues – Carmen Posadas

Il ne se passe pas grand chose dans ce roman mais je l’ai trouvé très intéressant.
L’introduction se déroule dans un restaurant chic à Madrid. Un sexagénaire déjeune avec sa nièce ; sept ans qu’ils ne s’étaient pas vus. le narrateur nous explique pourquoi par petites touches.

Apres cette introduction où le narrateur se met à jour des derniers potins (il appartient à une classe d’expatriés uruguayens qui ont eu une jeunesse dorée mais qui sont ruinés), celui part quelques jours au Maroc. Là, dans un hôtel de curistes, il rencontre Carmen, une femme dont il a entendu parler (en mal) par sa nièce lors de ce déjeuner : la jeune femme, aurait assassiné son richissime mari (selon la rumeur).
Dans ce microcosme de gens riches (ou d’ex-riches) les coups bas sont nombreux sous des aspects policés.

J’ai aimé le ton de Carmen Posadas qui se moque d’une partie de la société madrilène et qui réussit à rendre ses personnages très vivants (des personnages sympathiques, d’autres franchement antipathiques et certains entre les deux)

Les narrateurs alternent et mon préféré reste Rafael Molinet, le premier par ordre d’apparition (et le plus présent) des personnages. Il m’a semblé à la fois très lucide et parfois totalement aveuglé : un très beau portrait.
On ne saura pas si finalement Carmen a « assassiné » son mari, là n’est pas le but de ce roman, l’essentiel est dans ce que chacun projette dans ce «présumé » meurtre…

Un extrait

On lui avait donné une table dans un coin près de l’escalier en colimaçon, entourée d’une profusion de plantes. Une feuille de kentia lui chatouillait la nuque s’il se penchait du côté gauche, et par la spirale des marches montaient des odeurs mêmées de chili con carne, de gnocchis aux quatre fromages et de soufflé à la mandarine, mais, au moins, on ne l’avait pas condamné aux régions antarctiques, à la salle d’en bas soit, en d’autres termes, aux ténèbres où les maîtres d’hôtel relèguent les parias.

Challenge Bac chez Enna catégorie « Adjectif »

Baby love – Joyce Maynard

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USA – fin des années 70
Sandy,18 ans, est mariée avec Mark et a un petit garçon Mark junior.
Wanda, 16 ans, a 27 kg de trop suite à son accouchement et a une fille Melissa.
Jill vient de se rendre compte qu’elle est enceinte (16 ans elle aussi).
Tara a une fille Sunshine. le père Bobby Sterling, un ado également ne lui adresse pas la parole.
Ann a la vingtaine et a rompu avec Rupert. Elle vit seule et déprimée, boulimique.
Carla et Greg ont la trentaine et viennent de quitter New-York pour passer l’été dans cette petite ville du New Hampshire.

Les personnages sont nombreux et j’ai eu un peu de mal au début à retenir qui est qui, et puis finalement tout se met très bien en place.
Joyce Maynard, pour ce premier roman, met très bien en valeur les aspirations de ces jeunes filles à peine sorties de l’enfance et déjà mères : que l’enfant soit un « accident » ou désiré, la vie n’est pas simple pour ces jeunes femmes : s’occuper du bébé en étant femme au foyer, ou laisser celui ci pour aller travailler au fast-food du coin, avorter ?

La gent masculine est bien présente également (mais pas à son avantage) avec Mark, le tout jeune mari de Sandy, Reg le père de Jill et un homme mystérieux qui écrit son journal depuis la prison du comté.
Un excellent premier roman (paru en 1981) et qui je trouve n’a pas pris une ride .

Un extrait
«J’ai acheté du beurre de cacao à la boutique de diététique, confie Sandy à Jill en remontant sa chemise indienne pour lui montrer son ventre. Regarde, pas de vergetures.»
Jill vient de leur raconter que ses règles sont en retard de six semaines et quatre jours, et qu’elle est certaine d’être enceinte. Si c’est un garçon, elle l’appellera Patrick, comme son acteur préféré dans Dallas.
De l’autre côté de la rue à la station-service Gulf, Mark, le mari de Sandy, est occupé à regarder sous le capot de sa voiture qu’il a amenée pour la vidange; une Valiant de 1966 avec un moteur de six cylindres incliné, et seulement cinquante mille kilomètres. Il en est à peu près aussi fier que Sandy de leur fils, Mark Junior, dont on fêtera les cinq mois mercredi prochain en compagnie de Tara, de Wanda et de leurs petites filles, Sunshine et Melissa. Sandy a prévu de faire un gâteau au chocolat avec un glaçage à la noix de coco ; et il y aura des coiffes en papier pour les enfants. Jill viendra aussi. Mark, lui, a décidé d’aller pêcher la truite ce jour-là.
«Il est trop mignon !» s’écrie Jill, non pas à propos de Junior mais de son père, toujours penché sous le capot de sa voiture et dont on ne voit que les fesses. «Tu es une sacrée veinarde, Sandy…»
Elles se taisent brusquement en voyant arriver Ronnie Spaulding qui va manger un morceau au Rocket Subs, le snack-pizzeria du coin. Wanda rejette ses cheveux sur ses épaules d’un mouvement de tête, et plaque Melissa contre son ventre. Elles semblent toutes très occupées à arranger la tenue de leurs bébés, et à les cajoler. Pour une fois, Tara n’a pas à chercher ce qu’elle va faire de ses mains. Après le passage de Ronnie elles échangent des petits rires entendus.
Elles ne bavardent pas beaucoup. Il est vrai qu’elles ont déjà fait à peu près le tour des sujets essentiels. Par exemple, elles savent que c’est Virgil Rockwell qui a mis Jill enceinte, même si Virgil a du mal à croire qu’elle attend vraiment un bébé, et pense plutôt qu’elle veut se rendre intéressante auprès de ses amies.



Challenge Bac chez Enna catégorie « Etre humain »

Ma soeur, serial killeuse d’Oyinkan Braithwaite

J’ai beaucoup vu ce livre sur internet ; la couverture et le titre m’intriguaient. L’action se passe au Kenya, Korede, la narratrice, y est infirmière.
Sa soeur Ayoola est un peu plus jeune qu’elle et a « besoin » d’être protégée.
Comme l’indique le titre celle-ci est une serial killeuse et le premier chapitre de ce roman raconte le « nettoyage » de son troisième meurtre.

J’ai trouvé ce livre à la fois intéressant,notamment pour le dépaysement, mais aussi un peu superficiel et caricatural : la jeune soeur, est belle mais dénuée de sens moral et l’autre soeur, sans charme mais très intelligente.

Les chapitres sont courts et se lisent vite, la tension monte, on se demande si le beau Tade va s’en sortir (et on se moque un peu de lui d’être si sensible à la beauté de l’une et de ne pas voir l’amour que lui porte la deuxième)

Entre deux chapitres, Korede se remémore son enfance et surtout son père, abominable individu, jusqu’à la révélation finale qui explique bien pourquoi les deux soeurs en sont arrivées là : l’une tuant et l’autre nettoyant les scènes de crimes de l’autre.

Une citation : Bizarrement, je ne peux pas l’imaginer se résoudre à poignarder un homme si elle n’avait pas ce couteau-là sous la main; c’est presque comme si c’était lui qui décidait de donner la mort, indépendamment de la volonté d’Ayoola. Cela dit, est-ce si difficile à croire ? qui osera prétendre que derrière tout objet ne se cache pas une intention ? Ou que les intentions cachées de ses anciens propriétaires ne continuent pas à l’orienter vers sa raison d’être ?

le mois africain se déroule en octobre chez Jostein 🙂

BILAN PAL D’ETE

Voici le retour sur ma liste pour ce Challenge chez Liligalipette

1- Demain les chats de Bernard Weber (recommandé par mon chat fiston) : mon avis ici

2- Un monde sans fin (parce que Ken Follett) – Pas lu !!! j’ai oublié ce livre lors du départ en vacances)

3- Le maître des orphelins (un pavé historique) : Pas lu

4- L’homme qui s’envola : 4 * ici

5- Pastorale américaine de Philip Roth : Pas lu

6- La nuit des béguines (abandon ;-()

7- Quatre saisons à Mohawk : lu tout récemment mais pas de billet (peut être un peu plus tard ?)

8- San Perdido de David Zuckerman : dépaysant mais j’en attendais plus

Quatre livres lus seulement sur les huit livres (j’ai lu beaucoup mais pas ce qui était prévu ;-))

Bonne journée à tous

Le prince des marées – Pat Conroy

Quel livre !
Tom Wingo, 36 ans, est le narrateur. Dans le début du roman, il vit en Caroline du Sud et est marié à Sallie, il est père de trois filles et au chômage depuis un an. Sa mère leur rend visite : un grand moment de dialogue (famille, je vous hais !). Elle leur apprend que Savannah, la soeur jumelle de Tom a fait une deuxième tentative de suicide.
Le roman va alors alterner passé et présent pour expliquer comment ces personnes en sont arrivées à ce stade.
Ce roman-fleuve (1000 pages en poche) est époustouflant : les personnages sont tous très fouillés et crédibles : des grands parents, jusqu’aux petits enfants et aux personnages secondaires. Les parents sont toxiques et les trois enfants, Luke, Tom et Savannah sont très solidaires.
L’histoire est captivante (l’auteur sait parsemer l’intrigue de rebondissements savoureux), le contexte historique est toujours évoqué fort à propos (guerre du Vietnam, lutte pour les droits civiques dans cet état très raciste).
Le lien passé /présent se fait dans le cabinet du Docteur Lowenstein, psychiatre de Savannah, qui fait écouter à Tom le délire de Savannah lors d’entretiens après sa tentative de suicide.

Enfin la mer a une place à part entière et m’a emportée ….

Pour une fois la comparaison avec John Irving sur la quatrième de couverture ne m’a pas paru usurpée (ah l’épisode du tigre de Conroy vaut bien tous les épisodes d’ours d’Irving)…

Un extrait

J’ai grandi en Caroline du Sud où je suis devenu un homme, un Blanc sudiste, et je vivais avec brio la haine que j’avais consciencieusement appris à nourrir contre les Noirs lorsque le mouvement en faveur des droits civiques m’est tombé dessus sans crier gare, au détour d’une barricade, me démontrant à la fois mon ignominie et mon erreur. Comme j’étais un garçon réfléchi, sensible et épris de justice, j’ai fait mon possible pour me réformer et jouer un petit rôle insignifiant dans ce mouvement, ce dont je me suis empressé de tirer un orgueil plus qu’excessif. Puis je me suis retrouvé à l’université où je suivais la préparation militaire des Officiers de Réserve composé exclusivement de jeunes mâles de race blanche, et je me suis fait craché dessus par des militants pacifistes que mon uniforme dérangeait. J’ai fini par rejoindre les rangs de ces manifestations, mais je n’ai jamais craché sur quiconque ne partageait pas mes opinions. Je pensais passer tranquillement le cap de la trentaine, en brave contemplatif à l’humanisme irréfutable, lorsque le mouvement de libération de la femme m’a coincé au détour d’une avenue et, une fois de plus, je me suis retrouvé du mauvais côté de la barricade. Apparemment, j’incarne tout ce que le XXe siècle compte de turpitudes.

Livre lu dans le cadre du pavé de l’été chez Brize (1069 pages pour ce pavé en poche)

Yoko Ogawa en hommage à Goran

Pour rendre hommage à Goran, disparu ce printemps, Eva et Patrice organisent aujourd’hui une LC du « Petit joueur d’échecs » de Yoko Ogawa.

Je me joins à eux et à tous les autres aminautes de Goran avec un autre titre de l’auteure (j’avais déjà lu le petit joueur d’échec)

Le roman s’ouvre avec la mort d’une petite fille de trois ans. Le médecin affirme qu’elle est morte de pneumonie mais la mère, accablée de douleur, prétend que cette mort est due à un chien maléfique.
La mère décide d’isoler les 3 enfants survivants dans une maison abandonnée afin de les préserver de la « malédiction ».
Il s’agit là d’un roman très onirique.
L’action est vue d’un point de vue extérieur, et raconte le quotidien de ces trois petits pendant plusieurs années..
Les jeux des enfants sont très bien racontés en particulier les instantanés d’ambre (Ambre est le garçon du milieu, huit ans lors du début de cet isolement) : il a réalisé des « dessins animés » de sa petite soeur disparue dans le bas d’encyclopédies. Sa soeur, Opale, 12 ans au début de l’histoire, danse et le petit dernier, Agate, 5 ans, découvre la nature à l’intérieur du jardin jusqu’au mur de briques cachant leur existence au reste du monde.
Le lecteur voit peu la mère mais le contact avec ses trois enfants est  « magique ».


Un livre étrange et envoûtant …à la fois doux et un peu angoissant…

Un extrait :

L’œil gauche de celui-ci (le fils aîné) commençait à présenter une évolution qui cadrait bien avec son nom, Ambre, et aucun autre. Tout d’abord, non loin du coin de l’oeil la limite entre le noir et le blanc s’estompa, le marron de l’iris déborda en marbrures qui bientôt s’étendirent à la totalité de l’œil gauche. Elles coulaient le long des vaisseaux capillaires, se déposaient, sédimentaient. Et les strates venant s’imprégner de larmes comme de résine, il se forma bientôt une concrétion d’ambre. L’existence de cet œil attestait le nom de l’ambre.
Au fur et à mesure de cette transformation son œil gauche eut peu à peu des difficultés à voir, mais Ambre n’était pas inquiet. Si l’extérieur devenait pour lui de plus en plus vague, inversement l’intérieur gagnait en densité, faisant ressortir avec davantage de vie les silhouettes qui apparaissaient au fond.

Sans parler du chien – Connie Willis

Le premier chapitre nous plonge dans le blitz en 1940. Ned Henry et deux de ses collègues fouillent dans les décombres brûlants de la cathédrale de Coventry. Connie Willis nous donne petit à petit les raisons de cette quête : Ned est un historien du XXIeme siècle et sa patronne la redoutable Miss Schrapnell (la bien nommée tellement elle est explosive) lui a demandé de mener l’enquête sur la disparition d’une potiche. Ned voyage donc dans le temps.

Un peu plus tard, il retourne dans son époque faire son rapport, avant de retourner en 1888 (toujours sur l’enquête de la potiche mais surtout pour corriger une erreur de Verity, une de ses Collègues, qui a ramené un chat du passé), sans parler du chien…

J’ai adoré cette histoire rocambolesque :
Les personnages , le contexte et l’alternance des époques, les dialogues surréalistes (il faut dire que les voyages dans le temps occasionnent une sorte de décalage savoureux, les historiens tombent amoureux de la première personne qu’ils rencontrent après un saut, ils confondent les mots d’où des quiproquos très drôles), sans parler du chien…
J’ai beaucoup aimé aussi les références litteraires : Jerome K Jerome et trois hommes et un bateau (que je n’ai toujours pas lu), Dorothy Sayer et son lord Peter Winsey, Arthur Conan DoyleAgatha Christie et bien sûr Lewis Scaroll sans parler du chien… ni du majordome…
J’ai aussi beaucoup aimé les réflexions historiques : et si tel événement s’était produit (ou ne s’était pas produit), Napoléon aurait il gagné à Waterloo?)
Il s’agit d’un roman qui fait bien travailler les neurones et les zygomatiques …sans parler du chat

A lire !

Un extrait :

– N’y a-t-il pas de train direct pour Coventry?
– Si, madame. A 10:17. Le convoi va partir, madame. Ce sera tout?
– Non, je veux mon guide et une carpette pour poser mes pieds. L’entretien de ces voitures est lamentable.
Mme Mering n’avait jamais dû prendre le métro. Quelle que fût l’époque, les gens appréciaient rarement leurs moyens de transports. Au XXe siècle, ils se plaignaient des vols annulés et du prix des carburants; au XVIIIe, des routes boueuses et des bandits de grand chemin ; et dans l’antiquité les Grecs du professeur Peddick avaient dû fulminer contre les chevaux récalcitrants et les roues de leurs chars qui se déboitaient constamment.

Livre lu dans le cadre du pavé de l’été chez Brize (570 pages pour ce pavé)

La fin des temps – Haruki Murakami

Le mois dernier, j’ai essayé de lire « écoute le chant du vent, suivi de flipper 1973 » de Haruki Murakami. J’ai fini par abandonner car le sujet, la vie d’un jeune homme, était plutôt plat et sans relief. Je suis pourtant repartie dans la lecture d’un autre roman d’Haruki Murakami, qui lui m’a enthousiasmée : La fin des temps.


Il y a deux fils narratifs dans ce roman (cette fable?). D’un côté, un jeune homme a un métier étrange, c’est un programmeur mais pas un programmeur informatique. Dans ce pays qui s’appelle « le pays des merveilles sans merci » les programmeurs sont opposés aux pirateurs (les bons contre les méchants ?). Le jeune homme, dont on ne saura pas le nom, est embauché par un vieillard pour « coder » des recherches explosives.
En parallèle, le lecteur suit un autre jeune homme, dans une ville étrange , une ville où tous les habitants sont prisonniers à l’intérieur d’une muraille épaisse avec une forêt menaçante et où paissent, dans les champs avoisinants, des licornes. Chaque nouvel arrivant dans cette ville étrange se voit retirer son ombre.


J’ai beaucoup aimé ce roman de Murakami qui est très onirique, fantaisiste. Il s’agit là d’une quête, celle d’un jeune homme, qui souhaite découvrir d’où vient ce mystérieux savant et quelles sont les étranges ténébrides qui menacent la découverte de celui-ci.
Ces deux lectures (celle abandonnée d’Ecoute le vent) et celle-ci, (réussie, de la fin des temps) m’auront au moins permis de comprendre mon intérêt pour cet auteur : il me subjugue quand il invente des mondes fantastiques et m’ennuie quand il parle du monde contemporain.

Un extrait

Reprenons : à la demande d’un savant, je m’étais rendu dans son labo de recherches souterrain pour y traiter des données. A cette occasion, il m’avait offert quelque chose qui ressemblait à un crâne de licorne, que j’avais ramené chez moi. Au bout d’un moment, un employé du gaz, apparemment soudoyé par les pirateurs, s’était présenté pour essayer de me voler ce crâne. Le lendemain matin, coup de téléphone de la petite-fille de mon commanditaire, pour me demander de venir au secours de son grand-père qui avait été attaqué par les ténébrides. Moi, je me précipitais sur les lieux du rendez-vous, elle, elle ne se manifestait même pas. Apparemment, j’étais en possession de deux précieuses marchandises. L’une étant le crâne, l’autre, les données du shuffling. Je les avais mises toutes deux à l’abri à la consigne temporaire de la gare de Shinjuku.

Livre lu dans le cadre du pavé de l’été chez Brize (560 pages pour ce pavé 😉 vive le changement des règles:-)

Que lire un 5 juillet ?

Quatre ans plus tard, le 5 juillet 1952, les quatre enfants Bernache s’amusaient dans le jardin de la maison familiale à Minos Blancas. Ils n’étaient pas tout seuls : il y avait avec eux Bah, l’opossum, qu’ils avaient récemment divinisé sous le nom de Bah-Noga, trois chiens (un dalmatien, un labrador et un caniche royal), et une tripotée de chats dont nul n’aurait pu savoir le nombre car ils étaient éparpillés dans les arbres.
Aujourd’hui était un jour particulier de l’année 1952, et les enfants avaient droit à un repos légitime, ayant accompli ce matin en toute dignité leur devoir de citoyens. C’était le temps de l’élection présidentielle, et un à un après le cours de mathématiques de ce samedi 5 juillet, tous les élèves de l’école primaire étaient allés mettre leur bulletin dans l’urne de la classe, ayant auparavant recopié d’une main sérieuse et appliquée le nom indiqué à la craie sur le tableau noir : « Adolfo Ruiz Cortines ». C’était le nom du candidat officiel du Partido Revolucionaro Institucional, celui qu’il fallait dûment élire ce dimanche et pour lequel Mademoiselle Rosario Ortega, l’institutrice, apportait l’humble contribution de cette urne si précieuse remplie de billets en buvard rose et pliés en quatre, dont elle avait la clé, qu’elle garderait farouchement dans l’armoire des dictionnaires et des encyclopédies, fermée également (cette deuxième clé, elle allait la cacher chez elle dans son armoire à pharmacie), jusqu’à l’heure solennelle où il faudrait remettre cette récolte à l’organisateur local, le lendemain à vingt heures précises, pour que le futur élu ne manque pas d’être élu – avec l’aide des petits enfants et de la Vierge de Guadalupe.
Car la Vierge aussi avait voté. On racontait que quelqu’un l’avait vue le dimanche précédent sur les hauteurs de roche et de poussière de la Quemada, où seules les chèvres venaient : elle avait déposé sur l’autel roulant de la chapelle Sangre de la Piedra un linge où était écrit le nom du futur président, et le curé de la Quemada avait pendu ce linge en triomphe au fronton de l’église qui du jour au lendemain avait cessé d’être abandonnée en haut du monticule de pierres, et en réfutation formelle des mécréants il montrait le linge accroché au ciment flambant neuf, et dans les échafaudages du chœur encore tout en travaux, parmi les odeurs de sciure et de peinture fraîche mêlées à l’encens, il vendait désormais des cierges par dizaines et par dizaines, à tous les pardonnés qui revenaient enfin dans la voie du Seigneur, qui gravissaient la colline et malgré la chaleur se pressaient pour voir le nom écrit par la main de la Vierge, certains en priant, tandis que beaucoup d’autres riaient à n’en plus finir, et l’un d’entre ne riant pas vraiment (il ricana plutôt) prononça même ces paroles la revolucíon se murío, por la tanto vive la Virgen !

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Les hommes-couleurs de Cloé Korman

Pal d’été

Il n’aura échappé à personne que ce blog est en léthargie totale. Le dernier post date du 20/04. Un changement total d’orientation professionnelle m’a fait perdre le nord 🙂

J’essaie tout de même de relancer un peu de lecture cet été (type « Dernier inventaire avant liquidation »?)

Voici ma liste pour ce Challenge chez Liligalipette

1- Demain les chats de Bernard Weber (recommandé par mon chat fiston)

2- Un monde sans fin (parce que Ken Follett)


3- Le maître des orphelins (un pavé historique)

Le maître des orphelins par Zimmerman


4- L’homme qui s’envola (j’aime beaucoup Antoine Bello)

L'homme qui s'envola par Bello


5- Pastorale américaine de Philip Roth

Pastorale américaine par Roth


6- La nuit des béguines

La nuit des béguines par Kiner


7- Quatre saisons à Mohawk

Quatre saisons à Mohawk par Russo


8- San Perdido de David Zuckerman

San Perdido par Zukerman

huit livres seulement (j’essaie d’être raisonnable 🙂

Bonne journée à tous