John Irving – Liberté pour les ours

Je l’ai vu appeler un zèbre par dessus la clôture : « Cheval fringué, viens, viens, cheval fringué ». Et l’un des zèbres qui devait être réveillé à l’attendre s’est approché de lui en poussant son museau contre la clôture. Le gardien lui a donné quelque chose à manger – infraction caractérisée au règlement ! – en lui tirant l’oreille amicalement. Bon un homme qui aime les zèbres ne peut pas être tout à fait mauvais.

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John Irving – Liberté pour les ours

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Sur une idée de Chiffonnette

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Sylvia Plath – La cloche de détresse

lacloche de détresse

Esther Greenwood raconte son entrée dans l’âge adulte. Jusqu’à ses dix neuf ans, cette orpheline (son père est mort quand elle avait 9 ans) est pauvre, boursière, elle ne fait que travailler sans relâche à l’école pour être toujours la première, la meilleure.

Tout d’abord, Esther évoque son séjour d’un mois à New York, dans les années 50 : Elle et une dizaine de filles ont gagné un concours dans un magazine en écrivant articles, poèmes ou en présentant des créations artistiques. Ce stage dans une société publiant des magazines féminins lui ouvre un monde qu’elle ne soupçonnait pas : dîner fins, soirées mondaines, jolis vêtements, maquillage…..

Esther est fragile. On la sent sur la corde, au début d’une dépression. Elle a tellement travaillé que voir ainsi ses efforts récompensés la laisse de marbre et peu à peu elle plonge. Aujourd’hui on parlerai de Burn-out, je crois, ou de surmenage.

Elle ne nous explique pas, n’analyse pas, elle ressent juste et a du mal à mettre des mots sur sa difficulté d’être. Etudier ? Pourquoi ? quand le destin d’une femme dans ces années-là est soit de se faire épouser, soit de devenir sténo- dactylo.
Elle rejette sa mère, son petit ami atteint de tuberculose, sort dans des endroits mal famés et est obsédée par l’idée de perdre sa virginité…par la mort…..

La deuxième partie est beaucoup plus dure et met en scène le séjour en hôpital psychiatrique d’Esther après une tentative de suicide (Electro choc, camisole chimique ….). Esther bascule d’un coup suite à une déception: elle comptait sur un stage d’écriture pendant l’été est se voit refuser ce stage. C’est l’étincelle qui la fait pencher vers la dépression.

L’écriture est belle, les images frappantes , Esther est révoltée contre la vie qui l’attend et n’arrive pas à faire de choix.

En conclusion : Un livre terrible sur une lente descente aux enfers, très autobiographique (Sylvia Plath s’est suicidée à l’âge de 31 ans peu après la publication de « la cloche de détresse » en 1963)

Un extrait (de la première partie) :

Je ne savais pas non plus la sténo.

Cela signifiait que je ne pourrais pas trouver un bon boulot après le collège. Ma mère me répétait sans cesse que personne ne voulait d’une licenciée en lettres tout court. Par contre, une licenciée en lettres connaissant la sténo, ça c’était autre chose. On se la disputerait. On se l’arracherait parmi les jeunes cadres en flèches, et elle prendrait en sténo lettre passionnante après lettre passionnante.

Le problème était que j’avais horreur de servir les hommes en aucune façon. Je voulais dicter moi-même mes lettres passionnantes. En plus de ça, les petits signes de sténo que j’avais vu dans le livre de ma mère me semblaient aussi déprimants que de remplacer temps par « t » ou distance totale par « s ».

Un extrait (de la deuxième partie) :

Il faisait complètement noir.
Je ne sentais que les ténèbres et rien d’autre. Ma tête s’est soulevée pour les explorer, comme celle d’un ver. Quelqu’un gémissait. Un poids écrasant m’a brutalement frappé la joue comme un mur de pierre et le gémissement a cessé.
Le silence est revenu, polissant sa surface comme une eau noire qui se referme après la chute d’un caillou.
Un vent froid m’assaillait. On me transportait à une vitesse fantastique dans un tunnel plongeant vers le centre de la terre. Le vent est tombé, il y avait comme un grondement, celui de voix nombreuses qui se disputaient, protestaient quelque part….loin. Les voix aussi se sont tues.
Des cisailles se sont refermées au dessus d’un de mes yeux. Une fente de lumière s’est dessinée comme une bouche ou les lèvres d’une plaie, mais tout d’un coup l’obscurité s’est refermée sur moi. J’essayais de tourner le dos à la source de lumière, mais des mains s’étaient emparées de moi comme les bandages d’une momie et je ne pouvais plus bouger.(p 187)

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LC avec Eeguab, j’espère que cette lecture ne l’a pas déprimé. Pour ma part je savais à quoi m’attendre pusique j’ai lu ce livre suite à celui ci où l’auteur Sylvie Onayon dit que ce livre a , en même temps failli la détruire et lui a finalement  » sauvé la vie ».
Je me dis qu’heureusement les dépressions ne sont plus soignées ainsi de nos jours.

Challenge « Mois américain » chez Noctenbule

CHALLENGEmoisamericain

et première participation au challenge « romancières américaines » chez Miss G

challenge romancieres americaines

Je suis une légende – Richard Matheson

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Robert Neville est le dernier survivant sur terre. Mais il ne vit pas seul, il est entouré de vampires qui sortent à la nuit tombée pour essayer de le contaminer. Robert, un grand géant blond, nous raconte ses journées, ses réflexions post-apocalyptiques :il lui faut barricader les fenêtres, pendre de l’ail partout, plonger un pieu dans le cœur de vampires endormis…… Il a un certain bagage scientifique car il sait faire des analyses de sang et cherche à comprendre comment ce fléau, le vampirisme, a pu se répandre sur terre.

Vers la fin, la presse à sensation avait répandu une crainte maladive des vampires aux quatre coins du pays. il se rappelait la débauche d’articles pseudo-scientifiques qui ne visaient qu’à entretenir la peur afin de stimuler les ventes. Il y avait quelque chose de sinistrement burlesque dans cette course effrénée au profit alors même que le monde était en train de mourir.

Ce livre m’a intéressée sans me passionner. En fait il m’a même un peu déprimée : comment peut on accepter de vivre alors que sa femme, sa fille et la totalité de l’humanité a disparu ? L’espoir ? mais quel espoir ? il y en a un peu quand même quand Robert apprivoise un chien. Puis quand Robert rencontre Ruth, qui est Ruth ? une vampire, une survivante comme lui ?

Il la regarda. Elle avait le sourire contraint d’une femme qui s’efforce de réprimer sa féminité dans l’intérêt de la cause qu’elle sert.

L’humour noir qui ressort souvent m’a fait sourire quelquefois, même si l’impression dominante est une impression d’horreur et de désespoir.

Dès qu’elle vit la croix, elle détourna les yeux avec une espèce de râle et son corps se convulsa sur la chaise.
– ça te fait peur ? Pourquoi ? demanda t-il, surpris de réentendre le son de sa voix après si longtemps.
Le regard de la femme se posa soudain sur lui, lui arrachant un frisson. Ce feu dans ses prunelles, cette langue qui léchait ses lèvres pourpres, donnant l’illusion que sa bouche était animée d’une vie propre, ce corps qui se cambrait comme pour se rapprocher de lui… Un souffle rauque montait de sa gorge, pareil au grognement d’un chien défendant un os.
– La croix, répéta Neville avec une nervosité croissante. Pourquoi en as-tu peur ?

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Ecrit en 1954, ce livre est sans conteste précurseur (il m’a fait un petit peu penser à Simetière de Stephen King)

Enfin, la fin. Elle est porteuse d’espoir ou l’inverse selon chacun : Est-ce la fin du monde ou le début d’une aventure ?

À la vue de cette multitude de visages blêmes tournés vers lui, Neville s’avisa tout à coup qu’à leurs yeux, c’était lui le monstre. C’est la majorité qui définit la norme, non les individus isolés.

Livre lu dans le cadre de Jacques a dit chez Métaphore (et aussi Challenge Romans cultes toujours chez Métaphore)

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Et du mois américain chez Noctenbule

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Et challenge Mondes imaginaires dans la catégorie post apocalyptique chez Aymeline

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Je suis venue vous dire que je m’en vais

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 Et vos larmes ne pourront rien y changer ………..

Mais non, je ne ferme pas mon blog. Je vous explique. Mais attention, ceci est une confidence et je vous demande de n’en parler à personne :  En novembre je me suis inscrite à un truc de dingues : Le Nanowrimo. Il s’agit d’écrire : un roman ou de nouvelles sur le même thème, le tout en 50 000 mots et 30 jours (ce qui fait tout de même une moyenne de 1666 mots quotidiens)

Comme j’aime les chiffres ronds, je me suis dit que j’allais écrire 2000 mots par jour (cela me permet d’avoir aussi cinq jours « jokers » sans écriture). J’ai une idée de roman dans ma tête depuis deux ans et je ne m’y mets pas. Là c’est l’occasion qui fait la larronne.

Moi qui suis d’habitude très désorganisée, sur octobre, j’ai pris de l’avance ; pas sur l’écriture du nano non, il ne faut pas commencer avant le premier novembre mais sur le plan : j’ai recensé 25 chapitres, j’ai gribouillé des fiches personnages (car le plus dur pour moi c’est de ne pas perdre le fil et j’ai tendance à inventer un personnage à chaque page) : il y aura donc 10 personnages dont un cheval qui n’a pas encore de nom, une jeune fille de vingt ans et un inspecteur de police, Mr Capitole.

Pour me concentrer sur le Nano, je ne participerai pas aux ateliers d’écriture  en novembre.

J’ai fait le ménage dans tous les coins du blog , programmé quatre citations du jeudi, programmé mon billet de lecture commune avec Eeguab « la cloche de détresse » de Sylvia Plath  pour le 31/10, j’ai pratiquement fini mes billets de novembre (LC organisée par Denis autour de Camus le 7/11, la LC de la Conjuration des imbéciles de JK Toole avec Noctenbule le 15/11, le billet du 1/12 sur le titre «  Comme la Grenouille sur son nénuphar » de Tom Robbins  toujours avec Noctenbule)

Hier soir, j’étais donc dans les starting-blog, fin prête et tutti quanti quand je me suis rendue compte qu’il me manquait quelque chose d’absolument indispensable pour commencer à écrire (en plus de l’oreiller que j’ai installé sur ma chaise de bureau pour ne pas avoir mal au dos, de la plume d’oie que j’ai taillée exprès pour avoir une écriture magnifique et  de ma réserve de barres de céréales) .

 Il me manquait une mascotte, une sorte de doudou qui me soutiendrait lors de ce marathon. J’ai donc réfléchi toute la nuit. J’ai rassemblé en congrès tous les Playmobils de la maison (ils m’aident beaucoup lors des séances de brainstorming). Là, les propositions ont fusé : une jument en mascotte ? Non trop prévisible, un taureau ? Cela m’a paru une bonne idée (j’ai fait aussi la provision de Red bull de quoi tenir un siège)

Et soudain, j’ai eu une illumination : il me fallait à la fois un animal international (parce que le nano c’est dans plein de pays), un animal sympathique et un animal avec lequel faire un joli acronyme en rapport avec le Nano. Et là j’ai remercié Eeguab pour un de ses billets qui m’avait bien fait rire car tout est dans le titre « Et le Wombat cessa ».

Le wombat comme chacun sait est international, sympathique avec sa fourrure si douce que l’on dirait du duvet, et avec ses lettres on peut écrire

Write One Month But A Thon.

 Liste de mots collectés par Olivia

Confidence – oreiller – duvet – oie – capitole – congrès – siège – international

PS : j’ai écrit ce billet de mots en 1 heure ce qui fait du 600  mots / heure. C’est pas gagné mais soyons fous. Je ferais peut être un bilan hebdomadaire ici même mais rien n’est moins sûr.

Si vous avez envie de m’encourager, (et que vous avez du temps) , un gentil logo avec ma mascotte me ferait plaisir ! Bises à tous ……………

Le concours : les résultats ;-)

Bonjour à tous

Voici les résultats tant attendus du super concours de la Jument Verte.

Tout d’abord la participation : quatre personnes ont joué :  MCL, Pierrot Bâton, Janick et Jobougon . Merci à vous quatre pour vos recherches

Et notre winneuse est Pierrot Bâton  avec 25 titres que je vous recopie ici

Ensuite dans notre quarté nous avons MCL (20 titres), Janick (17 titres) et Jobougon (12 titres)

Inutile de vous dire qu’il y en avait dont je n’avais jamais entendu parler 😉

Voilà les titres de Pierrot bâton

1- Une fille quelconque (Arthur Miller)

2- Dans les limbes (Jack O ‘ Connell)

3- L’espace-temps (Jean Paul Auffray)

4- Ma vocation (Jean-Paul II)

5- La jument verte (M. Aymé)

6- Incognito (Petru Dumitriu)

7- La petite sirène (Andersen)

8- Courage (Danielle Steel)

9- La tête (tome 3 de Blast –  Manu Larcenet)

10- Seul dans le noir (P. Auster)

11- Un air de famille (A. Jaoui) je connaissais la pièce et le film mais pas le livre 😉

12 Le chantier ( Mo Yan) : un titre qui a du succès car il y a pas moins de 10 auteurs qui ont donné ce titre à un de leur livre

13- Rendez-vous (C. Angot) : là aussi cinq auteurs différents possibles

14- L’ unité (Ninni Holmqvist)

15- La liste (S. Vivian) ou quatre autres auteurs possibles

16- Au sud de la frontière, à l’ombre du soleil (Murakami)

17- L’inventaire (M. Chapsal) 18- Etoiles (S. Greggio)

19- L’identité (M. Kundera)

20- Ensemble c’ est tout (A. Gavalda)

21- La nuit des temps (R. Barjavel)

22- Personne (G. Aubry)

23- Sueurs froides (Boileau Narcejac)

24- A l’ aide (Heinz Janisch)

25- Délivrez-moi (Jasper Fforde)  

MCL a trouvé 20  titres en tout dont 9 que Pierrot n’avait pas cités

1. Fort(e)  en maths  –  Diana Kimpton

2. Pense-bêtes –  Roland Topor

3. La quatrième dimension  –  Rudy Rucker

4. L’enquête  –  Philippe Claudel

5 Fantômette  –  Georges Chaulet

6 Un air de famille  –  Michael Ondaatje

7 La parole  –  France Farago (d’autres auteurs possibles)

8 Le  chantier  –  Stéphanie Ledu

9 (Le) passage  –  Justin Cronin

Janick a trouvé 17 titres (dont deux  cités jusqu’ici avec des auteurs différents)

– La quatrième dimension de David Yonggi Cho

– Délivrez-moi d’Alex Sanders

Jobougon a trouvé 12 titres dont un non cité par les autres participants et a en plus fait un texte très drôle que je vous recommande ici :

10- « La tête la première » d’Adriano Sofri

 Merci à tous et à très bientôt pour de nouvelles aventures

 Pierrot n’oublie pas de m’envoyer ton adresse pour le livre 😉

Article et concours non sponsorisé par le PMU qui pourtant s’y connait en jument verte 😉

PMU

Volkswagen Blues- Jacques Poulin

William F Cody avait obtenu son surnom de Buffalo Bill en 1867, lorsqu’il avait été engagé par le Kansas Pacific Railroad pour fournir de la viande fraîche aux employés de cette société ferroviaire ; dans l’exercice de ses fonctions, il avait abattu douze bisons par jour pendant dix-huit mois.

– ça doit faire cinq ou six mille bisons, dit la fille.

Elle avait encore une fois le visage dur et les yeux brillants, et Jack vit tout de suite que Buffalo Bill comme les autres héros de son frère et comme son frère lui même, allait essuyer une tempête. Cette fois prenant les devants, il dénonça lui même les prétendus hauts faits du chasseur de bisons : il avait « tué son premier indien à douze ans »; il était devenu éclaireur pour le compte de l’odieux général Custer ; il avait participé à la guerre contre les Sioux ; il était sorti vainqueur d’un duel avec Yellow Hand, l’un des plus grands chefs Cheyennes, et finalement il avait organisé une sorte de cirque ambulant, le Wild West Show, qui s’était produit dans plusieurs pays d’Europe.

La tactique de l’homme apaisa la colère de la Grande Sauterelle et incita même la fille à dire que Buffalo Bill n’avait pas commis que des erreurs dans sa vie. Elle rappela qu’il avait été l’un des meilleurs cavaliers du Pony Express, ce service postal qui recrutait des jeunes gens pour livrer le courrier à toute allure entre le Missouri et la Californie ; un jour que les Indiens avaient incendié les relais où il devait être remplacé par un autre cavalier avec une monture fraîche, il avait parcouru 515 kilomètres sans se reposer.

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Volkswagen Blues- Jacques Poulin

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Sur une idée de Chiffonnette

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Le vrai monde – KIRINO Natsuo

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Dans ce roman publié en 2010, le lecteur sait tout de suite qui est le meurtrier et qui il a tué. Le but n’est pas de savoir qui ou comment ou encore pourquoi. Il s’agit plutôt d’évoquer les suites des conséquences de l’acte d’un jeune garçon (18 ans) qui, dans un accès de rage, tue sa mère.

Dans chaque chapitre, un narrateur différent prend la parole et donne son avis, sur l’acte du jeune homme mais aussi sur sa vision du monde. Toschiko, 17 ans, commence, elle est la voisine du meurtrier, elle ne s’entend pas très bien avec ses parents, et pour ne pas avoir d’ennuis ne dénonce pas le meurtrier qui lui vole son vélo et son portable.
Tout va partir d’ailleurs de ce portable puisqu’avec lui, le Lombric (c’est le surnom que Toshiko donne au jeune homme) va contacter les proches amies de Toshiko et plusieurs d’entre elles vont l’aider dans sa fuite éperdue et tragique. Yuzan, une amie de Toshiko, explique sa détresse suite au décès de sa mère et vient en aide à ce jeune homme. Deux autres amies de Koshiko vont intervenir également (Terauchi est la plus intelligente et la plus complexe)

C’est un livre où je ne me suis pas ennuyée une seconde. Ces très jeunes gens (ils étudient tous assez dur pour décrocher une université prestigieuse) m’ont paru très désemparés face à leur vie. Les filles, surtout, travaillent pour entrer à l’université mais dans le but de se faire épouser et ensuite d’être au foyer. Les parents sont absents ou ne s’intéressent pas à eux. L’auteur présente une vision assez noire du passage à l’âge adulte (la fin est percutante !).

J’ai choisi un passage où c’est le Lombric qui parle :

Quand je pense que je suis en cavale à travers le Japon avec tout le pays lancé à mes trousses, j’ai l’impression que mon destin est de fuir éternellement. Mais ce n’est pas comme si je pouvais me réfugier quelque part. Comme dans Running Man de Stephen King, des chauffeurs de taxi et des caissières de supermarché appelleront les flics pour leur dire qu’ils viennent de voir passer le type à la télé.

A propos de Stephen King : j’aime ce qu’il fait. Running Man et Carrie. J’ai lu Marche ou crève deux fois. Battle Royale n’est pas de King, mais ça aussi je l’ai lu deux fois. La plupart des jeunes que je connais ne lisent que des mangas, mais je préfère les romans. Les romans sont plus proches de la vraie vie, c’est comme s’il montrait le monde après en avoir épluché une couche, une réalité que l’on ne pourrait pas voir autrement. Ce que je veux dire, c’est qu’ils ne sont pas superficiels ; ça fait de moi une sorte d’anomalie au sein de ma classe. Mes camarades ne voient que la surface des choses. Pareil pour leurs parents. Ils doivent trouver que ça leur rend la vie plus facile, comme si c’était la manière la plus intelligente d’aborder l’existence. Quelle bande de trouducs !

Livre lu dans le cadre du challenge « Ecrivains Japonais » d’Adalana où l’auteur du mois est Natsuo KIRINO

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HELP …..et petit concours à la fin

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Comme vous le savez, je suis une passionnée de lecture et de bouquins. J’arpente les blogs à la découverte de pépites, de surprises et de coup de coeurs. Je note …dans un carnet au départ, directement maintenant sur un des mes sites préférés, Babelio pour le nommer.

Et bien figurez vous que lundi , au moment d’aller noter une énième merveille, j’ai cliqué par hasard et je suis arrivée sur cet écran.

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Et là , j’ai beau ne pas être forte en maths, je suis plutôt une fille quelconque dans mon genre, j’ai vu tout de suite qu’il y avait un problème.
Parce ce que 915 livres en tout dont 323 lus, 341 à lire et 190 en pense-bête cela ne faisait pas du tout le compte. Pour vérifier, j’ai pris ma calculette et là je me suis rendu compte que ma bibliothèque virtuelle il y avait 61 livres dans les limbes, la quatrième dimension, l’espace temps… que sais je encore ?

N’écoutant que ma vocation avortée de journaliste, je décidai de mener l’enquête, nuitamment, car quand même c’est plus discret. J’ ai donc revêtu mon costume de jument verte (à mi-chemin entre Fantômette pour l’incognito et la petite sirène pour les paillettes ). N’écoutant que mon courage, j’ai respiré un bon coup et j’ai plongé tête la première dans Babelio.com, en apnée. J’avais pris garde de prendre une lampe frontale (parce que j’ai peur parfois, seule dans le noir)

Tout était plutôt bien rangé : la littérature française d’un côté, la littérature américaine de l’autre, les polars qui se recoupaient, les siècles qui se chevauchaient. J’étais ébahie devant tant de titres qui se bousculaient devant mes yeux, essayant de m’attraper de leurs petites pages carnivores, mais vous me connaissez, je suis efficace, neutre et désintéressée et je n’oubliais pas mon idée de trouver MA liste de livres manquants.

Quand soudain au détour d’un corridor, je tombais nez à museau avec le gardien de ces lieux magiques. Ce rat, je l’ai reconnu tout de suite, il avait un air de famille avec un rat de mes amis, le rat Ramoli pour le nommer. Il m’adressa tout de suite la parole :

– Content de te voir, Valentyne, moi, c’est le Rat Belio, le rat de cette immense bibliothèque , on t’attendait , c’est le chantier dans ta liste. Tu as rendez vous dans cinq minutes à l’Unité.

– L’unité ? ai je bafouillé, inquiète, mais c’est la première fois que je viens par ici : où est elle ? Je m’y perds entre ces catégories, ces titres, et autres lecteurs.

– Pas de souci, c’est pas compliqué : l’Unité c’est au sud de la frontière, à l’ouest du soleil ! entre les essais et les recueils de poésie.

Laissant le Rat Belio à son inventaire, je poursuivis donc mon cheminement dans les liens, les interviews d’auteurs, les citations diverses. Je me suis pris au passage un cinq étoiles en pleine tête mais j’ai poursuivi vaillamment ma route jusqu’à une minuscule porte qui m’annonça « Vous êtes parvenus à l’Unité, veuillez insérer votre passe Navigo, après vérification de l’identité, la bobinette cherra et la porte s’ouvrira »

C’est là que tout a basculé, j’avais oublié mon passe si utile (je ne le prend jamais avec mon costume de la jument verte). J’ai alors entendu une voix anonyme et caverneuse me dire. « Vous ne partirez pas sans votre passe Navigo. Nous allons rester ensemble c’est tout, jusqu’à la nuit des temps. Personne ne peut vous libérer ! »

J’en ai encore des sueurs froides et je profite d’une des failles du système de sécurité de Babelio pour vous appeler à l’aide :  » s’il vous plait, gentils lecteurs, aidez moi à sortir de Babelio ! Délivrez Moi ! « 

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Les mots collectés par Olivia

neutre – frontière – identité – reconnaître – quelconque – anonyme – personne – moi – unité – seul – ensemble

Le concours : Comme indiqué dans le titre, il y a un petit concours pour gagner…Un livre…… de votre choix (dans la limite de 25€, sur le site de référence femme-qui-monte-a-cheval-avec-les-deux-jambes-du-meme-coté.com)
Pour participer, pas besoin de me montrer votre passe Navigo. Il faut m’envoyer un mail (adresse en haut à droite du blog) avec le maximum de titres de livres (et de leur auteur) qui figurent dans le texte ci dessus (il y en a plus de 10 😉 )

Il faut également m’indiquer dans ce mail le livre que vous souhaitez gagner.

Pour participer vous pouvez être homme, femme, enfant, animal (chat, bison, belette….cheval ou âne …..) , végétal. Et il faut résider en France Métropolitaine ou en Belgique.

Toute réponse dans les commentaires ne sera pas prise en compte. Vous avez jusqu’à mardi 22 octobre minuit (résultats le 23 octobre). Le gagnant sera celui ou celle qui aura trouvé le plus de titres (tirage au sort en cas d’ex aequo)

Des indices ici 

Best love, Rosie – Nuala O’Faolain

Nous roulions à une allure d’escargot en direction de Kilbride, coincées derrière un camping-car immatriculé en Grande-Bretagne. Pour changer de sujet, j’ai déclaré : »Foutus Anglais. Huit cents ans d’oppression et maintenant ça.
– Neuf cent, a corrigé Peg. On est dans les années 2000 maintenant. Tu savais que c’en était arrivé au point où un catholique n’avait pas le droit de posséder un cheval ? c’est ce que mon père m’a dit. C’est pour ça qu’il a gardé des chevaux tant qu’il a pu les faire paître dans le coin. Il n’aimait même pas ça, les chevaux, mais il tenait à en avoir parce que les anglais nous ont envahis et privés de nos terres et tyrannisés et traités de pire en pire au fil du temps.
– Je ne savais pas que ça te touchait tant, Peg, ai-je dit, surprise par sa réaction.

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Best love, Rosie – Nuala O’Faolain

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Sur une idée de Chiffonnette

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Philippe Rahmy – Béton armé (Shangaï au corps à corps)

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Source photo : Wikipédia

Carnet de voyage. Philippe Rahmy nous raconte son séjour de deux mois à Shangaï, en 2011. Il a été invité avec d’autres écrivains par l’Association des Ecrivains de Shangaï. Philippe Rahmy apporte un regard à la fois émerveillé et distancié de cette ville. Emerveillé dans la mesure où il est atteint de la maladie des os de verre et que c’est son premier « vrai » voyage à 40 ans, distancié parce que même s’il n’a jamais pu voyager il a beaucoup étudié, écrit et parcouru (virtuellement) le monde.

Il s’étonne de la dure vie des travailleurs chinois, innombrables, endurants , ne se plaignant jamais. La vie à Shangaï est une bataille, un mouvement perpétuel , un fourmilière où on le sent bien souvent perdu.

« L’écriture, traduction du silence intérieur; la ville, affirmation bruyante du monde. deux inconciliables » (P66)

J’ai beaucoup aimé l’écriture poétique mais parfois aussi tranchante au moment où je m’y attendais le moins.

L’arbre de Shangaï est le magnolia, la fleur timide et réservée. Le symbole fut choisi en 1986, durant les premières manifestations étudiantes. Elles étaient encore joyeuses, trois ans avant Tienanmen. Deng Xiaping avait alors décrété « l’année portes ouvertes ». Il fallait apaiser la jeunesse, rassurer l’étranger. Cette période est révolue. Le récent musée de l’architecture, en forme de magnolia, est en acier. Il n’y a plus ni douceur ni discrétion. Quatre pétales immenses, quatre lames de guillotine surplombent la place du Peuple. p111

Pas de réelle histoire donc dans ce livre mais des impressions sur la ville, les habitants, la cuisine, les coutumes qui l’interpellent.

Cet écrivain parle aussi au gré des pages de souvenirs d’enfance, des souvenirs très douloureux de fractures à répétition, de difficulté de s’intégrer.

« Je revois mes parents faire des messes basses dans le couloir des urgences, leurs mines sombres me servant de baromètre pour évaluer la gravité de ma blessure : un sourire embarrassé signifiait que je m’en tirais avec un plâtre, un regard tendre que je restais à l’hôpital. Je juge encore les gens d’après cette échelle : qu’on me témoigne de la bienveillance et je crois qu’on va m’abandonner, qu’on veut ma mort. » (p 33)

En conclusion : un livre que je recommande pour ces nombreuses réflexions sur l’humanité, l’écriture, Internet, la dictature…..

Ce livre est l’histoire de deux mois d’un écrivain qui s’interroge, observe, analyse et qui a un sens développé de la formule et des images qui frappent  » Shangaï est un marécage sous un couvercle d’argent ».

Livre offert par Babelio dans le cadre de Masse critique. Le titre et la quatrième de couv m’ont séduite et je suis contente de l’avoir lu. (si quelqu’un  est intéressé, je lui envoie)

Cette lecture peut également s’inscrire dans le challenge Francophone de Denis (Philippe Rahmy est né à Genève en 1965), d’un père franco-égyptien et d’une mère allemande

challenge LittFrancophone

Fiche Wikipédia ici