Bateau ou papillon ?

Le bateau – Matisse (vers New York ici)

Bateau ou papillon

Je voguai toutes ailes dehors, frêle esquisse

Caboter très peu pour moi, je suis cabochard

Direction la haute mer à travers le brouillard

Mon reflet de Klein Schmetterling(*), bleu Matisse

 

Les poissons me frôlaient coursant le  firmament

L’arc en ciel chantonnait avec les étoiles chromatiques

Bleu couleur chaude, j’évitai le glacial Arctique

Direction New York la belle et son fourmillement

 

La Liberté me rendit minuscule sous son fier regard

Haute dame en dentelle me saluant, vieux briscard

Moi penché sous le vent, elle droite comme la justice

 

Je fus tout tourneboulé de ces flots fantastiques

Tremblant tête à l’envers et drisses élastiques

Que la belle et son vert de gris ne me file la jaunisse

 

.

(*) Papillon bleu en allemand

Jeudi Poésie Chez Asphodèle

et le jeu d’avril chez la Licorne (poésie rimant avec art, tisse, tique, ment)

 

 

Les heures de Prague – Nâzim Hikmet

L’AUBE

pont charles

Baroque

Dans Prague tandis que blanchit l’aube
La neige tombe,
…………mouillée,
…………………….d’un gris de plomb.
Dans Prague doucement s’éclaire le baroque
……………………..tourmenté, lointain ;
Dans ses dorures une tristesse noircie.
Sur le Pont Charles les statues
……………….sont des oiseaux venus d’une étoile morte.
Dans Prague, le premier tramway a quitté le dépôt.
Les vitres sont éclairées, jaunes et chaudes.
Mais je sais
………………qu’il fait à l’intérieur un froid glacial :
L’haleine du premier voyageur ne l’a pas encore réchauffé.
Dans Prague, Pepik boit son café au lait,
Dans la cuisine blanche, la table de bois est toute propre.
Dans Prague tandis que blanchit l’aube,
La neige tombe,
…………..mouillée,
……………………….d’un gris de plomb.
Dans Prague passe une voiture,
……………une charrette attelée à un seul cheval,
……………….devant le cimetière juif.
La charrette est chargée
…………………….de la nostalgie d’une autre ville
…………………………..et le charretier c’est moi.
Dans Prague doucement s’éclaire le baroque :
…………………tourmenté, lointain
………………….dans ses dorures une tristesse noircie.
Dans Prague au cimetière juif
la mort silencieuse, muette.
ô ma rose, ô ma rose
l’exil est pire que la mort….

Yesenik le 20/12/1956

:

Les heures de Prague – Nâzim Hikmet

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Source Photos

A la lumière d’hiver – Philippe Jaccottet

On aura vu aussi ces femmes – en rêve ou non,
mais toujours dans les enclos vagues de la nuit –
sous leurs crinières de jument, fougueuses,
avec de longs yeux tendres à lustre de cuir,
non pas la viande offerte à ces nouveaux étals de toile,
bon marché, quotidienne, à bâfrer seul entre deux draps,
mais l’animale sœur qui se dérobe et se devine,
encore moins distincte de ses boucles, de ses dentelles
que l’onduleuse vague ne l’est de l’écume,
le fauve souple dont tous sont chasseurs
et que le mieux armé n’atteint jamais
parce qu’elle est cachée plus profond dans son propre corps
qu’il ne peut pénétrer – rugirait-il d’un prétendu triomphe -,
parce qu’elle est seulement comme le seuil
de son propre jardin,
ou une faille dans la nuit
incapable d’en ébranler le mur, ou un piège
à saveur de fruit ruisselant, un fruit,
mais qui aurait un regard – et des larmes.

!

A la lumière d’hiver – Philippe Jaccottet

Sabine Sicaud – Diego

Les sorcières présentaient Sabine Sicaud ici.

J’ai trouvé ce beau poème de cette jeune fille.

Diego 

Son nom est de là-bas, comme sa race.
L’œil vif, le pas dansant, les cheveux noirs,
C’est un petit cheval des sierras, qui, le soir,
Longtemps, regarde vers le sud, humant l’espace.

Il livre toute sa crinière au vent qui passe
Et, près de son oreille, on cherche le pompon
 ………..D’un œillet rouge. Sur son front,
Ses poils frisent, pareils à de la laine.

Rien en lui de ces chevaux minces qui s’entraînent
Le long d’un champ jalonné de poteaux ;
Ni rien du lourd cheval né dans les plaines,
Ces plaines grasses et luisantes de canaux
Où des chalands s’en vont avec un bruit de chaînes.

Il ignore le turf, et les charrois et les labours,
Celui dont le pied sûr comme celui des chèvres,
Suivit là-haut les sentiers bleus, dans les genièvres.

la suite est ici

jeudi-poesie

 

Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise

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Source Photo

Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise
S’il ne tenait qu’à lui il partirait au galop
Il aimerait voir Florence , Cosme Premier ou bien Pise
Nul doute que l’herbe est plus verte là-haut

Un fois en Italie rien ne l’empêcherait de partir vers la Tamise
Charles Premier lui indiquerait le point zéro
Après l’Europe, direction Equateur ou bien la banquise ?
Visiter sa parentèle de par le monde ! en bateau…

Madrid ou Kobe ? Les deux ont leur Don Quichotte
Un coucou à Rossinante, qui s’y pique s’y frotte
Partir voir Theodose Premier le byzantin ?

Quitter l’ Europe pour le Missouri des Amerloques ?
De là voguer jusqu’à Rama V à Bangkok ?
Ah zut, recommencer le trip, il a oublié son cousin argentin !

:

Jeudi Poésie chez Martine 

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Source photos : ici, ici, ici, ici, ici et ici

Participation au jeu 19 chez la licorne

il faut écrire un sonnet qui doit en outre  commencer par un vers célèbre

J’ai choisi « Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise » de Raymond Queneau dans Cent mille milliards de poèmes

jeudi poésie

Champ libre – René Guy Cadou

Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

Champ libre – René Guy Cadou

jeudi-poesie

Les autres participants sont chez Martine 

Quadrige

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Source photos

:

Quadrige

 

Quand vient le soir, galopant dans le quadrige
Les chevaux, ravis, encensent sur leur perchoir ;
Les sabots et les crinières claquent dans le noir,
Voici venue l’heure du début de leur voltige.

Les chevaux, ravis, encensent sur leur perchoir ;
Sur leur dos poussent ailes, pennes, rémiges ;
Voici venue l’heure du début de leur voltige,
Ils s’envolent en silence vers l’Abreuvoir.

Sur leur dos poussent ailes, pennes, rémiges.
En rêvant de se contempler dans un miroir,
Ils s’envolent en silence vers l’Abreuvoir,
La pluie les enveloppe hors du vertige.

En rêvant de se contempler dans un miroir,
Vers leurs cousins de Yvelines ils se dirigent ;
La pluie les enveloppe hors du vertige,
Cette nuit ils s’ébattront dans le bateau lavoir ! »

abreuvoir de Marly

L’abreuvoir

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Le poème « miroir » est ici 

jeudi poésie

Les autres participants sont chez Martine

Cavale d’or vert – Georges Emmanuel Clancier

Cavale d’or vert
Enfantine amazone
Fleur et licorne
Aussi blanche qu’altière.

Vol immobile
D’après l’amour
D’après le secret
D’après le secret
D’après le feu
De chair et de songe.

Si loin, si proche,
Partie pour un soleil seul,
Dans l’orgueil muet
Du sang qui s’apaise,

Et mon regard sur ton sillage,
Sur ton silence de profil
Sur ta gorge et ta jambe
Appelle.

Écritures de jours
Georges Emmanuel Clancier

felix valloton le ballon

Félix Valloton – le ballon

Itinéraire d’un enfant gâté – Slam 3 avec l’autre Jacques

algernon

Vous vous demandez peut-être ce que je fais dans cet arbre tel le roi des aulnes, et bien je réfléchis. Je me rapproche jusqu’à toucher les racines du ciel et je fredonne une chanson :

Monter au ciel, pas peur de l’orage
Sortir de la cage, loin des paradis artificiels
Échafauder une hypothèse sur la montée de sève
Monter en épingle, attendre la relève
Partir décrocher la lune sans tambour
ni trompette, monter d’un octave rebelle
Tenir les dragées (au poivre) hautes,
Faire le magnifique sur une pièce montée
Bâtir un château en Espagne, laveur de vitre sans nacelle
Escalader l’Everest dans les nuages ?
Se hisser jusqu’aux neiges du Kilimandjaro ?
Pas pour moi, j’suis alpiniste amateur, nanméhaut !
et marin d’eau douce aussi ….
Devenir marinier sur les chemins de halage
est mon prétexte pour monter sur Seine.

Monter au ciel, plus près des mésanges
Croquer la pomme, monter les blancs en blanche-neige,Pomme tendue
Garder le fouet pour grimper sur les grands chevaux
Monté en graine comme la folle avoine
Suis je Pierrot le fou ou bien Antoine?
Un singe en hiver sur mon baobab ?
King kong et peau de bananes …..
Monter, monter toujours plus haut avec Claude
Monter comme les enfants du paradis
Monter à bout de souffle
Monter l’escalier à Cannes, pieds nus comme Julieta
Monter sur le ring du seigneur des anneaux ?
Monter toujours plus haut pour décrocher la timbale
S’en décrocher la mâchoire, mais monter monter……
Sur des talons aiguilles ou au paradis des monte en l’air ….

Monter le son, monteur de court métrages
Du haut du clocher, je donne de la voix
L’espace d’un instant je m’imagine scénariste.
Partout partout je monte et cherche ma voie
Parce si j’avais pu, j’aurais été………. trapéziste.

laveur de carreau

 

Les photos et le jeu sont chez La licorne

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Lune noire – Federico García Lorca

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Mois espagnol Chez Sharon

Sous la lune noire

des brigands,

chantent les éperons.

;

Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

;

Les durs éperons

du bandit immobile

qui a perdu les rênes.

;

Petit cheval froid,

Et ce parfum de fleur de couteau !

;

Sous la lune noire,

saignait le flanc

de la Sierra Morena.

;

Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

;

La nuit éperonne

ses flancs noirs

En lui plantant des étoiles.

;

Petit cheval froid

Et ce parfum de fleur de couteau !

;

Sous la lune

Un cri !

et la longue corne du brasier.

;

Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

 

Lune noire – Federico García Lorca

 

Et pour écouter Paco Ibanez c’est ici 

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José Manuel Merello.- Le Cheval Lune

jeudi-poesie