Harry Potter et la coupe de feu – JK Rowling

– Ah ! Si je ne m’abuse, la délégation de Beauxbâtons arrive ! lança Dumbledore, qui était au dernier rang avec les professeurs. 

– Où ? demandèrent avidement plusiseurs élèves en regardant dans toutes les directions.
– Là-bas ! s’écria un élève de sixième année en montrant la Forêt interdite.
Quelque chose de très grand, beaucoup plus grand qu’un balai volant – ou même que cent balais volants – approchait du château, dans le ciel d’un bleu sombre.On voyait sa silhouette grandir sans cesse.
– C’est un dragon ! hurla une élève de première année , prise de panique.
– Ne dis pas de bêtises…. C’est une maison volante ! répliqua Dennis Crivey.
Dennis était plus proche de la vérité. ….La gigantesque forme noire qui avançait au dessus de la cime des arbres fut peu à peu éclairée par les lumières du château et ils distinguèrent alors un immense carrosse bleu pastel tiré par des chevaux géants. Le carrosse avait la taille d’une grand maison et volait vers eux , tiré dans les airs par une douzaine de chevaux ailés, tous des palominos, chacun de la taille d’un éléphant.
Les élèves des trois premiers rangs reculèrent en voyant le carrosse descendre du ciel à une vitesse terrifiante. Enfin dans un fracas si impressionnant que Neville fit un bond en arrière et retomba sur les pieds d’un Serpentard de cinquième année, les sabots des chevaux, plus grands que des assiettes, se posèrent sur le sol dans un nuage de poussière. Un instant plus tard, le carrosse atterrit à son tour, rebondissant sur ses roues démesurées tandis que les chevaux couleur d’or agitaient leurs énormes têtes en roulant des yeux flamboyants.

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Harry Potter et la coupe de feu – JK Rowling

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Sur une idée de Chiffonnette

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Tu ne jugeras point – Armel Job

tune jugeras point

Un livre qui entre dans le vif du sujet dès la première page : David, un enfant de un an a disparu. Sa mère, Denise, l’a laissé cinq minutes dans sa poussette devant un magasin pour faire une course et en sortant plus personne dans le landau. La police arrive rapidement et mène l’enquête. Enlèvement ? accident maquillé en enlèvement ? acte d’un déséquilibré ou d’une mère indigne ? Pourquoi n’y a t-il aucune photo de l’enfant ? Etait-il anormal? des questions en masse et des réponses données au compte-goutte…..

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Dans une Belgique martyrisée par la récente affaire Dutroux, le juge et la police marchent sur des oeufs. La mère s’emmêle les pinceaux dans ses explications, le père est étrangement absent, l’oncle suscite les soupçons. Armel nous fait suivre en parrallèle les pensées du juge Conrad dont la mère est mourante, du policier chargé de l’enquête, des trois autres enfants de Denise (une adolescence, une petite fille et un petit garçon de 4 ans).

Malgré le sujet difficile j’ai noté plusieurs passages où l’auteur fait preuve d’humour : Par exemple lorsque la police fait appel à un policier et son chien pour retrouver la trace du petit disparu (p 24)

« Là dessus,il [l’inspecteur] a fait signe au maître-chien qui tout à coup, s’est mis à appeler Zouk « Rex ».
Rex ! Rex !
Le chien, pas contrarié de ce changement d’identité, s’est aligné contre sa jambe et est reparti dans l’autre sens, non sans se retourner quelque fois avec des gémissements vers le seuil du dentiste.
Après le week-end pascal, les journaux ont expliqué qu’il venait du centre de dressage de Hasselt. Dans la police fédérale, le bilinguisme n’est pas applicables aux chiens. Rex ne comprenait que le flamand, langue dans laquelle « zouk » signifie « cherche ».

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Ce livre m’a enthousiasmée. Une écriture sensible et nuancée, pas un temps mort, les personnages aussi bien les principaux que les secondaires sont finement analysés : l’effondrement de la famille, le soutien maladroit des habitants de cette petite ville, les médias qui veulent informer, la reconstitution faite par la police est un grand moment d’émotion de part et d’autre …un sujet terrible que cette disparition d’un bébé, un sujet qui fait frémir tous les parents et qui est ici abordé d’une façon sensible (j’ai déjà écrit sensible mais je le re-écrit). ….

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Une chute inattendue clôture ce livre, une chute qui est aussi le portrait admirable d’une mère.

Un dernier extrait :(p 165)

En dehors de sa théorie sur la chance, le chef Harzee en a une autre, au sujet de l’investigation policière : c’est la théorie de la narine. La plupart des enquêteurs passent leur temps à collecter des indices. Quand ils pensent en avoir récolté un nombre suffisant, ils les jettent dans un entonnoir, ils secouent et ils attendent que la vérité sorte de l’autre côté. On appelle ça la méthode scientifique. C’est très à la mode dans les séries américaines.
Harzee, lui, ne procède pas ainsi. Il arpente le terrain et il hume tant qu’il peut. Au bout d’un certain temps, sa narine picote. Il aspire à fond, tendu comme un chien d’arrêt, puis , ça y est. Il tient son idée. Alors seulement, il passe aux indices.
A ce propos, il y a une circonstance que l’on néglige souvent. C’est que certains indices, cent pour cent crédibles, n’en sont pas moins fallacieux. Dans la méthode scientifique, ils risquent de rester en travers de l’entonnoir.

L’avis de Sophie 

Challenge Francophone de Denis (et mois Belge)

challenge LittFrancophoneCHALLENGEBELGE

Bonne année

olivia-desir-histoire

Bonjour à Tous et bonne année 😉

J’en entends déjà qui froncent les sourcils (oui froncer les sourcils fait du bruit) et qui se disent dans leur ford intérieure que la Valentyne elle a pété les plombs – que la bonne année c’était il y a 24 jours , qu’elle n’a plus toute sa tête
Et bien non pas du tout je ne débloque pas (ou si peu)
En fait, j’ai même une semaine d’avance pour vous présenter mes voeux. En effet, il ne vous aura pas échappé que le 31 janvier, nous allons changer d’année et pas n’importe qu’elle année nous allons quitter l’année du serpent pour entrer dans l’année du CHEVAL (rien que le nom j’en suis toute émoustillée).

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L’année du cheval sera pour moi l’année de toutes les mutations (enfin surtout professionnelle à partir du 17 février), je continuerai à passer furtivement sur ce blog et chez vous mais en levant le sabot.
Voici un petit tour d’horizon de ce qui vous attend (un sorte de tour du monde en tant que  passager clandestin)

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Rat : Votre patience sera mise à rude épreuve par une souris rose qui n’en fait qu’à sa tête. Elle a pour unique but de fausser compagnie et d’être toujours là où on ne l’attend pas, une petite halte au pays de Convoitise vous permettra de combler vos desideratas les plus secrets.

rat des villes et rat des champs
Buffle : Votre humeur dépendra de la météo qui ne vous sera pas clémente. Petit conseil de lecture :

la-patience-des-buffles-sous-la-pluie
Tigre : Rentrez vos griffes, buvez du thé, profitez du temps

tigre

Lapin : Vous bondirez de lignes en lignes, et maîtriserez la célèbre double galipette entre interligne double.

lapin patagonie
Dragon : Sortez de votre donjon et découvrez les gens qui vous entourent. Restez près d’un extincteur.Cela va chauffer

dragon cracovie
Serpent : Que vous soyez à plumes ou en plastique, rester souple sur vos aplombs. Soyez calin. Ne vous laissez pas aller.

gros calin
Cheval : Cela sera votre année. Galopade et cavalcade au programme

DESIJLOIS CHEVAUX

Chèvre : Il vous faudra ménager le chou et surtout éviter de vous promener à l’île Seguin entre chien et loup.

CHEVRE

Singe : Après un hiver difficile, vous choisirez d’émigrer au soleil en cours de printemps.

un singe en hiver

Coq : Vous et votre ami l’âne seront à la fête. Méfiez vous des poules rousses

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Chien : Votre leitmotiv : un « chien » vaut mieux que deux « tu l’auras ». Cette année sera celle du melting pot. Les chiens sont l’avenir de l’homme ! pékinois, dalmatiens et cocker de tous les pays unissez vous !

demainchien

Cochon : Votre devise cette année « Pour vivre heureux vivons cachés »

truismes

Sur ces prévisions, je vous envoie tous mes souhaits de bonheur et n’oubliez pas de répondre au sondage ci dessous. Moi je suis « Chien »

Les mots collectés par Olivia
souhait – voeux – mutation – émigrer – desideratum – melting-pot – cours – plastique – fausser – furtivement – cacher – clandestin

Henri Bauchau – Chemin des sources

jeudi-poesie

Allez chez Asphodèle lire les trouvailles des autres participants 😉

Chemin des sources – Henri Bauchau

Les dentelles passaient sous ta jupe de bise, petite fille
???au goût de foin, petite fille au goût d’église
Sur une grande échelle grise, aimant à respirer les signes
???graves des remises
C
Les juments remuaient la paille de litières, les nuits d’été,
….où soupiraient les tours d’église, où se penchait la tour
….de Pise sur de grands lits de foin coupé
Quand l’étalon frappait dans les stalles sonores…
c
Et voici tes pieds nus, tes longs cheveux épars – ô l’habile
;;; à manier les lents rideaux d’enfance – ma soeur au goût
,,,,de mains sauvages, par les corridors aux chambres du passé
Portant la bougie blanche et le panier de pommes.
c
Fille qui devint femme entre les mains de hommes, porta
???la robe des étangs, la robe noire de la lune et , songeuse,
??? écoutait monter du puits la voix
D’un aiglon qui criait appelant le soleil.
b
Vint l’austère finesse de l’eau fraîche puisée à de très
???hautes chaînes. Vint la vague où pointait, indécise,
???l’écume.
Et les yeux, les yeux bleus très anciens qu’on retrouve.

CHALLENGEBELGE

Une participation pour le mois Belge organisé par Denis du Blog Bonheur de lire

Henri Bauchau est un poète, dramaturge et romancier belge

Les belles choses que porte le ciel – Dinaw Mengestu

les belles choses que portent le ciel

Incipit : A huit heures, Joseph et Kenneth entrent dans l’épicerie, ils viennent presque tous les jeudis. C’est devenu une sorte d’habitude pour nous trois, sans que l’un de nous ne l’ait jamais reconnue comme telle. Il arrive que seul l’un des deux vienne. Ou ni l’un ni l’autre.. On ne se pose alors aucune question, car on ne se sent pas d’obligation. Il y a dix sept ans, nous étions tous trois de nouveaux immigrants employés comme bagagistes au Capitol Hotel. D’après la plaque apposée à l’entrée principale, l’hôtel avait été conçu pour ressembler au palais des Médicis en Italie. Le weekend, les touristes se rassemblaient sur le toit pour contempler les tireurs d’élite perchés sur les toits de la Maison-Blanche. C’est dans cet hôtel que Kenneth était devenu Ken le kenyan et Joseph, Joe du Congo. J’étais alors plus maigre que je le suis maintenant et, comme le disait toujours notre patron, je n’avais pas besoin d’aucun surnom pour lui rappeler que j’étais éthiopien.

Cela fait une quinzaine d’années que Stephanos, le narrateur, vit aux Etats Unis, à Washington. Il a émigré de son Ethiopie natale, jeune homme, dans des circonstances dramatiques que l’on apprend au fil de l’eau.
Stephanos habite dans un quartier pauvre qui se dégrade sans cesse et sa petite épicerie vivote et périclite peu à peu, au fur et à mesure que les familles sont expulsées. Une jeune femme (riche et blanche), Judith, vient s’installer dans la maison près de son épicerie. Elle a une petite fille, Naomi, (la jeune métisse sur la couverture), qui se prend d’amitié pour Stéphanos.
Un livre assez lent où la part à la réflexion intérieure de Stéphanos a une grande place. J’ai aimé le suivre dans sa rencontre ses amis immigrés comme lui (qui ont l’air de s’intégrer un peu mieux), avec Judith, avec Naomi aussi, une petite fille très mûre pour son âge. Après l’école, ils lisent ensemble « les frères Karamazov » dans la calme de la boutique peu fréquentée… .
En conclusion : Un livre poignant sur l’exil, la place de chacun, l’impossible adaptation à un pays quand on n’arrive pas à faire le deuil de son pays d’origine, l’impossible (?) retour …, l’impossible amour….la culpabilité du survivant….la culpabilité tout court…..

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Un extrait qui explique le titre qui est un vers de « l’enfer » de Dante.

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Par un pertuis rond je vis apparaître
Les belles choses que porte le ciel
Lorsqu’il est ivre, il aime à dire que ce sont là les vers les plus parfaits jamais écrits. « Réfléchissez un peu, dit-il alors Dante sort enfin de l’enfer, et voilà ce qu’il voit, les belles choses que porte le ciel ». C’est parfait, je vous le dis. Tous simplement parfait. J’ai dit à mon professeur que personne ne peut mieux comprendre ce vers qu’un Africain parce que c’est ce que nous avons vécu. L’enfer quotidien, avec seulement quelque aperçus du ciel par moments. »
Cela dit, il était difficile de trouver quelque chose dans la vie de Joseph, qui ne devienne pas une métaphore de l’Afrique. Des vers de poètes célèbres à l’inclinaison des rayons du soleil par un après-midi de printemps, il voyait partout où il allait des réminiscences de ce continent. Kenneth détestait ça.
« Si ça te manque tellement, lui hurla-t-il un jour, pourquoi tu n’y retournes pas? Comme ça t’auras plus besoin de dire sans arrêt, « C’est comme l’Afrique », et « On dirait l’Afrique ». Mais tu veux pas y retourner. Tu préfères que ça te manque confortablement ici plutôt que la détester chaque jour sur place. »

Livre lu dans la cadre du challenge mois américain organisé par Noctenbule

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et le challenge « à tout prix » d’Asphodèle pour le prix du Premier Roman étranger 2007.

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Le mystère de la rose des vents

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Il était une fois un pays où vivait un roi tout en haut d’un château, qui lui même était perché tout en haut d’un arbre, qui lui même était perché tout en haut d’une colline d’argile. La vie s’écoulait paisible jusqu’au jour où le roi perdit un peu la tête. Le phénomène se produisit lors du grand bal annuel. Lors de la farandole finale, le roi Edouard s’était pris les pieds dans la traîne pailletée de la reine qui s’était déguisée en fée. Il s’était étalé de tout son long, assommé. A son réveil, le roi ne savait plus qui il était, comment il s’appelait , le néant. La reine s’inquiéta et fit venir son plus fidèle chevalier, Philibert.

J– Philibert, lui dit elle, le roi a perdu le nord. Je compte sur toi pour l’aider à retrouver ses sens. Pour cela il faudrait que tu nous rapportes la rose des vents, l’unique fleur qui pousse au pôle nord, justement. Tu peux prendre le cheval que tu veux dans l’écurie.?

Le visage de Philibert s’éclaira d’un grand sourire. D’un côté il était content de servir son roi et de l’autre il était ravi de l’escapade qu’il allait pouvoir faire au côté de Verveine , la jument la plus rapide du pays. Verveine était une délicate jument d’un vert tendre à mi chemin entre couleur concombre et vert caca d’oie.

 VERVEINEassise

Ni une ni deux, Philibert enfila sa tenue de camouflage, pris sa baguette magique et il réveilla Verveine qui roupillait. Il lui ordonna de mettre sa selle et l’enfourcha, léger comme une plume, pour ce long voyage à la recherche de la rose des vents.

Verveine, comme à son habitude, ronchonna mais finit par se mettre en route, réprimant une grimace quand elle vit du haut de l’arbre tout le chemin qui les attendait.
Au départ l’aventure commença bien : Verveine malgré son vertige bien connu allait vivement et avançait d’un pas uni et alerte. Descendre de l’arbre sur lequel était bâti le château leur pris à peine une journée.

VERVEINECOLIMACON
Arriver en bas de l’arbre, Philibert se demanda bien où pouvait être le nord , il se tourna à droite, puis gauche et finalement sur les conseils de Verveine qui avait enfin fini de ronchonner partit tout droit, vers ce qu’il espérait être le nord.

VERVEINPHILPROFIL

Après une autre journée de marche, Les deux compères arrivèrent à un lac qui semblait immense. Comment traverser cette étendue d’eau ? Jamais à cours d’une idée, Philibert trouva deux arbres étranges, des arbres métalliques , qui poussaient dans ce pays étrange et les lia entre eux, Il incita Verveine ensuite à monter dans ce bateau improvisé. En fait il dut la pousser et la tirer car la pauvre bête ne put dissimuler sa peur panique de l’eau. Il essaya la flatterie (« tu es la plus courageuse, Verveine »), le mensonge (« Cela ne durera qu’une minute de traversée, ma belle ») mais rien n’y faisait la jument refusait obstinément de grimper dans ce vaisseau étrange. Elle criait : « je ne peux pas grimper là dedans , je suis sujette aux crises d’hippocrisie »

Philibert finit par l’avoir à l’usure en lui promettant une botte de carottes fraîches pour leur retour.
Il se mit à pagayer comme un gondolier vénitien, n’écoutant pas les cris apeurés et plaintifs de Verveine, qui se sentait virer du vert émeraude au jaune pissenlit. Il faut bien dire que le lac n’était pas très calme et que les vagues apportaient comme une écume couleur crème qui embaumait et dégageait une vague odeur de citron.

VERVEINEGONDOLEWEB

Arrivée de l’autre côté du lac, Philipbert remarqua aussitôt l’objet de sa quête la fameuse rose des vents. Verveine la cueillit délicatement entre ses dents.

VERVEINEROSEDESVENTS

Au moment où Philibert tendait la main pour récupérer la rose des vents, on entendit un grand cri : « Thomas , c’est quoi cette comédie ? je t’ai déjà dit que je ne voulais pas que tu utilises l’évier pour jouer avec ton armée de Playmobils et en plus tu as vidé plein de paic citron , y’a de la mousse partout maintenant….. »

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– Oui, mais maman y’a pas d’eau dans ma chambre et Philibert devait sauver le roi ….

les mots collectés par Asphodèle
Visage, camouflage, armée, plume, vénitien, jaune, déguiser, bal, argile, mensonge, embaumer, comédie, celer, mystère, pailleté, crème, farandole, grimace, hypocrisie, dissimuler, unir, usure, unique.

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Je n’ai pas mis celer sans compter le pauvre « hypocrisie » qui a lamentablement été détourné 😉

Toutes les illustrations ont été prises dans ce livre

ROIRAOUL

Le roi Raoul n’a plus de tartines / Vincent Haudiquet, Pef / Tartamudo / 1999.

Edit du 19 JANVIER : rajout d’une illustration pour Célestine 😉

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

– Parfait , Harry, dit Hagrid, je crois qu’il va te laisser monter sur son dos, maintenant!
L’idée n’avait rien de séduisant. Harry était habitué à piloter des balais, mais il n’était pas sûr de pouvoir aussi facilement chevaucher un hippogriffe.
– Grimpe sur son dos, juste derrière les ailes, dit Hagrid, et fais bien attention ne ne pas lui arracher de plumes, il n’aimerait pas cela du tout….
Harry posa un pied sur l’aile de Buck et se hissa sur son dos. L’hippogriffe se releva, mais Harry ne savait pas à quoi se tenir : il n’avait que des plumes à portée de main et craignait d’en arracher une.
– Allez va y, rugit Hagrid en donnant une tape sur l’arrière-train de la créature.
Et soudain, des ailes de quatre mètres d’envergure se déployèrent de chaque côté de Harry et se mirent à battre. Harry eut tout juste le temps de ‘accrocher au cou de l’hippogriffe avant que celui-ci s’élève dans les airs. Ce n’était pas du tout la même chose qu’un balai et Harry sut immédiatement ce qu’il préférait : les ailes immenses qui battaient à ses côtés lui cognaient les jambes en menaçant de le désarçonner. Les plumes luisantes glissaient sous ses doigts, mais il n’osait pas serrer plus fort. Harry regrettait la souplesse de son Nimbus 2000. Il était ballotté en tous sens par l’arrière-train de l’hippogriffe qui montait et descendait au rythme de ses battements d’aile.

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

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Sur une idée de Chiffonnette

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Virginia – Jens-Christian Grondahl

VirginiaLC avec Eeguab

Pendant la seconde guerre mondiale au Danemark, en 1943. Virginia a seize ans. Sa mère, couturière, accepte la proposition d’une de ses clientes d’emmener la jeune fille au bord de la mer, pour les vacances. Virginia n’y tient pas particulièrement mais accepte cependant. Sur place, le neveu de son hôte tombe amoureux d’elle.

Ce livre (une centaine de page à peine) raconte un peu cet été, particulier pour elle autant que pour lui mais pour des raisons différentes. Un évènement va arriver cet été là (l’avion d’un pilote anglais est abattu non loin de la maison) et le narrateur (le jeune homme de 14 ans) analyse ou plutôt essaie d’analyser ce qui a changé dans leur vie à ce moment là.

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un extrait sur la rencontre des adolescents où on mesure que les deux personnages principaux sont très différents :

L’arrivée de la jeune fille lui avait été annoncée une semaine plus tôt. Peut être avait-il déjà deviné ce qu’il allait ressentir lorsque ce regard bref et inexpressif, allait se poser sur lui. Ils étaient à table et elle répondit aux questions posées sur le voyage et elle-même d’une façon tout aussi peu expressive, mais polie. Il s’interdit d’observer la nouvelle venue plus de quelques secondes à la fois. Aurait-il su comment elle le percevait que ses pires pressentiments auraient été confirmés.
Elle le trouvait curieux avec son corps osseux, ses yeux rapprochés et ses cheveux raides qui ne cessaient de lui tomber sur le front, même s’il tentait de les peigner avec de l’eau. Il n’avait guère eu de contact avec les filles, il était incapable de les regarder sans se sentir perdu. Mais ils ont certainement jaugé leur silence gêné, cette jeune femme et ce garçon trop grand. Deux ans de différence suffisent à déterminer quel mot on emploie. Femme. Garçon.

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Peut être est ce dû à la brièveté du roman, mais je dois dire être un peu restée sur ma faim : Virginia reste pour moi,insaisissable et incomprise (mais peut être est ce le but de l’auteur ?). Le jeune homme (qui devient un vieil homme charmant) est plus facile à appréhender. Cependant le « rebondissement » principal de cet été là (que je ne dirais pas pour ne pas tout dévoiler) est à peine évoqué et de façon ellyptique par le jeune homme (là aussi j’aurais aimé avoir des détails)

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J’aurais aimé en savoir plus sur le ressenti de Virginia et comme le narrateur est le jeune homme et pas elle…….
J’ai aimé l’écriture fluide et très sensible…..

Allons voir chez Eeguab ce qu’il en a pensé 😉

Pour finir un petit extrait :

Je ne cessais de songer aux prés inondés qui donnaient sur le fjord, à la remise aux planches mangées par le soleil et les intempéries, là où le pilote anglais s’était caché Dans mon souvenir, cet abri était comme un écrin fermé.
Peut-être en avait-il été de même pour elle. Alors que nous contemplions la pluie et les éclairs sur Passy, elle m’avait dit qu’elle avait pensé à ce pilote toute sa vie. Cela avait été la première fois qu’un homme la touchait. Cela avait aussi été la première fois pour moi, lorsque j’avais tenté de lui faire des avances, maladroit et craintif dans la pénombre trouée par les rais et les éventails de lumière qui s’insinuaient entre les planches.
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Challenge Tour du Monde pour le Danemark

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Barroco Tropical – José Eduardo Agualusa

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Angola, de nos jours. Le narrateur, Bartolomeu, est journaliste. Un jour qu’il se promène en compagnie de sa maîtresse (en fait de promenade, celle-ci lui signale qu’elle veut rompre), les deux amants voit une femme leur tomber sous le nez – au sens propre car la femme tombe d’un avion. Il se trouve que Bartolomeu connaît cette femme et il se remémore leur unique rencontre.
Après ce démarrage sur les chapeaux de roues, l’auteur ralentit son rythme et dans un troisième chapitre nous présente pas moins de 15 personnages secondaires dont la ville de Luanda qu’il présente ainsi :

N
Quand je suis né, Luanda utilisait encore en entier son beau nom chrétien sonore : Sao Paulo da Assunçao de Luanda. Vieille matrone mulâtre, elle était orgueilleuse de sa parenté avec des villes comme La Havane, Saint Louis en Casamance ou Sao Sebastiao do Rio de Janeiro. Ce furent d’ailleurs les Brésiliens qui lui portèrent secours quand, en 1641, les Hollandais profitèrent de la distraction ibérique pour occuper la Forteresse de Sao Miguel. J’ai vu ma ville devenir africaine. J’ai vu les fiers immeubles de la ville basse – que la bourgeoisie coloniale avait abandonnés quelques jours avant l’indépendance – être occupés pas les déshérités des bidonvilles. Je les ai vus (ces déshérités) élever des poules dans les garde-mangers, des chevreaux dans les chambres et allumer avec les bibliothèques abandonnées par les colons des feux au milieu des salons. J’ai vu plus tard ces mêmes déshérités quitter les appartements en ruine en échange de fortunes (quelque-uns) ou d’une demi-douzaine de centimes (d’autres), et être remplacés par la toute nouvelle bourgeoise urbaine, ou par des expatriés grassement payés. J’ai vu tomber le beau palais de Dona Ana Joaquina à coups de marteau, pour être remplacé par une réplique en mauvais béton, et j’ai pensé que c’était une métaphore des temps nouveaux – le vieux système colonial et esclavagiste remplacé par une réplique dérisoire dans le jargon néfaste de bidonvilles. Plus tard (trop tard), j’ai compris qu’il n’y avait aucune métaphore, juste une grande bâtisse qui s’effondrait.

N
Ce livre m’a fait une impression très forte: les personnages sont vivants et bien campés : le narrateur est tour est tour énigmatique, énervant, sensible et attachant. Sa maîtresse, la belle chanteuse, star internationale, est également mystérieuse et on ne comprend ses motivations de rupture qu’à la fin, lorsque celle-ci les expose dans son « élucidaire », terme qu’elle préfère à journal.

Je suis consciente de la lumière qui dort dans certains mots, de la nuit qui se cache dans d’autres. Il y a des métaphores qui explosent comme des grenades, des strophes capables de déclencher des éclairs sous nos yeux. Il m’est déjà arrivé de chanter les mêmes vers des centaines de fois sans les comprendre. Et soudain, sur une scène quelconque, Le Bozar à Bruxelles, Le Finlândi Hall à Helsinki, le Koninklijk Theater Carré à Amsterdam, sur une scène quelconque, cette même chanson prend feu et se révèle : elle s’ouvre comme une porte sur un monde dont je ne soupçonnais pas l’existence. Quand je me sens perdue, je m’assieds et j’écris. Quand je suis irrémédiablement perdue, je chante.
Je chante pour m’en sortir.
Qu’est ce que j’écris ? je consigne ce qui m’arrive, tentant de comprendre ce qui m’est arrivé. Je n’invente rien. Je n’ai pas besoin d’inventer quoi que ce soit. Je ne suis pas écrivain. Je pourrais appeler cela journal aveugle, car il ne comporte pas de dates. Je préfère l’appeler Elucidaire.

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Bartolomeu va ensuite mener l’enquête sur l’accident de la femme tombée de l’avion dans un Angola soumis à la corruption et où narguer le pouvoir en place a pour conséquence de se retrouver à l’hôpital psychiatrique chez le redoutable Tata Ambroise, enchaîné et privé de tout dignité.
De nombreuses histoires se croisent et s’entrecroisent : celle de la fillette-chien qui erre dans les bidonvilles, celle du père de Kianda, un ancien terroriste, celle de deux jumeaux qui a force d’opiniâtreté réalisent leur rêve de devenir stylistes, celle de Barbara Dulce la femme trompée de Bartolomeu, celle de Dalmatien (un chauffeur de taxi) et de Mickey (un autre homme) , je vous laisse découvrir la raison de leur surnom.
Ce livre fait la part belle à la musique (Barroco Tropical du titre est une chanson de Kianda) : musique Africaine mais aussi portugaise et brésilienne

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Une fois n’est pas coutume je vous met la quatrième de couverture qui intrigue sans en dire trop sur l’histoire :

Une femme tombe du ciel et s’écrase sur la route devant Bartolomeu au moment où éclate une tempête tropicale et où sa maîtresse lui annonce qu’elle le quitte. Il décide de percer ce mystère alors que tout change autour de lui, il découvre que la morte, mannequin et ex-miss, avait fréquenté le lit d’hommes politiques et d’entrepreneurs, devenant ainsi gênante pour certains, et il comprend qu’il sera la prochaine victime.

Il croise les chemins d’une chanteuse à succès, d’un trafiquant d’armes ambassadeur auprès du Vatican, d’un guérisseur ambitieux, d’un ex-démineur aveugle, d’un dandy nain, d’une prêtresse du candomblé adepte du mariage, d’un jeune peintre autiste, d’un ange noir ou de son ombre. Il explore la ville de Luanda en 2020, métaphore de la société angolaise où les traditions ancestrales cohabitent difficilement avec une modernité mal assimilée. Il s’enfonce dans la Termitière, gratte-ciel inachevé mais déjà en ruine où les riches vivent dans les étages tandis que les pauvres et les truands occupent les sous-sols. Il nous montre une ville en convulsion où l’insolite est toujours présent et intimement mêlé au prosaïque et au quotidien, où la réalité tend à être beaucoup plus invraisemblable que la fiction.
Dans une prose magnifique cet amoureux des mots définit son pays comme une culture de l’excès, que ce soit dans la façon de s’amuser ou dans la façon de manifester ses sentiments ou sa souffrance.

Un livre que je recommande fortement puisque l’histoire est intéressante d’un côté et que le contexte est également captivant. Des réflexions sur la démocratie, l’esclavage , la place de la langue et des dialectes comme dans ce dernier extrait :

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Dalmatien l’a regardé , atterré :
– Vous êtes en train de dire que l’esclavage a été une bonne chose?
– Réduire quelqu’un en esclavage est une chose abominable. La traite négrière a enrichi certaines familles africaines, sans parler des européens, évidemment mais elle a ruiné le continent. Ce que je suis en train de dire c’est que quelquefois les mauvaises actions produisent de bons résultats. En tout cas il me semble plus facile de défendre l’esclavage que la sorcellerie ou le tribalisme.

– Je ne suis pas d’accord. Ce que vous appelez tribalisme, général, je l’appellerais nationalisme ethnique. Le fait qu’un Bacongo soit orgueilleux de son lignage et veuille ce qu’il y a de mieux pour son peuple n’a rien de négatif au contraire. Pourquoi les Flamands, les Catalans et les Basques pourraient pratiquer le tribalisme et pas les Bacongos ?
Benigno dos Anjos Negreiros ne s’attendait pas à cette résistance de la part du chauffeur de taxi. Il a hésité un instant. Puis il a souri, content. Mon beau-père n’apprécie peut être pas la démocratie, mais il apprécie un bon débat :
– Je suis un patriote. J’ai lutté dans les forêts de ce pays contre les troupes portugaises. A l’époque notre slogan était « un seul peuple, une seule nation ».
–  Je préfère l’unité dans la diversité. Un grand nombre de nations, une seule patrie, a rétorqué Dalmatien. La plupart des pays du monde sont composés de plusieurs nations. Le combat contre la diversité est le propre d’une pensée totalitaire. Vous vouliez l’indépendance, c’est vrai mais à condition que l’Angola conserve le modèle colonial.
–  Le modèle colonial ?
– Dalmatien a raison, suis-je intervenu, amusé. Les nationalistes urbains, éduqués dans la métropole et très souvent fils ou petits-fils de Portugais, ne connaissaient que le modèle colonial, et après avoir pris le pouvoir ils ont essayé de l’imposer. Un seul peuple, une seule nation. Ce qui veut dire, d’après vos camarades, que pour construire un pays il faut détruire les identités ethniques. De la pure idéologie coloniale. Voyez ce qui s’est passé avec la langue portugaise. Avant l’indépendance, moins de cinq pour cent des Angolais parlaient le portugais comme langue maternelle. Aujourd’hui , nos jeunes ne parlent plus que le portugais.

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Livre lu dans le cadre du Challenge le tour du monde pour l’Angola

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L’Angola est une ancienne colonie portugaise indépendante depuis 1975 et qui est sortie d’une guerre civile sanglante en 2002.

Risibles amours

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Dans la fraîcheur de la nuit, ils se reposent au milieu des draps froissés. Allongés sur le lit, repus. Elle a la tête sur son épaule. Il a une main sous ses hanches, comme prisonnière, l’autre lui caresse le bas du dos, perlé de sueur. Elle a pour toute parure un bijou fantaisie, un pendentif doré en forme d’épi de blé. Elle chuchote savourant ces instants.
– Bruno ?
– Hum ? hum
– A quoi tu penses ?
– Hum,hum
– Hier, quand je t’ai vu, j’ai su tout de suite que cela allait marcher entre nous !
Elle se revoit dans sa robe imprimée de minuscules pâquerettes, tourbillonnant pour suivre le rythme endiablé du guitariste, Bruno. Bruno, le voyou charmeur à la mèche rebelle, certainement timide car il souffle en permanence sur ces cheveux bouclés qui lui cachent les yeux.
– Hum,hum….
Il pianote sur son dos moite, effleurant sa peau du bout des doigts, avec une précision et une légèreté diabolique. Le frôlement de ses doigts lui rappelle la douceur des brins de gazon au printemps, aériens comme des plumes (de l’herbe fine et soyeuse du jardin de ses grands parents, pas celle coupante et grasse du pré aux vaches de son enfance)

Il soupire.
– Oui, Bruno ?
– Sur ton dos, j’écris ton nom, tu devines ?
Et les doigts magiques dansent sur la peau bronzée : un trait oblique, un deuxième, une barre entre les deux premiers traits,
– un A ?
– Oui, je continue.
L’index trace des lettres sur le bas du dos de Barbara, la chatouillant presque, ravivant les souvenirs de sa nuit torride où elle a crié, plusieurs fois, ouverte, offerte.
– Une boucle et un trait : un O non ?
– Hum hum, peut être…. je continue …..
Et le doigt inlassable, qui l’a amené aux portes de l’extase hier, continue ces circonvolutions dans la sueur de sa peau. Barbara frissonne (froid ? désir? )
– U sans hésitation !
– Oui, je continue, dit Bruno de sa voix rauque ensorcelante
Encore deux autres lettres écrites sur le dos de la belle frémissante et abandonnée. Barbara bascule et perd un peu le fil ……
– Cinq lettres avec A, O et  U ? A, M, O, U, R ? amour ? chuchote Barbara, proche du sommeil, épuisée.
Bruno s’est levé et rhabillé rapidement.
Les mots claquent comme une cravache sifflant dans l’air : A, D, I, E, U, Adieu !
Réveillée, Barbara remonte les draps jusqu’au menton : Elle vient d’être frappée par l’insoutenable légèreté des lettres.

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les mots collectés par Olivia
dévergonder – fantaisie – rebelle – mèche – cheveux – épi – blé – pré – pâquerette – gazon – botte – cravache. Consigne supplémentaire, pour les courageux/ses : écrire un texte érotique avec dix des mots.

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Je n’ai pas mis dévergonder – botte
Voir ici ma source d’inspiration (livre lu quand j’avais dix-sept ans et qui m’a beaucoup marqué en particulier la nouvelle « Jeu de l’autostop »)

RISIBLESAMOURS