Liberté conditionnelle – Akira Yoshimura

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Shiro Kikutani a passé 15 ans de sa vie en prison. Il était condamné à perpétuité mais se trouve libéré pour bonne conduite, à 50 ans.

On le suit dans sa lente réinsertion dans la société, sa vie en foyer, puis en appartement, son nouveau travail (il travaille dans une entreprise qui élève des poulets en batterie, d’où l’image de la couverture). Il est désemparé, a du mal à se prendre en charge puis finit par se réhabituer aux autres. Il est aidé pour cela par deux tuteurs, des collègues, des collègues qui ne savent pas qu’il a fait de la prison.

C’est une histoire intéressante où il nous fait part de ses surprises (en quinze ans, la ville a énormément changé). Le roman a été édité en 1988 et même si les dates ne sont pas indiquées je dirais que  Shiro Kikutani  est resté en prison de 1970 à 1985.

Il regardait éberlué le groupe d’immeubles. Depuis que la ligne de métro avait été prolongée, la ville avait dû s’étendre rapidement pour faire face à l’afflux de population qui travaillait à Tokyo, et elle semblait continuer à se développer à un rythme frénétique.
Il pensa à toutes ces années passées en prison. Même s’il avait pu y bénéficier d’installations nouvelles, le bâtiment lui-même n’avait pas changé. Il réalisa que pendant ce temps-là dehors, il s’était produit des bouleversements à grande échelle dans l’aménagement du territoire, qui dépassaient tout ce qu’il aurait pu imaginer.
Les prisons constituaient des enclaves où le temps s’était arrêté. Maintenant encore, les prisonniers fabriquaient des chaussures cousues à la main dans leurs ateliers, imprimaient des brochures à l’ancienne dans leurs imprimeries.

Il n’a plus de repères, notamment au niveau des prix : une carte postale ou de menus objets comme un parapluie ont vu leur prix multiplié par sept. Par contre, d’autres biens ont vus leur prix fortement diminuer (les postes de télévision par exemple).

Les personnages secondaires, sont bien campés également et lui apportent soutien et écoute.

La partie qui m’a le plus intéressé est celle où il raconte le lent processus de libération et  ce pour quoi il a été condamné. Il existe une réelle différence entre ce qu’il montre à ces contemporains avec  une image toute lisse et repentante,  et ce qu’il pense réellement – aucun remords pour le crime qu’il a commis. J’ai aussi beaucoup aimé en apprendre plus sur les coutumes japonaises en particulier sur le nom posthume.

Malgré une analyse fine des sentiments, je suis un peu restée sur ma faim essentiellement du fait de la quatrième de couverture qui raconte absolument TOUT. Ainsi, la fin est prévisible et c’est dommage.

Livre Lu dans le cadre du challenge Japon d’Adalana

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Léo Perutz – Le Marquis de Bolibar

Il se mit la tête dans sa main et le vin aidant se prit à philosopher.
– Le juste et l’injuste sont deux chevaux dissemblables ; chacun suit à son allure. Mais souvent il me semble que j’aperçois la main qui tient leurs brides et qui leur fait labourer le champ de la terre. Quel nom donner à ce pouvoir énigmatique, qui nous rend si misérables et fait de nous des bouffons ? Dois je parler du Destin, du Hasard ou des lois éternelles des astres ?
– Nous autres Espagnols, nous disons que c’est Dieu, dit tout à coup une voix étrangère qui sortait d’un côté de la pièce.

Sur une idée de Chiffonnette

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Les yeux d’Elsa

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Mon esprit  en perdition cherche quelques vers
Pour dire ma joie de te contempler,  endormie
Tes yeux couleur  bouteille sont  clos,  lucioles de  vie,
Mais
je les sais soyeux  comme des myrtes verts

Défilant  derrière tes paupières au repos
Des rêves malhabiles défilent sur ta  toile :
Un voyage dans le sillage des étoiles,
Des frissons joyeux déambulent sur ta peau.

On dira que je me raconte  des fables
Imaginant un phare en mer, ses signaux
Guidant au milieu des icebergs les bateaux,

Contournant la glace en détours  adorables

J’imagine nos futurs enfants  et me dis
Comment éviter la muraille du silence ?
E
t guérir mes sentiments  des failles de l’enfance
Auront il tes yeux ?  Je réfléchis,  interdit.

Je les espère  jumeaux riant  ensemble,
Jouant avec la lumière  des jalousies
Mystères  génétiques, couleur  non choisie
De crainte d’un vent mauvais, je tremble !

Soudain entrouverts, ils me débarquent,  tes yeux,
Comme Colomb découvrant un  continent, j’écoute
Amiral comblé, je tiens le cap sur ma route,
Flottant entre deux yeux, sur  un voilier  merveilleux.

Les mots collectés par  Asphodèle

Espérer, flotter, perdition, cap, sillage, bouteille, iceberg, vent, déambuler, bateau, continent, flots, amiral, génétique, sentiment, débarquer, faille et myrte, malhabile, muraille.

Hommage aux yeux d’Elsa : ici  http://www.dico-poesie.com/poemes.php?mot=myrte

Papa was not a rolling stone – Sylvie Ohayon

PAPAWASNOTEn sortant de la bibliothèque, la semaine dernière j’étais un peu déçue que le livre que j’avais envie de lire ne soit pas disponible (Il s’agissait de Dark Horse de Craig Johnson, que j’avais envie de lire depuis longtemps et qui rentrait parfaitement dans le cadre du challenge de Philippe). Puis, en faisant les courses dans mon magasin alimentaire préféré, je suis tombé sur ce livre. Un coup d’œil à la quatrième m’a convaincu et je dois dire que je n’ai pas été déçue.

La 4ème : Lili n’est pas d’une nature à baisser les bras. Elle a une certitude chevillée au corps : «Il faut dépasser ses malheurs en klaxonnant bien fort, garder ses cheveux au vent et continuer à offrir son beau visage au soleil.» Pourtant, les obstacles, Lili les accumule. Banlieusarde juive et kabyle, née de père inconnu, elle va trouver la force de s’en sortir, même si elle vient du mauvais côté du périphérique.

Mes impressions : Sylvie Ohayon, dans ce premier roman, livre un hommage à sa famille, Moïse son grand père, Margot sa grand-mère, Micheline sa mère, tous nés en Tunisie. Elle raconte…. elle raconte son enfance d’enfant non désirée. Née sous X, elle a failli être abandonnée et adoptée. Sa mère, trop jeune et trop naïve, se retrouve enceinte à 17 ans, d’un jeune homme kabyle. Le grand père veut faire adopter l’enfant, qui lui rappelle trop la honte de sa fille et de son propre déshonneur. Heureusement la grand-mère veille et convainc le grand père de récupérer l’enfant. Sylvie Ohayon nous raconte ensuite son enfance dans la cité des 4000, son beau-père qui la bat ; sa mère, amoindrie par un séjour en hôpital psychiatrique, a perdu tous ses repères et n’intervient pas.

Elle raconte aussi ses joies dans une famille nombreuse et exubérante, ses amis de la cité, ses professeurs (d’école mais aussi de danse ….) et les épreuves également : suicide de sa tante, démission de sa mère.

Loin d’être larmoyant, ce livre nous dit que c’est possible, possible de grandir et de s’épanouir dans un environnement difficile et très pauvre. Car si les conditions matérielles et quotidiennes de Sylvie sont difficiles, elle grandit entourée de l’amour de ses grand parents (et à sa manière de l’amour de sa mère). L’école et la solidarité sauvera Sylvie, la petite fille sans père. Elle trouve des moyens de s’en sortir en lisant Dino Buzzati, Flaubert,  Albert Cohen, Hugo,  en écoutant Jean Jacques Goldman, Léo Ferré et bien d’autres.

En conclusion, ce qui m’a le plus touché sont les souvenirs de Sylvie, ses souvenirs d’école, d’amis, études, premiers boulots,  de livres aussi et de musique.  Un mélange de réflexions intéressantes sur la vie avec un ton qui alterne avec une gouaille toute banlieusarde, un discours que l’on entend dans le milieu de la pub et de solides références littéraires. Pour moi, une grande réussite, je me suis immergée dans ce bouquin pendant deux jours

Un petit extrait : Sylvie a obtenu une bourse pour poursuivre des études de français à Paris. Son professeur Mr Fourrat lui a offert un livre. En rentrant chez elle, à la cité des 4000 elle croise Lahlou :

Je suis arrivée à la cité et Lahlou était là, sur le banc. Il avait découvert la colle à rustine en CM2 et depuis il ne décollait pas. Enfin, si ….il était toujours perché quoi. Il m’a dit :

 » T’étais encore chez les rupins?

– Bah oui, où voulais tu que je sois?

– Chais pas moi, chez ta grand-mère…pourquoi tu passes plus la voir? Je la vois souvent, toute seule sur un banc en bas aux 4 Keusses (c’était le petit nom des 4000, même les horreurs ont leur Nick Name). Elle s’ennuie toute la journée….tu pourrais passer la voir quand même, ça se fait ape (« pas » en verlan, qui était toujours usité à cette époque), Sylvie, la vérité.

– J’ai pas de leçon à recevoir d’un toxico, Lahlou….

– T’as changé Sylvie, c’est pas bien, t’essaies de faire la meuf style t’es rangée et tout ça mais ça se voit trop sur ta gueule que t’es pas de chez eux, lâche l’affaire, reviens, on va traîner aux Halles comme avant, on va ril-go grave, allez…

Et il partait dans un éclat de rire qui ressemblait au chant du cygne juste avant le dénouement de sa vie, une dernière flèche lancée en l’air comme une bouteille à la mer dans laquelle on aurait glissé ses plus beaux arguments. Ce rire, il était adressé à Dieu, ce cri comme un chant joyeux désespérément pathétique, c’était les derniers mots, les paroles des autres à leur dernières minutes là-bas, nus sous la douche, avant le gaz et ces mots c’étaient « Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? « 

Et moi je suis montée en larmes à force de ne plus savoir qui j’étais et c’est là que j’ai ouvert le livre qui devait changer ma vie pour toujours. J’ai pris le livre que Mr Fourrat m’avait tendu comme on tend sa main à quelqu’un tombé à l’eau pour le sauver de la noyade., j’ai ouvert le livre de Sylvia Plath qui s’appelle « La cloche de détresse » et j’ai compris pourquoi j’avais du mal à respirer, pourquoi je ne ressentais plus  les choses, les gens. J’étais dans un bain d’eau tiède mais cette eau ne mouillait pas, le soleil ne chauffait pas ma peau. Je n’avais qu’une colère diffuse en moi que je ne m’expliquais pas, j’avais cessé d’aimer les autres, de chercher chez eux la bonne facette comme mes grands-parents m’avaient appris à la faire. Je ne parlais plus, ne sortais plus, j’étais sous la cloche de verre, des envies de mort subite qui volaient autour de moi comme des mouches à merde bruyantes et ça bourdonnait tout le temps dans ma tête ses idées suicidaires. « 

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Challenge Lire sous la contrainte de Philippe, la contrainte étant que le titre devait avoir au moins un mot qui ne soit pas en français.

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Tombouctou – Paul Auster

Durant toutes les années où nous étions amis, je ne l’ai jamais surpris à inventer des histoires. C’est un de ses problèmes, sans doute – en tant qu’écrivain, je veux dire – pas assez d’imagination- mais en tant qu’ami, il s’en tenait toujours à ces sources ; straight from the horse mouth, comme on dit chez nous, directement de la bouche du cheval ! Une jolie expression, celle là, mais que je sois pendu si je sais ce qu’elle signifie. Le seul cheval parlant que j’ai jamais connu, c’était au cinéma. Donald O’Connor, l’armée, trois ou quatre films imbéciles que j’ai vus quand j’étais môme. Maintenant que j’y pense, remarque c’était peut être une mule. Une mule au cinéma et un cheval à la télé. Comment ça s’appelait déjà ? Mr ED. Seigneur, voilà que ça recommence ! Je peux pas me rappeler de ces saletés. Mr Ed, Mr Moto, Mr Magoo, ils sont tous encore là -dedans, tous jusqu’au dernier. Mr Va-te-faire-foutre. Mais il s’agit de chiens, non ? Pas de chevaux, de chiens.
Tombouctou – Paul Auster

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Sur une idée de Chiffonnette

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Source de l’image

 

La source cachée de Hella S. Haase

 Lecture commune avec Eeguab.

LASOURCECACHEEL’histoire en quelques mots : Jürgen a été malade et est actuellement convalescent. Pendant sa convalescence, il s’est fixé le but de vider la maison des grands-parents maternels de sa femme, Rina, afin que la maison soit mise en vente. Tout le roman se déroule vu par Jürgen : il écrit des lettres à sa femme, qu’il ne lui envoie pas finalement, il écrit dans son journal en nous rapportant ses ressentis, ce que lui dit un des médecins du village…. Le docteur Meinderts semble rongé par le souvenir d’ Eline, mère de Rina. Cette Eline qui disparaît un jour sur une plage….
On ne connaîtra pas l’avis de Rina.
Rina n’a jamais habité cette maison, elle a été élevée par ses grands-parents paternels après la mort de sa mère, peu après sa naissance, et celle de son père lorsqu’elle avait une dizaine d’années. Jürgen est à un des tournants de sa vie : son mariage avec Rina semble plus que vacillant et en partant à la découverte de la mère de Rina, il se rencontre lui-même. Il fait le point sur ce qu’il est (un scientifique travaillant dans un laboratoire) et ce qu’il aspire à être (un écrivain).
Il s’agit presque d’une enquête sur la raison de la disparition d’Eline : accident ? Suicide ? Fuite ?Les descriptions de la nature environnante et de la maison sont très prenantes et on croirait la maison encore habitée de l’âme d’Eline et de sa difficulté à trouver sa place dans le monde (comme Jürgen).

En conclusion : j’ai énormément apprécié de suivre les pensées de Jürgen, que l’on sent désemparé au début, un peu rassuré ensuite. Il est très ambivalent, son regard sur sa femme est assez froid, son regard sur Eline très indulgent : est il juste ?  J’aurais aimé avoir la vision de sa femme sur leur relation.

Un petit extrait

Infinie est la diversité des images d’un solstice à l’autre ; celui qui observe d’un regard aiguisé par un si grand désir voit comment, à chaque seconde, naît une nouvelle situation sans rapport avec tout ce qui précédait et différente de tout ce qui suivra. Jamais une tache d’ombre n’est deux fois la même sur une feuille ou sur le sol; comment puis-je conserver l’image de la courbe décrite par une volée d’oiseaux fendant le ciel comme une flèche? De telles questions ne cessent de me tourmenter pendant mes vagabondages dans le bois de Breskel. Mes sens réagissent avec une intensité prodigieuse à chaque impression ; le règne des formes, des sons des couleurs est ici tout puissant. Moi, l’homme, je ne suis plus le centre mais seulement une partie de la création. La libellule, cet éclat vert qui danse dans un faisceau de lumière, connaît un plaisir qui ne me sera jamais accordé; j’envie l’industrieuse fourmi, sans cesse en route vers un but déterminé – j’envie aussi les araignées qui tissent des toiles dans une sereine cruauté, et les oiseaux insouciants. La conscience que j’ai moi , l’homme, grâce à mon système nerveux plus compliqué, d’être la créature la plus fébrile et la moins harmonieuse sous les étoiles, ne fait qu’accroitre mon désir de m’abîmer à jamais dans la perfection de la nature alentour. A Breskel, le danger se cache dans le suave poison que l’on respire entre les roses et l’herbe ; un désir de disparaître en tant qu’individu, de devenir un élément de la beauté immortelle, d’entrer dans l’éternité comme les nuages et la lumière solaire, de vivre, aussi calmement que les plantes, l’alternance et le retour de la matière (p 37- 38)

Challenge : Mon tour du monde chez Helran pour les Pays-Bas (Hella S. Haase est une auteure néerlandaise)
challenge tour-monde-8-ANS

Tag et Plumes

logo-versatile-blogger-awardAsphodèle m’a gentiment taguée avant mon départ en congé et j’en profite pour éclairer sa lanterne (et la vôtre) avec ces quelques réponses

  1. La qualité que je préfère chez un cuisinier :

Mais elle est dure cette question, je n’arrive pas à me résoudre à ne donner qu’une réponse. Donc en voilà plusieurs :

Etre surprise. J’adore les mélanges : du type sucré-salé, mais pas que !! Et aussi qu’il y a un arc en ciel de couleur (et oui je dévore des yeux d’abord).

J’aime aussi quand il sait choisir le divin breuvage qui accompagnera le plat.

La cuisine peut être comme un bon livre, dépaysante. Elle permet de faire le tour du monde sans (presque) bouger de chez soi.

2. Le défaut que je trouve le pire chez un cuisinier :  Quand c’est trop ! Trop salé (le sel gomme tout le goût des aliments), ou trop épicé, ou trop cuit. J’aime beaucoup quand c’est fondant mais pas trop cuit.

Il ne faut pas non plus en faire trop dans la sophistication et l’ésotérisme. Je déteste le nom de plats trop compliqués : je veux bien être intriguée mais savoir quand même les ingrédients.

3. L’épice que je préfère : S’il n’y en avait qu’une ce serait le curry mais Il ne faut pas non plus que le plat baigne dans la sauce.

J’adore les cuisines du monde : Japon, Liban, Antilles mais attention pas trop épicé quand même.

4. Ma madeleine de Proust :
oh mais il y en a plein : le poulet rôti de ma maman (avec des pommes de terre en robe de chambre siouplait comme je disais quand j’étais petite)

La tarte aux pommes, et le fondant au chocolat (avec boule de glace à la vanille)

5. Ce qui me hérisse au restaurant :
Attendre, je ne suis pas très patiente ou alors je veux bien attendre mais il faut être prévenu et alors on peut commander des apéritifs à partager.

6. Trois restaurants que j’aime beaucoup :
Deux restaurants aux Anses d’Arlets à la Martinique

Le Bidjoul pour ses langoustes grillées

« Les fruits de la patience », oui vous avez bien lu il s’agit ici de patience et non pas de passion : la chef, car c’est une femme,  joue avec la magie des saveurs dans ce tout petit resto, elle marie très bien poissons, épices et légumes du coin. Les dîneurs s’installent en terrasse les pieds cachés dans le sable et profitent de la langueur des cocotiers et de la lune qui luit, complice d’un doux moment sous les tropiques.

Et aussi en Normandie à Veules les roses : Le restaurant « les Galets »

C’est un excellent restaurant avec des produits locaux : Je vous recopie ici un extrait du menu (ça fleure bon la mer non, je sens déjà la brume de mer sur mon visage)

Tartare iodé à l’huître de veules les roses et condiments dans sa cape de saumon fumé, grains de caviar d’œufs de hareng, jeune poireau en gelée, vinaigrette-shiso et amande.
Velouté « bilibi » de moules de bouchot relevé d’une brunoise de céleri et bourrache, une raviole de tourteau au gomasio tranchée d’une huile de graines de courge.
Décliné le Foie gras de canard fermier; sucette de choco-foie gras, Mi-cuit sur mouillette, caramel de crumble adoucis d’un embrun d’anis.

Sur leur site, je trouve la photo de la salle un peu guindée mais en vrai le service n’est pas oppressant du tout. On est presque en famille et le regard des serveurs sur les enfants est bienveillant et amical. La patronne fait parfois les gros yeux pour obtenir le silence mais c’est pour rire

7. Ma devise en cuisine :
Rester simple (mais créatif)

Et voici mes sept tagués :

ratatouilleRémy le Rat de Ratatouille  J

Obelix_Sanglier_Normandy_FranceObélix pour qu’il nous explique sa recette préférée (pas celle du sanglier à la menthe, l’autre)

M. Preskovic, du Père Noel est une ordure pour connaître le secret d’un dessert roulé sous les aisselles 😉 je n’ai pas trouvé de photo 😉

bobBob Razowki et ses sushis dans « Monstres et compagnie »

charlieCharlie Bucket de « Charlie et la Chocolaterie »  pour connaître le secret sur le chocolat

pain epiceLe petit bonhomme de pain d’épices

dame-tartine-2Et last but not least Dame Tartine de Cériat 😉

Et pour ceux qui ont encore un peu de temps, je vous invite à aller lire ce texte sur mon ancien blog intitulé « la danse du hibou »

Hibou étant, vous l’aurez deviné, le mot que je ne suis pas arrivée à caser (parce que le hibou comme le cheval, cela ne se mange pas)

Les mots imposés

Silence, secret, regard, brume, cacher, dessert, chambre, hibou, résoudre, gomme, œuf, intrigue, divin, oppressant, baigner, ésotérique, magie  et : luire, langueur, lanterne.

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Pascal Quignard -Tous les matins du monde

Quand sa fille aînée eut atteint la taille nécessaire à l’apprentissage de la viole, il lui enseigna les dispositions, les accords, les arpèges, les ornements. L’enfant la plus petite fit de vives colères et presque des tempêtes que lui fût refusé l’honneur que son père consentait à sa soeur. Ni les privations de nourritures ni la cave ne purent réduire Toinette et calmer l’ébullition où elle se trouvait. 

Un matin, avant que l’aube parût, Monsieur de Sainte Colombe se leva, suivit la Bièvre jusqu’au fleuve, suivit la Seine jusqu’au pont de la Dauphine, et s’entretint tout le jour avec Monsieur Pardoux, qui était son luthier. Il dessina avec lui. Il calcula avec lui, et il revint le jour tombant.
Pour les pâques, alors que la cloche de la chapelle sonnait, Toinette trouva dans le jardin une étrange cloche enveloppée comme un fantôme dans une toile de serge grise. Elle souleva le tissu et découvrit une viole réduite à un demi-pied pour un pied. C’était, avec une exactitude digne d’admiration, une viole comme celle de son père ou celle de sa soeur, mais plus petite, comme les ânons sont aux chevaux. Toinette ne se tint pas de joie.
Pascal Quignard -Tous les matins du monde

Sur une idée de Chiffonnette

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