L’homme foudroyé – Blaise Cendrars

Un des grands avantages de La Redonne était que les automobiles n’y descendaient pas et quand je vis le sort qui attendaient celles qui s’y risquaient, je compris l’indifférence dont les pêcheurs avaient fait montre le soir de mon arrivée et pourquoi personne n’avait réagi à mes appels de klaxon.. En effet, sur dix autos qui descendaient neuf ne pouvaient pas remonter la côte, ce dur raidillon qui menait à la gare et qui ressemblait beaucoup plus au lit desséché d’un torrent qu’à un chemin, même mauvais, et c’était la croix et la bannière pour se procurer un attelage de renfort, les huit pêcheurs de La Redonne ne possédant pas d’animal de trait et les vignerons d’Ensuès ne prêtant leurs mulets que de très mauvaise grâce pour concourir au dépannage des touristes citadins, dont tout le pays se gaussait en les voyant partir penauds, Monsieur au volant, Madame rougissant de honte, derrière cinq ou six mulets attelés en flèche qui tiraient à hue et à dia, excités par les cris de petits loqueteux qui faisaient claquer leur fouet parmi les jurons, les lazzis et les rires, démarrant enfin, souvent après des journées et des journées d’attente, d’énervement, de jérémiades, de vains coups de téléphone à Marseille où tous les garagistes se méfiaient connaissant de renommée le grimpaillon de La Redonne, de courses éplorées dans la région pour trouver un cheval de renfort, le porte-monnaie à la main et des promesses de récompenses pour qu’on les hisse là-haut, jusqu’à la route bénie ! Ma popularité et, finalement mon adoption par les huit, je le devais à ma voiture , dont ils me faisaient compliments à voir avec quelle aisance elle m’arrachait, m’enlevait, gravissait la côte funeste sans renâcler.  » ça c’est un moteur! » disaient-ils.

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L’homme foudroyé – Blaise Cendrars

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Les femmes du braconnier – Claude Pujade-Renaud

La blancheur en mouvement. En quelque heures, j’ai ébauché un poème :  » De la blancheur je me souviens ». Cet oisillon , si léger à nos paumes, si lourd à nos coeurs, avait par sa disparition, convoqué, mis en branle la masse énorme de Sam, la pulsation si vivante du galop, cette alliance de staccato crépitant et de houle fluide, puissante – badaboum, badaboum, cascade de triolets. Cette houle revenant irriguait mes muscles, mes neurones, les mots que je traçais. Sam, le premier cheval que j’enfourchais, et j’avais bien failli être précipitée à terre. J’avais tenu bon, à ma façon, quasiment folle, mais j’avais tenu. Ce 9 juillet 1958, nous avons achevé l’oiseau et j’ai mis en place ce poème. Me fallait -il l’atrocité de la perte pour écrire ? Bien sûr, ce n’était pas le premier poème que je rédigeais depuis notre installation à Boston, mais quel étrange jaillissement au beau milieu des larmes….Et avec ce retour de Sam, enfin une blancheur dynamique ! Si souvent j’associais le blanc à la pétrification ou à la glaciation, marbres des statues, ivoire des os, pâleur stérile ou cancéreuse de la lune, plâtres chirurgicaux, blouses et draps d’hôpital…Le blanc pommelé de mon brave étalon dansait, j’entendais le martèlement allègre de ses sabots, je maîtrisais les décasyllabes du poème tout en me laissant emporter.

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Les femmes du braconnier – Claude Pujade-Renaud

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Dark Horse – Craig Johnson

Je pris mon inspiration et contemplai les tourbillons des hautes herbes dans les prés. On aurait dit que quelqu’un les caressait aussi doucement que j’avais caressé les chevaux.
– Rien de tout cela ne me paraît convaincant, et ça m’inquiète.
Le bai tendit son museau et renifla mon haleine, ce qui me fit rire :
– Ils sont à Hershel.
Henry me rejoignit et rendit à Vic sa lampe-torche.
– Quoi ?
Je repoussai doucement la tête du bai.
– Ces chevaux doivent appartenir à Hershel – ils veulent toujours t’identifier en reniflant ton haleine.
– VTI.
Je lui lançai un coup d’oeil – un Vieux Truc Indien.

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Dark Horse – Craig Johnson

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Sacha Sperling – Les coeurs en skaï mauve

Il n’y a pas beaucoup de clients aujourd’hui. Tous partis en vacances. Il fait chaud au Globe Movies. Luc est plongé dans le livre de comptes.
Ca nous fait huit DVD qui n’ont pas été rendus et quatre inutilisables depuis Noël.
Le soleil tape à travers la vitrine. Le parquet dégage une forte odeur de pin.
Petit, je crois que nous sommes victimes d’un réseau de revendeurs !
Il est drôle, Luc, avec sa tête de tueur en série. Du genre à faire un massacre au Gillette Mach3 et à se tirer une balle après. Du genre à basculer très calmement du côté de l’horreur. La tête d’un mec entre deux âges dont la vie ressemble à un épisode de Confessions intimes. Ville grise, supermarché gris, dispute de couple, night-club monstrueux, des tas de bouteilles posées sur la nappe en toile cirée quand les voisins passent.
C’est le dernier jour avant la fermeture estivale. Jim classe les DVD par ordre alphabétique dans de grand malles en plastique qu’il ferme avec des cadenas. Dans quelques années, tous ces disques seront aussi utiles que des vinyles. Aussi obsolètes que des VHS. Et toutes les histoires se retrouveront matérialisées ailleurs.
Tu sais, petit, à ce rythme je vais devoir mettre la clé sous la porte bien avant la retraite.
Luc n’a jamais rêvé de voir un cheval se cabrer sur son capot. Pas du genre à vouloir épater la galerie. Son rôle sur terre se limite à proposer du divertissement aux adolescents le vendredi soir. Jim a un immense respect pour lui. Parce que, d’une certaine manière, Luc est la personne la moins bidon qu’il connaisse.

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Sacha Sperling – Les coeurs en skaï mauve

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L’homme foudroyé – Blaise Cendrars

Notre arrivée au Nain Jaune fit sensation. C’est ainsi que l’automne précèdent j’avais vu entrer A la Rose, à Biarritz, le prince de Galles incognito entre deux belles filles qu’on lui avait jetées dans les bras et une bande de jeunes fous en délire. Mais le Nain Jaune était une maison sérieuse. C’était un tripot doublé d’une fumerie clandestine et l’on ne plaisante pas avec la drogue. Immédiatement on nous conduisit au petit bar privé, où d’autres gentlemen, tout aussi élégants et réservés que Félix et que Victor, les confrères avec qui ils avaient affaire, nous reçurent sans marquer aucune espèce d’étonnement. Il y avait une femme parmi eux, la patronne du Nain Jaune, une grande latte astiquée, lustrée, calamistrée, avec des dents de jument et des yeux glauques.s..

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L’homme foudroyé – Blaise Cendrars

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Harry Potter et le prince de sang mêlé – JK Rowling

Sur la chaussée s’alignaient la centaine de diligences sans chevaux, qui emmenaient traditionnellement les élèves jusqu’au château, à l’exception des première année. Harry y jeta un rapide coup d’oeil, se tourna pour continuer à cherche Ron et Hermione du regard, puis fit soudain volte-face.
Cette fois, les diligences étaient attelées. Des créatures se tenaient entre leurs brancards. Si Harry avait dû leur donner un nom, sans doute les aurait-il appelées des chevaux mais elles avaient aussi quelques chose de reptilien. On aurait dit qu’elles étaient dépourvues de toute chair. Leur pelage noir collait à leur squelette dont on voyait chaque os se dessiner. Leurs têtes rappelaient celle des dragons et leurs yeux blancs sans pupille avaient un regard fixe et vide. Elles étaient également dotées d’une paire d’ailes à la hauteur du garrot – de grandes ailes noires à la surface lisse comme du cuir, qui auraient pu appartenir à des chauve-souris géantes. Immobiles et silencieuses dans l’obscurité montante, les créatures paraissaient sinistres, effrayantes. Harry ne comprit pas pourquoi on avait attelé ces horribles chevaux aux diligences alors qu’elles étaient parfaitement capables de se mouvoir toutes seules.

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Harry Potter et le prince de sang mêlé – JK Rowling

Pour en savoir plus sur ces sombrals (sombraux?) c’est ici 

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Le loup Garou – Boris Vian

– Où vais-je , bourgeois? demanda le chauffeur, un Russe ukrainien à en juger par son accent.
– Fais le tour du pâté de maison…dit Aulne.
– Combien de fois ?
– Autant de fois qu’il faut pour te faire biglouser par les flics.
– Ah ! Ah ! … réfléchit le chauffeur de façon audible. Bon…eh bien….voyons…comme je ne peux pas possiblement faire d’excès de vitesse, je roule à gauche? hein?
– D’ac, dit Aulne.
Il baissa la capote et s’assit le plus haut possible pour qu’on voit le sang de ses vêtements ; ceci, combiné au chapeau d’honnête homme, prouverait qu’il avait quelque chose à dissimuler.
Ils firent douze tours et il passa un de ces poneys de chasse immatriculés au numéro de police. Le poney était peint en gris fer et la légère charrette d’osier qu’il tirait portait l’écusson de la ville. Le poney renifla la Bernazizi et hennit.
– ça va dit Aulne, il nous prennent en chasse ; roule à droite, car il ne faut pas risquer d’écraser un gosse.
Afin que le poney, pût suivre sans se fatiguer, le chauffeur régla son allure au minimum. Impassible, Aulne le dirigeait ; ils se rapprochèrent du quartier des maisons hautes.
Un second poney peint en gris lui aussi, rejoignit bientôt le premier. Comme l’autre charrette, celle-ci contenait un flique en tenue de gala. Les deux fliques, d’une voiture à l’autre, se concertèrent en chuchotant et en montrant Aulne du doigt, tandis que les poneys trottaient côte à côte, au même pas, en relevant les pattes et en agitant la tête comme des petits pigeons.

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Le loup Garou – Boris Vian (nouvelle le coeur d’or)

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Harry Potter et la coupe de feu – JK Rowling

– Ah ! Si je ne m’abuse, la délégation de Beauxbâtons arrive ! lança Dumbledore, qui était au dernier rang avec les professeurs. 

– Où ? demandèrent avidement plusiseurs élèves en regardant dans toutes les directions.
– Là-bas ! s’écria un élève de sixième année en montrant la Forêt interdite.
Quelque chose de très grand, beaucoup plus grand qu’un balai volant – ou même que cent balais volants – approchait du château, dans le ciel d’un bleu sombre.On voyait sa silhouette grandir sans cesse.
– C’est un dragon ! hurla une élève de première année , prise de panique.
– Ne dis pas de bêtises…. C’est une maison volante ! répliqua Dennis Crivey.
Dennis était plus proche de la vérité. ….La gigantesque forme noire qui avançait au dessus de la cime des arbres fut peu à peu éclairée par les lumières du château et ils distinguèrent alors un immense carrosse bleu pastel tiré par des chevaux géants. Le carrosse avait la taille d’une grand maison et volait vers eux , tiré dans les airs par une douzaine de chevaux ailés, tous des palominos, chacun de la taille d’un éléphant.
Les élèves des trois premiers rangs reculèrent en voyant le carrosse descendre du ciel à une vitesse terrifiante. Enfin dans un fracas si impressionnant que Neville fit un bond en arrière et retomba sur les pieds d’un Serpentard de cinquième année, les sabots des chevaux, plus grands que des assiettes, se posèrent sur le sol dans un nuage de poussière. Un instant plus tard, le carrosse atterrit à son tour, rebondissant sur ses roues démesurées tandis que les chevaux couleur d’or agitaient leurs énormes têtes en roulant des yeux flamboyants.

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Harry Potter et la coupe de feu – JK Rowling

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

– Parfait , Harry, dit Hagrid, je crois qu’il va te laisser monter sur son dos, maintenant!
L’idée n’avait rien de séduisant. Harry était habitué à piloter des balais, mais il n’était pas sûr de pouvoir aussi facilement chevaucher un hippogriffe.
– Grimpe sur son dos, juste derrière les ailes, dit Hagrid, et fais bien attention ne ne pas lui arracher de plumes, il n’aimerait pas cela du tout….
Harry posa un pied sur l’aile de Buck et se hissa sur son dos. L’hippogriffe se releva, mais Harry ne savait pas à quoi se tenir : il n’avait que des plumes à portée de main et craignait d’en arracher une.
– Allez va y, rugit Hagrid en donnant une tape sur l’arrière-train de la créature.
Et soudain, des ailes de quatre mètres d’envergure se déployèrent de chaque côté de Harry et se mirent à battre. Harry eut tout juste le temps de ‘accrocher au cou de l’hippogriffe avant que celui-ci s’élève dans les airs. Ce n’était pas du tout la même chose qu’un balai et Harry sut immédiatement ce qu’il préférait : les ailes immenses qui battaient à ses côtés lui cognaient les jambes en menaçant de le désarçonner. Les plumes luisantes glissaient sous ses doigts, mais il n’osait pas serrer plus fort. Harry regrettait la souplesse de son Nimbus 2000. Il était ballotté en tous sens par l’arrière-train de l’hippogriffe qui montait et descendait au rythme de ses battements d’aile.

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

Il détacha l’une des chaînes, tira l’hippogriffe gris clair à l’écart des autres et lui enleva son collier de cuir. De ‘autre côté de la barrière, les élèves retenaient leur souffle. Malefoy observait la scène en plissant ses petits yeux méchants. 

– Attention, maintenant, Harry, dit Hagrid à voix basse. Tu as croisé son regard, essaie de ne pas ciller…Les hippogriffes se méfient quand on cligne des yeux trop souvent…
Harry sentit des picotements dans ses yeux, mais il s’efforça de ne pas les fermer. Buck avait tourné vers lui sa grosse tête pointue et ses yeux orange le fixaient d’un regard féroce.
– C’est ça, très bien, Harry, dit Hagrid. Maintenant incline-toi…
Harry n’avait pas très envie d’incliner sa nuque à la créature mais il fit ce que Hagrid lui disait. Il inclina brièvement la tête puis se redressa.
L’hippogriffe continua de le regarder d’un air hautain sans faire le moindre geste.
– Ah, dit Hagrid qui semblait contrarié. Bon recule, maintenant. Il ne faut rien brusquer …
Mais à cet instant, à la grande surprise de Harry, l’hippogriffe plia soudain ses pattes de devant et s’inclina profondément.
– Bravo, Harry ! s’exclama Hagrid, enchanté. Vas-y , tu peux le toucher maintenant ! Caresse- lui le bec !
Harry estimait qu’il aurait bien mérité de repasser derrière l’autre côté de la barrière, mais il s’avança malgré tout vers l’hippogriffe et tendit la main. Il lui caressa le bec à plusieurs reprises et l’animal ferma paresseusement les yeux, comme s’il y prenait plaisir.

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Suite la semaine prochaine…..

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Harry Potter et le prisonnier d’Azkaban – JK Rowling

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