Aujourd’hui « juste un seul mot » – 31 juillet

« Concours » est le mot du jour

J’ai énormément de mal à reprendre pied dans la réalité suite à ces vacances. Mardi  le plus court a été  la nuit à l’aéroport, mercredi, j’ai fait mon sport (lancement de machines à laver). Je n’ai pas eu le temps de recopier les quelques réels faits en Islande……Bref, le réel me pèse un peu. Alors, tout le mois d’août je vais poursuivre les consignes de Mr Queneau mais en mode « villégiature  » (comprenez en mode « irréel » )
Chaque jour il y aura ici une petite énigme à résoudre :
Un personnage littéraire écrit une lettre (d’environ 100 mots, bon d’accord c’est une carte postale)  à un autre personnage : il faudra trouver les deux personnages, ou l’auteur ou un titre de livre ou….autre chose, cela dépendra de l’humeur du jour.
Résultat de ce petit concours début septembre (aura gagné la personne ayant trouvé le plus de réponses)
Réponses exclusivement dans les commentaires et pas par mail.
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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 154 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

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Source de cette idée : http://www.vendredilecture.com/concours-dete-2015/

 

L’astragale – Albertine Sarrazin

À nouveau je marche, mes pieds sont ocrés de poussière, et les gens que je côtoie m’enveloppent, me portent, me bousculent sans me gêner, comme des vagues ; je marche, passive, ni gaie ni triste. L’ardeur du soleil s’emmagasine en moi, sans irradier encore : je remonterai bientôt vers les froidures, j’aurais besoin de mon stock.
Avec ma patte, je ne peux plus marcher sans semelles : la plante du pied est dure et cornée, mais elle est devenue sensible comme une muqueuse, la moindre poussière de caillou la perce de douleur. Ma jambe n’est plus la demi-base sûre de mon équilibre, chaque pas est un simulacre, une chute rectifiée ; que je cesse de penser à ma démarche, et aussitôt je me surprends à clopiner et à poser le pied de travers, sous l’angle laissé par le moule de plâtre « en léger équin » disait le dossier.
Marche droit, Anne : si l’on te questionne, jamais cet accident ne doit transparaître, ta patte menace de prison ceux qui l’ont sauvée. Mais… Comment se rappeler la prison, ici ? Comment même y croire ? Ici, tout le monde semble déguisé, et la police omni-présente laisse tranquille la foule à laquelle je ressemble, avec mon chapeau de pacotille et mes lunettes noires.
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L’astragale – Albertine Sarrazin
citation

Aujourd’hui  » prouve que le sol présente quelques failles » – 13 juillet

D’abord le rouge qui coule de cette faille. Explose. Projection.
Écorce éventrée.
Chaleur qui monte, brûle, embrase
Ciel qui s’illumine….
Bataille entre eau, glace, terre et feu.
Faille entre toute les failles….
Entrailles à vif….
Rift…. l’Eyjafjöll….
Ile à cheval sur la faille  « dorsale médio-atlantique » entre l’Europe et l’Amérique du Nord.

Départ pour l’Islande demain (retour le 29 juillet)

islande

 

source photo

366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 71 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Très fort, Mr Queneau, de savoir que je partais demain sur cette célèbre faille.

Islande-Dorsale

source

Aujourd’hui « Prouve que le sol remue » – 12 juillet

Le sol a remué aujourd’hui. Plusieurs fois…
Il y a eu une cavalcade de 5 éléphants dans l’escalier. Henri Michaux en aurait fait un poème.
Il y a eu une bataille d’eau dans le jardin. Des poneys hennissaient dans le gazon grillé par le soleil. Robert Desnos en aurait fait un poème.
Il y a eu une bataille de peluches dans la chambre… Dont un raton laveur  : Jacques Prevert en aurait fait un poème.
Il y a eu une bataille de Pokemon dans le salon. Masaoka Shiki en aurait fait un poème. 
Je n’ai pas fait de poème aujourd’hui parce  que j’étais préposée à la cuisine pour l’anniversaire de mon fils (5 enfants et 6 adultes) mais le sol a bien remué.
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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 119 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Aujourd’hui « prouve que j’ai aussi les pieds sur terre » – 11 juillet – Agenda ironique

Alors là, je vous le dis tout net : je refuse. Il n’est pas question que, moi Luca Neton, je me prête à cette mascarade / ce canardval / cette pantomine. Je suis peut être qu’une bouée gonflable mais j’ai ma dignité …Foi de canard ….

Dix ans que j’accepte d’être raplapla l’hiver, relégué dans un coin-coin du grenier, , gonflé au max l’été. Dix ans que j’accepte l’eau salée de la mer qui me gratte, que j’accepte les rustines suite à des galets trop pointus !
Dix ans que l’on me ressort pour faire flotter des morveux qui ne savent pas faire la différence entre un colvert et un mandarin. Et qui ne savent pas nager !!! Et ça ne manque pas, au bout d’un moment, je me retrouve sur la plage à faire la danse des canards déchaînés avec une ribambelle de mioches ! Alors que je suis un intellectuel, que je ne rêve que de lire allongé tranquillement sur la plage (un Picsou géant ….)
Dix ans que l’on m’appelle de tous les noms d’oiseaux possibles et imaginables : Non ! je ne me laisserai plus appeler Riri, Fifi ou Loulou, j’en ai mare / mare /mare de faire la baudruche !
Trop c’est trop, aujourd’hui c’est la goutte d’eau qui fait déborder la vase !

L’an dernier, j’avais accepté de faire l’enterrement de vie de garçon de Lucien : Canyoning dans les Pyrénées Orientales : il était R I D I C U L E, des palmes, la casquette de Donald Duck et votre serviteur autour de la taille. Tout ça en rappel dans les rochers avec une eau à 10 degrés : un vrai froid de moi !

Mais là c’est niet ! je n’ai pas l’habitude de me hausser du col, mais il y a une limite à tout. Il faut savoir être ferme à un moment donné !
Faut pas me prendre pour un canard sauvage, encore moins pour un enfant du bon dieu, voire pire un canard laquais / un béni oui-oui de basse cour / un Flagada Jones du dimanche.

Et pourquoi MOI je devrais m’occuper de ce Boulet ?
Parce que je …… rassure ? Elle ne sait pas nager, Valentyne !! et elle serait rassurée par un canard ? ok c’est vrai que c’est calme un canard, ça ne bouge pas une plume en surface et en dessous de la surface de l’eau ça pagaie …mais quand même …
Elle ne voudrait pas prendre le dauphin ? OU plutôt l’hippocampe ?

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Bon j’ai cédé et je vais l’accompagner dans la mer, Valentyne.
Je suis trop bon !
Mais si j’en vois un qui prend une photo, je lui met la rate au court bouillon / je le presse comme une orange / j’en fais du magret !

canard
Vous chantez avec moi ?
Enlever leur sillage aux canards lamentables,
Traverser l’orgueil des hauts fonds et des sables,
Nager sous les yeux horribles du requin (source paroles en cliquant dessus)

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 450 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK  (ben oui sur la photo j’ai les pieds sur terre)

1pattedansunencrier nous invite à faire parler les objets de l’été. Merci à lui.

Aujourd’hui « liste » – 9 juillet

Ce matin, j’ai lu un billet sur la rentrée littéraire 2015

J’avais un peu oublié m’être inscrite au challenge 1% Rentrée littériare 2014 (foutue mémoire ;-))

Il fallait chroniquer 6 livres.

Liste des 11 livres de la rentrée littéraire 2014 lus. Et des 5 chroniqués :

L’île du point Nemo de JM Blas de Roblès

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Oona et Salinger de F Beigbeder
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Bain de lune de Yanick Lahens
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Sous les couvertures de Bertrand Guillot
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Un monde flamboyant de Siri Hustvedt
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36 chandelles de Marie Sabine Roger
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La lumière des étoiles mortes de John Banville

Le dernier gardien d’Ellis Island de Gaelle Josse

L’homme de la montagne Joyce Maynard

L’ours est un écrivain comme les autres de William Kotzwinkle

Retour à little Wing de Nicolas Butler

Il me reste quelques jours pour lire et chroniquer encore un livre.

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 121 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Un privé à Babylone – Richard Brautigan

Finalement, elle a parlé, après s’être humecté les lèvres.
« Ecoutez, espèce de gros flic, dit-elle. Pour commencer, les menottes sont trop serrées. Ensuite, j’ai envie de boire une bière. Tertio, je suis riche et je m’en tire déjà pas mal comme çà. Et puis, en plus, vous ne pouvez rien prouver. Tout ce que vous avez, c’est une série de preuves indirectes, et mes avocats se feront un plaisir de les mettre en pièces, que c’en sera un vrai bonheur. Quand ils vous auront amené à la barre, une fois qu’ils en auront fini avec vous, le commissariat de police vous mettra en retraite anticipée pour troubles mentaux. Cela ou alors la prochaine affaire sur laquelle vous vous retrouverez consistera à balayer derrière les chevaux avec une petite pelle dans les écuries de la police. Cela vous paraît un peu plus clair maintenant ? »
Personne n’avait jamais dit au sergent Rink avant qu’il était une espèce de gros flic.
Il est resté planté là, incrédule.
Il avait joué et il fallait qu’il abatte sa main.
« Réfléchissez-bien » dit-elle.. Et puis elle a baissé les yeux vers ses poignets entravés en prenant un air exaspéré, quelque chose de très bien fait. Après ça, elle a regardé le sergent droit dans les yeux. Elle n’a pas baissé les siens.
Moi je suis resté là, comme au cinéma, à regarder tout cela se dérouler sous mes yeux. Le prix du billet ne s’élevait qu’à un voyage au cimetière à minuit dans une voiture volée après avoir tiré dans la jambe d’un nègre plus un arrêt chez moi pour mettre le corps d’une prostituée assassinée dans mon réfrigérateur.
Pas cher.
« Je crois que vous bluffez, dit le sergent Rink.
– Vous n’êtes tout de même pas aussi bête que vous en avez l’air, dit la blonde riche. Vous savez à quoi ça ressemble vingt-cinq ans de crottin?

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Un privé à Babylone – Richard Brautigan 

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Sur une idée de Chiffonnette

citation

Parfums – Philippe Claudel

Chevaux et brouillards, donc le long de la route qui me mène à Rosières-aux-Salines. Je pédale doucement. Moins il me reste de temps, plus je le prends. Le brouillard agit comme le couvercle d’une cocotte : il maintient en lui, sous lui, les odeurs de terre surprise par un automne adolescent, d’herbe fatiguée par la froidure des matins, de bêtes encore aux champs, de prés vacants et d’asphalte trempé. C’est un grand flacon sans paroi, un pulvérisateur incessant. Je respire le pelage des chevaux, leurs fortes haleines apaisées par le sommeil, leurs flancs frottés de crottin sous leurs yeux ouverts. Et je me rappelle d’autres chevaux : eux aussi sortent du brouillard comme d’un étrange songe romantique. Ils sont ardennais, percherons, boulonnais , aux robes perlées d’eau. Attelés à deux, ils tirent les basses péniches sur le chemin de halage. Je suis enfant. Leur souffles lancent des nuages et, quand je passe près d’eux, je sens leur grosse chaleur de bêtes à l’effort, de muscles tendus et fumants, et de poils séveux. J’aime le brouillard car il permet toujours d’entrer au plus profond de moi même. En marchant au-dehors, dans une nature qui ne me livre que ses marges immédiates, quoique déjà dévorées par l’abrasion d’une gomme invisible, le monde devient une simple projection de l’âme, une hypothèse pénétrante et un peu froide.
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Philippe Claudel – Parfums 

Sur une idée de Chiffonnette

citation

Aujourd’hui « mémoire morte » – 8 juillet

La mémoire d’un petit enfant est élastique, malléable. Langage, comptine il absorbe sans effort.
Comme une éponge…
Plus tard, il faut faire des choix. Pour que quelque chose rentre dans ma caboche, il me faut des efforts particuliers et parfois surhumains.
J’appréhende un futur où ma mémoire va fuir (fuire ?)
De toute part, comme celle de ma grand-mère, celle de sa mère avant elle et celle de la mère de sa mère ……
Ces mémoires mortes me disent de profiter de ma mémoire d’aujourd’hui.
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 366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 83 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

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Avant que j’oublie, je vous conseille ce roman : l’héroïne a perdu la mémoire et oublié totalement 8 ans de sa vie , elle  dit des choses très justes sur la mémoire (Frédérique Deghelt – La vie d’une autre)

Un extrait

La nounou est revenue avec les enfants, et je continue à explorer mes papiers. Je commence à me faire à l’idée de fouiller dans mes propres affaires comme une étrangère. Je ne peux pas continuer longtemps, car j’ai été capturée en pleine lecture par un Indien de huit ans. Je suis attachée à une chaise par sa squaw qui pousse des cris perçants, et rassurée par une petite haute comme trois pommes qui vient me caresser les mains, inquiète de voir les deux grands gesticuler autour de moi avec des danses sauvages.

Rien n’arrive à me détacher de la fascination que ces trois enfants exercent sur moi. Je suis captée par leurs jeux. Je les observe. Ils me replongent dans des souvenirs d’enfance très précis, dans lesquels les rebords d’un lit assez haut étaient des chevaux bien dressés, qui m’obéissaient au doigt et à l’œil. Mon frère et moi les montions sans selle et, d’un petit coup sur les flancs, indiquions la direction aux braves bêtes, qui sautaient n’importe quel obstacle sans sourciller. La proximité du matelas nous permettait de nous jeter sans danger de notre « cheval » pour ramper par terre, quand il arrivait que l’ennemi nous tire dessus à l’improviste. La mémoire de mon enfance semble toujours intacte et ça me rassure de m’y replonger comme dans une eau tiède et douce.

Aujourd’hui « Matière vive » – 7 juillet

Wiki me dit que la matière est tout ce qui a une masse et qui occupe de l’espace.
Au boulot, aujourd’hui, le sujet du jour était « La dématérialisation des cartes bancaires ».
« Dématérialiser » signifie-t-il qu’on enlève de la matière et qu’il n’y a donc plus de matière ? MAIS alors, pourquoi ces fichus fichiers de démat pesaient-ils tant d’octets ? Et pourquoi prenaient-ils tant d’espace sur le serveur ?

Pour tout dire, ces octets n’étaient pas bien vifs et le serveur utilisait toute la RAM (mémoire vive ? )

J’ai voulu poser la question à mes collègues mais déjà qu’ils me regardent d’un drôle d’air au bureau …

Pfft et dire que demain c’est « Mémoire morte » (ROM). Tous les chemins mènent à demain !

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 119 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK