Trouvez le titre et l’auteur – 26 août

Ayant, comme on le voit, complètement perdu l’esprit, il lui vint la plus étrange pensée que jamais fou ait pu concevoir. Il crut bon et  nécessaire, tant pour l’éclat de sa propre renommée que pour le service de sa patrie, de se faire chevalier errant, et d’aller par le monde, avec son cheval et ses armes, chercher les aventures, comme l’avaient fait avant lui ses modèles, réparant, comme eux toutes sortes d’injustices, et s’exposant aux hasards et aux dangers, dont il sortirait vainqueur et où il gagnerait une gloire éternelle. Le pauvre se voyait déjà récompensé de sa vaillance et couronné, pour le moins empereur de Trébizonde. Emporté par le plaisir singulier que lui procuraient des pensées aussi agréables, il ne songea plus qu’à mettre son projet à exécution.
Pour commencer, il nettoya une armure qui avait appartenu à ses aïeux, toute moisie et couverte de rouille, et qui  gisait depuis des siècles, oubliée dans un coin. Il en fourbit les pièces et les remit en état du mieux qu’il put. Mais, s’apercevant qu’il en manquait une d’importance – car en guise de heaume, il  n’y avait qu’un simple casque -, il y suppléa par son ingéniosité en fabricant avec du carton, une sorte de visière, qui s’emboîtant dans le casque,donnait l’apparence d’un heaume. Il voulut alors s’assurer de sa solidité et de sa résistance au tranchant d’une lame, tira son épée, et au premier coup qu’il lui asséna, défit le travail d’une semaine. Jugeant la visière un peu trop facile à mettre en pièces, et pour s’assurer contre un tel risque, il en fit une nouvelle, renforcée au dedans avec des tiges de fer ; content de son travail et ne voulant pas renouveler l’expérience, il décréta qu’il possédait le plus parfait des heaumes.
Il alla ensuite voir sa monture. La pauvre bête avait  plus de tares que d’années, et plus de défauts que le cheval de Gonèle, cui tantum pellis et ossa fuit, mais il lui sembla que ni le Bucéphale d’Alexandre, ni le Babiéca du Cid, ne pouvaient lui être comparés. Il passa les quatre jours qui suivirent à se demander quel nom il lui donnerait ; car, il était juste, selon lui,  que cheval d’un si fameux chevalier, et si bon par lui-même, portât un nom connu de tous qui ferait comprendre ce qu’il avait été avant d’appartenir à un chevalier errant et ce qu’il était désormais : quand le maître changeait de condition, il convenait que son cheval changeât de nom  et en prît un, célèbre et pompeux, qui s’accordât avec son  nouvel état et avec le métier qu’il allait exercer. C’est ainsi, qu’après avoir compose, effacé, retranché, ajouté, tourné, retourné mille noms dans sa tête, il lui donna celui de Rossinante, qui lui paru noble et sonore, et signifiait clairement que sa monture avait été antérieurement une simple rosse, avant de devenir, la première de toutes les rosses du monde.

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La règle du jeu est ici

 

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Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise

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Source Photo

Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise
S’il ne tenait qu’à lui il partirait au galop
Il aimerait voir Florence , Cosme Premier ou bien Pise
Nul doute que l’herbe est plus verte là-haut

Un fois en Italie rien ne l’empêcherait de partir vers la Tamise
Charles Premier lui indiquerait le point zéro
Après l’Europe, direction Equateur ou bien la banquise ?
Visiter sa parentèle de par le monde ! en bateau…

Madrid ou Kobe ? Les deux ont leur Don Quichotte
Un coucou à Rossinante, qui s’y pique s’y frotte
Partir voir Theodose Premier le byzantin ?

Quitter l’ Europe pour le Missouri des Amerloques ?
De là voguer jusqu’à Rama V à Bangkok ?
Ah zut, recommencer le trip, il a oublié son cousin argentin !

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Jeudi Poésie chez Martine 

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Source photos : ici, ici, ici, ici, ici et ici

Participation au jeu 19 chez la licorne

il faut écrire un sonnet qui doit en outre  commencer par un vers célèbre

J’ai choisi « Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise » de Raymond Queneau dans Cent mille milliards de poèmes

jeudi poésie

Les chevaux dont je ne vous ai pas parlés

Les chevaux dont je ne vous ai pas parlés, ne croyez pas que vous allez y échapper. Ils attendent sagement leur tour pour paraître sur mon blog. Ils existent dans des box, par deux (Bicéphale et Bucéphale partagent une stalle),  par troupeaux (Rossinante, Tornado, Wagram,  Joly Jumper se grattent la crinière dans leur stabulation).
Mais le sujet est vaste et le temps galope vite, si bien que malgré mes efforts et un lasso dernier cri je n’arrive pas à dompter ces bourrins, canassons, coursiers, destriers, haridelles, hippocampes, hippopotames,  étalons, mustangs, poneys, poulains, pur-sang, et qu’avec tout cela nous voici déjà à zèbre et je n’ai pas attaqué le fonds du sujet : la différence fondamentale entre un billet de blog et une heure d’équitation. L’art de l’heure d’équitation est d’éviter la chute alors que l´art du billet de blog est de la soigner, cette chute !
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Valentyne Dada – Cheval sans selle et billets avec sel (à paraître)
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Allez chez Carnetsparesseux pour connaître ma source d’inspiration du jour et ici pour sur le site Zazie Mode d’Emploi qui propose, pendant un an, de « triturer, malaxer, détourner, traduire, frelater, métamorphoser, calligraphier, colorier, chanter, bande-dessiner, remanier ou travestir » un texte de Marcel Bénabou, successeur de Jacques Jouet comme « oulipien de l’année ».

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