Je rêve ……de toi

le cirque bleu chagall

Marc Chagall – Le cirque bleu – 1950

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A toi, ma sirène Toutebelle, tête en l’air

A toi, qui te balance depuis le berceau de la vie

A toi, ma Mona Lisa Klaxon au sourire éclatant

A toi, qui m’a fait comprendre la différence entre une larme de sirène et une sirène d’alarme

A toi, qui me fait frémir sur ton trapèze avec juste un fil à la patte du caméléon.

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Avec toi, je me méfie du coup de lune et de son violon

Avec toi, ma sirène, ma Laura Lorelei je passe du coq à l’âne

Avec toi, je voudrais chanter sur l’accordéon désaccordé

Avec toi, c’est tous les jours le chaud, chaud, Bizness-Show

Avec toi, c’est vague à l’âme et montagnes russes

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Pour toi j’ai gardé cette ballade pour un matin

Pour toi, je voudrais planer sur les ailes du silence

Pour toi, nous avons écrit un duo d’anges heureux

Pour toi, beauté crachée de l’homme oiseau

Ce héros de la voltige, six pieds en l’air et septième ciel,

Qui m’a un jour emmené sur la grande roue, moi la fille au cœur d’acier

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Pour toi, jolie môme, il faut que j’accepte de dire « pars »…. mais pas tout de suite ma rousse au chocolat.

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En avril, l’agenda ironique est chez Estelle qui nous propose  de nous mettre dans la peau d’un poisson et de nous appuyer sur l’univers de Chagall et de son cirque bleu

je n’ai pas réussi à me mettre dans la peau d’un poisson ;-( alors j’ai parlé d’une sirène….

Si vous avez du temps (et envie) 21 titres de chansons interprétées par  Jacques Higelin sont cachées ….

 

 

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La Toutebelle

le cirque bleu chagall

Marc Chagall – Le cirque bleu – 1950

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La Toutebelle

Sous le chapiteau-forteresse, la Toutebelle
flirte avec le firmament
Sur son trapèze, le rayon bleu la captive
l’arrête, la relâche, ample mouvement de balancier.
Plus légère qu’une bulle
de champagne, de savon, la funambule
déplie ses membres dans la nuit.
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Sous la géode des étoiles, son amie la lune sourit
et l’encourage d’un clin d’oeil.
Souplesse de chat, la Toutebelle a sept vies,
Oiseau sur la branche, écho subtil
La petite fée illumine son palais de paillettes.
Son justaucorps pourpre souligne son ventre
et ses seins en leur aurore
Bouche concentrée, joues rosissantes,
Cheveux couleur châtaigne ondoyant dans le courant.
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Le coq se prend pour le hibou et hulule
Il répond au trapèze-crécelle
La Toutebelle réussit un saut périlleux
traverse le fond de l’air, passe sous le feu du miroir
se rétablit…..in extrémis….
Le trapèze la récupère, la porte, la soutient.

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Tout en bas, la jument s’inquiète :
Pesanteur, balançoire et atterrissage sans heurts
Son orchidée est si fragile, son coeur se serre :
Le fil de la vie est un jeu de dé.
Les yeux noyés de pleurs, elle guette dans ce brouillard,
Une goutte de sueur glissant comme la rosée,
annonçant la fatigue des muscles.
Elle admire la splendeur de la jeune liane hors de sa forêt,
La sirène hors de l’eau s’épanouit
Comme un poisson hors de l’étang.

jeudi-poesie

Les mots étaient au nombre de 50 au départ et  40 à l’arrivée : ici

Aujourd’hui « derrière la porte » – 12 novembre

jeudi-poesie

Allez chez Asphodèle lire les créations des autres participants

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Derrière la porte

1
La fillette pousse son cerceau à la baguette
Elle court, le vent s’engouffre sous sa jupette
10 ans à peine et derrière les portes l’attend son avenir
Elle ne voit pas la silhouette
Qui sans bruit la guette
Son futur lui sourit sans frémir

2
Dernière la porte fleurit le printemps
L’arbre se recouvre de vert scintillant
Jeunes pousses et robuste branches
La fillette s’épanouit en sylphide.
Majestueuses et splendides
Les semaines défilent de lundi en dimanche.

3
Derrière les portes, c’est l’heure du choix
La belle hésite et dans les escaliers tournoie
Bleues, vertes, rouges, les portes claquent
Certaines portes se ferment, d’autres sont factices
Belle de sa vie devient Actrice
Au gré d’ un escalier en colimaçon qui craque

4
Les dés sont jetés, l’amour est choisi
Justes noces et bébé consenti…
Derrière la lourde porte de pierre
L’enfant paraît, la femme devient maman
Explosion  : la mère naît de L’enfant
Derrière la porte un enfant du  tonnerre

5
Par la porte entrouverte, passe un nuage
L’enfant grandit, son babillage
Prend la même porte que le printemps
Le ciel se voile, le soir tombe
Pour la maman c’est l’heure de la colombe
« Il reste du temps » dit elle en riant

6
L’enfant est parti en solitaire
Quelques nouvelles fragmentaires
La femme seule reste au foyer
La porte ouverte pour le fils prodigue
Le poids des ans et la fatigue
De la rue monte le bruit de Tanger

7
La dernière  porte est bientôt franchie
La vieille femme a perdu la vie
Un brin de lierre s’accroche
Sur le mur du cimetière
Le retour à la terre
La dernière porte, sans anicroche….

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1 Giorgio di Chirico

porte de chirico

2 Magritte

porte Magritte

3 Sara Uzan

sara Uzan porte et escaliers

4 Dali – La Madonne de Port Lligat

PORTE DALI MADONNE PORT LLIGAT

5 Magritte

porte magritte 2

6 Matisse Tanger

PORTE MATISSE TANGER

7 Marc Chagall – Cimetière

PORTE CHAGALL CIMETIERE

366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : 280 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

 

 

Une nouvelle mission

logo-plumes2-lylouanne-tumblr-comCe matin, en me levant, grande fut ma surprise en voyant une petite enveloppe rouge sur la table du salon ! Ce n’est pas tant sa couleur qui m’a interpellé mais bien le destinataire et l’expéditeur « Pour Valentyne de la part du père Noël ».

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J’ai été surprise parce que l’an dernier j’avais essayé d’aider le père Noël et cela c’était terminé par un désastre, le père Noël avait été fâché……mes voisins catastrophés…. mais ceci est une autre histoire
Je vous mets juste une photo de cette aventure de l’an dernier, il ne faudra pas que j’oublie un jour de vous raconter l’histoire de La Sulfureuse (c’est le nom de la jument qui tire le traîneau, sur le traîneau c’est moi)

cheval rouge ciel chagall
Ce n’est pas dans ma nature d’être frénétique (je suis juste un peu curieuse) mais que le père noël m’écrive m’a remplie de joie, et j’ai donc déchiré l’enveloppe. Cela voulait dire qu’il avait une nouvelle mission ultra secrète à me confier
Je vous livre donc cette missive sans commentaire :

Chère Valentyne
J’espère que tu t’es bien remise de tes déboires de l’an dernier, pourrais-tu s’il te plait, livrer ce cadeau, certes un peu volumineux, à notre amie commune, j’ai nommé Soène la yonnaise ?
Signé : le père Noël
PS : J’ai laissé le cadeau dans la cour, il ne passait pas par la cheminée

Vous pensez bien que je me suis précipitée dans la cour et que là j’ai été éblouie par la magnificence du cadeau que le père Noël prévoyait pour Soène. Il faisait encore sombre et dans la fraîcheur nocturne, cette tour brillait de mille feux, la rosée s’était transformée en gouttelettes de glace, les lumières des lampadaires de la rue se reflétaient dans les cailloux de la cour comme dans un miroir, une myriade de diamants dégoulinaient. En une phrase « le ruissellement du givre avait transformé la tour de fer en une déesse enchanteresse ».

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Je me suis arrachée à ma contemplation, j’ai quelques voisins un peu vénéneux, qui auraient été jaloux de cet étalage de scintillements et de cette débauche de beauté, et dans mon for intérieur, je me suis demandée « Ouh là là comme faire livrer ceci sans s’attirer les foudres de la maréchaussée pour transport illégal d’œuvres d’art et par la Poste pour concurrence déloyale ? »

J’ai donc fait le tour des écuries pour trouver le destrier idéal pour livrer ce cadeau ensorceleur.

J’ai d’abord pensé au cheval rouge puis à l’âne vert mais le premier n’est pas assez précautionneux et le deuxième pas assez robuste pour le poids du présent.

CHEVAL ROUGE CHAGALL green donkey

C’est alors qu’ « Ephémère » a passé sa tête par la porte de l’écurie et m’a dit qu’elle serait ravie d’apporter le cadeau à Soène. Nous avons donc chargé sur son dos le présent.

J’ai dit à la jument de bien faire attention : « Qui va Piano, va sano, tu as encore quelques jours pour arriver à temps chez Soène, je compte sur ta délicatesse pour faire arriver la Tour en un seul morceau « 

Si vous les voyez passer par chez vous (Paris Lyon 400 kilomètre à vol d’oiseau , cela fait une trotte), n’oubliez pas de ravitailler Ephémère : elle mange des bouquets de pivoine et de Lilas.

cheval tour eiffel

Tous les tableaux sont de Marc Chagall

Les mots collectés par Asphodèle

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Miroir, nature, nocturne, lumière, vénéneux, délicatesse, piano, contemplation, ensorceleur, temps, bouquet, éphémère, intérieur, sulfureux, déesse, rouge, couleurs, ruissellement, ravir, rosée.

Marc-Chagall-Peonies-and-lilacs-S

David McNeil – Quelques pas dans les pas d’un ange

quelques pas

David McNeil rend hommage à son père le peintre Marc Chagall.
David est né dans le Bronx vers la fin de l’exil du peintre aux Etats Unis.Celui a été obligé de quitter la France en 1941 pour échapper au nazisme.
David McNeil nous raconte ses souvenirs d’enfance dans le Sud de la France (jusqu’à ses six ans son père a vécu avec sa mère, puis celle-ci l’a quitté pour vivre avec un photographe).

Il évoque la vie dans le sud de la France. Les couleurs du Sud se mélangent aux couleurs des tubes de peintures de son père, Il se souvient des baignades à la plage, des balades dans les vignes où ils croisent Matisse et Picasso, des discussions en russe. David relate également des souvenirs moins heureux aussi avec l’’internat et enfin les retrouvailles et de rares moments partagés avec son père (une visite au Louvre, à l’atelier où il l’aide à préparer les fonds de toile,

Ensuite David ne partagera plus le quotidien de son père, qu’il verra toujours en compagnie de « Elle », sa belle-mère qu’il n’apprécie pas beaucoup. (Son nom n’est pas cité en entier, il s’agit de Valentina Brodsky, jeune femme d’une ancienne famille, russe comme son père)

Un témoignage à la fois tendre et imagé de ce que fut son enfance au côté d’un Maître incontesté de la peinture

Une anecdote où on apprend que toujours curieux, Chagall apprend la poterie (en compagnie de son fils) p 44

Madoura comptait des potiers renommés, c’était donc normal qu’on s’adressât à eux quand on voulait s’essayer à la céramique, mais Picasso était paraît-il furibond, apprenant que mon père voulait y travailler. Vallauris était son fief. Matisse c’était Nice, Cimiez exactement, avant qu’il n’empiète sur la ville de Vence avec sa chapelle, une tout autre histoire, Léger c’était Biot où allait plus tard s’ouvrir son musée, un gros bloc de béton, une sorte de rectangle couché sur le flanc, une grosse boîte à chaussure allongée sur la tranche. Cocteau avait lui sa chapelle sur le port de Villefranche, une toute petite chapelle finement décorée et que les habitants trouvaient très jolie, c’est rarement le cas des chapelles d’artiste.

Picasso était partout d’Antibes à Vallauris en passant par Cannes, mais papa n’a sûrement pas choisi Madoura pour faire la nique à l’autre, les deux hommes s’estimaient et mon père, quelques jours après ma naissance, lui avait envoyé une photo de moi, Françoise Gillot écrit dans sa biographie qu’il l’avait épinglée au mur de son studio, si j n’ai aucun Picasso à mes murs, j’aurais au moins été au mur de Picasso.

En conclusion : un livre qui m’a beaucoup plu, à la fois  témoignage tendre d’un fils pour son père, une écriture à la fois vivante, fine  et poétique, et aussi un hommage à l’artiste.

Du côté des challenges :

Challenge littérature francophone chez Denis

challenge LittFrancophone

Lire sous la contrainte chez Philippe (la contrainte étant : titre long , 6 mots ou plus)

challenge-contrainte

L’art dans tous ses états chez Shelbylee

challenge art

A jeudi prochain pour un autre extrait 😉