Maudit…

Chez Supergaufrette : Source photo

Nous devisions tranquillement, ma sœur et moi, quand Martine publia ici le thème de l’agenda ironique d’avril ; par nous je veux dire : moi Palagie et ma sœur Palatigne. Le sujet était la mer, les embarcations et les embruns. J’adore naviguer sur les mers interdites et accoster les rivages barbares…. J’ai navigué à travers bien des bibliothèques et j’ai vogué sur les océans…mais là je dois dire que nous avions décroché un pompom (de marin)

Dans un sursaut avant le 22 avril, Valentyne nous sortit à nouveau, nous ses deux PAL jumelles, constituées de tous les livres qu’elle souhaite lire ou relire. Par je ne sais quel malencontreux vent bientôt nous ne fûmes plus d’une pièce mais multitude : que s’était il passé ? nous ne pouvons le dire avec certitude !

Peut-être Valentyne  eut-elle un ras-le-hors-bord dont elle est coutumière. Peut être fut elle prise dans un courant littéraire qui l’emporta ! Peut-être se prit elle de plein fouet une phrase des « vagues » de Virginia Wolf …  nul ne le sait ! En tout cas le résultat fut là : nous éparpillées sur le sol, Valentyne échouée sur la tranche et répétant en boucle : je suis complétement schlass, la schlassitude me guette.

De notre aventure il ne me reste que quelques flashs : Le vent commençait à hurler, les livres entrechoquaient leurs pages ; leur grain Velin rugissait, sautait, craquait autour de nous comme un feu blanc sur la prairie, un feu dans lequel nous brûlions sans être consumés, immortels dans la gueule même de la mort ! Nous appelions en vain les autres carnets, livres de poche et best-sellers. Autant valait hurler dans la cheminée d’une fournaise que de héler les copains dans un tel orage. Cependant les nuages volants, l’écume de l’encre devenaient encore plus noirs avec la nuit qui tombait ; il n’y avait aucun indice des murs du salon.

Nul doute que ce désastre devait être dû à un monstre, pour le moins de la taille de Moby Dick ou du K, un monstre qui se cachait aussi dans les profondeurs des pages et sa force colossale et sa ruse démoniaque. Le K est un poisson de très grande taille, affreux à voir et extrêmement rare. Selon les mers et les riverains, il est indifféremment appelé kolomber, kahloubrha, kalonga, kalu, kalitude, balu, chalung-gra. Les naturalistes, fait étrange, l’ignorent. Quelques-uns, même, soutiennent qu’il n’existe pas…

Valentyne, minuscule sur cette mer de livre, essayait d’harenguer une foule de playmobil pour qu’ils viennent à sa rescousse ; elle criait : «  Allons, nagez, nagez, de grâce ! Peu importe le soufre, les diables sont assez bons bougres. Bon, voilà qui va bien, c’est un coup qui vaut ses mille livres, c’est un coup qui ramasse les enjeux ! »

Éparpillées mais plein de combattitude, ma sœur et moi essayâmes de ramener Valentyne de sa dérive sémantique. Le coeur lourd, nous poussâmes trois hourras et, pareils au destin, nous plongeâmes aveuglément dans la solitude océane. Tous nos efforts furent vains : Regarde la marée montante qui est en train de tout submerger. De quoi est-elle faite ? De chansons, de chansonnettes, de paroliers, de musiquette… bref d’une marchandise d’usage courant.

Sur ce champ de bataille, un de ceux dont personne ne se souvient , là-bas, à la page 47 de l’atlas où il y a une grande tâche jaunâtre avec quelques noms contenant beaucoup de h, éparpillés çà et là, on a trouvé l’autre jour, lors d’un sondage effectué en vue d’une éventuelle prospection géologique, on a trouvé donc un génie. Le génie de la petite sirène ? me demandai-je..

Pour se sortir de ce mauvais pas Valentyne essayait d’éponger des larmes de fonds mais elle buvait la tasse tant et plus que je l’ai cru perdue : elle eut alors une idée de génitude : voyant les similitudes de son odyssée avec celle de Moby Dick, elle se contorsionna pour libérer les baleines de son soutien-gorge …cependant nous ne connûmes pas la suite : le Maudit Bic de Valentyne avait perdu toute son ancre…

680 mots pour l’agenda ironique d’avril

Les extraits (légèrement modifiés)

Moby Dick

Le vent commençait à hurler, les vagues entrechoquaient leurs boucliers ; le grain rugissait, sautait, craquait autour de nous comme un feu blanc sur la prairie, un feu dans lequel nous brûlions sans être consumés, immortels dans la gueule même de la mort ! Nous appelions en vain les autres canots. Autant valait hurler dans la cheminée d’une fournaise que de héler les bateaux dans un tel orage. Cependant les nuages volants, l’écume et le brouillard devenaient encore plus noirs avec la nuit qui tombait ; il n’y avait aucun indice du vaisseau. La mer rageuse empêchait tous les essais que nous faisions pour écoper.

En parfaite harmonie avec la houle, Moby Dick poursuivait sa course, serein, dérobant au regard humain son corps criblé de harpons et l’horreur de sa terrible mâchoire. Il cachait aussi dans les profondeurs de l’eau et sa force colossale et sa ruse démoniaque.

Allons, nagez, nagez, de grâce ! Peu importe le soufre, les diables sont assez bons bougres. Bon, voilà qui va bien, c’est un coup qui vaut ses mille livres, c’est un coup qui ramasse les enjeux !
Le coeur lourd, nous poussâmes trois hourras et, pareils au destin, nous plongeâmes aveuglément dans la solitude océane.

J’adore naviguer sur les mers interdites et accoster les rivages barbares.

J’ai navigué à travers bien des bibliothèques et j’ai vogué sur les océans.

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Le K Dino Buzatti

Littérature, art ?… tout ça c’est des grands mots..,, Mais l’art au jour d’aujourd’hui ne peut être qu’une denrée, comme un bifteck, un parfum, un litre de vin. De quel art s’occupent les gens ? Regarde la marée montante qui est en train de tout submerger. De quoi est-elle faite ? De chansons, de chansonnettes, de paroliers, de musiquette… bref d’une marchandise d’usage courant. Voilà la gloire. Tu as beau écrire, toi, des romans très intelligents et même géniaux, le dernier des yéyés t’écrasera sous le poids de ses triomphes. Le public va droit au solide, à ce qui lui donne un plaisir matériel, palpable, immédiat. Et qui ne lui coûte pas de fatigue. Et qui ne fasse pas travailler le cerveau…

Sur un champ de bataille, un de ceux dont personne ne se souvient , là-bas, à la page 47 de l’atlas où il y a une grande tâche jaunâtre avec quelques noms contenant beaucoup de h, éparpillés çà et là, on a trouvé l’autre jour, lors d’un sondage effectué en vue d’une éventuelle prospection géologique, on a trouvé donc un général.

Le K est un poisson de très grande taille, affreux à voir et extrêmement rare. Selon les mers et les riverains, il est indifféremment appelé kolomber, kahloubrha, kalonga, kalu, balu, chalung-gra. Les naturalistes, fait étrange, l’ignorent. Quelques-uns, même, soutiennent qu’il n’existe pas…

 

Éponger des larmes de fonds Mind the Gap in « Les-cinq-sens-dessus-dessous »

 

Les trois mousquetaires dans un bateau de Patience Steinbock

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les Huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle. Plusieurs bourgeois, voyant s’enfuir les femmes du côté de la Grande-Rue, entendant les enfants crier sur le seuil des portes, se hâtaient d’endosser la cuirasse et, appuyant leur contenance quelque peu incertaine d’un mousquet ou d’une pertuisane, se dirigeaient vers l’hôtellerie du Franc Meunier, devant laquelle s’empressait, en grossissant de minute en minute, un groupe compact, bruyant et plein de curiosité.

D’artagnan et Athos descendirent, se mirent en selle près de leurs compagnons, et nous nous mîmes en marche tous huit : Athos sur le cheval qu’il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu’il devait à sa maîtresse, Porthos sur le cheval qu’il devait à sa procureuse, et  d’Artagnan sur moi, Rabastas, le cheval qu’il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse qui soit.

Nous avions  reçu pour mission d’escorter Milady vers la Martinique, terre des héritiers de Pierre Velain d’Esnambuc, pour la mettre hors d’état de nuire. Nous décidâmes de partir tous huit, plus notre prisonnière  dans un gallion royal « la Couronne » (la coque du vaisseau faisait 167 pieds de long hors-tout, ou 200 pieds depuis le bâton de pavillon jusqu’à l’éperon ;  46 pieds de large au maître-bau , avec un tirant d’eau de 17 pieds)

Rassurés de savoir notre prisonnière au cachot les quatre avaient entamé une petite belote en devisant gaiement :

 

  • Un pour tous, tous pour un !
  • Athos, Porthos arrêtez de tricher ou je vous embroche tous comme des ortolans !
  • Il semble qu’on tienne en réserve, à notre intention, un vent d’est particulièrement aigre.
  • Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose à éviter.

Nous les chevaux étions tranquillement dans la cale à côté du cachot de Milady quand soudain, les trois autres chevaux furent pris d’un mal de mer certain, vraisemblablement dû au parfum de Milady…

Quant à moi j’ai découvert un excellent préservatif contre le mal de mer, c’est de me balancer. On se tient debout au milieu du pont, et quand le bateau roule et tangue, on penche son corps de côté et d’autre, de façon à le tenir toujours vertical. Quand la proue se relève, on s’incline en avant, jusqu’à ce que le pont touche presque votre nez ; quand c’est la poupe qui se soulève, on s’incline en arrière. Cela va très bien une heure ou deux ; mais on ne peut pas se balancer pendant une semaine.

Les trois autres ruèrent, se cabrèrent et s’entêtèrent jusqu’à ce que le terre fut enfin en vue…

Nous ne chavirâmes pas : je me borne à constater le fait, ne pouvant en fournir une quelconque raison. J’ai souvent réfléchi à ce phénomène depuis, sans jamais parvenir à une conclusion satisfaisante.

Peut-être cela fut-il dû à ce fameux esprit de contradiction inhérent à toutes choses en ce monde. Voyant notre conduite, le bateau en aurait conclu que nous voulions nous suicider, en conséquence de quoi il aurait tout fait pour nous décevoir. C’est la seule explication plausible que j’aie jamais trouvée.

Milady, pendant le trajet, était parvenue à détacher la corde qui liait ses pieds : en arrivant sur le rivage, elle sauta légèrement à terre et prit la fuite. Mais le sol était humide ; en arrivant au haut du talus, elle glissa et tomba sur ses genoux.

A suivre…..

Source photo 

 

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C’était un extrait du futur livre « Les trois mousquetaires dans un bateau » de Patience Steinbok que vous pouvez retrouver ici

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Ma participation à l’agenda ironique d’avril concocté par Martine avec pour sujet croisière

Je m’aperçois après publication que j’ai oublié la consigne sur les mots en ‘itude », va falloir que je fasse un autre texte …..

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Avez-vous reconnu des passages ? sur 648 mots de ce texte il doit y en avoir à peu près 225 mots des « trois mousquetaires », 266 mots de « trois hommes dans un bateau » et le reste est de moi (je vous laisse faire le calcul)

 

Voici  pour les curieux les extraits bruts des « trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les Huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle. Plusieurs bourgeois, voyant s’enfuir les femmes du côté de la Grande-Rue, entendant les enfants crier sur le seuil des portes, se hâtaient d’endosser la cuirasse et, appuyant leur contenance quelque peu incertaine d’un mousquet ou d’une pertuisane, se dirigeaient vers l’hôtellerie du Franc Meunier, devant laquelle s’empressait, en grossissant de minute en minute, un groupe compact, bruyant et plein de curiosité.

D’Artagnan et Athos descendirent, se mirent en selle près de leurs compagnons, et tous quatre se mirent en marche : Athos sur le cheval qu’il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu’il devait à sa maîtresse, Porthos sur le cheval qu’il devait à sa procureuse, et d’Artagnan sur le cheval qu’il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse qui soit.

Un pour tous, tous pour un !

Ou je vous embroche tous comme des ortolans !

Milady, pendant le trajet, était parvenue à détacher la corde qui liait ses pieds : en arrivant sur le rivage, elle sauta légèrement à terre et prit la fuite. Mais le sol était humide ; en arrivant au haut du talus, elle glissa et tomba sur ses genoux.

 

Et les extraits de « trois hommes dans un bateau » de Jérôme K Jérôme

Il semble qu’on tienne en réserve, à notre  intention, un vent d’est particulièrement aigre.

Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose à éviter.

Quant à moi j’ai découvert un excellent préservatif contre le mal de mer, c’est de me balancer. On se tient debout au milieu du pont, et quand le bateau roule et tangue, on penche son corps de côté et d’autre, de façon à le tenir toujours vertical. Quand la proue se relève, on s’incline en avant, jusqu’à ce que le pont touche presque votre nez ; quand c’est la poupe qui se soulève, on s’incline en arrière. Cela va très bien une heure ou deux ; mais on ne peut pas se balancer pendant une semaine.

Nous ne chavirâmes pas : je me borne à constater le fait, ne pouvant en fournir une quelconque raison. J’ai souvent réfléchi à ce phénomène depuis, sans jamais parvenir à une conclusion satisfaisante.

Peut-être cela fut-il dû à ce fameux esprit de contradiction inhérent à toutes choses en ce monde. Voyant notre conduite, le bateau en aurait conclu que nous voulions nous suicider, en conséquence de quoi il aurait tout fait pour nous décevoir. C’est la seule explication plausible que j’aie jamais trouvée.

 

Pourquoi je ne suis pas sûre de participer à l’agenda ironique : Avril et Croisière

Parce que j’ai les courses à faire et que les têtes de gondoles chez Carrouf sont moins sexy que les gondoles à Venise.

Parce que je partirai bien en péniche avec un cheval de halage mais avec une ballade en péniche j’ai peur de canaliser ma créativité. 

Parce que le secret de La licorne a déjà été découvert par les RG.

Parce que prendre un caboteur peut rendre cabotine. 

Parce qu’il y a 349 entrées dans wiki sous le nom bateaux dont une galéasse , il y a donc foultitude de choix d’embarcations et je n’arrive pas à me décider (la galéassitude me guette).

Parce que mon bateau préféré est le bateau ivre et que je vous ai déjà fait le coup.

Parce que je confonds bâbord et tribord ainsi  que latitude et longitude. 

Parce qu’un trimaran n’est pas toujours drôle.

Parce que mon boulot demande des aptitudes qui me manquent, cette semaine a été une galère, et j’ai beaucoup ramé. 

Parce que mon navigateur déraille et quand j’écris « poisson vogue » il m’affiche ceci :

(à sa décharge mon téléphone a traduit comme à son habitude : « poisson vole »)

Parce que partir sur un rafiot à l’aventure me fait peur si je n’ai pas entrevu « la possibilité d’une île » avec Mr Houellebarque. 

Parce que mon Espace à peine rodé (ou en pleine décrépitude) a coulé….une bielle et que je suis restée en rade (de Brest) 

Parce qu’il faut que je retourne aux courses : Ce soir c’est salade niçoise il me faut des anchois et du thon « petit navire » .

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Ma non participation à l’agenda ironique de Martine

:

Il y a juste 7 mots en itude (j’essaie de faire mieux avec mon idée de texte d’ici le 22 avril, j’ai déjà le titre : « Bateau » 🙂) 

 

Le jour où ……Ian McEWAN a écrit pour l’agenda Ironique…

Le jour où ……Ian McEWAN a écrit pour l’agenda Ironique…Dimanche, je prends connaissance du sujet de l’agenda ironique d’avril, organisé par Martine qui nous propose de partir en croisière, et quelques heures après je découvre ceci  dans le magazine Lire :

:

Dans une coque de noix – Ian McEWAN (extrait) – sortie en librairie le 13 avril

 

Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. Mes yeux se ferment avec nostalgie au souvenir de l’époque où je dérivais dans mon enveloppe translucide, où je flottais rêveusement dans la bulle de mes pensées à travers mon océan privé, entre deux sauts périlleux au ralenti, heurtant doucement les limites transparentes de ma réclusion, la membrane révélatrice qui résonnait, tout en les atténuant, des voix de comploteurs unis par un projet ignoble. C’était au temps de ma jeunesse insouciante. Là, entièrement retourné, sans un centimètre à moi, les genoux repliés contre mon ventre, mes pensées comme ma tête sont bien engagées. Je n’ai pas le choix, mon oreille est plaquée jour et nuit contre ces parois sanguinolentes. J’écoute, je prends mentalement des notes, et je suis troublé. Je distingue des confidences funestes sur l’oreiller et je suis terrifié par ce qui m’attend, par ce à quoi je risque d’être mêlé.

Je suis immergé dans des abstractions, et seules leurs relations proliférantes créent l’illusion d’un monde connu. Quand j’entends « bleu », que je n’ai jamais vu, j’imagine une sorte d’événement mental assez proche de « vert » – que je n’ai jamais vu. Je me considère comme un innocent sur qui ne pèsent ni allégeances ni obligations, un esprit libre, malgré l’exiguïté de mon séjour. Personne pour me contredire ou me réprimander, pas de nom ni d’ancienne adresse, pas de religion, de dettes, d’ennemis. Sur mon agenda, s’il existait, ne serait notée que ma date de naissance à venir. Je suis, ou j’étais, contrairement à ce que disent aujourd’hui les généticiens, une ardoise vierge. Mais une ardoise glissante, poreuse, dont aucune salle de classe ni aucun toit de cottage n’aurait l’usage, une ardoise qui se couvrirait elle-même de caractères jour après jour, à mesure qu’elle grandirait et deviendrait moins vierge. Je me considère comme un innocent, mais il semble que je sois mêlé à un complot. Ma mère, béni soit son cœur à l’incessant bruit de pompe, semble impliquée.

 

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Le jour où chez CarnetsParesseux

Journal d’une PAL

Salut c’était moi Palagie

Pas Pélagie hein, PALAGIE, je suis la PAL de Valentyne. On me voit sur la photo avec ma jumelle la Princesse Palatigne (un peu prout prout la Princesse mais bon on choisit pas sa famille)

Je suis sûre que vous vous demandez ce qu’il y a dans la PAL de Valentyne : pfttt et bien je dirais qu’il y à boire et à manger dans cette Pile à lire (elle écume subrepticement et en tout impunité les brocantes alors il y a moults livres jaunis et  à trois sous dans son escarcelle,  elle dépense sans compter avec des titres improbables où domine une certaine folie : folie primesautière avec « En attendant Bojangles (l’histoire d’une folle selon la quatrième de couv), la P respectueuse (je me demande bien qui est cette P ?  Pélagie la charette ma presque homonyme ? ),  les aventures du capitaine Alatriste – l’homme au brûle-pourpoint jaune d’un certain Arturo Reverte (non mais c’est quoi de titre à la noix comme si quelqu’un pouvait s’appeler Alatriste : un cousin du Chevalier à la triste figure ?  On choisit pas sa famille je vous dis)

Le problème avec Valentyne c’est qu’il n’y a pas de place chez elle et que moi et ma sœur nous sommes toutes éparpillées  dans la maison :Elle nous réunit de temps en temps pour une photo. Elle nous remonte une fois par mois à la parution du thème de l’agenda ironique :  il faut la voir dès potron-minet,  les 4 fers en l’air, en train de monter des tours de livres : d’un côté ceux en raccord avec le thème, de l’autre les livres qui devront attendre un mois voire plus pour être enfin considérés  (par exemple le mois d’avant le précédent elle a failli lire « le bal du dodo » pour Espèces d’espaces organisé par Carnets, mais je l’ai remis discrètement en dessous de la pile, un bal et puis quoi encore ?)

J’ai eu un peu peur à un moment de nous voir ainsi dressées dans le salon ma sœur et moi alors que dans la pièce d’à côté il y a un avion Playmobil en parfait état de marche. Je ne suis pas pleutre mais je suis sûrement influencée par le fait que dans moi même il y a un livre sur le 11 septembre (Beigbeder – Windows of the World), j’en ai pâli d’effroi.

Voilà donc ce mois ci Valentyne a démarré des recherches Paléolithiques pour trouver un livre sur la folie (dommage qu’elle ait lu Martien go home le mois dernier : il y avait une belle palanquée de fous dans ce bouquin)

Bon avec un sujet pareil la folie je subodore que c’est pas demain que je vais me débarrasser des quelques romances qui me servent de fondations. Bon sur ce, je vous laisse, j’entends Valentyne qui a fini ses ablutions post-goûter : faudrait pas qu’elle me chope à écrire ces galéjades elle pourrait se rechoper un accès de paludisme, voire me clouer au palori (je vous en recause incessamment sous peu)

Je vous embrasse

Lectureusement votre

Votre respectueuse Pal toquée

=

Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! »

Ma participation au jeu de la licorne où il fallait écrire un texte désuet avec au moins 10 de ces 20 mots :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique,

moult, paltoquet (détourné l’avez vous vu ? ), potron-minet , pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement,subodorer

Crazy Horse

Ils disent que je suis fou, fuyant, incapable d’aller droit au but mais ce sont eux les paltoquets….

Tenez par exemple, l’autre jour, le type en face me narguait, l’air chafouin, car j’étais un peu coincé et je ne pouvais plus me mouvoir, j’étais cerné….Cela arrive aux meilleurs… Après moultes contorsions et après avoir donné du coude en veux tu en voilà j’avais fini par me rapprocher de sa Majesté. J’allais l’attaquer subrepticement dans les règles de l’art quant à brûle-pourpoint l’autre gougnafier de Crazy-Horse  s’est intercalé et m’a forcé à reculer (enfin je devrai dire gougna-fière je pense parce que le Crazy-horse du camp adverse est en fait une jument – callipyge de surcroît – fière comme un paon – ou une paonne).

Mais ils ne perdent rien pour attendre les autres poltrons-minets. Ils veulent me snober ? moi ? Ils me prennent pour un pion alors que moi,  Jekill Bishop de La Tchèque en bois, je suis un digne descendant d’Agilulfe-Edme-Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra du côté de mon père et de Dulcinea del Toboso de la Cervantesse du côté de ma mère ?

Foin de leurs calembredaines. Je ne me laisserai pas fustiger sans défendre mon honneur par une bande de pleutres qui font des courbettes à une monarchie pour qui rodomontades rime avec galéjades.

Et l’autre en face qui me regarde en biais, je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à ce fou-monnayeur, le hisser pendu haut et court au mat de misaine. Crazy-Horse aura beau s’intercaler, se dandiner, prendre la tangente, moi j’irai droit au but et …paon dans sa face.

Et après je n’en ferai qu’une bouchée de cette reine d’albâtre et une fois celle-ci dans mon escarcelle, à moi les sommets, j’éliminerai le roi et ce n’est pas l’autre Crazy Horse qui m’en empêchera ! Foi de fou !

jeu-echec

Un petit selfie : je suis le troisième en partant de la gauche (votre gauche)

:

Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! »

et d’une pierre deux fous, ma participation au jeu de la licorne où il fallait écrire un texte désuet avec au moins 10 de ces 20 mots :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique, moult, paltoquet, potron-minet (détourné), pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement,subodorer

 

Izo – Pascal de Duve

izo

Un jour de pluie au jardin du Luxembourg .

Le narrateur, dont on saura très peu de chose hormis son statut d’étudiant, « rencontre » un homme étrange, chapeau melon, costume noir et grosses chaussures bombées.

L’homme semble tout droit sorti de Golconde, ce tableau de Magritte. Il est une « goutte » de cet orage étrange qui a trempé Paris.

golconde

L’homme se contente de répéter ce que dit le narrateur. Il n’a pas de nom, pas de mémoire, ne maîtrise pas le langage

Le narrateur décide de prendre cet homme étrange sous son aile. Après une nuit à l’hôtel, ils se retrouvent dans Paris. Commence alors une épopée qui m’a tenue sous le charme de cet étrange Izo. En effet, dans la rue, une femme croit reconnaître l’inconnu sous le nom d’Izobretenikhoudojnika, qui signifie l’imaginaire du peintre en langue russe. L’homme au chapeau melon répondra dès lors  à ce doux nom vite transformé en Izo.

Ce qui m’a plu ?

  • Un regard naïf sur le Paris de la fin des années 80 : le métro, sa carte orange et ses tickets, les supermarchés et les étiquettes de prix, ses cafés et l’agitation des rues.
  • des coïncidences et des rencontres incroyables
  • Les tics de langage d’Izo qui finit souvent ses phrases, par oui, oui (et aussi par non, non)
  • des réflexions faussement « innocentes » d’Izo (sur l’Ayatollah Khomeini, sur l’art, sur la religion)

Si au départ Izo ne parle pas le français ni aucune langue, il est d’une prodigieux intelligence et apprend très vite : le perse, le chinois, l’arabe. La moindre balade dans un supermarché ou dans les rues devient le prétexte pour observer d’une manière nouvelle une situation très banale a la base.

Izo apprend à lire en quelques jours (avec les albums de Tintin) puis dérive rapidement vers le dictionnaire.

  • les « erreurs de langage » d’un Izo se réclamant « réfugié poétique demandant un quart de toujours » (au lieu de réfugié politique demandant une carte de séjour)

Très intelligent Izo n’en reste pas moins très naïf et ne comprend pas certains situations qui font rire le lecteur.

  • Derrière cette apparente légèreté, Izo mène une réflexion sur la mémoire, son absence de souvenirs d’enfance, et se tourne dans la religion dans l’espoir de trouver un sens à la vie, religions qu’il finira par rejeter.

La quête spirituelle prendra un tour inattendu qui m’a également beaucoup plu (même si elle est plutôt tragique)

En lisant la postface on en apprend d’ailleurs beaucoup plus sur cet Izo qui n’est que le portrait de l’auteur lui même face à un monde qui lui échappe (Pascal de Duve décèdera du sida trois ans après la parution d’Izo)

Enfin ce passage m’a parlé car il représente quelques tableaux que je connais de Magritte (j’en connais très peu alors je me dis que j’ai dû rater plein d’autres passages faisant allusion à Magritte)

Ensuite Izo écrivait que le décès d’Odile Crock n’était plus pour lui une énigme douloureuse ; il avait fini par comprendre et accepter que « comme toutes les autres choses, la vie aussi a une fin » ; que « beaucoup de gens l’oublient et trouvent que la mort est quelque chose de très grave alors que, en fait, c’est quelque chose de normal qui arrive à tout le monde ; oui ».

Dans le paragraphe suivant, il prétendait avoir trouvé « le panneau secret dans la bibliothèque des souvenirs» ; il assurait avoir pu le faire pivoter, et explorer, le temps d’un éblouissement, la vastitude de la pièce cachée, haute comme une cathédrale », avec « ses rayons d’archives sur lesquelles reposait une poussière vierge comme une première neige » ; suivait alors un récit tout à fait désopilant, évoquant une « Mer des origines, qui seule le Premier Jour avait connu un Hier », et de laquelle Izo serait sorti, « tout petit et tout ruisselant, en long manteau noir et chapeau melon assorti » ; heureusement que sur la plage, « papa et papa attendaient, très grands, en longs manteaux noirs et chapeaux melons assortis » ; il paraît aussi qu’ils « toussotaient d’aise en constatant qu’il n’y avait aucune bosse dans mon petit chapeau, qu’il ne manquait aucun bouton à mon petit manteau, et que les lacets de mes petites chaussures étaient noués comme il fallait » ; ensuite, Izo aurait grandi « dans une maison aux fenêtres éclairées » à un endroit où « l’azur de midi surplombait une éternelle obscurité de minuit » parce que « la lumière et l’ombre ne se fréquentaient pas », s’échangeant uniquement « un vent vertical où se croisaient une odeur épicée de nuit d’été et un parfum frais de matin de printemps » ; Izo confessait aussi avoir été « un enfant difficile » qui « horrifiait parfois posément papa et papa en leur disant, je crois que je vais être méchant ; oui »,  et auquel « papa et papa » racontaient alors pour l’effrayer, ce qui se passait dans le château maudit » qui était « situé sur le sommet d’un rocher accroché dans le ciel au-dessus de la Mer » ; dans une de ses salles immenses, sous un ciel menaçant, une forêt de quilles hostiles bordait une grève inquiétante sur laquelle galopait désespérément un jockey perdu, affolé de ne pas apercevoir la fin du chemin » ; dans l’espace adjacent,  « un homme venait toujours d’égorger une femme », et, avant de reprendre sa valise et son manteau et son chapeau déposés sur une chaise, « s’attardait tragiquement en plongeant rêveusement son regard dans les profondeurs d’un grand gramophone aphone », dans une troisième pièce, « des messieurs en noir n’en finissaient pas de danser avec des femmes pour les tuer d’épuisement », sur un air « macabrement muet » ;  le paysage nocturne peint à même les parois « représentait les arbres sinistres, ivres de plaisir » ; entre-temps, dans le donjon, « lové sur un divan un premier cercueil attendait lascivement le corps de la femme égorgée » ; d’autres bières en chaleur « préféraient patienter au balcon en regardant le brasillement de la Mer », par lequel d’ailleurs, les flots négociaient avec le ciel « quelque secret compromis de lumière » tout en courtisant la plage où venaient se divertir les mystères ».

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Le château de Pyrénées

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L’art de la conversation

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La mémoire

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Le jockey perdu (que vous pouvez retrouver ici)

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Etude de l’assassin menacé

En conclusion : Un auteur que je ne connaissais pas du tout (même de nom) et qui dans la postface est comparé à Queneau, Vian et Marcel Aymé (si, si)

Un coup de cœur (et si vous voulez connaître ma définition du coup de cœur , c’est un livre qu’on a envie de relire juste après avoir dévoré la dernière page)

Participation à l’agenda ironique de février organisé par Jo avec le thème « critique littéraire»

Pour qui cloche le merle – Patience Steinbock

Pour qui cloche le merle – Patience Steinbock

 Et pour voir la couverture c’est ici

Chères lectrices et chers lecteurs de ce modeste blog

Après mon aventure avec des G**gle glass que je relatais ici, j’ai voulu retenter l’expérience et commencer une lecture sur une liseuse connectée avec ce nouveau titre «Pour qui cloche le merle » de Patience Steinbock.

Un livre « lu » sur la toute nouvelle liseuse que m’a prêtée G**gle et qui devrait contenter tous les adeptes de la lecture et aussi ceux, de plus en plus nombreux, des livres audio. En effet on peut «lire» ce roman soit en mode « Total » et alors c’est Patience et sa douce voix qui raconte l’histoire, soit en mode « lecture seule avec bruitages» avec les G**gle Glass sur le nez et là le lecteur lit à son rythme et il entend les bruits de fonds. J’ai testé le mode « lecture seule avec bruitage », je m’explique : L’innovation technologique de cette liseuse est qu’elle s’adapte à la vitesse de lecture de la personne (grâce à la géolocalisation de vos yeux sur le texte au moyen des Google Glass).

Ainsi on entend via les branches des fameuses lunettes, les petits bruits d’oiseaux ou le fameux merle, on entend les cloches sonner pile au bon moment … Par exemple au moment où vous lisez cette phrase « Il tendit la main vers la mitraillette, sortit le chargeur qui était dans le magasin, en prit d’autres dans sa poche, regarda dans le canon, remit un chargeur en place, puis regarda vers le bas de la pente (1)» retentit le bruit le claquement sec d’une mitraillette que l’on recharge ajoutant une tension incroyable au récit.

Autre exemple, le bruit des cloches de l’église ponctuent crescendo l’affrontement des deux clans. Enfin, le lecteur entend arriver Justine Putet bien avant la lecture avec le grincement de ses chapelets.

Voici pour la forme.

Sur le fonds, Patience Steinbock nous emmène dans un charmant petit village  de Clochemerle. Bon jusque-là ça sent le plagiat et bien pas du tout car Patience sait renouveler le genre.  Ce roman est le deuxième que je lis dans cette nouvelle collection que j’avais présentée ici. Gallimard fusionne deux romans mais ce roman ne s’arrête pas à la fusion de « Pour qui sonne le glas » et « Clochemerle » . L’histoire est pour le moins décapante : Sans trop vous en dire, l’action passe dans un petit village imaginaire Clochemerle où on retrouve certains personnages des deux romans : certains étant pour l’installation d’une antenne sur les fameuses vespasiennes de leur village – par G**gle – et d’autres résolument contre…

Ce roman met en scène une multitude de personnages,  Patience n’en  a inventé aucun mais elle a su les mettre en valeur. Nous retrouvons donc le héros de « Pour qui sonne le glas » Robert Jordan, qui nous raconte d’un œil  ironique l’arrivée dans ce petit village de G**gle qui souhaite installer des « Gogues connectées ».

Les habitants de Clochemerle seront également divisés : ceux au sud du pont pro G**gle et ceux du Nord-antiG**- projettent même de faire sauter le pont (fallait bien mettre quelques passages de Pour qui sonne le glas…)

J’attends avec impatience le troisième opus de Patience Steinbock qui, selon des sources autorisées, bénéficierait de la technologie « olfactive » dont on dit grand bien…

Je vous remercie de votre attention 

Valentyne

 (1) Phrase tirée de Pour qui sonne le glas

:

Ma participation à l’agenda ironique de février hébergé par Jobougon avec pour thème « écriture d’un chronique littéraire »  je cite

Choisir un livre et en faire une critique littéraire.
Que vous l’ayez lu ou pas.
Qu’il existe réellement ou pas.
Qu’un livre intrus se soit glissé distraitement dans le lot.
Que vous rêviez de l’écrire, ou pas.
Ou qu’il soit, peut-être encore soigneusement conservé dans quelque bibliothèque secrète ou interdite.
Que sais-je encore…
L’idée, c’est d’écrire une critique littéraire qui donne soit envie de le lire, soit au contraire, nous en dissuade.

A l’est de Pandémonium – De Patience Steinbock

Vous vous souvenez sans doute de ce livre qui avait défrayé la chronique en 2023 « A l’est de Pandémonium » – de Patience Steinbock édité chez Galligrasseuil. Eh bien figurez vous que sort bientôt – le 10 février parait-il – le deuxième roman de cette auteure (dont l’anonymat vaut celui d’Elena Ferrante il y a un peu moins d’une dizaine d’années)
N’ayant pas pu lire ce deuxième roman ayant pour titre « Pour qui cloche le merle »  (mais je ne désespère pas), je vous enjoins de vous replonger dans le premier dont voici un bref rappel :
 :
Quatrième de couv : 
 Bakiavélite, le narrateur du premier roman de Patience Steinbock est un téléphone, mais pas n’importe quel téléphone. 
Notre héros trône dans la salle du conseil de Monsieur le Diable, à l’est de Pandémonium. 
Ce téléphone est bien entendu au top de la technologie, répondeur enregistreur, sans fil, reconnaissance des voix et tutti-quanti. Ce livre liste les requêtes passées au Diable, ses réponses, ses conseils aux belles-mères jalouses, aux enfants pas si innocents.  Les dialogues du diable,  avec les chevaliers de l’apocalypse, sur fond de galops fougueux, sont tour à tour des moments de frustrations, d’impatience et d’intenses jubilations. Les espoirs du diable par rapport à ses plans  nous sont racontés par le menu. 
Notre téléphone vit consciencieusement sa vie de téléphone, neutre et stoïque,  jusqu’au jour où il tombe amoureux de la douce voix du répondeur de Dieu (car le répondeur de Dieu est une voix de femme). Il découvre alors avec espoir et stupeur des émotions qu’il ne soupçonnait pas.  Notre héros sent qu’il est l’heure de prendre un nouveau départ, de revendiquer sa liberté, de dépasser ses forfaits et limites. Les deux complices vont trafiquer les conversations, mettre leur grain de sel, de miel  et de fiel…. .ET CHANGER LE COURS DU MONDE.
 
QUELQUES AVIS

Un roman où le désir de vivre se mélange à l’angoisse de mourir. Une gifle que nous assène Patience Steinbock ! 

Une gigantesque fresque qui ne vous laissera pas une minute de répit. 
The Phone-house
 
Vous verrez votre téléphone d’un autre oeil à partir de maintenant.  
Orange – opérateur téléphonique
 
Un livre sacrilège qu’il ne faut absolument pas lire 
L’écho des écuries – y’a même pas un vrai cheval, juste de bruits de galop.
 .
Gageons que j’ai le temps de lire le deuxième opus de Patience (couverture  ici) d’ici le 19 février, fin de l’agenda ironique de février
Recyclage d’un texte de mon ancien blog pour l’agenda ironique de février organisé par Jobougon 

Agenda ironique – foutu Espace

Tout a commencé mercredi (4 janvier).

En toute quiétude, je m’étais installée près de la cheminée pour écrire un texte pour ma participation à l’agenda ironique avec comme thème « espèces d’espaces ». Mon idée initiale était de parler des espèces protégées voire disparues qui comme les dodos voient leur espace naturel menacé par l’activité humaine. Je voulais parler du Pika des îles Tyrrhéniennes (un lagomorphe Endémique de Corse et Sardaigne, éteint au XVIIIE siècle).  Voici la première phrase : « Maître Pika sur une arbre perché tenait en son bec de lièvre un kaki ».

Soudain, mon clavier a refusé d’écrire des K (les k aussi). En même temps,  mon ordi est vieux  et c’est normal qu’à cet âge il montre des signes de fatigue. Et puis je me suis dit, « le k ce n’est pas bien grave. Je suis tout à fait capable d’écrire un texte sans k ». Il faut dire qu’en cette semaine de boulot, j’ai la cervelle qui ressemble à une quenelle trop cuite (à ne pas confondre avec « j’ai Queneau dans le cerveau ») et que j’avais envie de piocher dans les classiques.

Alors je n’allais pas faire grand cas de ce K récalcitrant.

Mon ika, faute de première lettre invisible, avait mauvaise mine et je l’ai donc remplacé par un hippocampe (allez savoir pourquoi). Mais ce n’était pas terrible « Maître Hippocampe sur un mimosa perché tenait en son bec un aki ». D’abord un hippocampe n’a pas de bec et un hippocampe sur un arbre cela n’existe pas ! Mon histoire est donc devenue « Il était une fois un hippocampe qui souhaitait devenir champion du monde de billes, mais avoir quatre pattes (ferrées qui plus est) c’est un sacré handicap pour un joueur de billes ». Là je me suis dit que je tenais enfin la quintessence d’un texte inédit, un texte philosophique sur la difficulté pour un hippocampe de se dépasser – au niveau sportif s’entend !

Jeudi, je me suis inquiétée. Plus de C, ni de c d’ailleurs. Mon début d’histoire était dure à lire avec tous ces espaces à la noix « Il était une fois un hippo ampe qui souhaitait devenir hampion du monde de billes, mais avoir quatre pattes – ferrées qui plus est – est un sa ré handi ap pour un joueur de billes »

Envolée aussi ma phrase pompée sur un auteur adoré « Adieu, veau, va hes, heval, ochon, ouvée » : trop dur à lire. J’ai donc tout recommencé. « Il était une fois un hippopotame qui souhaitait devenir athlète olympique de billes, mais avoir quatre pattes (ferrées qui plus est)   est un sacré problème pour un joueur de billes » J’ai un peu progressé sur mon texte mais ce manque de deux lettres était assez ennuyant.

Jeudi après midi, j’ai trouvé un message sur mon traitement de texte préféré. Je n’en crois toujours pas mes œillères : « Valentyne, ne pense qu’au Q, quonssentre toi, tu vas y arriver ! » avec un point d’exclamation rouge inquiétant. Là, je me suis dit « n’importe quoi ! c’est un complot, quelqu’un ne veut pas que j’écrive d’histoire d’hippopotame », mais je ne me suis pas laissée intimider et j’ai poursuivi mon texte.

Vendredi, aggravation du mal : mon traitement de texte  n’avait plus de d (qui n’est jamais qu’un « q » inversé de bas en haut, , ni de « p » qui n’est jamais qu’un « q » inversé de gauche vers droite, ni de b, qui n’est jamais qu’un « d » inversé de droite à gauche, qui lui-même est un q inversé de bas en haut.

Mon texte avait un air triste « Il était une fois un hi  o otame qui souhaitait evenir athlète olym ique de illes, mais avoir quatre attes (ferrées qui lus est)   est un sacré ro lème pour un joueur de illes »

Je me suis creusée la cervelle, j’ai mangé un peu de quinoa et j’ai réussi à réécrire « Il était une fois un rhinocéros (es èces en voie de  is arition) qui souhaitait être resquilleur (joueur de quilles ndlr), mais mouvoir aisément quatre quintaux  est une sacrée gageure pour un joueur de quilles ». Bon à cet instant T, je n’avais pas rempli mon quota de 700 mots, le jour J se rapprochait et je me voyais déjà mise aux bancs de l’agenda ironique.

Vendredi après midi, j’en étais toujours à la première phrase de mon texte et  cerise sur le gâteau, il n’y avait plus de k, de c, de d, de p et de b sur mon clavier et quand par erreur je tapais sur ces lettres il se marquait un magnifique q sur ma page.

Là j’ai réalisé que j’avais été envoûtée ou que j’étais perséqutée. Je m’en suis allée quérir, épuisée, un désenvoûtement chez une Patte, le chat qui retombe toujours sur sa patte, parce que j’en était toujours à la première phrase, vous savez celle où la rhino féroce veut devenir une star des quilles. Il m’a fait avaler une décoction aux tentacules d’encre de seiche de son encrier : un régal !!

Vousvousdemandezsûrementlasuite?Etbiendepuisledésenvoutementj’ai retrouvétoutesmestouches(sauflabarred’espace:foutuespace,rendez-vousauprochainagendaironique,jedéclareforfait).

Les mots imposés :

hippocampe, mimosa, n’importe, chat, manger, tentacule, épuiser, vert.

Je n’ai pas mis vert mais verte (ben oui dans l’auteure du billet)

Texte rapatrié de mon ancien blog (Les plumes en Q chez Asphodèle;-))  et légèrement modifié pour l’agenda