La belle Angèle

Quelques jours après qu’Angèle est partie pour sa dernière demeure, nous avons, nous aussi, été exilés, remisés, placardisés.  Nous tous, les derniers chéris de Angèle. Les gros bras de déménageurs nous ont mis sans considération dans des cartons et direction la remise au fonds du jardin. Nous étions finalement peu nombreux à avoir entouré les derniers jours de Angèle : un jeu de tarot, une poêle à frire, une bouilloire, son costume traditionnel : coiffe et tablier, un vase où meurt une verveine, un presse-purée ….un vieux cochon tire-lire, quelques livres et moi Federico, le fer à repasser. Qu’elle était belle, Angèle, jusque dans ses derniers jours, ses yeux bleus, sa douce peau ridée comme une pomme de septembre, et sa coiffe. Parce que sans fausse modestie, la coiffe d’Angèle je peux dire que c’est moi : tenez la preuve par l’image, voici Angèle le jour de ses 20 ans au début du 20ème siècle.

Vous noterez le pli fabuleux du tablier en dentelle qui tombe élégamment sur la robe de velours ornée de galons perlés, les petites ailettes de la coiffe qui mettent en valeur la nuque… (bon j’arrête là on va finir par se croire dans le bonheur des dames, le livre qu’Angèle aimait tant relire). Ouh là là…. comme j’avais bien repassé ce jour-là, tout ça pour ça ! nous voilà à la retraite, au rebut, au fonds d’un carton, inutiles….

Nous étions donc tous sur les étagères de la remise quand nous avons entendu les nouveaux arrivants investir la maison : ce fut une cavalcade telle que nous nous sommes tous regardés, effarés : forcément avec un bruit pareil, une chose était sûre : dans les nouveaux locataires de la petite maison, il devait forcément y avoir des ENFANTS !! nous tremblions de peur Ernestine et moi (j’en suis encore si retourné que j’ai oublié de vous présenter Ernestine, la bouilloire)

Pourquoi avoir peur d’enfants vous direz-vous, c’est que Angèle nous a toujours tenus éloignés des enfants : « Faites attention, disait-elle : ne vous approchez pas de Federico le fer à repasser (c’est moi) il est brûlant, ne vous approchez pas d’Ernestine elle est bouillante de thé.. je crains toujours le pire avec les petits »

Alors aujourd’hui, même si nous n’avons pas servi depuis deux mois et que nous sommes froids comme la remise, nous avons peur … non pas des enfants mais peur de leur faire mal…

Curieux, nous avons assisté à l’emménagement de la nouvelle famille : un papa, une maman, une fille à tresse en short orange et un garçon en salopette bleu (j’aime bien les shorts c’est rapide à repasser, mais je hais les salopettes : on a à peine repassé le haut que le bas est fripé …Bref vous comprendrez que j’avais un faible pour la petite fille, sa voix douce et bizarre me fait frémir)

L’après-midi, les gamins sont venus visiter la remise.

Nous tremblions encore un peu avec les amis mais finalement nous avons beaucoup apprécié de sortir de notre zone de confort …pour ma part, moi qui suis un fer incarné depuis plus de cent ans, j’ai été (dans une même après-midi de jeux et sans mentir) un paquebot sur la rivière, un vaisseau de Vampires Starwass et même j’ai été un chokeur cardiak (je ne suis pas sûr de l’orthographe, c’est la petite qui a dit cet objet là c’est un chokeur Kardiak pour réveiller ceux ki ont une krise Kardiak : elle a une drôle de façon de prononcer les mots la petite, elle ne doit pas être née dans le coin de Plougastel, « moi kan je serai grande je serai dokteur et je réveillerai les morts de krise cardiak, comme papi » a fini la petite dans un éclat de rire.

C’est à ce moment-là que nous avons entendu la voix du nouveau papa, appeler les enfants : « Angèle, Francis, à taaaable ! »

Nous nous sommes regardé avec Ernestine et avons dit dans un seul souffle : le futur docteur s’appelle Angèle…la vie recommence ….. Cela ne fait pas un pli…

.

 

Ecrit pour L’Agenda ironique qui est chez JoBougon avec comme thème « repassage et maison de retraite » et aussi pour  A vos claviers d’Estelle – 10 mots contenant le son ir (Investir / frire / frémir / mentir / rire / relire / vampire / pire / tire-lire)

Sources photos : ici, ici et

 

 

 

 

 

 

Publicités

Last minute ….. Agenda ironique

Le conte de la minute 

Il était une fois une jeune minute qui avait beaucoup d’ambition. Elle avait passé son enfance à lire : « A la recherche du temps perdu », « 24 heures dans la vie d’une femme »…, elle avait étudié la sculpture, la peinture, surtout Andy Warhol qui promettait à tous son quart d’heure de gloire. Mais quel souci a donc une minute d’accéder à un quart d’heure de gloire alors qu’elle sait pertinemment qu’elle ne va vivre que 60 secondes ?  (moins de temps que vous n’avez mis à lire jusqu’ici, mais le temps des minutes n’est pas le temps des humains)

Notre minute atteignant sa plénitude de minute adulte (fixée à 40 secondes ou aussi appelée quadragésime), elle sentait son horloge biologique la démanger. Il ne lui restait finalement que peu de temps pour passer à la postérité : ces ancêtres avaient connu leur gloire juste après leurs 40 secondes : sa grand-mère avait vécu le 22/11/1963 à Dallas à exactement 12h30’42’’ CST OU 18 h 30 min 42 ‘’ UTC, sa mère avait explosée le 11/09/2001 à 9h03 (heure de New York)…. Il ne faut cependant pas croire que la famille de notre minute soit marquée par la fatalité et les drames, par exemple sa grande sœur était présente lors de la libération de Nelson Mandela le dimanche 11 février 1990 à 15h00 (90 minutes de retard sur l’emploi du temps prévu), une aïeule s’était rendue immortelle lors du mariage de Sissi le 24 avril 1854 à 18h00.

Bref dans sa famille on était célèbre de mères en filles (les minutes se reproduisent par scissiparité depuis le mariage cité précédemment – NDA ). Papillon, ainsi était surnommée notre minute depuis son plus jeune âge, se rappelait également de ses  98 cousines, sœurs presque jumelles, qui constituaient la flotte de Pierre Desproges, jumelles plus célèbres sous leur nom de « minutes de Mr Cyclopède », championnes de la truculence et de la dérision. Sans compter aussi la tirade de son arrière grande tante Minutie, minute du procès de Louis XVI, qui avait dit « La parole est d’argent et la minute de silence est de tringueld »

Bref, la pression était énorme sur notre amie.

Papillon alla donc devant le Grand Horloger et comme le temps nous est compté, je vous passe la description et vous met juste sa dernière photo connue :

La minute expliqua alors rapidement (le temps lui était conté) son ambition.

Le grand horloger ouvrit son grand bec et lui tint à peu près ce langage :

– Si tu arrives à répondre à ces 3 énigmes, je ferais de toi la minute la plus célèbre du 21ème siècle !

La minute hocha la tête sûre d’être gagnante à ce jeu qui lui paraissait simple.

– Il n’y en a qu’un seul dans une minute, deux dans une heure et il n’y en a aucun dans un jour. Qui suis-je ? ânonna le pélican.

– Facile ! répondit la minute qui avait une répartie digne d’une cocotte (minute ?). Il s’agit du E, de la lettre E pour être précise car une minute se doit d’être précise, acheva-t-elle, essoufflée, (quincagésime la minute).

– Bravo,  dit le pélican. Plus dur maintenant : Je ne marche pas, je ne vole pas, je ne nage pas pourtant personne de peut me retenir plus d’une minute. Qui suis-je ?

– C’est digne de la maternelle, se rengorgea notre minute. Il s’agit de la respiration même si quand même quelques sportifs arrivent à retenir leur respiration plus d’une minute et…

– Ok ok !! la coupa le pélican, un peu vexé de la rapidité de cette minute insolente. Plus dur alors : Quatre personnes doivent traverser un pont en un minimum de temps. Chacune d’entre elles marche à une vitesse maximale donnée. Appelons 1, la personne qui peut traverser le pont en 1 minute, 2 celle qui le traverse en 2 minutes, 5 celle qui le fait en 5 minutes et 10 celle qui le traverse en 10 minutes. Ces quatre personnes n’ont en tout qu’une torche et il est impossible de traverser le pont sans torche. Le pont ne peut supporter que le poids de 2 personnes. Dans quel ordre doivent traverser ces quatre personnes et combien de minutes mettent elles ? (1)

Notre minute blêmit, elle avait toujours été nulle à l’école avec ces histoires de trains qui partent d’un point A et d’un point B et où il fallait trouver le point C en calculant qu’une Micheline roule à 30 km / heure (soit 0.5 km par minute) et qu’un tgv à 300 km/h (idem pour les histoires de plombiers, de robinets et de baignoire…). Elle n’aimait que les maths modernes, la trigonominuterie et tutti quanti….

Alors Papillon fit tête basse et dit humblement, « je crois que je vais finir minute de silence …. »

 

*****************************************************

(1) Bon pour la devinette, elle est facile, je vous laisse 4 heures 😊

*****************************************************

L’agenda ironique est chez Max Louis avec comme thème « le conte » et 4 mots imposés Quadragésime, tringueld, gagnant, truculence

Le conte de la minute trouve sa source d’inspiration ici 

 

Paris – 1865 – Ligne E – Vers la Madeleine

Mr Zola est monté en haut de l’impériale, sa « gazette des tribunaux » sous le bras. D’habitude, il circule à pied quand il fait un soleil comme aujourd’hui. Aujourd’hui cependant, il n’a pas le temps de se balader, il travaille. Il a l’air oisif comme cela son journal déplié, le chapeau vissé sur la tête à côté des autres messieurs. Mais il n’en est rien, il suit une vieille femme et son cabas. Elle a un profil spectaculaire la vieille dame, un peu comme un bec de canard et ce profil entraperçu chez la boulangère lui a donné envie de la suivre, voir si le bec va tenir ces promesses inspirantes. Enfin bec de canard, de foulque pour être plus précis. La vieille dame en plus d’avoir un air remplumé a une voix de corneille, rauque et aigüe par moment. Elle marmonne toute seule en bas de l’omnibus.

Il est monté quasiment au terminus, boulevard Bourdon et se demande où la sorcière va descendre. Il est décidé à en faire la première héroïne de son grand roman, l’œuvre de sa vie. Elle pourrait être le départ d’une épopée autour des années 1850.

Elle a la tête des gens qui picolent de bon matin, nez en chou-fleur, yeux dans le vague. Elle traîne aussi la patte, est-ce l’alcool ou est-ce de naissance ?  En tout cas cette femme est bien trop vraie pour faire un personnage de roman, les critiques vont dire que je « charge trop la barque » réfléchit Emile. Je vais garder la boiterie pour la fille de cette femme. Femme si on peut dire, tant il y a chez elle une présence presque animale. D’abord lui trouver un nom …

Tiens déjà l’arrêt des filles du Calvaire, très bonne idée d’ailleurs ça il faudrait que la femme ait une large descendance et pourquoi pas un petit fils qui devient abbé et qui serait déchiré entre sa vocation religieuse et l’amour d’une femme. La femme descend à Capucine, je pourrais appeler mon héroïne Capucine Foulque, ce ne serait pas mal un nom de fleur accolé à un nom d’oiseau. Ou Jacinthe, Hortense, Marguerite ou alors Azalaïs, ça me plait bien ça Azalaïs Foulque, reste à me décider sur sa descendance. Asseyons-nous un moment pour noter tout cela avant que j’oublie. Mr Zola s’installe sur un banc, le journal même pas parcouru chiffonné par le trajet, en omnibus. Emile dessine dans son carnet un semblant d’arbre généalogique avec une Azalaïs Foulque, il griffonne fébrile jusqu’au moment où sonne midi. Midi ? Il sursaute et range son carnet. Pressé, il se dirige vers le café où il a rendez-vous, il en a oublié son ami qui doit déjà l’attendre.

Le journal est oublié sur le banc.  Chiffonné, il semble pathétique. Heureusement que le temps est sec et légèrement venteux. Vent qui le remet dans un pseudo ordre. Une femme boitillante le récupère et se rend au marché.

– J’vais vous reprendre des bettes, Mame Michaud, v’là pour les emballer, dit elle en tendant le journal.

– Ben sûr, Mame Colvert, j’vous en mets une livr’ pour vous et vot p’tiote ?

**

Participation à l’agenda ironique de novembre chez Martine avec comme sujet les Rougons Macabres et chez Filigrane  où il fallait rallonger une texte de Julio Cortazar.

 

 

 

Epices au café Verlaine

J’avais donné rendez-vous à Lharissa au café Verlaine à Coupiac. Elle aurait sans nul doute accepté de me rencontrer ailleurs mais elle donnait ce jour-là un concert et j’éprouvais un besoin urgent de la voir, de l’entendre, de la sentir.

Le bistrotier leur prêtait la salle, ravi de voir son café à l’ombre de la citadelle se remplir à nouveau de rythme entrainant ; il répétait depuis le matin en boucle : « de la musique avant toute chose et pour cela préfère l’impair »

Le concert était expérimental, le groupe de Lharrissa avait voulu faire une analogie avec le Pianocktail de Vian mais au lieu d’alcools ils avaient choisi des instruments mixant chacun des épices. Lharissa, piquante liane aux cils sombres et peau cannelle,  naviguait en chaloupant entre les musiciens de son quatuorze : Gillou avec son accordéonze, Jamel D. avec son didgerodooze, et Charles XV avec son vilebrequinze…je ne connaissais pas les autres membres du groupe qui allaient et venaient en fonction de leurs disponibilités.

Assise telle Blanche-Neige au milieu de ses nains, Lharissa cala son djembé entre ses jambes longilignes et commença à tapoter sur son instrument. Là, il me faut faire une pause, pour expliquer, à mon attentif public ce qu’est un Djembé. Pour cela je nommerai mon ami Caetano (appelé ainsi en hommage au Veloso du même prénom) qui du haut de ses trois ans m’avait dit – fronçant les sourcils sur le fait que les adultes ne connaissent rien à rien – un djembé c’est un petit atabaque, et un atabaque qu’est-ce que c’est ? avais-je dit, curieux !  C’est un grand djembé sourcils refroncés – fin de la parenthèse.

La forme évasée du fût du djembé viendrait de celle du mortier à piler le grain, par conséquent le djembépices de Lharrissa représentait un retour aux sources à la culture africaine, mêlant métisses et épices, je ne pouvais rêver meilleur mélange.

Les tuyaux que Lharissa avait greffé sur son djembé était aussi discrets que peuvent l’être cinq tuyaux de diamètre 7 mm: elle m’avait dit : des tuyaux de 7 pour un cinq épices, c’est le rapport idéal : 7 comme les sept notes  de musique, les couleurs de l’arc en ciel, les jours de la semaine et les merveilles du monde….., je buvais, il faut le dire ses paroles. J’étais le modeste ingénieur qui avait installé un moulin à café dans le djembé qui recrachait par le devant une mixture écrasée du plus beau vert, musiques saccadées et  parfums enivrants.

Le morceau qu’elle jouait n’aurait pas déplu à Verlaine et Rimbaud pour leurs belles couleurs vert, camaïeu qui pouvait s’harmoniser avec un verre d’absinthe : l’échalote (la verte pas la violette), le curry vert thaï, l’anis, le matcha, la cardamome…

De ce concert je me rappelerai longtemps, gardant sur les lèvres le doux baiser de Lharissa qui me dirait plus tard « souviens toi du cinq à sept avec Lharissa au café Musique-Verlaine de Coupiac – Aveyron »

.

Participation en canon aux agendas ironiques de septembre chez Frog  et octobre chez Carnets  

 

 

 

Ps : si j’y arrive un jour, quatuorze aura sa définition dans le dico des orpherimes (ce sera le clou de girofle de ce beau dico)

 

 

Les miracles se ramassent-ils à la pelle ?

– Bon, c’est parti pour l’Agenda Ironique d’août, tu nous relis le sujet ?

– « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi ».

– Ben là, je vois pas, ce n’est pas assez précis, « ici » c’est trop vaste.

– Justement le monde entier te tend les bras en terme de miracle.

– Miracle, miracle, un brin religieux non ? partons en Italie, je me rappelle d’un miracle à San Gennaro.

– En Calabre, les gens ne croient plus à rien. Même pas au miracle. Ce n’est pas moi qui le dit mais Sandor Marai. Essaie une autre région.

– Bonne idée : Partons dans le Piémonstre, un peu plus au nord. Un miracle ça aime le frais.

– Le frais pour un miracle ! on aura tout entendu. Un miracle au frais ! comme s’il ne pouvait pas y avoir de miracle en enfer.

– Je voudrais pas vous couper la parole et faire ma chauvine : mais je viens de trouver plusieurs miracles pas loin d’ici, dans notre bon vieil hexagone.

– Raconte !

– Ben voilà : une guérison inexpliquée d’abord à Rocamadour pas loin de Cahorze dans le Lot, plusieurs miracles dans une église  à Fécamphre en Normandie rapportée par l’abbé Sauvage (j’adore le nom de cet abbé) ,  dont un assassiné ressuscité, un autre à Mont-de-Marsanve où on peut prendre un train miraculeux jusqu’au Futuroscope, un miracle à Moulinsarcle, un certain capitaine Haddock aurait vu la vierge Marie (excès de Whisky dit le journaliste), un avant- dernier en Moselle-et-Meurtre et enfin un à Villegouinfre dans l’Indre avec un certain globe de feu, miracle de saint-Martin.

– Le globe de feu ? mais c’est beau comme du Harry Potter ce que tu nous as trouvé. Des miracles anglais ?

– Pftt, la France et le Royaume Uni c’est pas assez dépaysant si on cherchait plutôt dans des contrées inconnues ?

– Oui oui bonne idée, j’ai lu une certaine histoire sur la Tour de Babelge.

– C’est où Babelge ?

Carnets a dit entre Blanquenberge et Eupen, Arlon, Merelbecke ou Audenarde, et aussi Ottignies et Vieux-Sart.

– Ouais pas mal, dans  ce coin là, j’ai trouvé une « cream Instantly Ageless » : un produit anti-ride  »miracle », vous ne trouvez pas que je devrais en mettre de l’anti-ride ?

– Et l’Asie, vous avez pensé aux miracles en Asie : Bangkdogme et le miracle économique thailandais ?

– Bon, avec toutes ces digressions on n’a pas le début d’une piste pour l’agenda d’août.

– Ben si, que te faut-il ? on a recensé pas mal de miracles ici ou là.

– Et même des miracles dans des lieux qui n’existent pas.

– C’est le miracle d’internet.

– Oui ok, on a recensé pas mal de miracles ici ou là. Mais Internet est-ce ICI ?

.**

Pour l’agenda ironique hébergé par Laurence qui nous propose cette phrase « Raconte, raconte tous les miracles qu’il y a eu ici aussi », une citation tirée du roman Jules et Jim de Henri-Pierre Roché et pour le dictionnaire des Orpherimes chez  Carnets Paresseux   et chez Gromerule Néphron, vous aurez remarqué (ou pas) : Piémonstre, Cahorze, Fécamphre, Bangkdogme, Moselle-et-Meurtre, Villegouinfre, Mont-de-Marsanve, Moulinsarcle et l’inénarrable Tour de Babelge, noms propres rimant avec certains des mots sans rime : amphre, dogme, belge, sépulcre, meurtre, bulbe, clephte, goinfre, humble, monstre, muscle, pauvre, quatorze, quinze, sanve, sarcle, simple, tertre et verste.

 

Agenda ironique Août 2016 (avec un an de retard, si si)

Au pays des Points Cardinaux, le paisible petit peuple des Minuscules est retenu en otage par l’arrogant peuple des Majuscules. Son minuterritoire est cerné, de toutes parts par ESON, le chef du majuterritoire : il a placé en faction, à tous les points de fuite – à l’est, au sud, à l’ouest, au nord -, ses redoutables et impitoyables lieutenants, malabars homologues des Tom-pouces. Pourtant les Minuscules vont réussir à s’échapper de cette géhenne en empruntant des directions détournées : ensemble, ils ont composé un récit qui a convaincu ESON de leur rendre la liberté.

Comment y sont-ils parvenus ?

 

Nous devrons reconstituer ce récit (cohérent et persuasif), en vingt-six phrases, pas une de plus, pas une de moins. Chaque phrase commencera par chacune des lettres de l’alphabet, dans l’ordre abécédaire. Elle indiquera aussi la direction empruntée par l’audacieux minuscule. Et, voici que ça se corse, selon le principe OuLiPien lipogrammien (1), cette même lettre sera absente du reste de la phrase.

 

 

Artur, minuscule chez les minuscules, fut nommé illico presto fondé de pouvoir pour convertir le despote et prit un porte-voix pour qu’ESON l’entende.

 

Bazar l’infineztésimal, minuscule ainsi nommé pour son nez qui était à mi-chemin entre un nez de musaraigne et le nez d’un certain éléphant à costume vert, parent éloigné, lui soufflait les idées des autres : alterner flatterie et ironie devrait porter des fruits rapidement, pensaient les Minuscules.

– Cher sire ESON, débuta Artur de sa voix insignifiante, à peine amplifiée par le mégaphone, laissez-nous sortir de notre minuterritoire, nous pourrions aller jusqu’à la mer et vous rapporter du Krill, repas frugal qui nourrit tant de baleines ; nul doute qu’un tel régime vous irai bien au teint !

– Diantre ! fustigea ESON, on essaie de m’acheter, moi Timonier géant ès Majuscules ?

– Eh non, nous connaissons tous l’irritation à tous traits d’achats, compromissions, subtilisation du pouvoir à ton profit !

– Fichtre ! moi compromis, subtilisateur ? on aura tout entendu ! rugit ESON, qui de rage s’étrangle, et tousse si fort que sa splendide couronne – avec ESON en lettres capitales – en perd son E et devient SON.

– Garjeantua n’aurait pas mieux administré notre pays, une main de fer dans une moufle de velours, poursuivit Artur, faisant semblant de ne pas avoir remarqué la perte de la lettre couronnée. …

– Hurluberlus, morigéna ESON, rouge d’apoplexie, en s’avançant d’un pas vers Artur et Bazar, les porte-paroles des Minuscules, son immense armée sur les talons.

– Ignorez-vous que Madame Syntaxe, majesté du pays attenant au nôtre, songe à vous donner le rang de « grand Pourfendeur de la Majuscule et de Navarre » ?

– Jocrisses, vous dites que cette Reine d’Italique – car quel pays attenant au nôtre est gouverné par une femme ? -, veut m’anoblir ? ceci a vraisemblablement pour but de m’attirer loin de la frontière, me croyez-vous né de la dernière pluie ?

– Kaway notre voisin de l’ouest sera présent à cette cérémonie en parlant de pluie, renchérit Artur qui, épuisé de tant d’arguments, passa le porte-voix à Bazar qui ajouta : « La cérémonie se tiendra à Grasse, la capitale de l’Italique »

– Microcéphales, Nyctalopes et tutti quanti. Si vous croyez que je vais fléchir devant une ruse aussi vile…

– Niet, vous êtes trop rusé pour vous faire avoir comme cela, s’écria Bazar. Il serait dommage que vous ratiez ce gala de rois, d’ailleurs votre diadème fera pâlir de jalousie les hôtes de ces rois.

– Ophicléides dénaturés, ceci est un air de pipeau, que dis-je, de flute traversière, de vuvuzela, de tuba wagnérien.

– Partant dans une quinte de toux –SON à qui il manquait déjà son E – s’étouffa une deuxième fois et sa couronne vit s’envoler alors sa deuxième lettre le O ; rouge et essoufflé, S N une fois encore ne remarqua rien.

– Que le démon de Midi nous broie menu avec de l’ail et des fines herbes si nous te mentons cher Maître : nos voisins veulent réellement te distinguer comme un être suprême, souffla Bazar.

– Rhizopodes minuscules, savez-vous que moi seul connait le lieu de domicile du démon de Midi ?

– Sûrement Votre Royauté, cependant le démon vient de déménager, mentit de façon éhontée, Artur, revigoré d’avoir trouvé un point faible chez le dictateur.

– Tu crois que je vais gober que le Midi a déménagé ? s’esclaffa N qui, mal remis de ces deux accès de faiblesse, ne remarqua pas que le S de sa couronne roulait sur le sol près des E – O.

– Un effort encore, on y est bientôt, chantonnèrent les petits êtres amis de Bazar.

– Wisigoths ! essaya encore de rugir N qui était, il faut bien le dire, au nord de l’épuisement.

– Xylophones aphones ? suggéra Artur pour le titiller.

– Yukulélés lénifiants ? renchérit Bazar tout émoustillé.

– Zinzins,  je capitule, s’écria N dans une ultime convulsion, Artur et ses amis dansant autour de lui, et célébrant le rétablissement de la liberté dans le minuterritoire.

 

 

Agenda ironique d’août 2016 organisé par Martine

 

 

 

Perte et apesanteur

Ce mois ci, l’agenda ironique est chez Josephine : je suis en train de peaufiner mon idée (en une phrase !! ) ; En attendant, je recycle ce texte de 2012 sur une certaine perte …en plusieurs phrases…

:

Ce matin, je n’ai pas senti tout de suite qu’il y avait un loup. J’étais tranquillement sous ma couette, hésitant à me lever. Le chant des mésanges me berçait doucement. Pour la première fois depuis dix jours, je me sentais légère comme une plume, je n’avais plus les jambes gonflées, les paupières lourdes, ni le cœur gros, impatient. Au dessus de ma tête, je ne voyais que le grand vélux occupant la moitié de la soupente qui me sert de chambre. Le ciel est parsemé de quelques traces d’avion, de belles lignes blanches bien parallèles et d’autres perpendiculaires, comme des lignes blanches d’un terrain de tennis, repeintes  avant le début d’un match.

Rien d’autre à part moi, le ciel, une bosse dans le lit à côté de moi qui indique que Bertrand n’est pas encore parti travailler et les mésanges. Un coup d’œil sur le réveil indique 8H00, tout va bien. L’important le matin, pour bien démarrer la journée, c’est la PREPARATION psychologique. C’est important la psychologie avant de mettre le pied par terre !

Après un quart d’heure de fainéantise bien méritée – cela fait quand même plusieurs semaines que je ne vais pas au boulot – je me suis enfin décidée à émerger du lit. J’avais besoin d’un petit déjeuner roboratif (c’est comme cela que me parle mon médecin alors je replace le vocabulaire qu’il m’apprend).  « jus de pomme, deux tartines beurre-confiture, surtout pas de café » a-t-il dit « cela vous mets sur les nerfs » !

Et c’est là que les choses se sont corsées !

En posant le pied par terre, je n’ai rencontré que le vide, au lieu du parquet flottant qu’il y a d’habitude à cet endroit ; le vide, nada  et c’est là que tout a basculé. Je voyais très bien le plancher qui était juste en dessous de mon lit comme d’hab, le problème ne venait pas de mon environnement mais de ma petite personne, (enfin petite c’est vite dit 1 mètre 70 et 75 kilos m’a dit la balance hier)  : je flottais ! dans l’air, je tiens à le préciser, pas dans les vapeurs d’alcool : je n’ai pas bu une goutte de quoi que ce soit plus fort que du jus de pomme depuis huit mois, je retombe en enfance !

Je tiens à préciser, que d’habitude, j’ai les pieds sur terre. Enfant,  âgée  de 8 ans à peine, ma mère disait de moi, que j’avais du plomb dans la cervelle, c’est dire ! Je suis une fille pratique, j’ai été élevée à la ferme : je n’ai jamais tourné de l’œil quand mes grands parents saignaient le chapon, j’ai su très tôt comment les bébés venaient au monde en observant les chats de la grange …    Mes connaissances de ce monde viennent plus de l’observation que des livres qui me tombent des mains dès que j’en ouvre un.

En moins de temps qu’il n’en faut pour le dire, je me suis donc retrouvée le visage collé au Velux à deux mètres cinquante du sol, Et là, je peux vous dire deux choses : d’abord le réchauffement climatique c’est une vaste fumisterie car le Vélux était GLACIAL, et l’autre que la vue de ma chambre en hauteur est magnifique. Voyant ma chambre comme je ne l’avais encore jamais regardé, les objets me paraissaient ridicules vus de là ! mon téléphone avait la taille d’une boite d’allumettes. Bon d’accord je n’avais pas pris le temps de mettre mes lunettes, mais quand même ! Le catalogue de jouets oublié par mon neveu la semaine dernière formait des taches de couleurs psychédéliques avec des barbouillages du même neveu.

Je me suis agrippée à la poignée du Velux et tout doucement, je me suis rapprochée en rampant, de l’armoire. Là, j’ai ris – non pas de me voir si belle dans mon vélux – mais du comique de la situation : je rampais au plafond, comme une baudruche remplie d’air.

Purée, que de poussière au dessus de l’armoire !!! L’armoire, c’est le seul objet que je voyais comme moyen de locomotion pour retourner sur le plancher des vaches.

Là dans ce contexte peu banal, j’ai soudain eu une révélation : j’avais réussi à ramper au plafond à plus de deux mètres du sol, sans ressentir le moindre vertige. Vraiment ce n’était pas banal ce phénomène d’apesanteur. Le mot m’est venu naturellement car si je vous ai dit, pas plus tard qu’il y a cinq minutes, que je lis peu, je connais mes classiques de Tintin par cœur et dans « On a marché sur la lune », on en parle de l’apesanteur et c’est exactement ce que je suis en train de vivre….une perte totale de mes repères : haut, bas, droite, gauche…

Moi, Béatrice Duchemin, je suis une tintinophile avertie, et je me dis que cela ne va pas durer, quelqu’un va appuyer sur la manette et je vais me fracasser au sol comme les Dupont et Dupond.

Je ne vais pas m’appesantir sur cette découverte, ce n’est pas mon genre de sangloter en vidant une boite de mouchoirs en papier, en attendant les pompiers. Et d’ailleurs qui aurait averti les pompiers ? Bertrand ? non il ronfle du sommeil du juste et ne m’a pas entendu faire la montgolfière !

Suis-je la seule dans ce cas là ? à flotter dans les airs à défaut de flotter dans mes vêtements. ?

Je suis une fille terre à terre, c’est pas à moi que l’on va faire avaler des couleuvres, il y a un truc ! forcément, ce n’est pas possible autrement, il y a un caméra cachée quelque part, c’est encore un coup de Bertrand, et  patin et couffin…. Ils vont bientôt tous sortir du placard en criant « surprise »

J’en suis là dans mes réflexions, toujours à me raccrocher à mon armoire normande, les pieds en l’air. IL faut que je retourne là haut dans le Velux pour voir ce qui ce passe dans la rue, voir si les autres gens du quartier sont touchés par cette apesantite aigüe. Bertrand n’est pas touché lui mais cela ne veut rien dire :  je suis devenue « apesantée » en sortant de sous la couette. Avant il n’y avait aucun symptôme.

Dehors, tout est normal : le grillage du jardin est à sa place, les arbres dans l’allée sont solidement rattachés au sol avec leur racines, le coq remue sa caroncule – encore un mot que m’a appris Bertrand, il est fort mon chéri, tout cela pour parler de la crête du coq. Et là j’ai entendu la voix de Bertrand, paniquée. D’habitude sa voix  est délicieuse, veloutée, admirative. Mais là il avait l’air stressé (par mon ascension céleste imprévue ?). Sa voix était tranchante comme la lame d’un couteau.

Et là le retour à la réalité a été très rude, j’ai atterri sur mon lit comme la baleine échouée que je suis depuis trois mois. Plouch ! a fait la baleine.

« Mince, Béatrice,  tu n’as rien senti ? le lit est trempé, il faut partir de suite à la maternité. tu as perdu les eaux !»

 

Texte de 2012 récupéré de mon ancien blog (au cas où je n’arriverai pas à finaliser mon idée pour l’agenda ironique)

Nichoir

le sonnet caché dans le texte pour l’agenda ironique

Nichoirs

 

Le printemps maladif a chassé tristement
La lune, large et pâle, qui semble se hâter.
Je veux aimer pour vivre et vivre pour aimer,
Sur le chemin du bord du fleuve lentement

Tu es venu me dire que l’Amour est devant
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
Est-ce le frêle moineau assis en souverain !
Reviens sur mon balcon, recommence ton chant

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Voici dans le gazon les corolles ouvertes,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Devant toi et moi, une assemblée de fées vertes
Tous sourires ; qui du printemps fêtent le réveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

 

les emprunts sont ici

http://www.poetica.fr/poeme-145/stephane-mallarme-renouveau/#

http://www.poetica.fr/poeme-231/elodie-santos-oiseau-de-printemps/

http://www.poetica.fr/poeme-781/guillaume-apollinaire-mai/

http://www.poetica.fr/poeme-3286/auguste-lacaussade-les-soleils-de-mai/

http://www.poetica.fr/poeme-207/guy-de-maupassant-nuit-de-neige/

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/theodore_de_banville/premier_soleil.html

 

Nichoir

Je ne suis qu’une maison minuscule, bâtie par les hommes pour leurs petits amis. Maison aérienne pour amis aériens. Ils m’ont fait à l’image de leur maison à eux ces bipèdes facétieux : un toit, 4 murs, une porte entrouverte. Mes hôtes n’ont qu’à pousser la minuscule porte et je les garde à l’abri du vent, de la pluie. Les humains m’ont appelé « nichoir », cela me plait de les contempler d’en haut.
Cette année le printemps maladif a chassé tristement les giboulées de février.
La lune, large et pâle, qui semble se hâter vers son rendez vous avec le soleil entonne un petit chant guilleret : « Je veux aimer pour vivre et vivre pour aimer ».
Sur le chemin du bord du fleuve lentement, les petits enfants remontent l’allée avec leurs jumelles autour du cou, la mamie les a bien sermonnés : il ne faut pas effrayer rouge-gorges, mésanges et pinsons. Elle chantonne « Tu es venu me dire que l’Amour est devant, pourquoi, comment ? ». Et moi, pauvre bâtisse fragile dans l’arbre, je les observe se poser toutes ces questions : Qui donc a fait pleurer les saules riverains ? Est-ce le frêle moineau assis en souverain ? Ils y vont forts ces humains à accuser ainsi un moineau ! comment un oiseau pourrait-il faire pleurer un saule ? c’est comme si je vous disais qu’une hirondelle pouvait faire le printemps …ne t’en va pas moineau : Reviens sur mon balcon, recommence ton chant
L’arbre dans lequel ils m’ont installé ploie sous le poids de grappes mauves et odorantes
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las, en rêve je tombe dans l’herbe gorgée de rosée : Voici dans le gazon les corolles ouvertes, je me prends à vouloir bouger, fragile roulotte sans destrier, mordant la terre chaude où poussent les lilas.
L’autre nichoir dans l’arbre voisin est resté perché, fier dans sa transparence ensoleillée :
Devant toi et moi, une assemblée de fées vertes s’est réunie, pépiant et racontant l’ivresse de l’air et de la pluie ; un arc en ciel est né ce matin, après l’orage qui m’a délogé. Plancher sur la terre, je m’enivre du chant des oiseaux, et des enfants, qui rayonnent tous sourires ; qui du printemps fêtent le réveil. Il ne faudra pas surtout que j’oublie, si un jour je remonte dans mon arbre entouré de tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil, non il ne faudra pas que j’oublie que dans mon nom « nichoir », il y a choir.

!

Ma participation à l’agenda ironique de juin hébergé par Clémentine 

Mais si les objets, à leur tour, parlaient… de nous ? Imaginez la verve d’une lampe, d’une assiette ou d’une vieille godasse et son regard posé sur les humains que nous sommes.

L’ironie est, comme toujours, un ingrédient fortement conseillé !

Une petite contrainte pour la route? Vous devrez glisser à l’intérieur d’un texte en prose plusieurs alexandrins disséminés ça et là, mais qui, mis les uns à la suite des autres, formeront un poème en rimes plates, croisées ou embrassées.

Il y a dans ce texte en prose un sonnet caché : le trouverez vous ? (publication jeudi prochain parce que le jeudi c’est Poésie)

Anaphrases musiquées ou musiques anaphrasées ?

 

Source photo

Bonjour à tous chers auditeurs,
Nous recevons aujourd’hui le groupe de rock alternatif : les Bidons snobs
Pour ceux qui ne les connaîtraient pas nous avons de gauche à droite : Bison Ravi (batterie de cuisine), Rauque Anonyme (à la voix off course), Avida Dollars à l’air-guitar, Marguerite de Crayoncour aux crayons, Anna Coluth au luth, et la toujours aussi timide Carli Bruna aux choeurs.
Ils vont nous interpréter leur nouvel opus : « quelqu’un m’a dit »

Carli Bruna : (fredonnant)

On me dit que notre prose n’apporte aucun repos,
Que notre avenir n’est qu’un navire sans bosco.
On me dit que les images dans l’écran nacré ne sont que fausses magies
Pourtant quelqu’un m’a dit
Qu’une étreinte fait figure d’éternité,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’aimer encore.
Serait-ce possible alors?

Bison Ravi (grave)
Alors là ça ne va pas du tout on avait dit que les paroles seraient différentes, je bois :
On me dit que la police ne jure que par la picole
Que nos voyages vers les îles seront couronnés d’ananas et de goyaves .
On me dit que les minuteries dans l’écran nacré ne sont que mutineries
Pourtant quelqu’un m’a dit
Que la station Opéra peut devenir station Apéro ,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’enivrer encore.
Serait-ce possible alors que le métro amer devienne une rame morte ?
Serait-ce possible alors ?

Rauque Anonyme :

Mais ça va pas du tout les gars, on avait dit des propos concrets pour nos concerts, c’est quoi ces images à la mort-moi-l-n’œuf, des paroles qui n’ont aucun rythme encore moins du logarithme n’est pas rien ou de l’algorithme. On avait dit que le refrain serait « si tu t’imagines que quelqu’un m’a dit »

Avida Dollars : Je suis d’accord avec Rauque ma voisine
Il faut revoir nos chansons, notre crédo devrait être la Turbulence, la turbulence qui permet d’enculbuter les nantis. A bas le respect ! A quoi ça sert l’amour ?   Marguerite ton avis ?

Marguerite des Crayons : Je suis pour une reprise de la Souche : « j’suis bidon »

J’suis qu’une meuf à rime,  Bourrée d’aspirine
And I just go with my friend parisien, un pseudo émir
J’suis bidon. J’suis bidon

Valentyne : Désolée pour ce contretemps, chers auditeurs laissons donc les Bidons Snobs peaufiner leur futur programme ! A vous les studios !!!

 

Ma participation à l’agenda ironique de mai avec le thème défini par Alphonsine

et Marianne Slavan des Heures Dilettantes : « Ecrire avec en fonds sonore de « Quelqu’un m’a dit » de Carla Bruni et insérer 5 titres de chansons.

Et le thème de mai de la Licorne : Anaphrases où il faut écrire un texte
qui comprendra au moins cinq anaphrases ( une phrase qui contient plusieurs anagrammes …). Il y a 14 anaphrases à trouver et aussi les anagrammes des chanteurs du groupe 🙂