Nichoir

le sonnet caché dans le texte pour l’agenda ironique

Nichoirs

 

Le printemps maladif a chassé tristement
La lune, large et pâle, qui semble se hâter.
Je veux aimer pour vivre et vivre pour aimer,
Sur le chemin du bord du fleuve lentement

Tu es venu me dire que l’Amour est devant
Qui donc a fait pleurer les saules riverains ?
Est-ce le frêle moineau assis en souverain !
Reviens sur mon balcon, recommence ton chant

Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las,
Voici dans le gazon les corolles ouvertes,
Mordant la terre chaude où poussent les lilas,

Devant toi et moi, une assemblée de fées vertes
Tous sourires ; qui du printemps fêtent le réveil
De tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil.

 

les emprunts sont ici

http://www.poetica.fr/poeme-145/stephane-mallarme-renouveau/#

http://www.poetica.fr/poeme-231/elodie-santos-oiseau-de-printemps/

http://www.poetica.fr/poeme-781/guillaume-apollinaire-mai/

http://www.poetica.fr/poeme-3286/auguste-lacaussade-les-soleils-de-mai/

http://www.poetica.fr/poeme-207/guy-de-maupassant-nuit-de-neige/

http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/theodore_de_banville/premier_soleil.html

 

Nichoir

Je ne suis qu’une maison minuscule, bâtie par les hommes pour leurs petits amis. Maison aérienne pour amis aériens. Ils m’ont fait à l’image de leur maison à eux ces bipèdes facétieux : un toit, 4 murs, une porte entrouverte. Mes hôtes n’ont qu’à pousser la minuscule porte et je les garde à l’abri du vent, de la pluie. Les humains m’ont appelé « nichoir », cela me plait de les contempler d’en haut.
Cette année le printemps maladif a chassé tristement les giboulées de février.
La lune, large et pâle, qui semble se hâter vers son rendez vous avec le soleil entonne un petit chant guilleret : « Je veux aimer pour vivre et vivre pour aimer ».
Sur le chemin du bord du fleuve lentement, les petits enfants remontent l’allée avec leurs jumelles autour du cou, la mamie les a bien sermonnés : il ne faut pas effrayer rouge-gorges, mésanges et pinsons. Elle chantonne « Tu es venu me dire que l’Amour est devant, pourquoi, comment ? ». Et moi, pauvre bâtisse fragile dans l’arbre, je les observe se poser toutes ces questions : Qui donc a fait pleurer les saules riverains ? Est-ce le frêle moineau assis en souverain ? Ils y vont forts ces humains à accuser ainsi un moineau ! comment un oiseau pourrait-il faire pleurer un saule ? c’est comme si je vous disais qu’une hirondelle pouvait faire le printemps …ne t’en va pas moineau : Reviens sur mon balcon, recommence ton chant
L’arbre dans lequel ils m’ont installé ploie sous le poids de grappes mauves et odorantes
Puis je tombe énervé de parfums d’arbres, las, en rêve je tombe dans l’herbe gorgée de rosée : Voici dans le gazon les corolles ouvertes, je me prends à vouloir bouger, fragile roulotte sans destrier, mordant la terre chaude où poussent les lilas.
L’autre nichoir dans l’arbre voisin est resté perché, fier dans sa transparence ensoleillée :
Devant toi et moi, une assemblée de fées vertes s’est réunie, pépiant et racontant l’ivresse de l’air et de la pluie ; un arc en ciel est né ce matin, après l’orage qui m’a délogé. Plancher sur la terre, je m’enivre du chant des oiseaux, et des enfants, qui rayonnent tous sourires ; qui du printemps fêtent le réveil. Il ne faudra pas surtout que j’oublie, si un jour je remonte dans mon arbre entouré de tant d’oiseaux en fleur gazouillant au soleil, non il ne faudra pas que j’oublie que dans mon nom « nichoir », il y a choir.

!

Ma participation à l’agenda ironique de juin hébergé par Clémentine 

Mais si les objets, à leur tour, parlaient… de nous ? Imaginez la verve d’une lampe, d’une assiette ou d’une vieille godasse et son regard posé sur les humains que nous sommes.

L’ironie est, comme toujours, un ingrédient fortement conseillé !

Une petite contrainte pour la route? Vous devrez glisser à l’intérieur d’un texte en prose plusieurs alexandrins disséminés ça et là, mais qui, mis les uns à la suite des autres, formeront un poème en rimes plates, croisées ou embrassées.

Il y a dans ce texte en prose un sonnet caché : le trouverez vous ? (publication jeudi prochain parce que le jeudi c’est Poésie)

Anaphrases musiquées ou musiques anaphrasées ?

 

Source photo

Bonjour à tous chers auditeurs,
Nous recevons aujourd’hui le groupe de rock alternatif : les Bidons snobs
Pour ceux qui ne les connaîtraient pas nous avons de gauche à droite : Bison Ravi (batterie de cuisine), Rauque Anonyme (à la voix off course), Avida Dollars à l’air-guitar, Marguerite de Crayoncour aux crayons, Anna Coluth au luth, et la toujours aussi timide Carli Bruna aux choeurs.
Ils vont nous interpréter leur nouvel opus : « quelqu’un m’a dit »

Carli Bruna : (fredonnant)

On me dit que notre prose n’apporte aucun repos,
Que notre avenir n’est qu’un navire sans bosco.
On me dit que les images dans l’écran nacré ne sont que fausses magies
Pourtant quelqu’un m’a dit
Qu’une étreinte fait figure d’éternité,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’aimer encore.
Serait-ce possible alors?

Bison Ravi (grave)
Alors là ça ne va pas du tout on avait dit que les paroles seraient différentes, je bois :
On me dit que la police ne jure que par la picole
Que nos voyages vers les îles seront couronnés d’ananas et de goyaves .
On me dit que les minuteries dans l’écran nacré ne sont que mutineries
Pourtant quelqu’un m’a dit
Que la station Opéra peut devenir station Apéro ,
C’est quelqu’un qui m’a dit que l’on peut s’enivrer encore.
Serait-ce possible alors que le métro amer devienne une rame morte ?
Serait-ce possible alors ?

Rauque Anonyme :

Mais ça va pas du tout les gars, on avait dit des propos concrets pour nos concerts, c’est quoi ces images à la mort-moi-l-n’œuf, des paroles qui n’ont aucun rythme encore moins du logarithme n’est pas rien ou de l’algorithme. On avait dit que le refrain serait « si tu t’imagines que quelqu’un m’a dit »

Avida Dollars : Je suis d’accord avec Rauque ma voisine
Il faut revoir nos chansons, notre crédo devrait être la Turbulence, la turbulence qui permet d’enculbuter les nantis. A bas le respect ! A quoi ça sert l’amour ?   Marguerite ton avis ?

Marguerite des Crayons : Je suis pour une reprise de la Souche : « j’suis bidon »

J’suis qu’une meuf à rime,  Bourrée d’aspirine
And I just go with my friend parisien, un pseudo émir
J’suis bidon. J’suis bidon

Valentyne : Désolée pour ce contretemps, chers auditeurs laissons donc les Bidons Snobs peaufiner leur futur programme ! A vous les studios !!!

 

Ma participation à l’agenda ironique de mai avec le thème défini par Alphonsine

et Marianne Slavan des Heures Dilettantes : « Ecrire avec en fonds sonore de « Quelqu’un m’a dit » de Carla Bruni et insérer 5 titres de chansons.

Et le thème de mai de la Licorne : Anaphrases où il faut écrire un texte
qui comprendra au moins cinq anaphrases ( une phrase qui contient plusieurs anagrammes …). Il y a 14 anaphrases à trouver et aussi les anagrammes des chanteurs du groupe 🙂

Maudit…

Chez Supergaufrette : Source photo

Nous devisions tranquillement, ma sœur et moi, quand Martine publia ici le thème de l’agenda ironique d’avril ; par nous je veux dire : moi Palagie et ma sœur Palatigne. Le sujet était la mer, les embarcations et les embruns. J’adore naviguer sur les mers interdites et accoster les rivages barbares…. J’ai navigué à travers bien des bibliothèques et j’ai vogué sur les océans…mais là je dois dire que nous avions décroché un pompom (de marin)

Dans un sursaut avant le 22 avril, Valentyne nous sortit à nouveau, nous ses deux PAL jumelles, constituées de tous les livres qu’elle souhaite lire ou relire. Par je ne sais quel malencontreux vent bientôt nous ne fûmes plus d’une pièce mais multitude : que s’était il passé ? nous ne pouvons le dire avec certitude !

Peut-être Valentyne  eut-elle un ras-le-hors-bord dont elle est coutumière. Peut être fut elle prise dans un courant littéraire qui l’emporta ! Peut-être se prit elle de plein fouet une phrase des « vagues » de Virginia Wolf …  nul ne le sait ! En tout cas le résultat fut là : nous éparpillées sur le sol, Valentyne échouée sur la tranche et répétant en boucle : je suis complétement schlass, la schlassitude me guette.

De notre aventure il ne me reste que quelques flashs : Le vent commençait à hurler, les livres entrechoquaient leurs pages ; leur grain Velin rugissait, sautait, craquait autour de nous comme un feu blanc sur la prairie, un feu dans lequel nous brûlions sans être consumés, immortels dans la gueule même de la mort ! Nous appelions en vain les autres carnets, livres de poche et best-sellers. Autant valait hurler dans la cheminée d’une fournaise que de héler les copains dans un tel orage. Cependant les nuages volants, l’écume de l’encre devenaient encore plus noirs avec la nuit qui tombait ; il n’y avait aucun indice des murs du salon.

Nul doute que ce désastre devait être dû à un monstre, pour le moins de la taille de Moby Dick ou du K, un monstre qui se cachait aussi dans les profondeurs des pages et sa force colossale et sa ruse démoniaque. Le K est un poisson de très grande taille, affreux à voir et extrêmement rare. Selon les mers et les riverains, il est indifféremment appelé kolomber, kahloubrha, kalonga, kalu, kalitude, balu, chalung-gra. Les naturalistes, fait étrange, l’ignorent. Quelques-uns, même, soutiennent qu’il n’existe pas…

Valentyne, minuscule sur cette mer de livre, essayait d’harenguer une foule de playmobil pour qu’ils viennent à sa rescousse ; elle criait : «  Allons, nagez, nagez, de grâce ! Peu importe le soufre, les diables sont assez bons bougres. Bon, voilà qui va bien, c’est un coup qui vaut ses mille livres, c’est un coup qui ramasse les enjeux ! »

Éparpillées mais plein de combattitude, ma sœur et moi essayâmes de ramener Valentyne de sa dérive sémantique. Le coeur lourd, nous poussâmes trois hourras et, pareils au destin, nous plongeâmes aveuglément dans la solitude océane. Tous nos efforts furent vains : Regarde la marée montante qui est en train de tout submerger. De quoi est-elle faite ? De chansons, de chansonnettes, de paroliers, de musiquette… bref d’une marchandise d’usage courant.

Sur ce champ de bataille, un de ceux dont personne ne se souvient , là-bas, à la page 47 de l’atlas où il y a une grande tâche jaunâtre avec quelques noms contenant beaucoup de h, éparpillés çà et là, on a trouvé l’autre jour, lors d’un sondage effectué en vue d’une éventuelle prospection géologique, on a trouvé donc un génie. Le génie de la petite sirène ? me demandai-je..

Pour se sortir de ce mauvais pas Valentyne essayait d’éponger des larmes de fonds mais elle buvait la tasse tant et plus que je l’ai cru perdue : elle eut alors une idée de génitude : voyant les similitudes de son odyssée avec celle de Moby Dick, elle se contorsionna pour libérer les baleines de son soutien-gorge …cependant nous ne connûmes pas la suite : le Maudit Bic de Valentyne avait perdu toute son ancre…

680 mots pour l’agenda ironique d’avril

Les extraits (légèrement modifiés)

Moby Dick

Le vent commençait à hurler, les vagues entrechoquaient leurs boucliers ; le grain rugissait, sautait, craquait autour de nous comme un feu blanc sur la prairie, un feu dans lequel nous brûlions sans être consumés, immortels dans la gueule même de la mort ! Nous appelions en vain les autres canots. Autant valait hurler dans la cheminée d’une fournaise que de héler les bateaux dans un tel orage. Cependant les nuages volants, l’écume et le brouillard devenaient encore plus noirs avec la nuit qui tombait ; il n’y avait aucun indice du vaisseau. La mer rageuse empêchait tous les essais que nous faisions pour écoper.

En parfaite harmonie avec la houle, Moby Dick poursuivait sa course, serein, dérobant au regard humain son corps criblé de harpons et l’horreur de sa terrible mâchoire. Il cachait aussi dans les profondeurs de l’eau et sa force colossale et sa ruse démoniaque.

Allons, nagez, nagez, de grâce ! Peu importe le soufre, les diables sont assez bons bougres. Bon, voilà qui va bien, c’est un coup qui vaut ses mille livres, c’est un coup qui ramasse les enjeux !
Le coeur lourd, nous poussâmes trois hourras et, pareils au destin, nous plongeâmes aveuglément dans la solitude océane.

J’adore naviguer sur les mers interdites et accoster les rivages barbares.

J’ai navigué à travers bien des bibliothèques et j’ai vogué sur les océans.

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Le K Dino Buzatti

Littérature, art ?… tout ça c’est des grands mots..,, Mais l’art au jour d’aujourd’hui ne peut être qu’une denrée, comme un bifteck, un parfum, un litre de vin. De quel art s’occupent les gens ? Regarde la marée montante qui est en train de tout submerger. De quoi est-elle faite ? De chansons, de chansonnettes, de paroliers, de musiquette… bref d’une marchandise d’usage courant. Voilà la gloire. Tu as beau écrire, toi, des romans très intelligents et même géniaux, le dernier des yéyés t’écrasera sous le poids de ses triomphes. Le public va droit au solide, à ce qui lui donne un plaisir matériel, palpable, immédiat. Et qui ne lui coûte pas de fatigue. Et qui ne fasse pas travailler le cerveau…

Sur un champ de bataille, un de ceux dont personne ne se souvient , là-bas, à la page 47 de l’atlas où il y a une grande tâche jaunâtre avec quelques noms contenant beaucoup de h, éparpillés çà et là, on a trouvé l’autre jour, lors d’un sondage effectué en vue d’une éventuelle prospection géologique, on a trouvé donc un général.

Le K est un poisson de très grande taille, affreux à voir et extrêmement rare. Selon les mers et les riverains, il est indifféremment appelé kolomber, kahloubrha, kalonga, kalu, balu, chalung-gra. Les naturalistes, fait étrange, l’ignorent. Quelques-uns, même, soutiennent qu’il n’existe pas…

 

Éponger des larmes de fonds Mind the Gap in « Les-cinq-sens-dessus-dessous »

 

Les trois mousquetaires dans un bateau de Patience Steinbock

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les Huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle. Plusieurs bourgeois, voyant s’enfuir les femmes du côté de la Grande-Rue, entendant les enfants crier sur le seuil des portes, se hâtaient d’endosser la cuirasse et, appuyant leur contenance quelque peu incertaine d’un mousquet ou d’une pertuisane, se dirigeaient vers l’hôtellerie du Franc Meunier, devant laquelle s’empressait, en grossissant de minute en minute, un groupe compact, bruyant et plein de curiosité.

D’artagnan et Athos descendirent, se mirent en selle près de leurs compagnons, et nous nous mîmes en marche tous huit : Athos sur le cheval qu’il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu’il devait à sa maîtresse, Porthos sur le cheval qu’il devait à sa procureuse, et  d’Artagnan sur moi, Rabastas, le cheval qu’il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse qui soit.

Nous avions  reçu pour mission d’escorter Milady vers la Martinique, terre des héritiers de Pierre Velain d’Esnambuc, pour la mettre hors d’état de nuire. Nous décidâmes de partir tous huit, plus notre prisonnière  dans un gallion royal « la Couronne » (la coque du vaisseau faisait 167 pieds de long hors-tout, ou 200 pieds depuis le bâton de pavillon jusqu’à l’éperon ;  46 pieds de large au maître-bau , avec un tirant d’eau de 17 pieds)

Rassurés de savoir notre prisonnière au cachot les quatre avaient entamé une petite belote en devisant gaiement :

 

  • Un pour tous, tous pour un !
  • Athos, Porthos arrêtez de tricher ou je vous embroche tous comme des ortolans !
  • Il semble qu’on tienne en réserve, à notre intention, un vent d’est particulièrement aigre.
  • Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose à éviter.

Nous les chevaux étions tranquillement dans la cale à côté du cachot de Milady quand soudain, les trois autres chevaux furent pris d’un mal de mer certain, vraisemblablement dû au parfum de Milady…

Quant à moi j’ai découvert un excellent préservatif contre le mal de mer, c’est de me balancer. On se tient debout au milieu du pont, et quand le bateau roule et tangue, on penche son corps de côté et d’autre, de façon à le tenir toujours vertical. Quand la proue se relève, on s’incline en avant, jusqu’à ce que le pont touche presque votre nez ; quand c’est la poupe qui se soulève, on s’incline en arrière. Cela va très bien une heure ou deux ; mais on ne peut pas se balancer pendant une semaine.

Les trois autres ruèrent, se cabrèrent et s’entêtèrent jusqu’à ce que le terre fut enfin en vue…

Nous ne chavirâmes pas : je me borne à constater le fait, ne pouvant en fournir une quelconque raison. J’ai souvent réfléchi à ce phénomène depuis, sans jamais parvenir à une conclusion satisfaisante.

Peut-être cela fut-il dû à ce fameux esprit de contradiction inhérent à toutes choses en ce monde. Voyant notre conduite, le bateau en aurait conclu que nous voulions nous suicider, en conséquence de quoi il aurait tout fait pour nous décevoir. C’est la seule explication plausible que j’aie jamais trouvée.

Milady, pendant le trajet, était parvenue à détacher la corde qui liait ses pieds : en arrivant sur le rivage, elle sauta légèrement à terre et prit la fuite. Mais le sol était humide ; en arrivant au haut du talus, elle glissa et tomba sur ses genoux.

A suivre…..

Source photo 

 

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C’était un extrait du futur livre « Les trois mousquetaires dans un bateau » de Patience Steinbok que vous pouvez retrouver ici

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Ma participation à l’agenda ironique d’avril concocté par Martine avec pour sujet croisière

Je m’aperçois après publication que j’ai oublié la consigne sur les mots en ‘itude », va falloir que je fasse un autre texte …..

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Avez-vous reconnu des passages ? sur 648 mots de ce texte il doit y en avoir à peu près 225 mots des « trois mousquetaires », 266 mots de « trois hommes dans un bateau » et le reste est de moi (je vous laisse faire le calcul)

 

Voici  pour les curieux les extraits bruts des « trois mousquetaires » d’Alexandre Dumas

Le premier lundi du mois d’avril 1625, le bourg de Meung, où naquit l’auteur du Roman de la Rose, semblait être dans une révolution aussi entière que si les Huguenots en fussent venus faire une seconde Rochelle. Plusieurs bourgeois, voyant s’enfuir les femmes du côté de la Grande-Rue, entendant les enfants crier sur le seuil des portes, se hâtaient d’endosser la cuirasse et, appuyant leur contenance quelque peu incertaine d’un mousquet ou d’une pertuisane, se dirigeaient vers l’hôtellerie du Franc Meunier, devant laquelle s’empressait, en grossissant de minute en minute, un groupe compact, bruyant et plein de curiosité.

D’Artagnan et Athos descendirent, se mirent en selle près de leurs compagnons, et tous quatre se mirent en marche : Athos sur le cheval qu’il devait à sa femme, Aramis sur le cheval qu’il devait à sa maîtresse, Porthos sur le cheval qu’il devait à sa procureuse, et d’Artagnan sur le cheval qu’il devait à sa bonne fortune, la meilleure maîtresse qui soit.

Un pour tous, tous pour un !

Ou je vous embroche tous comme des ortolans !

Milady, pendant le trajet, était parvenue à détacher la corde qui liait ses pieds : en arrivant sur le rivage, elle sauta légèrement à terre et prit la fuite. Mais le sol était humide ; en arrivant au haut du talus, elle glissa et tomba sur ses genoux.

 

Et les extraits de « trois hommes dans un bateau » de Jérôme K Jérôme

Il semble qu’on tienne en réserve, à notre  intention, un vent d’est particulièrement aigre.

Par-dessus bord l’encombrement, mon frère ! Que l’esquif de ta vie soit léger, qu’il porte seulement le nécessaire, un logis accueillant et des plaisirs simples, un ou deux amis dignes de ce nom, un être que tu aimes et qui t’aime, un chat, un chien, une pipe ou deux, de quoi manger et de quoi te vêtir à ta suffisance, et un peu plus qu’assez à boire, car la soif est chose à éviter.

Quant à moi j’ai découvert un excellent préservatif contre le mal de mer, c’est de me balancer. On se tient debout au milieu du pont, et quand le bateau roule et tangue, on penche son corps de côté et d’autre, de façon à le tenir toujours vertical. Quand la proue se relève, on s’incline en avant, jusqu’à ce que le pont touche presque votre nez ; quand c’est la poupe qui se soulève, on s’incline en arrière. Cela va très bien une heure ou deux ; mais on ne peut pas se balancer pendant une semaine.

Nous ne chavirâmes pas : je me borne à constater le fait, ne pouvant en fournir une quelconque raison. J’ai souvent réfléchi à ce phénomène depuis, sans jamais parvenir à une conclusion satisfaisante.

Peut-être cela fut-il dû à ce fameux esprit de contradiction inhérent à toutes choses en ce monde. Voyant notre conduite, le bateau en aurait conclu que nous voulions nous suicider, en conséquence de quoi il aurait tout fait pour nous décevoir. C’est la seule explication plausible que j’aie jamais trouvée.

 

Pourquoi je ne suis pas sûre de participer à l’agenda ironique : Avril et Croisière

Parce que j’ai les courses à faire et que les têtes de gondoles chez Carrouf sont moins sexy que les gondoles à Venise.

Parce que je partirai bien en péniche avec un cheval de halage mais avec une ballade en péniche j’ai peur de canaliser ma créativité. 

Parce que le secret de La licorne a déjà été découvert par les RG.

Parce que prendre un caboteur peut rendre cabotine. 

Parce qu’il y a 349 entrées dans wiki sous le nom bateaux dont une galéasse , il y a donc foultitude de choix d’embarcations et je n’arrive pas à me décider (la galéassitude me guette).

Parce que mon bateau préféré est le bateau ivre et que je vous ai déjà fait le coup.

Parce que je confonds bâbord et tribord ainsi  que latitude et longitude. 

Parce qu’un trimaran n’est pas toujours drôle.

Parce que mon boulot demande des aptitudes qui me manquent, cette semaine a été une galère, et j’ai beaucoup ramé. 

Parce que mon navigateur déraille et quand j’écris « poisson vogue » il m’affiche ceci :

(à sa décharge mon téléphone a traduit comme à son habitude : « poisson vole »)

Parce que partir sur un rafiot à l’aventure me fait peur si je n’ai pas entrevu « la possibilité d’une île » avec Mr Houellebarque. 

Parce que mon Espace à peine rodé (ou en pleine décrépitude) a coulé….une bielle et que je suis restée en rade (de Brest) 

Parce qu’il faut que je retourne aux courses : Ce soir c’est salade niçoise il me faut des anchois et du thon « petit navire » .

.

Ma non participation à l’agenda ironique de Martine

:

Il y a juste 7 mots en itude (j’essaie de faire mieux avec mon idée de texte d’ici le 22 avril, j’ai déjà le titre : « Bateau » 🙂) 

 

Le jour où ……Ian McEWAN a écrit pour l’agenda Ironique…

Le jour où ……Ian McEWAN a écrit pour l’agenda Ironique…Dimanche, je prends connaissance du sujet de l’agenda ironique d’avril, organisé par Martine qui nous propose de partir en croisière, et quelques heures après je découvre ceci  dans le magazine Lire :

:

Dans une coque de noix – Ian McEWAN (extrait) – sortie en librairie le 13 avril

 

Me voici donc, la tête en bas dans une femme. Les bras patiemment croisés, attendant, attendant et me demandant à l’intérieur de qui je suis, dans quoi je suis embarqué. Mes yeux se ferment avec nostalgie au souvenir de l’époque où je dérivais dans mon enveloppe translucide, où je flottais rêveusement dans la bulle de mes pensées à travers mon océan privé, entre deux sauts périlleux au ralenti, heurtant doucement les limites transparentes de ma réclusion, la membrane révélatrice qui résonnait, tout en les atténuant, des voix de comploteurs unis par un projet ignoble. C’était au temps de ma jeunesse insouciante. Là, entièrement retourné, sans un centimètre à moi, les genoux repliés contre mon ventre, mes pensées comme ma tête sont bien engagées. Je n’ai pas le choix, mon oreille est plaquée jour et nuit contre ces parois sanguinolentes. J’écoute, je prends mentalement des notes, et je suis troublé. Je distingue des confidences funestes sur l’oreiller et je suis terrifié par ce qui m’attend, par ce à quoi je risque d’être mêlé.

Je suis immergé dans des abstractions, et seules leurs relations proliférantes créent l’illusion d’un monde connu. Quand j’entends « bleu », que je n’ai jamais vu, j’imagine une sorte d’événement mental assez proche de « vert » – que je n’ai jamais vu. Je me considère comme un innocent sur qui ne pèsent ni allégeances ni obligations, un esprit libre, malgré l’exiguïté de mon séjour. Personne pour me contredire ou me réprimander, pas de nom ni d’ancienne adresse, pas de religion, de dettes, d’ennemis. Sur mon agenda, s’il existait, ne serait notée que ma date de naissance à venir. Je suis, ou j’étais, contrairement à ce que disent aujourd’hui les généticiens, une ardoise vierge. Mais une ardoise glissante, poreuse, dont aucune salle de classe ni aucun toit de cottage n’aurait l’usage, une ardoise qui se couvrirait elle-même de caractères jour après jour, à mesure qu’elle grandirait et deviendrait moins vierge. Je me considère comme un innocent, mais il semble que je sois mêlé à un complot. Ma mère, béni soit son cœur à l’incessant bruit de pompe, semble impliquée.

 

:

Le jour où chez CarnetsParesseux

Journal d’une PAL

Salut c’était moi Palagie

Pas Pélagie hein, PALAGIE, je suis la PAL de Valentyne. On me voit sur la photo avec ma jumelle la Princesse Palatigne (un peu prout prout la Princesse mais bon on choisit pas sa famille)

Je suis sûre que vous vous demandez ce qu’il y a dans la PAL de Valentyne : pfttt et bien je dirais qu’il y à boire et à manger dans cette Pile à lire (elle écume subrepticement et en tout impunité les brocantes alors il y a moults livres jaunis et  à trois sous dans son escarcelle,  elle dépense sans compter avec des titres improbables où domine une certaine folie : folie primesautière avec « En attendant Bojangles (l’histoire d’une folle selon la quatrième de couv), la P respectueuse (je me demande bien qui est cette P ?  Pélagie la charette ma presque homonyme ? ),  les aventures du capitaine Alatriste – l’homme au brûle-pourpoint jaune d’un certain Arturo Reverte (non mais c’est quoi de titre à la noix comme si quelqu’un pouvait s’appeler Alatriste : un cousin du Chevalier à la triste figure ?  On choisit pas sa famille je vous dis)

Le problème avec Valentyne c’est qu’il n’y a pas de place chez elle et que moi et ma sœur nous sommes toutes éparpillées  dans la maison :Elle nous réunit de temps en temps pour une photo. Elle nous remonte une fois par mois à la parution du thème de l’agenda ironique :  il faut la voir dès potron-minet,  les 4 fers en l’air, en train de monter des tours de livres : d’un côté ceux en raccord avec le thème, de l’autre les livres qui devront attendre un mois voire plus pour être enfin considérés  (par exemple le mois d’avant le précédent elle a failli lire « le bal du dodo » pour Espèces d’espaces organisé par Carnets, mais je l’ai remis discrètement en dessous de la pile, un bal et puis quoi encore ?)

J’ai eu un peu peur à un moment de nous voir ainsi dressées dans le salon ma sœur et moi alors que dans la pièce d’à côté il y a un avion Playmobil en parfait état de marche. Je ne suis pas pleutre mais je suis sûrement influencée par le fait que dans moi même il y a un livre sur le 11 septembre (Beigbeder – Windows of the World), j’en ai pâli d’effroi.

Voilà donc ce mois ci Valentyne a démarré des recherches Paléolithiques pour trouver un livre sur la folie (dommage qu’elle ait lu Martien go home le mois dernier : il y avait une belle palanquée de fous dans ce bouquin)

Bon avec un sujet pareil la folie je subodore que c’est pas demain que je vais me débarrasser des quelques romances qui me servent de fondations. Bon sur ce, je vous laisse, j’entends Valentyne qui a fini ses ablutions post-goûter : faudrait pas qu’elle me chope à écrire ces galéjades elle pourrait se rechoper un accès de paludisme, voire me clouer au palori (je vous en recause incessamment sous peu)

Je vous embrasse

Lectureusement votre

Votre respectueuse Pal toquée

=

Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! »

Ma participation au jeu de la licorne où il fallait écrire un texte désuet avec au moins 10 de ces 20 mots :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique,

moult, paltoquet (détourné l’avez vous vu ? ), potron-minet , pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement,subodorer

Crazy Horse

Ils disent que je suis fou, fuyant, incapable d’aller droit au but mais ce sont eux les paltoquets….

Tenez par exemple, l’autre jour, le type en face me narguait, l’air chafouin, car j’étais un peu coincé et je ne pouvais plus me mouvoir, j’étais cerné….Cela arrive aux meilleurs… Après moultes contorsions et après avoir donné du coude en veux tu en voilà j’avais fini par me rapprocher de sa Majesté. J’allais l’attaquer subrepticement dans les règles de l’art quant à brûle-pourpoint l’autre gougnafier de Crazy-Horse  s’est intercalé et m’a forcé à reculer (enfin je devrai dire gougna-fière je pense parce que le Crazy-horse du camp adverse est en fait une jument – callipyge de surcroît – fière comme un paon – ou une paonne).

Mais ils ne perdent rien pour attendre les autres poltrons-minets. Ils veulent me snober ? moi ? Ils me prennent pour un pion alors que moi,  Jekill Bishop de La Tchèque en bois, je suis un digne descendant d’Agilulfe-Edme-Bertrandinet des Guildivernes et autres de Carpentras et Syra du côté de mon père et de Dulcinea del Toboso de la Cervantesse du côté de ma mère ?

Foin de leurs calembredaines. Je ne me laisserai pas fustiger sans défendre mon honneur par une bande de pleutres qui font des courbettes à une monarchie pour qui rodomontades rime avec galéjades.

Et l’autre en face qui me regarde en biais, je vais lui rendre la monnaie de sa pièce à ce fou-monnayeur, le hisser pendu haut et court au mat de misaine. Crazy-Horse aura beau s’intercaler, se dandiner, prendre la tangente, moi j’irai droit au but et …paon dans sa face.

Et après je n’en ferai qu’une bouchée de cette reine d’albâtre et une fois celle-ci dans mon escarcelle, à moi les sommets, j’éliminerai le roi et ce n’est pas l’autre Crazy Horse qui m’en empêchera ! Foi de fou !

jeu-echec

Un petit selfie : je suis le troisième en partant de la gauche (votre gauche)

:

Ma participation à l’agenda ironique organisée par Monesille avec pour thème : « Les fous, bouffons et autres amuseurs public, les fous-rires, l’espoir fou, enfin quoi Mars sera le mois des fous ! »

et d’une pierre deux fous, ma participation au jeu de la licorne où il fallait écrire un texte désuet avec au moins 10 de ces 20 mots :

ablutions, brûle-pourpoint, calembredaines, callipyge, chafouin, escarcelle, fustiger, galéjade, gougnafier, gouleyant, mirifique, moult, paltoquet, potron-minet (détourné), pleutre, primesautier, pusillanime, rodomontades, subrepticement,subodorer

 

Izo – Pascal de Duve

izo

Un jour de pluie au jardin du Luxembourg .

Le narrateur, dont on saura très peu de chose hormis son statut d’étudiant, « rencontre » un homme étrange, chapeau melon, costume noir et grosses chaussures bombées.

L’homme semble tout droit sorti de Golconde, ce tableau de Magritte. Il est une « goutte » de cet orage étrange qui a trempé Paris.

golconde

L’homme se contente de répéter ce que dit le narrateur. Il n’a pas de nom, pas de mémoire, ne maîtrise pas le langage

Le narrateur décide de prendre cet homme étrange sous son aile. Après une nuit à l’hôtel, ils se retrouvent dans Paris. Commence alors une épopée qui m’a tenue sous le charme de cet étrange Izo. En effet, dans la rue, une femme croit reconnaître l’inconnu sous le nom d’Izobretenikhoudojnika, qui signifie l’imaginaire du peintre en langue russe. L’homme au chapeau melon répondra dès lors  à ce doux nom vite transformé en Izo.

Ce qui m’a plu ?

  • Un regard naïf sur le Paris de la fin des années 80 : le métro, sa carte orange et ses tickets, les supermarchés et les étiquettes de prix, ses cafés et l’agitation des rues.
  • des coïncidences et des rencontres incroyables
  • Les tics de langage d’Izo qui finit souvent ses phrases, par oui, oui (et aussi par non, non)
  • des réflexions faussement « innocentes » d’Izo (sur l’Ayatollah Khomeini, sur l’art, sur la religion)

Si au départ Izo ne parle pas le français ni aucune langue, il est d’une prodigieux intelligence et apprend très vite : le perse, le chinois, l’arabe. La moindre balade dans un supermarché ou dans les rues devient le prétexte pour observer d’une manière nouvelle une situation très banale a la base.

Izo apprend à lire en quelques jours (avec les albums de Tintin) puis dérive rapidement vers le dictionnaire.

  • les « erreurs de langage » d’un Izo se réclamant « réfugié poétique demandant un quart de toujours » (au lieu de réfugié politique demandant une carte de séjour)

Très intelligent Izo n’en reste pas moins très naïf et ne comprend pas certains situations qui font rire le lecteur.

  • Derrière cette apparente légèreté, Izo mène une réflexion sur la mémoire, son absence de souvenirs d’enfance, et se tourne dans la religion dans l’espoir de trouver un sens à la vie, religions qu’il finira par rejeter.

La quête spirituelle prendra un tour inattendu qui m’a également beaucoup plu (même si elle est plutôt tragique)

En lisant la postface on en apprend d’ailleurs beaucoup plus sur cet Izo qui n’est que le portrait de l’auteur lui même face à un monde qui lui échappe (Pascal de Duve décèdera du sida trois ans après la parution d’Izo)

Enfin ce passage m’a parlé car il représente quelques tableaux que je connais de Magritte (j’en connais très peu alors je me dis que j’ai dû rater plein d’autres passages faisant allusion à Magritte)

Ensuite Izo écrivait que le décès d’Odile Crock n’était plus pour lui une énigme douloureuse ; il avait fini par comprendre et accepter que « comme toutes les autres choses, la vie aussi a une fin » ; que « beaucoup de gens l’oublient et trouvent que la mort est quelque chose de très grave alors que, en fait, c’est quelque chose de normal qui arrive à tout le monde ; oui ».

Dans le paragraphe suivant, il prétendait avoir trouvé « le panneau secret dans la bibliothèque des souvenirs» ; il assurait avoir pu le faire pivoter, et explorer, le temps d’un éblouissement, la vastitude de la pièce cachée, haute comme une cathédrale », avec « ses rayons d’archives sur lesquelles reposait une poussière vierge comme une première neige » ; suivait alors un récit tout à fait désopilant, évoquant une « Mer des origines, qui seule le Premier Jour avait connu un Hier », et de laquelle Izo serait sorti, « tout petit et tout ruisselant, en long manteau noir et chapeau melon assorti » ; heureusement que sur la plage, « papa et papa attendaient, très grands, en longs manteaux noirs et chapeaux melons assortis » ; il paraît aussi qu’ils « toussotaient d’aise en constatant qu’il n’y avait aucune bosse dans mon petit chapeau, qu’il ne manquait aucun bouton à mon petit manteau, et que les lacets de mes petites chaussures étaient noués comme il fallait » ; ensuite, Izo aurait grandi « dans une maison aux fenêtres éclairées » à un endroit où « l’azur de midi surplombait une éternelle obscurité de minuit » parce que « la lumière et l’ombre ne se fréquentaient pas », s’échangeant uniquement « un vent vertical où se croisaient une odeur épicée de nuit d’été et un parfum frais de matin de printemps » ; Izo confessait aussi avoir été « un enfant difficile » qui « horrifiait parfois posément papa et papa en leur disant, je crois que je vais être méchant ; oui »,  et auquel « papa et papa » racontaient alors pour l’effrayer, ce qui se passait dans le château maudit » qui était « situé sur le sommet d’un rocher accroché dans le ciel au-dessus de la Mer » ; dans une de ses salles immenses, sous un ciel menaçant, une forêt de quilles hostiles bordait une grève inquiétante sur laquelle galopait désespérément un jockey perdu, affolé de ne pas apercevoir la fin du chemin » ; dans l’espace adjacent,  « un homme venait toujours d’égorger une femme », et, avant de reprendre sa valise et son manteau et son chapeau déposés sur une chaise, « s’attardait tragiquement en plongeant rêveusement son regard dans les profondeurs d’un grand gramophone aphone », dans une troisième pièce, « des messieurs en noir n’en finissaient pas de danser avec des femmes pour les tuer d’épuisement », sur un air « macabrement muet » ;  le paysage nocturne peint à même les parois « représentait les arbres sinistres, ivres de plaisir » ; entre-temps, dans le donjon, « lové sur un divan un premier cercueil attendait lascivement le corps de la femme égorgée » ; d’autres bières en chaleur « préféraient patienter au balcon en regardant le brasillement de la Mer », par lequel d’ailleurs, les flots négociaient avec le ciel « quelque secret compromis de lumière » tout en courtisant la plage où venaient se divertir les mystères ».

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Le château de Pyrénées

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L’art de la conversation

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La mémoire

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Le jockey perdu (que vous pouvez retrouver ici)

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Etude de l’assassin menacé

En conclusion : Un auteur que je ne connaissais pas du tout (même de nom) et qui dans la postface est comparé à Queneau, Vian et Marcel Aymé (si, si)

Un coup de cœur (et si vous voulez connaître ma définition du coup de cœur , c’est un livre qu’on a envie de relire juste après avoir dévoré la dernière page)

Participation à l’agenda ironique de février organisé par Jo avec le thème « critique littéraire»