Je suis venue vous dire que je m’en vais

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 Et vos larmes ne pourront rien y changer ………..

Mais non, je ne ferme pas mon blog. Je vous explique. Mais attention, ceci est une confidence et je vous demande de n’en parler à personne :  En novembre je me suis inscrite à un truc de dingues : Le Nanowrimo. Il s’agit d’écrire : un roman ou de nouvelles sur le même thème, le tout en 50 000 mots et 30 jours (ce qui fait tout de même une moyenne de 1666 mots quotidiens)

Comme j’aime les chiffres ronds, je me suis dit que j’allais écrire 2000 mots par jour (cela me permet d’avoir aussi cinq jours « jokers » sans écriture). J’ai une idée de roman dans ma tête depuis deux ans et je ne m’y mets pas. Là c’est l’occasion qui fait la larronne.

Moi qui suis d’habitude très désorganisée, sur octobre, j’ai pris de l’avance ; pas sur l’écriture du nano non, il ne faut pas commencer avant le premier novembre mais sur le plan : j’ai recensé 25 chapitres, j’ai gribouillé des fiches personnages (car le plus dur pour moi c’est de ne pas perdre le fil et j’ai tendance à inventer un personnage à chaque page) : il y aura donc 10 personnages dont un cheval qui n’a pas encore de nom, une jeune fille de vingt ans et un inspecteur de police, Mr Capitole.

Pour me concentrer sur le Nano, je ne participerai pas aux ateliers d’écriture  en novembre.

J’ai fait le ménage dans tous les coins du blog , programmé quatre citations du jeudi, programmé mon billet de lecture commune avec Eeguab « la cloche de détresse » de Sylvia Plath  pour le 31/10, j’ai pratiquement fini mes billets de novembre (LC organisée par Denis autour de Camus le 7/11, la LC de la Conjuration des imbéciles de JK Toole avec Noctenbule le 15/11, le billet du 1/12 sur le titre «  Comme la Grenouille sur son nénuphar » de Tom Robbins  toujours avec Noctenbule)

Hier soir, j’étais donc dans les starting-blog, fin prête et tutti quanti quand je me suis rendue compte qu’il me manquait quelque chose d’absolument indispensable pour commencer à écrire (en plus de l’oreiller que j’ai installé sur ma chaise de bureau pour ne pas avoir mal au dos, de la plume d’oie que j’ai taillée exprès pour avoir une écriture magnifique et  de ma réserve de barres de céréales) .

 Il me manquait une mascotte, une sorte de doudou qui me soutiendrait lors de ce marathon. J’ai donc réfléchi toute la nuit. J’ai rassemblé en congrès tous les Playmobils de la maison (ils m’aident beaucoup lors des séances de brainstorming). Là, les propositions ont fusé : une jument en mascotte ? Non trop prévisible, un taureau ? Cela m’a paru une bonne idée (j’ai fait aussi la provision de Red bull de quoi tenir un siège)

Et soudain, j’ai eu une illumination : il me fallait à la fois un animal international (parce que le nano c’est dans plein de pays), un animal sympathique et un animal avec lequel faire un joli acronyme en rapport avec le Nano. Et là j’ai remercié Eeguab pour un de ses billets qui m’avait bien fait rire car tout est dans le titre « Et le Wombat cessa ».

Le wombat comme chacun sait est international, sympathique avec sa fourrure si douce que l’on dirait du duvet, et avec ses lettres on peut écrire

Write One Month But A Thon.

 Liste de mots collectés par Olivia

Confidence – oreiller – duvet – oie – capitole – congrès – siège – international

PS : j’ai écrit ce billet de mots en 1 heure ce qui fait du 600  mots / heure. C’est pas gagné mais soyons fous. Je ferais peut être un bilan hebdomadaire ici même mais rien n’est moins sûr.

Si vous avez envie de m’encourager, (et que vous avez du temps) , un gentil logo avec ma mascotte me ferait plaisir ! Bises à tous ……………

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HELP …..et petit concours à la fin

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Comme vous le savez, je suis une passionnée de lecture et de bouquins. J’arpente les blogs à la découverte de pépites, de surprises et de coup de coeurs. Je note …dans un carnet au départ, directement maintenant sur un des mes sites préférés, Babelio pour le nommer.

Et bien figurez vous que lundi , au moment d’aller noter une énième merveille, j’ai cliqué par hasard et je suis arrivée sur cet écran.

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Et là , j’ai beau ne pas être forte en maths, je suis plutôt une fille quelconque dans mon genre, j’ai vu tout de suite qu’il y avait un problème.
Parce ce que 915 livres en tout dont 323 lus, 341 à lire et 190 en pense-bête cela ne faisait pas du tout le compte. Pour vérifier, j’ai pris ma calculette et là je me suis rendu compte que ma bibliothèque virtuelle il y avait 61 livres dans les limbes, la quatrième dimension, l’espace temps… que sais je encore ?

N’écoutant que ma vocation avortée de journaliste, je décidai de mener l’enquête, nuitamment, car quand même c’est plus discret. J’ ai donc revêtu mon costume de jument verte (à mi-chemin entre Fantômette pour l’incognito et la petite sirène pour les paillettes ). N’écoutant que mon courage, j’ai respiré un bon coup et j’ai plongé tête la première dans Babelio.com, en apnée. J’avais pris garde de prendre une lampe frontale (parce que j’ai peur parfois, seule dans le noir)

Tout était plutôt bien rangé : la littérature française d’un côté, la littérature américaine de l’autre, les polars qui se recoupaient, les siècles qui se chevauchaient. J’étais ébahie devant tant de titres qui se bousculaient devant mes yeux, essayant de m’attraper de leurs petites pages carnivores, mais vous me connaissez, je suis efficace, neutre et désintéressée et je n’oubliais pas mon idée de trouver MA liste de livres manquants.

Quand soudain au détour d’un corridor, je tombais nez à museau avec le gardien de ces lieux magiques. Ce rat, je l’ai reconnu tout de suite, il avait un air de famille avec un rat de mes amis, le rat Ramoli pour le nommer. Il m’adressa tout de suite la parole :

– Content de te voir, Valentyne, moi, c’est le Rat Belio, le rat de cette immense bibliothèque , on t’attendait , c’est le chantier dans ta liste. Tu as rendez vous dans cinq minutes à l’Unité.

– L’unité ? ai je bafouillé, inquiète, mais c’est la première fois que je viens par ici : où est elle ? Je m’y perds entre ces catégories, ces titres, et autres lecteurs.

– Pas de souci, c’est pas compliqué : l’Unité c’est au sud de la frontière, à l’ouest du soleil ! entre les essais et les recueils de poésie.

Laissant le Rat Belio à son inventaire, je poursuivis donc mon cheminement dans les liens, les interviews d’auteurs, les citations diverses. Je me suis pris au passage un cinq étoiles en pleine tête mais j’ai poursuivi vaillamment ma route jusqu’à une minuscule porte qui m’annonça « Vous êtes parvenus à l’Unité, veuillez insérer votre passe Navigo, après vérification de l’identité, la bobinette cherra et la porte s’ouvrira »

C’est là que tout a basculé, j’avais oublié mon passe si utile (je ne le prend jamais avec mon costume de la jument verte). J’ai alors entendu une voix anonyme et caverneuse me dire. « Vous ne partirez pas sans votre passe Navigo. Nous allons rester ensemble c’est tout, jusqu’à la nuit des temps. Personne ne peut vous libérer ! »

J’en ai encore des sueurs froides et je profite d’une des failles du système de sécurité de Babelio pour vous appeler à l’aide :  » s’il vous plait, gentils lecteurs, aidez moi à sortir de Babelio ! Délivrez Moi ! « 

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Les mots collectés par Olivia

neutre – frontière – identité – reconnaître – quelconque – anonyme – personne – moi – unité – seul – ensemble

Le concours : Comme indiqué dans le titre, il y a un petit concours pour gagner…Un livre…… de votre choix (dans la limite de 25€, sur le site de référence femme-qui-monte-a-cheval-avec-les-deux-jambes-du-meme-coté.com)
Pour participer, pas besoin de me montrer votre passe Navigo. Il faut m’envoyer un mail (adresse en haut à droite du blog) avec le maximum de titres de livres (et de leur auteur) qui figurent dans le texte ci dessus (il y en a plus de 10 😉 )

Il faut également m’indiquer dans ce mail le livre que vous souhaitez gagner.

Pour participer vous pouvez être homme, femme, enfant, animal (chat, bison, belette….cheval ou âne …..) , végétal. Et il faut résider en France Métropolitaine ou en Belgique.

Toute réponse dans les commentaires ne sera pas prise en compte. Vous avez jusqu’à mardi 22 octobre minuit (résultats le 23 octobre). Le gagnant sera celui ou celle qui aura trouvé le plus de titres (tirage au sort en cas d’ex aequo)

Des indices ici 

Escapade

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 Elle a la tête dans ses rêves. Tête enfouie par dessus les nuages ce matin, fière et hautaine, elle ignore les passants qui la contemplent dans un demi-sommeil

Tour Eiffel

« Et si j’allais me balader », sourit cette jeune centenaire, mutine et pas grasse pour un sou : « Allons embasser mon agréable voisine, après la Seine »

La Madeleine

Celle-ci, carrée et droite dans ses piliers, refuse de bouger et de suivre l’effrontée qui fredonne de mélodieuses retrouvailles

La Concorde

Celle ci, surveille la Grande roue, les manèges et les amoureux et la renvoie vers sa prochaine destination !

Gare de Lyon
Celle-ci est trop occupée à faire partir les trains, démêler ses écheveaux de rails « Retourne à tes touristes » lui dit elle, » y’en a marre ! »

Case départ

TOUR EIFFEL

Dessin Louis Peltier

Les mots collectés par Olivia

retrouvailles – s’embrasser – émotion – manège – fredonner – mélodieux – agréable – grasse – sommeil – rêve

Parti tôt, pris mon chien‏

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« Parti tôt, pris mon chien »

Je n’ai pas compris au départ pourquoi Dimitri m’a susurré cette phrase à l’oreille, il y a quelques heures. Il avait les yeux tout mouillés, des yeux amicaux comme à son habitude mais comme noyés de larmes. Il m’a serré très fort dans ses bras avant de m’installer dans ma cabine. Je lui ai fait un bisou baveux comme il aime. J’ai bien compris la première moitié de phrase car il était très tôt en ce 3 novembre 1957, mais que voulait donc dire « pris mon chien » ? Il a voulu aussi me donner une espèce de caramel mais je me suis dérobée car le caramel cela me colle aux dents et mes dents c’est ce que j’ai de plus beau alors je les soigne….

Moi aussi j’avais les yeux un peu mouillés, car je suis une fille très sensible.

Dimitri me dit souvent : il ne lui manque que la parole.

Il faut que je vous dise, Dimitri c’est mon entraîneur et il m’a tout appris :
Bien me tenir dans le grand monde, courir le cent mètre, faire la pose devant les photographes du monde entier, saluer les journalistes qui veulent connaître les détails les plus croustillants de ma vie, ne pas réclamer de friandises à tout bout de champs, ne pas tirer la langue en public,  faire pipi au bon moment……

C’est la chose où j’ai eu le plus de mal « faire pipi au bon moment », je suis intelligente mais je ne suis qu’une petite chienne quand même.

Russe donc très très intelligente mais une petite chienne quand même.

Ensuite, il y a eu un grand boucan, j’ai un peu aboyé : puis je me suis tue : Dimitri m’avait expliqué qu’il y avait des micros qui enregistraient tout ce que je disais.

Dimitri m’avait dit : Laika cela veut dire « petit aboyeur » en russe, tu te dois d’être digne de ton pays et ne pas trop bavarder, enfin je veux dire aboyer.

J’ai un peu mangé, il n’y avait rien de bien appétissant, but de l’eau sucrée qu’on m’avait laissé et quand il a commencé à faire chaud, j’ai compris Dimitri n’avait pas dis : « parti tôt pris mon chien » mais « parti tôt, prie mon chien »

Cela a été ma dernière pensée à bord de Spoutnik 2.

Les mots collectés par Olivia

friandise – sucré – dérober – bisou – amical – caramel – croustillant – appétissant

Les textes de marlaguettejanickmmAriesteMon café lectureViolettePierrot Bâton,laracinedesmotsDansmontiroirpatchcathSoèneCeriatCoccinelle, ma Cabane

Texte publié au impromptus Littéraire du 16 mai 2011 : il s’agissait d’insérer ce petit texte qui est le titre d’un roman de Kate Atkinson «Parti tôt, pris mon chien». J’y ai glissé les mots …..

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Lettre d’une citadine à son cousin de la campagne‏

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Cher Jerry,

Je prends la plume pour te remercier de ta charmante invitation à venir passer quelques jours dans ta maison de campagne à Saint Nom la Bretèche.

Je ne sais pas encore quand je pourrais venir : tu sais que j’ai des obligations dans ma jolie ville de Courbevoie. Je viens d’emménager dans mon nouveau chez moi, car ma « maison » précédente a été inondée, j’ai du m’activer pour tout réinstaller. Maintenant je suis juste en face de la gare avec vue sur les trains.

 Je suis donc dans le quartier de Courbevoie que l’on peut appeler « ancien » , enfin ancien tout est relatif mais ancien par rapport à toutes les tours de la Défense qui ont poussé comme des champignons depuis 30 ans. La prochaine tour fera 333 mètres, tu te rends compte ?

 Enfin là où j’habite, le quartier est resté calme et l’esprit village règne encore. Voilà le déroulement de mes journées : 

 A l’aube, je vois les sportifs débarquer, tu sais, ceux qui se lèvent tôt  pour aller courir en début de matinée avant d’aller bosser. Je m’en méfie de  ceux là car ils me voient à peine, tellement je suis menue. Ils me marcheraient bien dessus, si je n’y prenais garde.

A l’angle de la rue Guynemer et de la rue de Bezons, je salue tous les matins ce monsieur qui passe la nuit dehors, lui aussi avec son chien aux beaux yeux langoureux. Il me fait peine surtout pendant les longs mois de cet hiver. En comparaison ma situation, si elle n’est pas florissante, est  presque un luxe. Je me suis aménagée un petit abri avec de vieux cartons  et de vieux journaux comme cela j’ai de la lecture dans mon petit coin de paradis. Avec les poubelles de la boulangerie en face (ah la volupté des petits croissants rassis trempé dans du café tiède) et du traiteur chinois, je suis la plus heureuse du quartier : la seule contrainte est de ne pas se faire prendre par les employés de la municipalité. J’ai appris toujours dans ces petits journaux qu’il y avait de plus en plus de SDF en ville : quelle tristesse !!! 

Ensuite, je vois défiler les travailleurs et les travailleuses qui vont de l’ouest vers Paris. Un peu plus tard les mères de familles avec leurs nombreuses poussettes défilent. C’est le meilleur moment de la journée, car ces tendres petits me voient souvent dans leurs  poussettes, ils  tendent alors leurs menottes en souriant de toutes leurs quenottes.

Tu me connais les quenottes c’est mon ancien métier  et je l’adorais ce métier : j’ai du arrêter car  j’étais un peu âgée mais les enfants je les aime toujours autant, et ils me le rendent bien.

Enfin je vieillis, mes dents sont moins jolies maintenant et j’ai même de la moustache.

 Le soir la transhumance des travailleurs se fait dans l’autre sens : les banlieusards retournent dans leurs pénates et le calme s’installe sur Courbevoie. Le soleil meurt jusqu’au lendemain et j’en profite pour sortir

 La dernière fois que je suis venue te voir, je suis montée fissa dans le train (direct Courbevoie Saint Nom) et là une mère avec son enfant est descendue aussitôt, l’air outré et dégoûtée en me regardant. C’est franchement vexant : je sais que ma robe est vieille et toute grise et ne paie pas de mine  mais ma deuxième robe (tu sais la verte que je mets pour courir dans l’herbe) n’était pas propre.

Je te laisse, il faut aussi que j’écrive à notre cousine commune Minnie qui habite maintenant à Marne la Vallée. La famille s’est toute dispersée maintenant mais rien n’est éternel. Le temps est à la vie urbaine : donc je m’adapte !! J’espère te retrouver pour Noël chez La Souris Rose. Le train qui mène à Convoitise est celui de la rue 10  ¼ , surtout ne te trompe pas le quai 9 ¾ t’emmènerai à Poudlard, chez le rat Croûtard, et le 6 2/3 chez le rat Tatouille  

Je t’embrasse, passe le bonjour à Tom

 Cheese, la souris grise

 

Les mots collectés par Olivia

éternel – paradis – mourir – début – aube – lever – s’activer – volupté – tiède – langoureux

La chromatographie des étoiles

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– « Le sable rouge est comme une mer sans limite (*) », mouais, bof !

– Tu as l’air déçu?

– Un peu, c’est toujours comme cela : les agences de voyages ont des slogans accrocheurs mais une fois sur place, on est un peu déçu : « Le sable rouge est comme une mer sans limite » , je m’attendais à plus grand ou bien plus rouge, enfin à « plus » quoi !

– Comment peux-tu être déçu par ce paysage grandiose ? les rochers rouges, le sable rouge, tous ces dégradés de rouge, ce vermillon et ce carmin : cela en met plein la vue quand même ! Je n’aurais jamais cru qu’une débauche de rouges m’apparaisse si multicolore !

– Euh, je crois que c’est parce que l’an dernier je suis allé en Australie et celle d’avant j’ai vu le Cirque du Soleil à Colorado Springs: y’a le même sable ! et là c’était autre chose : le soleil avait rendez-vous avec la lune pour une gigue démente !

– Oui, mais l’ambiance ? sur notre vaisseau de croisière, le Rimbaud Mirror, tu en fais quoi ? c’est magique quand même, ces couchers de soleil !

– Oui oui c’est sympa sur ce vaisseau, le capitaine Eluard surtout. Tu ne trouves pas qu’il forme un beau couple avec Nush ? J’ai lu dans Voici qu’il était en instance de divorce avec Gala. En tout cas, il sait mettre de l’ambiance le soir. Ces spectacles sont très originaux ; mais là, cette excursion « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je sais pas, j’adhère pas.

– Tu deviens difficile, lâche un peu prise. Profite de la vie. A tout vouloir comparer, tout anticiper tu ne profites pas de l’instant présent : Tu penses toujours que l’herbe est plus verte ailleurs.

– Pas du tout, j’ai adoré le spectacle « l’herbe rouge » du Grand Boris. J’adore la science-fiction. tu vois je suis très ouvert d’esprit.

– Et Hier ! L’excursion « L’étoile a pleuré rose » du Grand Arthur était grandiose : quel feu d’artifice!

– Oui, oui, tu as raison, c’était pas mal : ça y est, j’ai trouvé pourquoi j’étais un peu déçu !

– Ah oui pourquoi ?

– Ben, y’a pas la mer : D’après le titre « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je m’attendais  à voir la mer. C’est paradoxal mais je voulais voir la mer !

– Ah je vois, mais figure toi que c’est une métaphore le nom de cette excursion, une sorte d’image : y’a pas encore la mer sur Mars !

– C’est bien joli les métaphores,  mais c’est pas pratique ces scaphandres pour se balader, on n’a pas la place pour gigoter et se mouvoir, en plus l’air est pas respirable ici, rentrons au vaisseau !

– C’est quoi le spectacle ce soir ?

– « La terre est bleue comme une orange » du Grand Paul. Regarde le prospectus, il y a marqué : « Assistez à un ballet turbulent de la Terre et des étoiles » !

– Encore une métaphore : je crains le pire !

Les mots collectés par Olivia

Multicolore – chromatographie – science – vie – gigoter – turbulent – gigue – couple – divorce – spectacle – cirque – paradoxal

ETOILE

Source Photo

(*) multicolore et spectacle m’ont fait penser à ce petit texte écrit il y a deux ans (j’ai glissé les mots 😉

voici la consigne de ce sujet des Impromptus Littéraires

Sur la base du premier vers d’un poème de Leconte de Lisle (Les Eléphants) partez au gré de votre imagination vers des univers fantastiques, oniriques ou au contraire durement réalistes.

La seule contrainte est de commencer impérativement votre texte par l’incipit :

le sable rouge est comme une mer sans limite

Rencontre du troisième type

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Bique, le stylo-bille, n’en pouvait plus de son insomnie : Il se retournait et se retournait encore dans la trousse sur le bureau. La position allongée ne le soulageait pas, il n’arrêtait pas de se cogner au taille-crayon, l’odeur de la colle et de la gomme l’incommodait. Même le stylo-plume essayait de l’arnaquer en le poussant du côté de l’effaceur.
Il avait tout essayé pour dormir mais rien à faire : Dans le pot à crayon, la tête en haut, il sentait son encre descendre par la fatale attraction de la pesanteur, la tête en bas, il avait peur de se répandre partout et de se mettre à fuir.

N’y tenant plus et sachant qu’il ne trouverait pas le sommeil avant d’avoir résolu son problème, il se leva et prenant son courage par le capuchon, il s’avança doucement dans la maison qui dormait du sommeil du juste.
Arrivé dans le salon, il vit l’être qui avait la réponse à sa question existentielle. Celui-ci dormait silencieusement dans le placard. Bique, le stylo-bille, regarda l’aspirateur. Ainsi immobile, il avait l’air calme et paisible : une espèce de Diplodocus endormi avec son long cou flexible qui reposait par terre, silencieux alors que dans la journée il vrombissait, s’agitait, avalait poussières, petits morceaux de papier. Sans distinction et infatigable, il avalait papiers kraft, blancs, colorés, reste de paquets de céréales, petites pièces de monnaie qui cliquetaient dans son ventre comme une machine à sous de casino.

Bique, plus d’une fois, avait eu peur de se trouver aspiré et de se retrouver dans le corps de ce géant tel Jonas avalé par la baleine.

– Miel, Miel ! réveille-toi dit-il de sa petit voix de stylo.

– Hum, hum : qui me réveille ? s’exclama l’aspirateur gris en se redressant, manquant écraser le pauvre Bique au passage. Sa voix était caverneuse, voir même un peu asthmatique.

– C’est moi, Bique, le stylo, Valentyne a dit aujourd’hui quelque chose qui m’a interpellé et qui m’a fait penser que tu pouvais résoudre mon problème. Cela ne me parait pas logique mais je crois que tu peux m’aider à me débarrasser DU Problème !

– Tout dépend du problème, marmonna, bougon, l’aspirateur, qui devait aller bosser le lendemain.

– Eh bien, je suis à nouveau atteint du syndrome de la page blanche. Je n’arrive plus à aligner trois mots. Je suis en pleine panne d’écriture ! Moi qui ait connu la divine sensation de la glisse sur une page immaculée,moi qui est connu la joie de la conception d’une nouvelle, moi qui ait connu l’ivresse des sonnets, là plus rien le vide intersidéral !

– Foutaise tout cela : tu crois que moi, un aspirateur, qui passe ma journée à attraper des moutons sous les meubles, je vais pouvoir t’être d’une quelconque utilité ? ce n’est pas mon métier que d’écrire !

– Ben oui, Valentyne a dit qu’elle avait résolu ton problème avec un changement de sac : explique-moi en quoi changer ton sac règle ton problème d’inspiration ? Moi aussi je veux changer de sac, ou de cartouche que sais-je pour retrouver l’inspiration !

Alors l’aspirateur se mit à rigoler tout haut, si fort qu’il faille s’étrangler. Bique s’inquiéta même du bruit qui sortait des entrailles de l’engin : un bruit sourd à mi-chemin entre un congélateur de supermarché et un avion bimoteur à réaction. Finalement, il reprit son souffle et éructa : « Ah, ah ah, je comprends, cher Bique, Valentyne a résolu mon problème d’ « Aspiration » en changeant mon sac, pas d’Inspiration »
Et tournant son corps volumineux, son cou gracile et son bec plat à la perfection d’un ornithorynque, il planta là Bique et ses états d’âmes, retournant à ses rêves paradisiaques et à ses moutons.

Les mots collectés par Olivia

perfection – divin – paradisiaque – immaculée – conception – foutaise – changement – arnaquer – casino – supermarché – paquet – kraft – logique

 olivia-desir-histoireQuand Valentyne m’a sorti du placard, lavé avec une éponge toute douce, puis lustré avec un torchon propre, j’ai senti qu’il se passait quelque chose d’inhabituel. D’habitude, elle ne prend pas autant soin de moi, elle me met direct dans le lave-vaisselle à 70 degrés et ne m’adresse pas la parole. Ensuite, quand elle a sorti son téléphone pour me prendre en photo, je ne me suis plus senti de joie. Je ne sais plus qui a dit cela mais j’allais enfin avoir « mon quart d’heure de gloire », la célébration de mon génie. 

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Elle m’a pris en photo sous soutes les coutures – enfin c’est juste une façon de parler, je suis une tasse, je n’ai pas de coutures, j’ai été moulé d’un bloc, moi !
Elle s’est servi un café, à l’intérieur de ma petite personne, cela va sans dire, je lui suis absolument indispensable ! Elle m’a parlé une voix douce pour m’expliquer :
« Vois-tu, Tasse, pour mon devoir d’écriture créative sur les objets, je dois partir à la découverte d’une tasse avec mes cinq sens, je te demande donc toute ton aide ». Je me suis tout de suite montré très coopératif, vous pensez bien, pour une fois qu’on me laisse la parole. Je vais donc vous raconter ma vie.
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Je suis né en Espagne, enfin non en Chine, mais c’est un peu pareil. J’ai vu le jour avec des milliers de tasses presque identiques à moi et à ma soeur (qui s’est incrustée là sur la photo, elle me fait un peu d’ombre, mais bon, je suis la tasse de droite, enfin de gauche puisque vous me faites face)

dali tasse
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Pour faire une tasse en porcelaine comme moi, il faut : du kaolin, de l’argile, de l’oxyde de fer, et bien sûr la recette secrète que je ne vous communiquerai pas ! Tout d’abord, on verse une pâte liquide dans un malaxeur géant, qui « touille » pendant plusieurs minutes. Ensuite, on verse la pâte obtenue dans des moules individuels (des moules en plâtre, hein, pas des moules à gaufres !). Parfois quand je verse dans la poésie surréaliste (oui, oui, cela m’arrive), je compare ces moules à des chrysalides qui m’ont fait devenir, moi une boule d’argile, une tasse élégante et élancée. Vous voyez le genre, la métaphore de la métamorphose de la chenille en papillon, et tutti-quanti !
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Après cette opération, des ouvriers nous posent délicatement sur un tapis roulant, direction un four qui nous saisit et nous porte à 1200 degrés (Celsius les degrés je précise, pas des degrés Fahrenheit de gnognotte).
A la fin de la cuisson dans ces fours, de petites mains graciles nous dessinent un motif Dalinesque (ou Dalinien je sais plus bien), qui une moustache joliment ouvragée comme la mienne, qui une bouche pulpeuse comme ma soeur. Et d’autres enfin avec une montre molle, je suis sûr que vous voyez ce que je veux dire! Rien de clinquant comme motif, de la sobriété avant tout !
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A la sortie de l’usine chinoise, on nous a mis mes mille jumeaux et jumelles dans des cartons direction, non pas un yacht de Luxe, mais un cargo immense ! Ce fut le début d’une traversée mouvementée par delà les mers du globe pour nous emmener au Musée Dali de Figueras!
Quels tourments que ceux de ma jeunesse ! Je ne vous parle même pas de la promiscuité là-dedans. Anse contre anse, dans cinq centimètres carrés, des cartons de tous côtés et juste un papier de soie pour nous protéger des chocs, j’avais du mal à bouger et à me dandiner. Et oui, je me dandine ! Et si vous ne me croyez pas, regardez à nouveau « la Belle et la Bête » de Walt Disney, avec la valse des tasses et des théières. On croit les tasses toutes raides mais c’est totalement faux, nous aimons danser et faire la fête tout la nuit. Mais revenons à ma vie, mon oeuvre !
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J’en ai vu du beau monde dans ce Musée : Le roi Juan, une française Marion Cotillon (à moins que ce ne soit Marion Cotillard, je n’ai pas la mémoire des noms), des starlettes sympathiques, des gens pleins de fric, des gros pleins de soupe, d’autres en short et en tongs et encore d’autres qui avaient la grosse tête.
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C’est dans ce musée que Valentyne m’a acheté !

Je suis légèrement fêlé. On ne le voit pas sur la photo, Valentyne m’a mis sur mon meilleur profil ! Cette fêlure m’est arrivée quand…..
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J’étais là sur la table à pérorer et je la voyais, la Valentyne, qui écrivait à toute allure, tapant sur son clavier si vite, que ma faïence résonnait toute seule. J’ai voulu lire par-dessus son épaule pour savoir si elle notait bien tout ce que je disais. C’est à ce moment-là que je me suis rendu compte qu’elle ne m’écoutait pas, Valentyne : mes souvenirs de tasse, de Chine, de cargos pris dans la bourrasque, d’Espagne, de fours brûlants, de mains graciles et de moustaches la laissaient de marbre.

Non, Valentyne écrivait une histoire sur une bête-tasse (une bêtasse ?) qui voulait partir en thalassothérapie dans un lave-vaisselle et le pire du pire c’est qu’elle fredonnait une chanson d’un italien de pacotille que je ne peux pas sentir « Comme un avion sans ailes » de Richard Cocciante, (à moins que ce ne soit Charlélie Couture, je n’ai pas la mémoire des noms) ! C’est l’histoire d’un type qui ne peut plus s’envoler parce qu’il a la carlingue froissée ! n’importe quoi ces paroles, sans queue ni tête, alors que moi je me mettais à nu pour lui raconter ma vie, je suis un grand incompris !
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Forcément, mon café n’a fait qu’un tour. Je suis tempétueux, c’est là mon moindre défaut ! Je lui ai craché tout mon contenu à la figure à Valentyne ! Parce que quand le Dali Lama est fâché, lui faire toujours ainsi !!!

Les mots collectés par Olivia
Tourment – tempétueux – bourrasque – envoler – avion – aile – papillon – métamorphose – chrysalide – soie – luxe – yacht – fric – clinquant – pacotille – cotillon – célébration

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Chez Cécile une histoire de thé 

Ode à ma momie

olivia-desir-histoire

Ma Zombie

J’fais un p’tit roupillon dans mon plumard bien au chaud
Quand d’nulle part, surgie du seigneur des anneaux
Tu débarques … visqueuse comme une grenouille
C’est comme une épidémie, passer de vie à trépas
J’ai peur des revenants, et de leur teint blafard

J’ai du abuser sur l’guacamole
Zombie, Ma Zombie tu dois sortir après minuit
J’t’aime,tu m’fais frémir ma belle momie
Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière
T’es jolie comme un ver
Sortie d’l’enfer

J’aime ton maquillage sauce ketchup
Ton visage est symétrique comme un cyclope
Ça me plait tu es vraiment au top
J’ai mon guide de survie dans la poigne
Tu m’as tout pris, même mon âme
Pour la rajouter à ton potage à la citrouille
J’aime pas la soupe, donne moi de l’arachide

Zombie, ma Zombie, pas de souci après minuit
J’t’aime,tu m’fais frémir ma belle momie
Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière
T’es jolie comme un vers
Saison en enfer

Zombie, j’aime ton teint mauve, tes plaies, tes cicatrices
Tout’ décomposée, tu soupires et craches tes maléfices
Ca fait flipper, y compris les sorciers
J’aime ta morphologie, ton ossature et ton squelette
Et ton squelette

Zombie, Mon p’tit Génie tu sors du bois après minuit
J’t’aime,tu m’fais frémir ma belle momie
Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière
T’es jolie comme un verre
Sylvaner

J’ai un pt’it grain mais j’tai en odeur de senteur
Ton parfum qui embaume, c’est pas de la lavande
Ton arôme qui s’dégage c’est le 13 de chez Fossoyeur
A ta source je respire cette offrande

Zombie, Ma Zombie tu sors du bois après minuit
J’t’aime,quel soulagement ma belle momie
Zombi, Ma Zombie, ma belle sorcière
T’es jolie comme un cafetière
Café amer

Liste des mots collectés par Olivia
soulagement – soupirer – souci – bois – source – senteur – génie – cafetière – grain – arôme – lavande – mauve – embaumer – momie

Avez vous reconnu la chanson de départ ?