Jeu de l’été : trouvez le titre et l’auteur !

En mai, j’ai commencé le tri pour mon déménagement et j’ai trouvé des feuilles photocopiées de bouquins: une pile  de quoi « faire » un « mercredi citation » pendant 6 mois …

Pour le mois d’août, je vous propose donc un petit jeu : trouver l’auteur et le livre d’une citation mystère (les réponses sont à donner en commentaires)
Un livre pour le gagnant qui sera désigné en septembre …
A vos marques ?

Début demain 😉

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Déménagement

Je suis en plein déménagement 🙂

A demain pour l’ouverture du jeu de l’été : tout est programmé…..je ne sais pas si je pourrais répondre aux commentaires régulièrement mais je vais essayer 🙂

En attendant demain, Rediffusion du billet du 8 juin 2012 (en pixels recyclés et recyclables)

:Chaque semaine, le lundi au saut du lit, je regarde le sujet des Impromptus Littéraires.
Le mardi, je regarde chez Olivia et son blog « Désirs d’histoires » les mots qui tombent inexorablement.
Cette semaine est un peu particulière puisque je déménage. C’est donc branle-bas de combat à la maison : cartons et compagnie …Un déménagement, deux textes, un boulot, deux enfants, un mari, 2H40 quotidiennes dans les transports…. Jamais je n’aurais le temps de tout faire, à moins de rajouter quelques heures à la journée.
Et pas moyen de laisser tomber ces jeux une semaine, je suis « addict ».
Aujourd’hui, j’étais donc décidée à expédier le déménagement pour pouvoir enfin me consacrer à l’écriture de mes deux textes. J’avais déjà un titre «Octave, le chevalier mélanique ».
« Pour le sujet c’est pas compliqué » a dit Oncle Dan « on prend le mot le plus compliqué et on part de là ».
J’avais donc cherché la signification de mélanique dans mon dico (définition du Larousse : mélanique : qui contient de la mélanine) et j’étais prête à raconter l’histoire d’Octave et de son amour des mathématiques.
J’avais compté le nombre de cartons (123), le nombre de marches jusqu’au camion (25). A raison d’une minute par carton, c’était bon sur mon planning minuté.
Seulement, vers 13H55, je suis peu opérationnelle (au moment de la digestion) et à force de descendre les escaliers quatre à quatre, j’ai un peu raté la marche.

Quand je me suis réveillée, une bosse sur le crâne, (pas la bosse des maths) il y a avait devant mes yeux non pas le SAMU mais deux adorables Zertes.
Pour ceux qui ne connaissent pas les zertes, j’ouvre une parenthèse en 1.1.
Pour ceux qui connaissent vous pouvez aller directement au paragraphe 1.2.

1 .1 Une zerte est un petit personnage créé par Claude Ponti : Une zerte a un corps de carton (mensuration 60 – 90 – 60 cm). Une zerte mesure 100 centimètres de haut, soit un peu plus que trois pommes quand même. Il (ou elle) a une tête rigolote avec trois cheveux sur le caillou, un gros nez, des mollets de coqs, des bras peu musclés. Pour ceux qui ne voient toujours pas ce qu’est une zerte allez voir cette une photo (www.femme-qui-monte-a-cheval-avec-les-deux-jambes-du-meme-côté.Com L’île des Zertes 5. 32 Euros)

zertes

1.2 J’ai reconnu tout de suite les deux zertes qui me regardaient, inquiètes : il y avait Jules et Roméotte, avec ces boucles d’oreilles rouge et son ruban dans les cheveux.

Jules a parlé le premier : « Valentyne, tu ne vas jamais y arriver, on va t’aider ».
Moi j’étais super contente, vous pensez bien. Je voyais déjà les zertes empaqueter les millions de bibelots chez moi dans leur corps de carton et emmener tout cela dans mon nouvel appartement, en sautillant sur leurs mollets de coqs.
Une zerte, c’est mieux qu’un déménageur. Je leur ai dit « d’accord vous pouvez commencer par transférer les bouquins, y’en a des tonnes »
Mais Roméotte m’a interrompu tout de suite et m’a dit : « Pas question, toi tu déménages et nous, on écrit ton texte avec Jules »
– Mais c’est que j’ai deux textes à écrire, aie je bafouillé : un pour les impromptus et un pour Désirs d’histoires avec Olivia.
– Pas de problème, m’ont il répondu. On s’occupe de tout. Ils ont couru, se sont installés dans le canapé (avec un peu de mal à s’installer car cela a les fesses carrées, une Zerte) et ils ont commencé à écrire. Je leur avais donné la liste de mots à utiliser, la consigne des impromptus « Ecriture Mathématique »
– N’oubliez pas que j’ai déjà le titre «Octave, le chevalier mélanique», leur ai-je dit et je suis retournée à mes cartons.
Dans l’escalier, je les entendais à chaque passage.
Jules disait : « Il faut que le texte parle de chevaux. Elle est folle de chevaux, la Valentyne »
– Oui, disait Roméotte mais il faudrait quand même un peu élever le niveau littéraire de ses textes et si on mettait une citation de Shakespeare ?
– Oui oui, très bonne idée : mettons : « Mon royaume pour un cheval ». Surtout que Valentyne n’a pas vraiment besoin d’un destrier, même un bourricot ferait l’affaire.

Plus tard j’ai entendu : « mais c’est quoi ce mot, je ne l’ai pas dans mon dico. Mélanique : j’ai bien mélange et mélasse mais pas mélanique : elle a du se tromper prenons mélancolique. «Octave, le chevalier mélancolique», ça en jette. »

Là j’ai fait une pause, Mousse au chocolat (145 calories) et j’ai continué à descendre mes cartons, en jetant de temps en temps un coup d’oeil sur le binôme de Zertes en plein travail.

Au retour de mon énième voyage, j’ai vu Jules et Roméotte à quatre pattes dans le salon en train d’utiliser ma balance, Ils avaient aussi vidé tous les paquets des gâteaux apéritifs, même mes préférés, ceux en forme de triangle.

– C’est quoi ce cirque ? leur aie je demandé, mi-figue mi-raisin.
– Nous pesons les mots avec ta balance, m’a répondu Jules imperturbable.

Moi : ça je vois, mais pourquoi les gâteaux apéritifs ?

– Ah ça ? Tu n’avais pas de cacahouètes alors on a fait avec les moyens du bord !

– OK, expliquez moi, les Zertes, tous les mots n’ont pas le même poids ?

Roméotte : Pas du tout, on croit toujours qu’un phrase réussie est une phrase musicale, c’est totalement faux il faut qu’une phrase soit Mathématique !

– Mathématique ? ai je bafouillé

– Oui : un tiers de noms, un tiers de verbes, un tiers d’adverbes et d’adjectifs, un tiers de ponctuation !

– Mais cela fait quatre tiers, leur ai je fait justement remarquer

– Oui mais le tiers de ponctuation est plus léger, m’a dit Jules.

Là ils m’ont dit de retourner à mes cartons et j’ai obtempéré devant leur assurance et leur professionnalisme. Au passage j’ai fait une deuxième pause (Whisky – 20 ans d’âge)

Plus tard, je suis remontée et plus de zertes, juste des emballages vides d’apéritifs, un pot de mousse au chocolat à moitié vide (ou à moitié plein), une bouteille (totalement vide)
Heureusement que parmi les papiers épars, j’ai trouvé leur texte et je l’ai envoyé illico presto aux Impromptus.

Octave le chevalier mélancolique
« Octave, l’expert en calcul sentimental est formel : l’amour dure trois ans, après c’est mort. L’espérance de vie de votre amour après ces 1095 jours (ou 1096 en cas d’année bissextile) est largement surestimée mais peut être inversement proportionnelle à l’incrustation d’étoiles dans les yeux des enfants.
Cependant l’amour n’est pas une maladie, n’en déplaise au chanteur, et peut connaître un retour de flamme, si vous procédez à un déménagement total de vos habitudes.
Il faut jouer d’un brin de folie, entreprendre chaque année des travaux de grande envergure. Dans l’orchestre des sentiments, le premier violon peut vous faire voir 36 chandelles.
Il faudra également vous tenir éloigné des mensonges, ces faux frères de l’amour.
La probabilité de survie d’un amour à un mensonge est du domaine du plausible, sous-ensemble de l’improbable.
La solution à tous ces problèmes insolubles dans le marc de café est un voyage sur la presqu’île des Zertes. En allant sur cette île, vos compteurs seront remis à zéro et vous repartirez avec votre âme d’enfant sous l’acclamation de vos trois trilliards de neurones
Sur ce, nous vous laissons à vos méditations, c’est pas tout ça mais nous sommes invités à manger un mille-feuille chez le rat Ramoli. »

Jules et Roméotte

Les mots imposés Chez Olivia
Mort – jouer – presqu’île – brin – frère – méditation – mélanique – travaux (ou normal) – expert – orchestre – éloigné – acclamation – plausible – espérance – maladie – retour – déménagement – incrustation

L’échappée – Valentine Goby

Madeleine remonte l’écharpe sur son nez. La voiture les dépasse. La bicyclette tangue à travers la nuée âcre. Des étendues sépia défilent sous le tintement continu de la sonnette. Champs cuivre, ciel jaune, arbres dorés. Sillons. Par un effet d’optique ils pivotent sur leur axe, et tournent comme un disque, semblables aux rayons de la bicyclette, sur cent quatre-vingt degrés.
À cause de ces sillons, il y a eu Anatole. Germain. Frédéric. Les après-midi dans la grange, les récits d’histoires réelles et rêvées, de baisers, de caresses pas permises qui réjouissaient le prêtre dans l’ombre du confessionnal.
….
À cause des milliers de sillons étirés jusqu’à l’horizon.
Sans eux, leur tristesse plate, Madeleine ne se serait pas attachée à Bérénice, la sourde-muette, à son morceau de solitude à l’autre bout de la commune au milieu de ces douze chats. Bérénice ne ressemble à personne. La petite maison qu’elle habite n’est pas une vraie maison. Les murs s’effondrent parmi les ronces, les mauvaises herbes, envahis de lierre, de lichen, de mousse. Une fois par an, la vieille y jette à toute volée des poignée de graines de pavot, qui éclosent d’un coup en fleurs palpitantes et rouges. On la voit souvent assise sur une pierre, au milieu du jardin en friche, les yeux dans les vagues, minérale sous sa blouse grise, sa peau grise, ses cheveux blancs. Les chats se frottent contre elle. Se glissent sous ses coudes, entre ses jambes, s’étirent sur ses genoux. Bérénice vit ici depuis soixante-dix ans. Son père ferrait les chevaux de ferme. On ne lui connait pas de mère, pas de frère, pas de sœur. Elle n’a pas de métier, pas de langue, même des signes, pas d’argent. Plus jeune, elle effrayait les habitants de Moermel, perchée jour et nuit dans les arbres, les mains serrées contre la bouche, hululant comme les oiseaux de proie. On l’appelait la Chouette. Il y a vingt ans son père est mort. Tout de suite, les habitants de Moermel ont nourri Bérénice. Elle trouve devant le portail le fruit de leur superstition : viande, légumes, biscuits selon les jours, des vêtements usagés, des images pieuses. Ils la croient sorcière, à cause des bustes qu’elle sculpte dans la terre et qui portent leurs noms, tracés à la pointe d’un couteau, alors qu’elle n’est jamais entrée dans une école.
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L’échappée – Valentine Goby

Maintenant ou jamais – Joseph O’Connor

maintenant ou jamais

LC avec Edualc

Robbie et Fran se rencontrent sur les bancs de l’université à Luton (45 mn de train de Londres donc sur une autre planète)
Pourquoi deviennent-il amis ? peut être parce qu’ils sont différents des autres étudiants : Robbie est né en Irlande, Fran (Francis Mulvey) est né au Vietnam et a été adopté tout petit en Angleterre. Robbie joue  de la guitare, Fran se déhanche et a une voix hors du commun.

1985 en Angleterre, c’est la crise, le bras de fer entre Margaret Thatcher et les syndicats, c’est aussi le punk et encore le rock, les soirées étudiantes …

Au delà de la musique (je dois avouer connaître à peu près une chanson sur 10 parmi celles citées) j’ai beaucoup apprécié l’histoire et les personnages : Robbie le narrateur, Fran le génie fantasque, Trez la musicienne accomplie, Sean son frère jumeau solide et toujours de bonne humeur.
C’est l’histoire de ce groupe de jeunes adultes qui se forment et essaient d’être créatifs tout en restant fidèles à leurs idoles du rock.
Sur un rythme entraînant, j’ai vécu leur expérience des concerts et des tournées, apprécié leur début de la célébrité à Londres. Célébrité à peine esquissée qu’ils perdent sur un malheureux concours de circonstance, alors les quatre amis décident de recommencer à New York : au bout de deux ans de galères, le groupe « Ships in the night » décolle (bien vu pour des « bateaux » non ?) et rencontre un succès planétaire.
La rapide descente aux enfers pour Robbie et Fran (alcool, drogues) est plus attendue et ira jusqu’à l’éclatement du groupe et au procès. Cela m’ a attristée, j’avais l’impression de les avoir toujours connus, Robbie reste attaché à l’esprit de groupe alors que Fran veut poursuivre sa carrière en solo.
Les deux principaux personnages ont du mal à se remettre de leur enfance (perte de sa sœur lorsqu’elle avait sept ans pour le premier, enfance maltraitée pour Fran lors de sa première adoption)

J’ai aussi beaucoup aimé la deuxième partie plus courte où Robbie prend du recul et revient sur leur parcours 30 ans auparavant : en 2012 Sean, Trez et Robbie font un concert auquel Fran refuse de participer mais qu’il saura saluer à sa façon.
C’es Robbie le narrateur principal mais il laisse parfois la parole à Trez  et Sean pour qui la musique n’est pas le centre du monde.
La vision exclusivement « extérieure » de l’énigmatique Fran, devenue une vedette planétaire en solo alors que Robbie devient ruiné, rajoute du sel à la légende : Qui est réellement Fran ?

Un extrait :

À seize ans, il est parti en stop vers le sud, il dormait n’importe où, il a mendié ou a volé du côté de Boston dans le Lincolnshire, avant de descendre vers le Bedfordshire, où il espérait trouver du travail dans une exploitation agricole. Une employée de la bibliothèque de Luton l’a surpris qui volait un livre. Pleine de compassion, elle n’a pas appelé la police, lui a donné l’argent pour qu’il s’achète à manger, l’a aidé à faire une demande d’aide sociale et l’a encouragé à s’inscrire à la fac. Elle l’a poussé à reprendre contact avec ses parents adoptifs à Rotherham, mais il a refusé. Il ne m’a jamais parlé d’eux en termes négatifs, il employait toujours le passé. Ils étaient de Cong, un village du comté de Mayo, ils l’y avaient amené un jour en vacances, l’année de ses douze ans. Cong, c’est beau, disait-il. Les gens « parlaient doucement ». Ils se montraient gentils avec ce garçon apeuré qui ne ressemblait pas à leurs enfants, mais portait néanmoins un nom irlandais. Ils l’ont laissé traire leurs vaches. L’ont emmené dans les tourbières. « Tu es un grand petit homme, et Dieu t’aime » Parfois, les enfants de Cong le regardaient bizarrement, mais ce n’était jamais méchant, non, jamais. Il  était clair que ces quelques jours avaient compté pour Fran, qu’il s’y accrochait comme à l’un des ses rares souvenirs de paix sereine, qu’il leur savait gré  et que d’une certaine manière il en était fier. Des années plus tard, quand les journalistes stupéfaits demandaient de définir sa nationalité, il répondait parfois : « Viet Cong ».

Je dois ici présenter des excuses aux spécialistes qui ont eu pour corvée de me dégrossir le cerveau. Ils méritaient mieux que mes pitoyables efforts. Notre professeur d’anglais était le romancier Seamus Price, et ma tutrice en sociologie l’incomparable Amina Ali, une femme d’une telle culture et d’une gentillesse si pleine de tact que les mots me manquent pour décrire ce que j’ai gaspillé. Je m’incline devant le bourreau du désert des occasions manquées, mais j’ai promis d’être honnête dans cette chronique de mes crimes. Je ne rendais pas mes dissertations. Je n’assistais pas aux TD. La bibliothèque, pourvue du chauffage central, si bien garnie fût-elle, ne fut guère troublée par ma présence malodorante. Si je devais tout recommencer, je ne suis pas certain que je ferais différemment car j’avais en moi une tristesse qui me poussait vers la musique, alors que voulez-vous faire quand vous êtes ainsi porté ?

Très vite, j’ai compris que la seule raison pour laquelle je me rendais chaque jour à la fac, c’était pour jouer de la guitare, écouter chanter Francis Mulvey et, si nous étions en fonds, nous pinter la gueule.

J’ai hâte de lire ce que Edualc a noté 😉

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Lire le monde chez Sandrine (Irlande)

Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise

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Source Photo

Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise
S’il ne tenait qu’à lui il partirait au galop
Il aimerait voir Florence , Cosme Premier ou bien Pise
Nul doute que l’herbe est plus verte là-haut

Un fois en Italie rien ne l’empêcherait de partir vers la Tamise
Charles Premier lui indiquerait le point zéro
Après l’Europe, direction Equateur ou bien la banquise ?
Visiter sa parentèle de par le monde ! en bateau…

Madrid ou Kobe ? Les deux ont leur Don Quichotte
Un coucou à Rossinante, qui s’y pique s’y frotte
Partir voir Theodose Premier le byzantin ?

Quitter l’ Europe pour le Missouri des Amerloques ?
De là voguer jusqu’à Rama V à Bangkok ?
Ah zut, recommencer le trip, il a oublié son cousin argentin !

:

Jeudi Poésie chez Martine 

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Source photos : ici, ici, ici, ici, ici et ici

Participation au jeu 19 chez la licorne

il faut écrire un sonnet qui doit en outre  commencer par un vers célèbre

J’ai choisi « Le cheval Parthénon s’ennuie sur sa frise » de Raymond Queneau dans Cent mille milliards de poèmes

jeudi poésie

Richard Brautigan – Tokyo-Montana Express

Dans l’Ouest de Joseph Francl – on est en 1854 -, l’oiseau est aussi innombrable et sautillant que le film muet d’autrefois (dinde, caille, canard, oie, bécassine, faisan). Innombrables eux aussi les quadrupèdes (bisons, élans , loups) en sont comme les acteurs cependant que le poisson (brochet, poisson-chat, perche) y joue à l’intertitre muet, mais qui ondule. Et puis, il y a aussi les vastes zones de solitude qui ne ressemblent pas à des films ; personne n’y vit et la route y est étroite, facile à perdre : Nous comprîmes que nous étions en train d’errer. La route sur laquelle nous nous trouvons a l’air incertaine, personne ne l’a empruntée depuis plus d’un an. Il n’y est point de traces humaines mais nombre de signes montrent que le loup et d’autres gros animaux y passent. Nous sommes oppressés par un calme écrasant.
La terre est habitée par des Indiens : rusés, ils volent les chiens et toujours savent tirer le meilleur de vous. Même lorsque avec une vraie petite armée vous poussez jusqu’à leurs tentes, exigez qu’on vous rendre votre bien, menacez de faire la GUERRE si l’on ne vous remet pas l’animal (et là, on est de plus en plus loin de Prague, Tchécoslovaquie, et d’une carrière de musicien, même brève). Sauf qu’ils savent s’y prendre pour piquer les chiens, les Indiens, qu’ils sont astucieux. Qu’ils vous offrent un cheval en échange du clebs mais se débrouillent pour qu’en fait jamais ledit cheval ne change de mains et qu’au bout du compte c’est tout un chacun (Joseph Francl y compris) qui s’en retourne au camp, sans chien, sans le cheval qui a été promis et avec la sensation assez nette de s’être fait avoir. Le chien est perdu, les Indiens sont beaucoup trop malins de toute façon.

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Richard Brautigan – Tokyo-Montana Express

La traversée de la ville – Michel Tremblay

Elle tourne à gauche au coin de Montcalm et Sainte-Catherine. L’odeur du crottin de cheval et des déchets pas encore ramassés lui monte aussitôt au nez et elle sort son mouchoir de sa poche. Il y a des matins, comme ça, où c’est vraiment intolérable. Montréal n’est pourtant pas une si grosse ville. Qu’est-ce que ça doit être à New York, à Paris, où, du moins on le prétend dans les journaux et la  tante Titine me le confirme au sujet de certains quartiers pauvres de Londres, les excréments d’animaux sont empilés aux coins des rues pour être ensuite vendus à des fermiers qui vont s’en servir comme fertilisant ! À moins que ce ne soient là que des légendes destinées à faire taire les enfants qui trouvent que ça pue dans la rue. Pour leur faire comprendre que c’est pire ailleurs. Elle se demande d’ailleurs souvent comment il se fait que le crottin sente si bon à la campagne et si mauvais en ville… En Saskatchewan, jamais elle ne se serait plainte de cette odeur qui parfumait les chemins, alors qu’ici elle la trouve insupportable. Peut-être qu’en ville les chevaux ne mangent pas la même chose ou ne digèrent pas de la même façon. Les oiseaux ne semblent pourtant pas s’en formaliser et picorent avec énergie et  délectation les pommes de route, comme à Maria, à la recherche de graines pas digérées qu’ils s’arrachent à coups de becs furieux et avalent en pépiant de bonheur.

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La traversée de la ville – Michel Tremblay

Hallucinations

salembo

La dernière chose que j’ai entendue avant de sombrer, c’étaient les paroles du curé au mariage de ma cousine. Je n’écoutais, il faut dire, que d’une oreille ; je pensais plus au buffet qui allait suivre comme dans tout bon mariage, qu’au sermon de M’sieur le curé. Le curé parlait du pire et du meilleur et bla , bla , bla et bla bla bla….alors que mes papilles me titillaient du côté du buffet.
L’instant d’après, je me suis réveillée au pied d’un palmier. Enfin d’un drôle d’arbre qui avait des feuilles en palmier. Vous voyez de quoi je veux parler ? Je ne vais pas vous embarquer dans un cours de paléobotanique mais je suis sûre que vous n’avez JAMAIS rencontré ce type de palmier dans la nature : les palmiers , ces gâteaux feuilletés en forme de cœur que , qui croquent sous les dents, qui poissent sur les doigts….. Je me suis levée d’un bond. Enfin c’est vite dit, j’avais un peu la tête qui tournait quand même. Plus d’église, plus de mariés, plus de famille, plus de curé, une île déserte, un peu comme l’île aux enfants, je m’attendais presque à croiser Casimir (qui m’offrirait un gloubi boulga cela va s’en dire).

En regardant plus attentivement, j’ai vu toute de suite que ce n’était pas une île ordinaire. Le sable craquait sous mes pieds, pas très fin mais avec une odeur caramélisée, à croquer. Et là O miracle j’ai reconnu l’odeur : c’est l’odeur des miettes de noisettes que l’on trouve sur des glaces dénommées Sundae dans une chaîne de fastes-foude que je ne nommerais pas mais que vous avez reconnue.
Là, je me suis dis, ma pauvre Valentyne, y’a des fois où tu devrais ralentir sur les sucreries.
Mon étonnement est allé croissant à partir de ce moment là. J’étais passée au choix soit de l’autre côté du miroir, soit chez Hansel et Gretel : Je suis sûre que vous vous rappelez ce conte où les enfants arrivent chez une sorcière qui a jeté un sort à sa maison, La maison a des volets en nougat, des murs en gâteau, un toit en pain d’épice …
Sauf que là pas de maison en vue, j’étais sur une île apparemment déserte mais une sorte d’île en sucrerie. Je n’avais pas mon appareil photo sur moi, ni mon téléphone et je ne pourrais donc jamais apporter de preuves de mon voyage dans ce monde fabuleux où les rochers sont des têtes de nègres, le sable sont des éclats de noisettes, l’écume de la mer a le goût de la chantilly.

Comme j’avais la tête qui tournait moins, je me suis mise à explorer les alentours et juste derrière une mare de crème de marron, soudain …..Je l’ai vue, son généreux popotin assis sur un banc.
Je l’ai reconnue, tout de suite, la religieuse qui m’avait fait de l’œil dans la vitrine de la boulangerie, pas plus tard que ce matin. Car vous l’avez compris, c’était une religieuse au café avec une jolie collerette blanche entre sa tête de chou à la crème et son ventre rebondi (et non pas une des bonnes sœurs du curé du mariage de ma cousine dont je parlais juste avant)

Elle m’a vu et m’a adressé un grand sourire, elle connaissait même mon prénom.
« Bonjour Valentyne. Bienvenue sur l’île Dessert »
– Et c’est où l’île dessert ? lui aie je demandé comme si j’avais parlé à des religieuses au café toute ma vie.
– Et bien tu vois Paris, tu vois Brest et bien l’île Dessert est un peu à l’ouest de Brest. Enfin c’est à l’ouest de Brest pour le moment, (Latitude : 48°23′59″ Nord, Longitude : 4°racine carrée de 28′59″ Ouest) car comme toute bonne île flottante, à cette époque de l’année, elle est en train de dériver vers l’île de Pâques : on devrait y être pour la mi avril comme tous les ans. Les vents sont avec nous cette année, on s’est chopé un mistral gagnant qui nous pousse vers notre destination à toute allure. Mais viens donc Valentyne, une fête est organisée en ton honneur par notre grand patron.
– Le grand patron mais je ne le connais pas ai je réussi à bafouiller, car j’avais la langue pâteuse comme si j’avais la bouche pleine de Marshsaintmalot.
– Mais si, c’est le Saint Honoré, il t’attend pour ton intronisation, m’a-t-elle dit en me regardant comme si je descendais de Mars (la planète pas les barres chocolatées)
– Mon intronisation ? me suis-je contentée de répéter bêtement car j’avais à nouveau la tête qui tournait et les jambes en guimauve.
– Oui oui ! Tu vas atteindre un poste honorifique très demandé bientôt au mois d’avril : tu seras la cloche des œufs de Pâques. C’est pas donné à tout le monde !

C’est à ce moment que le Saint Honoré est arrivé, encadré par trois grands malabars. L’a pas l’air commode l’Honoré !
Il m’a posé quelques questions sur mon CV, pour quelles boîtes j’avais travaillé et patati et patata ! Il était surtout intéressé par les saints (Alors forcément je lui est parlé de mon expérience très réussie de chez Saint Maclou où j’étais chef étalagiste il n’y a pas si longtemps. Et aussi inventrice de slogan à se prendre les pieds dans le tapis. Mais qui avait bien pu inventer la moquette ? Sacré Saint Maclou. Comme cela sur le papier cela ne le fait pas mais imaginez France Gall chanter cela sur un air qui va entre « sacré Charlemagne » et les « sucettes à l’anis » et là vous avez tout compris de mon génie marketing. Je lui ai expliqué à l’Honoré que j’aimais bien inventer des slogans sous la douche : On cherche souvent à se détendre avec des choses qui nous énervent, moi ce qui me branche c’est d’inventer des slogans, pas de jouer au scrabble ou aux mots croisés ou aux devinettes.
J’allais enchaîner sur mon célèbre slogan créé exprès pour Saint Marc (celui de la lessive pas celui de Venise) quand il m’a coupé la parole et m’a dit que je n’avais pas les compétences requises. Il cherchait quelqu’un avec l’envergure de Flaubert pour écrire l’éloge du Salambo : C’était à Baklava, faubourg de La Madeleine, dans les jardins de Goza

J’en suis restée comme deux ronds de flans, et je lui ai rétorqué que je n’en voulais pas de son poste à la noix. Je suis une bonne pâte mais quand même ! c’est moi la révoltée du bounty et tutti quanti…
J’aurai dû être alertée par la réaction d’une des malabars de saint Honoré : une jeune femme charmante comme je les aime, peut être un brin nymphomane, qui avait un muffin dans la main droite et un carnet bleu dans l’autre main (qu’elle agitait frénétiquement). Que voulait elle me signifier avec ce carnet bleu qu’elle agitait tout en regardant Honoré d’un air inquiet !les yeux plus gros que le ventre
Parce que Saint Honoré s’est fâché, comme un dragon, tout rouge enfin non plutôt orange. C’est cela orange. Son visage était orange, mais plutôt lever de soleil que coucher. Ses yeux lançaient des éclairs (au café et au chocolat)
J’en suis restée baba et à ce moment là, il a sorti de derrière son dos une arme fatale : une Chupa Chups géante pour me suriner. J’en tremble encore comme un mille feuille, c’est dire !

C’est là que j’ai réagi, j’ai donné une beigne dans la brioche du Saint Honoré, je lui ai « emprunté » un pédalo et je suis partie aussi illico presto sur une mer à l’écume au goût de chantilly. Je pédalais aussi vite que me permettaient mes guiboles, ça m’a rappelé mon difficile apprentissage sur mon tricycle quand j’avais 3 dents, mais ceci est une autre histoire. J’ai donc pédalé dans le gâteau de semoule pendant trois jours. Heureusement qu’il y avait un far breton pour m’indiquer la route du retour vers Brest. »

L’agenda ironique est chez Grumots en juillet
Voici le texte initial (4 mars 2012)

La terre des mensonges – Anne B. Radge

la terre des mensonges

La terre des mensonges

Norvège de nos jours

Voilà un livre où l’auteur prend le temps de présenter ses personnages et je dois dire avoir été conquise.

Tout d’abord, Margido entre en scène. Ce célibataire d’âge mûr dirige une entreprise de pompes funèbres dans son petit village natal et je ne m’attendais pas à trouver son récit si intéressant. 60 pages très fouillées sur son métier et les sentiments qu’il lui inspire.
Il est empathique avec la famille des disparus, attentionné, très sensible et observateur. Puis l’auteur laisse Margido de côté et nous présente son frère, Erlend, qui lui est parti à l’étranger et exerce le métier d’étalagiste. Il réalise des vitrines pour Noël qui approche. A nouveau, un portrait fouillé de ce frère qui ne parle plus à sa famille : on apprendra plus loin dans le livre pourquoi.

Enfin présentation du dernier frère, Tor, fermier et éleveur de porcs, et là à nouveau le charme opère. Être proche de ses animaux, s’occuper de sa mère et de son père très âgés suffisent à son « bonheur ».

Trois frères très différents et chaque personnage est très convaincant.

A l’occasion d’un malaise de leur mère, ils se retrouvent dans la ferme familiale où arrive une jeune femme Torunn, fille du frère aîné.

Anne B Radge dessine un magnifique portrait de cette jeune femme à la fois déterminée et fragile.
Les quatre personnages sont obligés de parler malgré tout ce qui sépare les trois frères …. l’héritage (la ferme) est en jeu.

J’ai aimé aussi la complicité entre Torunn et le deuxième frère ainsi que l’ami de celui ci : on rit, on pleure…

Un coup de coeur et une secret de famille dévoilé qui m’a beaucoup surpris. Je commence le tome 2

Un extrait (Erlend le plus jeune frère collectionne des figurines de cristal)

Il interrompit Chopin au milieu de la valse numéro 7 et mit un concert pour piano de Mozart, afin de susciter un peu plus le drame et la concentration. Maintenant il fallait remplir la vitrine. Tout épousseter et faire briller pour Noël. La vitrine serait une fontaine lumineuse éclatante, créée par un homme aux gants blancs, qui avait la chance dans le sang. Il s’occupait de l’étagère aux animaux et aux oiseaux et allait reposer la licorne à sa place, quand elle lui échappa des mains et tomba par terre. Il s’accroupit en poussant un hurlement et la ramassa. La corne sur le front avait disparu, sinon la miniature était entière : entière, mais ni plus ni moins qu’un cheval. Ce qu’elle avait de magique gisait encore sur le parquet. Il prit la minuscule corne en spirale et rejeta aussitôt l’idée de recourir à un point de Super-glue. Ce serait de la triche. Il sentit les larmes lui venir. Et cette figurine-là entre toutes ! C’était une des premières que Krumme lui avait offertes, et il se souvenait encore de tout ce que Krumme lui avait raconté sur la licorne, cet animal fabuleux qui était le symbole de la virginité et ne se laissait attraper que lorsqu’elle cherchait à se reposer dans le giron d’une jeune fille vierge. Or, la voilà qui était devenue un cheval, tout bêtement, qui ne symbolisait rien d’autre que la simple et banale virilité. Dans leur chambre à coucher, ils avaient un immense tableau à moitié surréaliste représentant une licorne. Krumme l’appelait la bête miraculeuse.
Il mit la licorne cassée tout au fond, derrière les autres animaux. Il posa délicatement la corne à côté. Il ne se résolut pas à s’en débarrasser, car comment jeter une chose pareille ? Du haut d’une terrasse ou dans une poubelle, c’était impensable.

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TRILOGIE

Le challenge  » trilogie de l’été » est chez Philippe 

Champ libre – René Guy Cadou

Champ libre

L’océan bat son plein
La barrière est ouverte
On voit des chevaux d’or brouter les plantes vertes
Les deux bords du chemin
Les guirlandes de ciel qui passent par nos mains

Un visage se lève
Soir et matin le même rêve
La peau douce du vent
Je pars dans le soleil et tu marches devant
Le temps presse
À chaque pas vers toi je tombe de faiblesse
Le coeur ne répond plus
Je gagnais ton pardon si tu l’avais voulu

Sur le mur qui chancelle une ombre s’épanouit
Un reflet nous égare
Une voix dans la nuit

Champ libre – René Guy Cadou

jeudi-poesie

Les autres participants sont chez Martine