Station « En vert et contre tous » – Tout le monde descend

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Source photo

Suite à ma mésaventure du mois dernier, je suis sortie de l’hôpital Bichat, couverte de pansements et j’avais plus la tête d’une momie que celle d’une jument verte. Béchamelle était venue me chercher avec Pygmée-Lion et ils me proposèrent de rentrer en métro jusqu’à Saint-Nom -la-Bretelle, vu le temps qui tournait à la neige (de la neige le jour du printemps, y’a plus de saison, ma ptite dame !!).

A l’entrée du dit métro, j’ai eu un moment de surprise : le plan de métro était étrange, pas du tout comme d’habitude : tout en rondeurs et en lignes courbes. Cependant comme je n’avais pas mes lunettes, je n’arrivais pas à lire le nom des stations et je fis fi de mon étonnement pour monter dans une rame qui arrivait pile sur le quai. Les gens étaient étranges (en même temps en tant que jument verte je peux difficilement critiquer ou me moquer de la tête des gens).

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« Quai de la carotte râpée » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

perruche

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Il y a avait Mr Perruche et sa dame, tous les deux avec une gorge verte printemps que je m’empressais de comparer avec mon vert terne, consécutif à la nourriture d’hôpital pendant un mois (me suis chopée une brocolique, maladie nosocomiale bien connue pour excès d’ingestion de brocolis bouillis).

poule

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« Porte Poulet Mayo » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

Pour tromper sa faim, un lama très élégant avec un bandana vert tendre, mâchonnait du chewing-gum à la chlorophylle dont l’odeur alléchante me faisait saliver.lama

« Station Saint Jacques au cresson » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

Un phacochère grignotait des frites au wasabi postillonnant de la salive verte à qui mieux mieux. Une tortue avec son sac à dos rempli de nourriture attendait patiemment que la rame s’arrête .

phacochère tortue

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« Gare Saint lézard » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

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Un paresseux, mains derrière les oreilles, regardait tout ce petit monde d’un air goguenard : il m’apostropha : « bienvenue dans la quatrième dimension de Pawlawski « .tortue
Le plus étrange n’était pas la tête de tout ce petit monde ni le nom des différentes stations de métro qui filaient inexorablement mais bien leur langage. Il était près de midi et le sujet semblait tourner autour de la nourriture. Ils avait tous l’air d’être invités au même endroit : « Rue du colonel Chatvert à l’angle de la rue du père Loriot et du festin de Babette »

Un certain chat semblait avoir invité tout ce qui comptait en France et en Navarre : « La vengeance est un plat qui ménage sa monture » disait le lama, « Qui vole un bœuf vole un bœuf » renchérissait la poule, « Un accusé est cuit quand son avocat n’est pas cru » psalmodiait le lama , « S’il y a des tomates Mozart est là » roucoulait Mr Perruche . « L’oignon fait la force du jet d’ail » grognait le phacochère entre deux frites au wasabi.

« Saint germain du pré vert » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

« C’est la fin des haricots » poursuivit imperturbable la tortue
« Sortir des œufs battus » répondit madame Perruche.

« Gare du lapin de garennes-colombes » dit la voix de la dame-haut-parleur dans le métro.

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Le paresseux me mit au parfum « cela fait quelques jours que nous serrons la petite ceinture afin d’être en forme pour le banquet que donne le Chat ».

– Il est où le Chat d’ailleurs ? demanda la grenouille qui à la station d’avant était montée dans le wagon.

– Il est parti aller chercher le beurre à la Motte Piquet grenaille. Pour son célèbre plat de lasagne aux épinards…prévint la poule qui lâcha enfin son téléphone. J’ai eu Lewis Scarole à l’instant : IL VIENT !

Par l’odeur alléchés, nous nous arrêtâmes tous à « Varennes d’Oléron » et nous sortîmes tous ensemble de la bouche du métro : il neigeait mais la neige avait un peu fondu et c’était plus de la soupe de neige que de la neige.

Les invités se précipitèrent en criant « le dernier arrivé n’aura que des brocolis » alors je pris mon élan et me mis à courir mais avec mes pansements en banderoles, je finis lamentablement en glissant sur la neige fondue : Le paresseux, magnanime, m’aida à me relever en chantonnant « j’aime bien ta façon d’illustrer le proverbe « comme un cheval sur la soupe »

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Ma modeste participation à l’agenda ironique de Mars organisé par le Chat

Source des photos recadrées par mes soins

Projet 52 nuances de vert avec le thème « nourriture »

Les demoiselles de Rochechose

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Elles étaient trois soeurs presque trumeilles
nées sous le signe des merveilles
L’aînée voulait devenir vedette, frêle Primerose,
Elle rayonnait comme la chaleur du soleil.
La cadette aimait les fanfreluches, tendre Mireille,
Elle levait la main avant de chanter vers le ciel  rose
et de son arbribustier sortait des chants en prose.

Pas de nénufar dans le poumon droit de la dernière, Isabeille,
mais le dos fragilisé par une fougère-scoliose,
elle complétait le tableau de ces jeunes filles sous la treille.

Isabeille n’en était pas moins une diva de la tête aux orteils
Elle déclamait des verts, tressait des lauriers roses.
Père inconnu pour ces demoiselles, que la  mère Anna Morphose,
appelle en secret Fabre d’Eglantine, elle ose :
« L’anniversaire de mes filles tombe en nivôse, pluviôse,  ventôse  »

Ce fut à Mireille que la fortune sourit grâce à son teint (ou bien à cause)
Sous les feux des projecteurs ses branches poussèrent au soleil
Elle emmena ses soeurs dans le sillage de son talent, puce à l’oreille.
Ainsi naquit la  réputation des grâces vermeilles,
La chanteuse, la danseuse et la poétesse en prose.
Un paparazzi Joël les mit en valeur, en symbiose
Nul besoin de verres fumés pour créer le mystère  de l’osmose.

Mireille, la jeune fille s’effeuilla, il en fut tout chose
Joël appella ses trumeaux Noël  et Sixtroène, ce virtuose.
Ils tournèrent un film sans prétention « Les parapluies de Torreilles ».

Jusqu’au jour où,  Primerose  prit racine dans une jardinerie close
Amoureuse d’un fermier local aux yeux de maquereau à groseilles
Elle se barricada derrière son chapeau d’âme à fleur de pose,
Lumineuse, elle bourgeonna et rejetonna d’arbrisseaux vert bouteille
Elle oublia ses sœurs pour son Jacques demi-magicien d’Oz.

Et elles partirent  les deux sœurs restantes,  un peu moroses
Regrettant leur  étoile, le coeur gros, le coeur arraché de sa corbeille.
Leur complicité avait vécu ce que vivent les roses.

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MireilleFEMME PLANTE 3

 

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et Isabeille

 

 

 

source photos 

Les mots collectés par Asphodèle

Vedette, fragiliser, fortune, film, projecteur, fumé, paparazzi, fanfreluche, réputation, prétention, chanteur, oublier, local, gros, météorite, étoile, talent, chaleur, lumineux, diva,  barricader.

Je n’ai pas mis  météorite,

Et la Licorne nous invite à écrire un poème en « ose » « et en « eil »

 

Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « Film»

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Je tiens à remercier Boris et Jacques sans qui ce petit texte n’aurait pas vu le jour  😉

Symphonie en vers


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Son corps vert, comme une gaine,
Sort à moitié de la Loue
Elle, mi Lorelei, mi-sirène
Ondule entre les vagues frou-frou

Le soleil luit dans ses écailles
Elle s’allonge sur la mousse,
Se réchauffe et tressaille
D’un bond, elle plonge et éclabousse

La nymphe a disparu
Verte, glissante algue-liane
Immergée dans la forêt et son rû
Cabotine comme une courtisane

Ne reste alors que l’azur
Jusqu’au moment où la Pataude
Ressort et s’allonge dans la verdure,
Bijou dans un écrin d’émeraude.

Son buste arrogant incliné
Se couvre de lierre grimpant
Elle rampe, hypnotisée,
Et s’enroule, queue de serpent.

Dans la forêt profonde
La belle arpente le Jura ;
Le soleil dans sa ronde
Est prisonnier de son éclat.

Si on croise ses yeux troubles,
Pierres dures à l’arête de cuivre,
Leurs intensités redoublent
Quand on la nomme la Vouivre.

De quelle feuille tendre,
De quelle brindille, de quelle eau,
De quel végétal peut-elle descendre ?
D’où vient le vert de sa peau ?

D’un cactus sec et piquant ?
Ou de la jade du nénufar ?
Avec sa pâleur des olives d’antan
Nul besoin de rouge ou de fard.

Cheveux de luzerne ou fougère
Glissent sur ses épaules menthe ;
Le passant elle l’enferre
de sa voix vivifiante.

Elle s’approche entre les roseaux
Sous le prétexte d’un baiser
Séduit l’amoureux, son héros
et d’un coup de rein emporte l’infortuné.

vouivre film

La vouivre

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « Poésie»

Une semaine en chansons

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N’allez pas croire que j’ai baguenaudé toute la semaine et que je me suis mise à mon texte des Plumes au dernier moment. Que nenni ! toute la semaine, j’ai cherché LA chanson qui m’apporterait l’inspiration. A la fois verte (évidemment), mutine, câline, vide de mots et lourde de sens….le refrain que tout le monde a envie de fredonner ou de hurler à tue tête, en toutes circonstances, dans sa voiture ou sous la douche…..

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C’était d’ailleurs bien parti :

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Lundi, en sifflotant Gotainer et sa belle des champs, j’ai fait la liste, j’ai trouvé en furetant sur le net un peu plus de 20 chansons (*) dont 7 en français et 16 en anglais (to be green or not to be green…).
J’ai plumé aussi une trentaine d’alouette de la tête aux pieds….Dans mon délire, ces belles célestes venaient à ma rencontre. La semaine s’annonçait belle, sans nuage à l’horizon. Il me restait 5 jours pour écrire un texte mêlant flânerie et fantaisie.

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Mardi, foutu mardi, j’ai chanté ma bohème en boucle alors qu’il n’y a rien de vert dans ma bohème (celle de Charles pas celle d’Arthur (Rimbaud pas le minimoy qui lui est rouquin à costume vert comme Pygmée-Lion)). Pour me désintoxiquer de « ma bohème », j’ai essayé pendant l’après midi de passer à « ma liberté » du beau Sergio, mes collègues se sont ligués pour me faire taire, me mettant au ban de la société comme une paria . On était le 23 février et l’an dernier à la même époque je fredonnais aussi les jours de la semaine, craignant pour le peu de santé mentale qui me restait.

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Mercredi, j’ai laissé tomber ma menthe à l’eau et repris du café noir. J’ai séché la cantine pour faire une recherche sur le net au sujet de ma foule de chansons vertes qui se bousculaient au portillon, et qui en essayaient de s’agripper à ma manche en disant : choisis moi, choisis moi.
En apnée, j’ai révisé mon anglais et appris que vert se disait aussi yellow et que les compagnons de la chanson voulaient bien me faire faire un tour sous l’eau mais je suis claustrophobe et me retrouver prisonnière dans un sous marin vert (vert-yellow de surcroît) très peu pour moi.

Jeudi : je suis devenu caméléon en écoutant Pink water chez Mind. Il pouvait pas chanter Green Water Nicola comme cela j’aurais fini dans les temps (ou dans l’étang au milieu des nénufars et des libellules). Toujours jeudi, je suis devenue verte en chantant « moi vouloir être chat » en regardant cette photo chez Jacou la girondine (dit on gironde ou girondine quand on habite Bordeaux, another good question ? ). Jeudi soir, sueur froide, toujours aucune chanson verte en vue, mon enthousiasme légendaire avait du plomb dans l’aide et je broyais du vert bouteille.

CHATS VERTS

Source Photo (Sandy Skoglund)

Vendredi : Je me suis levée y croyant encore, en sirotant un thé vert (le café noir m’avait donné des aigreurs l’avant veille). J’ai dû attraper froid dans ma chemise de nuit évanescente. Entre boulot et errance, hagarde, je n’ai pas trouvé chaussure de vair à mon pied parmi toute ma précieuse liste et j’ai envoyé mon lien un peu tard (presque  21H00).
Je pense qu’Asphodèle va me chanter qu’ « elle a les yeux révolverts »

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(*) Vert de colère – Pierre Perret / Un dernier vert pour la route – Beirut / Les souliers verts – Linda Lemay / L’homme au tablier vert – Guesh Patty / Près du lac vert – Niagara / La main verte Tryo / Le rayon vert – Zenzile / Le soleil est trop vert – Ange
Green eyes – Coldplay / Green Green grass of home – Tom Jones / Green light – Beyoncé/ Green is the colour – Pink Floyd / Grass is Green – Tony Rich project / Blue in green – Miles Davis / The Green fields of France (vertes prairies?)  – Dropkick Murphys / Green – Dandy Warhols / Green fields – the brothers Four / Blue and Green – Van Morrisson / A certain shade of Green – Incubus / Green Heaven – Red Hot Chili Peppers / Green language – Nick Forte / Cristallyne Green – Goldfrapp (Ride à White horse Goldfrapp pas de vert dans ce titre mais trouver cette chanson NDT) / Green and gold -Eminem / Green grass vapor – Angie Stone

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Les mots collectés par Asphodèle

Flânerie, pacager, liberté, baguenauder, circonstance, enthousiasme, prisonnier, errance, prairie, libellule, céleste, nuage, délire, rencontre, bohème, paria, alouette, gironde, évanescent, agripper.

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Je n’ai pas mis pacager

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « chanson»

et extrait pour Mind la chanson YT

 

Poulpe fiction

J’ai mis deux plombes à me préparer ce matin. Je n’arrivai pas à me raccorder, soit la prothèse refusait de rester entre mes dents, soit les filaments qui étaient sensés s’accrocher derrière mes oreilles, glissaient et faisaient un amas innommable. Ma mère tournait autour de moi inquiète, comme une moule accrochée à son rocher.
– Tu es sûre que tu veux y aller à cette immersion?
Je l’ai regardé d’un air outré : ne pas aller à l’Immersion d’Océane, ma meilleure amie, je lui devais bien cela maintenant qu’elle avait choisi de ne plus vivre parmi nous, les Rescapés.
– Tu as pris tes pastilles d’iode ? ta réserve d’oxygène complémentaire ? demanda ma mère.
– Oui, oui, fis-je en partant et refermant la porte du sas qui m’emmena vers le monde extérieur. Ma mère avait choisi de rester cloîtrée dans son appartement, à l’air filtré et irréprochable, mais je ne pouvais rester confinée dans cette atmosphère stérile. Ravitaillée par les hommes dauphins, sans contacts autres que ceux d’un écran…

J’étouffais plus à l’intérieur de ce quatre pièces qu’à l’extérieur, même avec la prothèse indispensable à ma respiration. Serrer les dents et respirer lentement, pas de gestes brusques. Le temps de survie sans le « poulpe » comme on l’appelait avec les amis étais de l’ordre de deux minutes.
Je sortis enfin. Varech m’attendait en bas de l’immeuble qui nous servait de nid.
– Prête pour la cérémonie d’immersion ? fit-il avec un pâle sourire derrière ses tentacules violets.
Son petit hors-bord pris le canal Cinq-Martins. Je remarquai alors qu’il avait lui aussi mis à prothèse neuve de pieuvre comme un hommage à Océane. Ses yeux verts pleins de larmes ne l’empêchait pas de filer bon train et les 5 kilomètres entre le bassin de la Vaudevillette et le canal de l’Orque furent parcourus en moins de temps qu’il n’en faut pour le dire. Il faut dire qu’avec l’alerte à l’air niveau 34 qui subsistait depuis le début de cette année 2 334, peu de gens sortaient. Je m’abstins de mettre la main par dessus bord, l’eau salée pleine d’algues ne m’inspirait pas ce matin, j’étais encore hantée par la vison d’Océane qui avait retiré sa prothèse hier en criant, « mieux vaut ne plus vivre que vivre ainsi », avant de sauter de la tour Eiffelle (324 mètres dont 124 au dessus du niveau de la mer). Une mer verte qui l’avait aspirée et digérée.

 

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Michael Burton et Michiko Nitta, AlgaCulture, 2012.

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « mer»

Musique…..

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Confluence de la Drôme et de Rhône – Source photo

3 juin 1944 – Loriol sur Drôme

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Samedi matin, il fait encore beau. Serein, le père Drix parcourt la campagne. Dans l’herbe verte, ses sandales battent la chamade. Il chantonne pour lui seul, sa sacoche avec le casse croûte à l’intérieur, le laisser-passer dans la poche droite. Le soleil de 8h ne lance pas encore de flamme en ce jour d’été mais cela ne saurait tarder.
Le rendez vous est pour 10h, il a le temps en marchant tranquillement d’arriver à l’heure à la clairière. Quelques kilomètres le long de la Drôme, bercé par la musique de la rivière, la même qui tonnait lors de la fonte des neiges il y a finalement peu de temps.
Les feuilles font le bruit de vagues de la mer, le matin. Aucun bruit dans la campagne à part quelques bruissements dans les buissons :  des souris bougent dans le taillis….la vie reprend ses droits avec les beaux jours…
Patient comme un escargot et lent comme une tortue, il chantonne, le père, en écoutant le souffle du vent dans le feuillage. « Mes anges dans la campagne » sifflote-t-il. Entre deux couplets, il répète intérieurement le nombre d’armes et de bâtons de dynamite qui ont été cachés. Son interlocuteur doit lui dire les points qui seront leurs objectifs dans les jours à venir. Il s’arrête pour reprendre son souffle, surprend une carpe sautant hors de l’eau, le prêtre bouche-bée, casse une branche, glisse, se rattrape in extrémis et reprend sa longue marche dans le sous bois.
Arrivé à la clairière, le Père Drix s’approche du coin d’herbe verte qu’il commence à faucher d’un geste ample, lent et sûr. Il fauche depuis 30 minutes quand l’homme sort du sous-bois, lui fait un bref signe en guise de salut et pose la question : Mon ami Robert a-t-il livré le foin ?
– « Mon cheval préfère la verdure » riposte le prêtre, sans arrêter de faucher. J’en prend aussi pour le veau. Tour de rein peut être, mais je mériterai bien un rôti conclut-il.
L’homme aide alors le prêtre, légèrement empêtré dans sa soutane, à rassembler l’herbe coupée.
– Faut qu’elle soit utile cette ross’ pour v’nir se perdre au fonds des bois pour la nourrir ! Fais z’en un pt’it tas pendant qu’j’le ficelle : grogne l’homme, rompu aux travaux des champs.
Pendant ce temps, le prêtre soliloque en fauchant : Bourg de Crest – cinq patriotes tous équipés, bourg de Luc en Diois 7 – bourg du Pouzin 4 dont un radio…… L’homme est concentré, mémorisant lieux, hommes et chiffres tout en ficelant une botte impeccable.
Au bout d’un moment, le prêtre propose de partager son casse-croûte et ils mâchent leur quignon en silence, pain goût incertain, farine mal dégrossie, gnôle, six rondelles de saucisson, bleu du Vercors.
Avant de se quitter, l’inconnu lâche : dans 2 jours, 23h00 gare de Vercheny. Prochaines instructions : un Père au quai de la gare, voie A, aura rendez vous avec une soeur.
Le moine sourit, remercie l’homme pour l’aide, charge son fardeau sur l’épaule et conclut :
– Faut qu’on rentre, on se revoit dans 15 jours si telle est la volonté de Dieu…. il est l’heure du retour du moine au logis. Saluez Robert de ma part.

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Histoire inventée à partir de « mon cheval préfère la verdure » , message du 3 juin 44 Résistance normande et jour J.Raymond Ruffin. Presses de la Cité. (Message dont on peut penser qu’il annonce la mise en œuvre du plan vert).

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « musique»

Pour ceux qui aiment jouer, il y a dans ce texte 20 noms d’oiseaux cachés phonétiquement (voir ici chez la licorne les autres participants dont Célestine avec des noms de poètes et Edualc avec des noms de cours d’eau.)

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Réponses bienvenues en commentaire  ou chez la Licorne 😉

Le secret de la femme en vert

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C’est le central qui m’a appelé au petit matin.
– Une disparition inquiétante, Cheffe, venez tout de suite
Devant le ton affolé de ma fidèle adjointe, j’ai enfilé mon imperméable vert, ma perruque et mes lunettes qui font de moi le sosie presque parfait de Catherine Deneuve et je suis partie dans les rues de Paris pour mener l’enquête par le bout du nez.
Je suis passée par l’entrée des artistes pour rentrer Quai des Orfèvres évitant ainsi la foule des journalistes alléchés par le scandale.
Arrivée dans la salle de réunion du commissariat, j’ai compris le ton paniqué de mon adjointe :
– C’est un enlèvement, selon tout probabilité, a-t-elle dit en me tendant un document verdâtre et mal écrit  : « Sirculaire d’aplication réforme d’ortografe du 4 aout 1990 – planification de la disparition de l’A.C » .
C’est une crise de lèse-majesté , une hérésie….bafouillait ma seconde.
– A.C les initiales de la personne disparue vraisemblablement…ai je dit dans ma ford intérieure.
Je n’avais pas encore compris qui était la personne enlevée mais la cellule psychologique mise en place au pied levé avait commencé son boulot de décorticage, Interpol était sur les dents, le FBI avait décliné l’invitation : pas concernés disait le mêl…. poursuivait mon adjointe avec un débit de mitraillette.
– Nom et prénom du disparu ? dis-je d’une voix blanche.
– Nom : Circonflexe, prénom : Accent
– Type et signe de reconnaissance ?
– Chapeau chinois.
Je levai un sourcil interrogateur comme Adamsberg dans « debout les morts » quand soudain l’îlotier de service entra pour la distribution des cafés, (thé vert et arsenic pour moi cela soigne mes mots d’estomac). Par la porte entrouverte, nous avons entendu un brouhaha dans l’escalier.
– On a 1 276 témoins, Cheffe, qui veulent témoigner de la disparition de leur âme.
– Comment cela ? et j’ai jeté un coup d’oeil dans l’escalier. Ils étaient venus ils étaient tous là, rangés calmement dans l’escalier.
1276 mots comme ane, baté, gaté, paté, pale, bellatre, khol, chomage, hopital, piqure, ragout, brule-pourpoint, foret, crepe, reve, tete, ile, abimes, dinette, traitre…….. des dizaines, que dis-je des centaines de mots qui attendaient leur tour pour déposer plaintes ou témoignages, ils avaient l’air tout nus sans leur chapeau chinois.
– Et encore il en manque, a poursuivi l’agent de service. Internet dit : 332 mots avec ô, 660 mots avec â, 287 mots avec î, 246 mots avec û, 612 mots avec ê.
– Mais cela ne fait pas 1276 mais beaucoup plus, dis-je après un rapide calcul mental.
– Il y a dans ce décompte tous les noms au pluriel qui ne sont pas venus. Et il manque les formes conjuguées des verbes, Cheffe, m’a fait ma fidèle adjointe.
– Violences conjugales, on ne va pas tarder à avoir SOS femmes battues sur le dos, a-t-elle poursuivi.
– Les médias ?
– Calmes, ils ont prévu d’éditer leurs prochains numéros tout en majuscule, pas d’accent sur les majuscules.
– L’Elysée ?
– Ils reçoivent une délégation des ambassadeurs de Côte d’ivoire, des îles du cap vert, des îles Maldives, Grenadine, des Îles Salomon et du Viêt Nam qui ne veulent pas voir disparaître leur accent.
– Matignon ?

– Ils reçoivent une délégation des maires de villes comme Thônes, Châlon, Mâcon, Nîmes, Châtillon, Châtenay-Malabry, Château-Porcien, l’Haÿ-les-Roses.
– Mais y’a pas d’accent circonflexe sur l’Haÿ les Roses il y a un tréma sur le i grec non?
– C’est par solidarité a dit le maire, d’abord les accents circonflexes puis les tréma puis les autres accents et ensuite la victoire des sans-accents, comme 1789 fut la révolution des sans-culottes, a dit le porte parole des rouges.
– A propos de rouges, qu’ont dit les Verts ? Quelle est la ligne verte ?
– Ils ont dit « Parce qu’en vrai on parle d’enlèvement, mais si ça se trouve c’est une fugue »
– Des suspects ?
– Une revendication d’un certain Accen Zir cornflake ‘s, une lettre d’un certain My gale tout en anglais….
Je repris ma respiration et mon imper vert, lâchant ma conclusion à la cantona.
– Il faut arrêter de verser dans l’hystérie collective et il faut appeler Erick Orsenna de toute urgence, c’est lui le spécialiste de la révolte des accents. Ah et pendant que j’y suis, au vu des noms des villes Châtillon, Châtenay-Malabry, Château-Porcien qui sont venues en délégation, je soupçonne un chat ! probablement anglais, une sorte de copycat ou de céréales killer, un ordinatueur. Appelez moi le FBI pour quand je reviens de la cantine.

Bon je vous laisse, y’a ragoût et chou de Bruxelles à la cantoche.

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « Livre »

Sphinx etc…..

Je me suis réveillée ce matin, toute bizarre, la tête à l’envers (comme un samedi me direz vous mais pas que…)
Le texte que j’avais commencé la veille était tout de guingois : griffonné raturé avec mon stylo vert, celui des 4 couleurs. En même temps, j’avais juste jeté quelques idées en vrac : des proverbes qui me plaisent : A la Saint Robert tout arbre est vert, A la saint Henri le vert-galant fait son nid, tant va la cruche au verre qu’à la fin elle se casse, un seul hêtre vous manque et tout est des peupliers….
Enfin des bouts de phrases sans queue ni tête , certes, mais qui avait bien pu raturer, biffer, corriger ainsi ce début de texte…?
J’ai reposé mon papier raturé pour aller aux toilettes (y’a des priorités quand même )
Quand je suis revenue, j’avais les yeux un peu plus ouverts. Ils étaient deux à côté de mon pseudo texte : Pygmée-Lion, le lutin rouquin à costume vert et Béchamelle, la chamelle, l’œil triste, de grandes valises sous ses yeux rouges (un peu comme le chameau porté par Obélix si vous voyez ce que je veux dire)
Pygmée-Lion disait : Qu’importe le flocon pourvu qu’il y a l’hivert ? ça va pas Béchamelle, tu a mis un t à hiver et tes A ressemblent à des O, c’est flacon ou flocon que tu as voulu dire ?
C’est à ce moment que je me suis rappelée que je voulais écrire un texte sur un Sphinx et que Béchamelle devait en connaître en rayon sur les sphinx…. vu que une chamelle…..vaisseau, non vaisselle du désert, l’Egypte….les Pyramides, le Sphinx ….bref…..Béchamelle me paraissait la personne indiquée pour me parler des sphinx….
– Tu pourrais, chère Béchamelle, me faire un topo en 500 mots du Sphinx… pour mettons…. le 20 février ?
Béchamelle, sur un ton enrhumé, m’a répondu : »Ben tu sais moi je suis né non pas au Caire, mais Passage du Caire dans le deuxième arrondissement, alors le Sphinx…… Par contre, je connais quelqu’un dans Paris qui a connu personnellement un sphinx. »
Ni une ni deux, j’ai mis Béchamelle et Pygmée-Lion dans mon sac à dos et nous sommes partis dans le soleil levant. J’avais mis mon costume de jument verte comme toujours quand je pars en expédition incognito. Pour mon enquête sur le sphinx, malgré la faible connaissance de Béchamelle sur l’Egypte, cela m’a rassurée quand elle m’a dit qu’on irait ensuite faire une virée voir l’obélisque de la Concorde, (qui avait été amenée en hommage à un certain Obélix qu’elle avait bien connu). Elle m’a dit « avant on passe par rue du Nil , mon ami, grec spécialiste du sphinx, y habite.
– Grec? ai je dis ! tu es sûre de ta source ?
– Oui c’est un neveu d’un professeur émérite, le professeur Taurus . Son neveu s’appelle Minotaurus (du grec minot pour enfant et Taurus pour taureau)
A l’arrivée, Minotaurus était impressionnant, corps d’homme et tête de taureau, mais très gentil sous ses dehors bourrus. Il m’a dit : « il ne faut pas confondre le Sphinx de Thèbes avec son homonyme égyptien », il voulait bien me dire où habitait sa connaissance Sphinx si je répondais à une énigme : « Qu’est ce qui est vert, qui peut se manger, et qui peut être utile pour se sortir d’un pépin ?  »
J’avais la réponse sur le bout de la langue et je m’apprêtais à le dire quand soudain Béchamelle a éternué et je me suis retrouvée, les quatres fers en l’air, fracassée contre le passage du Caire.
Les dernières paroles que j’ai entendues avant d’être emmenée par Minotaurus sur sa carriole furent celles de Béchamelle à Pygmée-Lion : « Tu pourrais pas m’aider à m’éponger le nez ? » Alors Pygmée Lion a sorti de sa sacoche un instrument confondant, une sorte de kleenex multi absorbant et il a dit :  » je te tire le vert du nez ? ok ! mais la prochaine fois , préviens quand tu éternues. »
J’ai eu comme un haut le cœur et je me suis laissée aller sur la carriole direction l’hôpital. Je leur ai dit de se taire et qu’ils aillent tous se faire voir au diable vauvert.

BD-Minotaure-á-la-carriole

Picasso : Minotaure à la carriole, 6 avril 1936. Huile sur toile, 45,5 cm x 54,5

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Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « Proverbes » et Participation à l’agenda ironique qui se déroule en février chez Rx Bodo (sujet : Dialogue de sphinx)

NB : un bonus pour qui trouve la solution de l’énigme : « qu’est ce qui est vert, qui peut se manger, et qui peut être utile pour se sortir d’un pépin ? « 

Si grenouille m’était contée….

J’étais tranquillement sur le bord de ma mare en marbre d’émeraude, juste avant ma petite brasse du matin, quand soudain mon bien-aimé Père entra dans la sacristie en criant « Sacrilège, sacrilège quelqu’un a dévoré mon missel ». Il tenait dans la main l’objet qui avait subit le sacrilège et je dois dire que la souris (qui à part une souris ?) avait  laissé des trous joliment déchiquetés dans ce missel.

Mais je mets la charrue avant les bœufs car je ne me suis pas présentée :  VERTUEUSE, (en un seul mot et sans trait d’union), grenouille de bénitier de confession athée ! je suis rentrée en religion par la petite porte, sans réelle vocation :   nous étions nombreux dans notre famille Téoutard, deux cents au bas mot……  deuxième d’une famille pléthorique, je me suis dévouée à la religion, comme dans toutes les famille nobles depuis les Batraciens. Mon aînée est noble reine, et je n’ai pas sa prestance ou son bagou. Moins belle et moins prolixe qu’elle (certains diraient moins mégalomane), j’ai embrassé la religion comme certains papes embrassent la terre, avec application et en toute humidité.

Contrainte par la dure réalité de la vie de trouver de quoi me nourrir, je n’ai pas fait ma grande bouche ou essayé de grossir comme dans la fable de l’ami de ma soeur ce Monsieur de la Fontaine. En parlant de fontaine, je vis dans un bénitier qui ressemble plus à la fontaine de Marcel Duchamps qu’à la fontaine de Versailles mais au moins le coin n’est pas surpeuplé et quand on a eu comme moi 200 frères et soeurs, on se trouve bien n’importe où pourvu qu’il y ait de la place.

J’ai fait mes classes vertes dans la belle paroisse des Saint innocents( (ligne  (RER)(A)(B)(D) (1)(4)  (7)(11)(14)) dont le patron Jean Baptiste (Grenouille comme moi ….un homonyme…..) apprit à survivre en respirant des pets de nonne…paix à son âme …..

Je porte ma croaaa. Je vous parais un peu longue ? mais c’est important de me connaître pour m’apprécier à ma juste valeur. Je ne suis pas bigote mais pas sotte non plus, le fait que je reste dans l’ombre de l’église m’a rendu verte si pâle que l’on ne me voit pas dans le bénitier : en plusieurs décennies dans cette église, je n’ai pas vu une seule apparition, un seul miracle, je suis donc devenue athée. Pas comme cette souris verte que j’ai très bien vue grignoter le missel l’autre jour, espérant que le dit livre se transforme en gruyère, peut être…..Tout ça pour en revenir à ce missel grignoté : encore une souris qui en fait tout un fromage  et qui va déclencher une chasse aux sorcières.

Je ne voudrais pas que ma longue confession vous lasse et vais donc abréger mon histoire  : Je n’irais pas cracher sur vos tombes et encore moins cracher dans la soupe mais cette aventure m’a donné l’idée d’un chant pour la chorale où je coasse  « le vert missel, c’est ce que je préfère …..après les nouilles à la basilic….. »

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projet 2016 52 nuances de verts (Sujet : animal)

L’oiseau vert

oiseau vert

Site de Chantal Dufour

Mon ami est un splendide oiseau vert.
Il est le gardien de mes insomnies.
Je lui ai fait sa place à la maison.
La nuit, ce minuscule moineau me raconte des histoires.
Et le jour ? il part dès l’aube, battant de ses plumes bleu-vert.
Je lui confie une mission et il n’a de cesse – à tire d’aile – de m’apporter une réponse.

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La nuit venue, quand le sommeil fuit, l’oiseau vert chuchote à mon oreille.
Il se perche sur ma boucle d’ oreille et me raconte tempêtes et éclaircies fabuleuses, mélodies syncopées et mélancoliques, là où l’herbe est plus verte qu’ailleurs..
Je lui ai confié : une collecte des plus beaux paysages verts, le soin de m’expliquer la poésie des mots….
Après sa visite nocturne, il est parti ce matin chercher l’étymologie de 80 mots, mon Babeloiseau, passe-partout rêveur.
Dans son jabot, les mots débordaient et je me suis sentie un peu coupable de ce poids sur ce poitrail émeraude.

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La nuit venue, quand le sommeil fuit, l’oiseau vert chuchote à mon oreille.
Il se perche sur ma boucle d’ oreille et me raconte ses découvertes.
Dans sa joie des recherches, il a perdu quelques mots qui ont fini éparpillés.
Il me susurre : l’étymologie de « Farandole » est incertaine : provençal, catalan ou espagnol ? Puis son petit coeur bat rapidement et il lâche sans presque respirer :
« Mon périple m’a emmené aux Pays-Bas où un pingouin néerlandais se baladait en british smoking, je suis passé par la Grèce avec un calme olympien si ce n’est olympique, en Italie en dilettante sur la place Navona…..à Tunis? almanach et feuilles volaient, les jours s’envolent et la chaleur du printemps ne revient pas. En Belgique, j’ ai croisé un flamant rose qui m’a dit Wassingue et travlingue sont des mots qui vont très bien ensemble….. »
— Faire de la poésie avec wassingue? dis je étonnée. Et serpillière aussi ?
– Et pourquoi pas , j’ai entendu un poème où la nuit est éponge, a-il rétorqué du tac au tac.

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Mon ami est un splendide oiseau vert.
Il est le gardien de l’agacement de mes insomnies.
La nuit venue, quand le sommeil fuit, l’oiseau vert chuchote à mon oreille.
Il se perche sur ma boucle d’ oreille et me raconte ses découvertes.
Je l’envoie de par le monde et il me rapporte un petit cadeau à chaque fois, simple témoignage de sa gentillesse, du pur plaisir : Du vert à lèvres, de la terre orange des mines du Lubéron pour mon visage, des boucles d’oreille pour mieux se percher mon enfant…

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Parfois, il oublie sa mission et rapporte ce que je ne lui avais pas demandé : mais je ne peux lui reprocher son manque de motivation….. tout au plus une cervelle d’oiseau …..

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Les plumes chez Asphodèle et projet 2016 52 nuances de verts sur la sujet « Peinture » (Geneviève aussi a écrit sur « peinture verte » ici)

Jour, gentillesse, motivation, coupable, fer, almanach, visite, éparpillement (transformé en éparpillé), dilettante, farandole, insomnie, maison, passe-partout, plaisir, poésie, éclaircie, tempête, mélancolique, serpillière, agacement, chaleur, respirer, minuscule et syncopé.

Et quelques mots de la deuxième liste 😉

Humeur, inspiration, content, liberté, aube, procrastination, pingouin, mélancolie, oiseau, famille, olympien, linge, fantaisie, pédestre, coeur, passé, wassingue (serpillière en flamand et c’est dans le Larousse 2015), diaporama, bonheur, pandiculer, majuscules et essorer.

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