La chromatographie des étoiles

 olivia-desir-histoire

– « Le sable rouge est comme une mer sans limite (*) », mouais, bof !

– Tu as l’air déçu?

– Un peu, c’est toujours comme cela : les agences de voyages ont des slogans accrocheurs mais une fois sur place, on est un peu déçu : « Le sable rouge est comme une mer sans limite » , je m’attendais à plus grand ou bien plus rouge, enfin à « plus » quoi !

– Comment peux-tu être déçu par ce paysage grandiose ? les rochers rouges, le sable rouge, tous ces dégradés de rouge, ce vermillon et ce carmin : cela en met plein la vue quand même ! Je n’aurais jamais cru qu’une débauche de rouges m’apparaisse si multicolore !

– Euh, je crois que c’est parce que l’an dernier je suis allé en Australie et celle d’avant j’ai vu le Cirque du Soleil à Colorado Springs: y’a le même sable ! et là c’était autre chose : le soleil avait rendez-vous avec la lune pour une gigue démente !

– Oui, mais l’ambiance ? sur notre vaisseau de croisière, le Rimbaud Mirror, tu en fais quoi ? c’est magique quand même, ces couchers de soleil !

– Oui oui c’est sympa sur ce vaisseau, le capitaine Eluard surtout. Tu ne trouves pas qu’il forme un beau couple avec Nush ? J’ai lu dans Voici qu’il était en instance de divorce avec Gala. En tout cas, il sait mettre de l’ambiance le soir. Ces spectacles sont très originaux ; mais là, cette excursion « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je sais pas, j’adhère pas.

– Tu deviens difficile, lâche un peu prise. Profite de la vie. A tout vouloir comparer, tout anticiper tu ne profites pas de l’instant présent : Tu penses toujours que l’herbe est plus verte ailleurs.

– Pas du tout, j’ai adoré le spectacle « l’herbe rouge » du Grand Boris. J’adore la science-fiction. tu vois je suis très ouvert d’esprit.

– Et Hier ! L’excursion « L’étoile a pleuré rose » du Grand Arthur était grandiose : quel feu d’artifice!

– Oui, oui, tu as raison, c’était pas mal : ça y est, j’ai trouvé pourquoi j’étais un peu déçu !

– Ah oui pourquoi ?

– Ben, y’a pas la mer : D’après le titre « Le sable rouge est comme une mer sans limite », je m’attendais  à voir la mer. C’est paradoxal mais je voulais voir la mer !

– Ah je vois, mais figure toi que c’est une métaphore le nom de cette excursion, une sorte d’image : y’a pas encore la mer sur Mars !

– C’est bien joli les métaphores,  mais c’est pas pratique ces scaphandres pour se balader, on n’a pas la place pour gigoter et se mouvoir, en plus l’air est pas respirable ici, rentrons au vaisseau !

– C’est quoi le spectacle ce soir ?

– « La terre est bleue comme une orange » du Grand Paul. Regarde le prospectus, il y a marqué : « Assistez à un ballet turbulent de la Terre et des étoiles » !

– Encore une métaphore : je crains le pire !

Les mots collectés par Olivia

Multicolore – chromatographie – science – vie – gigoter – turbulent – gigue – couple – divorce – spectacle – cirque – paradoxal

ETOILE

Source Photo

(*) multicolore et spectacle m’ont fait penser à ce petit texte écrit il y a deux ans (j’ai glissé les mots 😉

voici la consigne de ce sujet des Impromptus Littéraires

Sur la base du premier vers d’un poème de Leconte de Lisle (Les Eléphants) partez au gré de votre imagination vers des univers fantastiques, oniriques ou au contraire durement réalistes.

La seule contrainte est de commencer impérativement votre texte par l’incipit :

le sable rouge est comme une mer sans limite

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33 réflexions au sujet de « La chromatographie des étoiles »

    • Coucou Modrone-eeguab
      je ne sais pas si Leconte de Lisle et symboliste mais j’aime bien ce poème « Les éléphants » 😉

      Le sable rouge est comme une mer sans limite,
      Et qui flambe, muette, affaissée en son lit.
      Une ondulation immobile remplit
      L’horizon aux vapeurs de cuivre où l’homme habite.

      Nulle vie et nul bruit. Tous les lions repus
      Dorment au fond de l’antre éloigné de cent lieues;
      Et la girafe boit dans les fontaines bleues,
      Là-bas, sous les dattiers des panthères connus.

      Pas un oiseau ne passe en fouettant de son aile
      L’air épais ou circule un immense soleil.
      Parfois quelque boa, chauffé dans son sommeil,
      Fait onduler son dos où l’écaille étincelle.

      Tel l’espace enflammé brûlé sous les cieux clairs,
      Mais, tandis que tout dort aux mornes solitudes,
      Les éléphants rugueux, voyageurs lents et rudes,
      Vont au pays natal à travers les déserts.

      D’un point de l’horizon, comme des masses brunes,
      Ils viennent, soulevant la poussière, et l’on voit,
      Pour ne point dévier du chemin le plus droit,
      Sous leur pied large et sur crouler au loin les dunes.

      Celui qui tient la tête est un vieux chef. Son corps
      Est gercé comme un tronc que le temps ronge et mine;
      Sa tête est comme un roc et l’arc de son échine
      Se voûte puissamment à ses moindres efforts.

      Sans ralentir jamais et sans hâter sa marche,
      Il guide au but certain ses compagnons poudreux
      Et, creusant par derrière un sillon sablonneux,
      Les pèlerins massifs suivent leur patriarche.

      L’oreille en éventail, la trompe entre les dents,
      Ils cheminent, l’oeil clos. Leur ventre bat et fume,
      Et leur sueur dans l’air embrasé monte en brume,
      Et bourdonnent autour mille insectes ardents.

      Mais qu’importent la soif et la mouche vorace,
      Et le soleil cuisant leur dos noir et plissé?
      Ils rêvent en marchant du pays délaissé,
      Des forêts de figuiers où s’abrita leur race.

      Ils reverront le fleuve échappé des grands monts,
      Ou nage en mugissant l’hippopotame énorme,
      Où, blanchis par la lune et projetant leur forme,
      Ils descendaient pour boire en écrasant les joncs.

      Aussi, pleins de courage et de lenteur, ils passent
      Comme une ligne noire, au sable illimité;
      Et le désert reprend son immobilité
      Quand les lourds voyageurs à l’horizon s’effacent.

  1. Décidément, Valentyne, j’admire ton imagination sans limite et ton aisance à mixter les ateliers.
    Quelle Culture 😉
    Moi quand je parle du grand Paul, je pense illico à Bocuse 😆 😆
    Ma chèèèèère, nous n’avons pas les mêmes valeurs 😆 😆 😆
    Et puis, c’est souvent que j’ai une idée fixe, une sorte de sable rouge 😉
    Dans la réalité des choses, on est souvent déçu par les excursions 🙄
    Bonne vin de semaine et gros bisous d’O.

  2. Belle reprise, on dirait que ton texte était fit pour accueillir les mots imposés. par-contre je suis outré, par cette facilité que tu as choisie de caser le mot le plus difficile dans le titre. vraiment outré. J’en ai fait autant. Bref je crois que c’est un de mes textes préférés cette semaine.(je n’ai pas encore lu tous les autres du reste)

  3. Ping : Chromatographie d’une libération. | Sauter dans les flaques

  4. Beau voyage dans les étoiles, j’ai adoré. 😀 Ton texte est charmant, drôle et déborde d’imagination. 😀 C’est toujours agréable de voyager par delà les étoiles avec toi. 😀

  5. Ping : Des mots une histoire 111 | Les facéties de Ceriat

  6. J’adore! 😀 Et j’envie ce type trop grincheux pour apprécier ce qui se déploie sous ses yeux: c’est Mars, quand même…! (Une belle surprise que celle-là, à laquelle je ne m’attendais pas.)

  7. Ping : Edito | Olivia Billington

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