Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

Lorsque mon père fut reçu au barreau, il installa son cabinet à Maycomb, chef-lieu du comté du même nom, à environ trente kilomètres à l’est de Finch’s Landing. Il occupait un bureau tellement petit, à l’intérieur du tribunal, qu’il put à peine y loger un porte-chapeaux, un échiquier et un code de l’Alabama flambant neuf. Ses deux premiers clients furent les deux derniers condamnés à la pendaison de la prison du comté. Atticus leur avait conseillé de faire appel à l’indulgence du jury en plaidant coupables de meurtre au second degré et de sauver leurs têtes, mais c’étaient des Haversford, autant dire des crétins aux yeux de tout habitant du comté. A cause d’un malentendu provoqué par la détention illégale d’une jument, ils avaient commis l’imprudence de tuer le meilleur maréchal-ferrant de la ville devant trois témoins, et ils crurent pouvoir se défendre en affirmant que « ce salaud ne l’avait pas volé ». Ils persistèrent à plaider non coupables d’un meurtre au premier degré, aussi Atticus ne put-il faire grand-chose pour eux, si ce n’est d’assister à leur exécution, évènement qui fut sans doute à l’origine de la profonde aversion de mon père envers le droit pénal.

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Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur – Harper Lee

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Sur une idée de Chiffonnette

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