Mohawk – Richard Russo

Mohawk – une petite ville aux USA – 1965 -1950 -1971 – Son dinner, son collège et son hôpital

Première partie : Les personnages sont nombreux et on apprend doucement à les connaître : Il y a Anne, divorcée et mère de Randall (un petit génie de 13 ans), il y a Dallas le père de RandalL qui m’a bien fait rire. Le père d’Anne, Mather, est gravement malade, la mère est obsessionnelle…

Par ailleurs il y a Lorraine, la veuve du frère de Dallas, Diana, la cousine d’Anne et Dan son mari en fauteuil roulant suite à un accident de la route.
Il y a aussi Rory Gaffney (le méchant ) son frère le flic,son neveu Wild Bill, un peu demeuré (mais il n’a pas toujours été comme cela…il y a 15 ans il était « normal ») : il défend Randall qui est racketté.

J’ai beaucoup aimé comment l’auteur « balade son lecteur » d’abord dans les années 65 puis dans les années 50…
Des aller-retours qui font entrevoir ce qui s’est passé quinze ans avant : les personnages sont complexes, attachants.

Deuxième partie : Nous retrouvons tous les personnages 6 ans plus tard.
Randall vient d’arrêter l’université au milieu de sa deuxième année : il rentre à Mohawk en stop. Au début des années 70, l’arrêt de l’université est synonyme de « départ au Vietnam », il réfléchit à s’enfuir au Canada. Il rencontre la sœur de Wild Bill.
Au même moment celui revient également à Mohawk …la tension monte, les secrets se dévoilent…(pas tous), le situation devient explosive…

Un livre presque aussi enthousiasmant que « Le déclin de l’empire Whiting » dans sa chronique de personnages et de secrets…

Un extrait

Au Mohawk Grill, il existe de nombreuses méthodes pour trouver les chevaux gagnants, et chaque habitué qui se faufile à l’intérieur du diner quand Harry ouvre à six heures tapantes possède la sienne, mais ils admettent volontiers qu’aucun système n’est infaillible sans quoi tous les parieurs vivraient en Floride. Alors, ils établissent des formules mathématiques complexes, non pas pour déterminer quel cheval va gagner, mais quel cheval l’emporterait si les courses n’étaient pas truquées. Cette conviction cynique que la science du handicap est gravement compromise par la malhonnêteté et la cupidité ne les contrarie pas. Éplucher les statistiques d’entraînement, les résultats en fonction de l’état de la piste, le niveau de compétition… C’est une occupation agréable en soi, surtout dans la lumière grise du petit jour, qui entre par les vitres du diner et se répand sur leurs journaux hippiques. Plus cyniques encore sont ceux qui pensent que les chevaux ne comptent pas, ou peu, et qu’il vaut mieux miser sur l’entraîneur qui se fournit chez le meilleur pharmacien. Un point de vue guère répandu car il est impossible de savoir, au jour le jour, qui s’est allié le meilleur fournisseur ; cette théorie n’incite donc pas à parier.
Harry joue lui-même rarement, mais il a quand même une théorie. Il n’a jamais éprouvé le besoin de la faire partager aux vieux de la vieille chevronnés qui boivent son café, tous des minables, aux compétences et aux références impeccables, qui se moqueraient de la simplicité naïve de sa méthode. N’empêche, elle a plutôt bien marché jusqu’à présent et les aficionados étaient les premiers à admettre qu’on ne pouvait pas gagner contre les chevaux de toute façon. Ou les chiens. Ou les dés. Ou les cartes. Vous pouviez juste essayer.
Quand Harry parie, il parie sur les jockeys, et même s’il est plus difficile de les handicaper que les chevaux qu’ils montent, ils ne sont pas totalement immunisés contre l’observation scientifique. Harry suit une règle primordiale : ne jamais miser sur un jockey non expérimenté. Il leur arrive de gagner, mais la plupart du temps, ils réussissent à perdre même quand on leur donne une bonne monture. Certains semblent nés pour perdre. Les meilleurs jockeys possèdent plus ou moins le même talent, mais ce qui fait la différence pour Harry, c’est l’esprit humain : la fierté la concentration. Le désir. Des qualités qui ne sont pas constantes, Harry le sait bien, c’est pourquoi il observe leurs fluctuations jusqu’à ce que son diapason interne et subtil se mette à vibrer à l’unisson et lui suggère par exemple que Shoemaker va faire gagner cinq chevaux d’affilée. Par conséquent, Harry misera sur lui chaque fois qu’il sera au départ, quelque soit le canasson, il continuera jusqu’à ce qu’il sente la fierté, le désir et la nécessité l’abandonner pour rejoindre un autre jockey. C’est une théorie idiote, il le sait, mais ça lui apporte du plaisir, et parfois même ça marche.

Le mois américain est Chez Titine.

Le thème du jour est « premier roman  » …

Le logo a été réalisé par Belette . Il y en a plein d’autres 🙂

8 réflexions au sujet de « Mohawk – Richard Russo »

  1. J’ai découvert cet auteur cette année avec « Le déclin.. » justement, et « A malin, malin et demi ». J’ai adoré les deux, et compte bientôt lire « Un homme presque parfait ». Mais ce titre me tente aussi beaucoup, maintenant ! J’ai l’impression que tout est bon, chez Russo…

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  3. Ping : A malin, malin et demi – Richard Russo | La jument verte

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