Jon Kalman Stefansson – Trilogie

ISALANDE

Entre ciel et terre

Islande – début du XXème siècle.

Le personnage principal n’a pas de prénom et est juste surnommé le gamin. Il a une vingtaine d’année et travaille avec Petrur et 4 autres pêcheurs. Il faut de lever très tôt dans la nuit, ramer dans une chaloupe secouée par la mer hostile, attendre des heures que les poissons veuillent bien mordre aux lignes. Il est en permanence entouré d’hommes rudes, ils vivent les uns sur les autres dans une cabane sommaire. Le gamin  part dans la nuit la peur au ventre en souvenir de son père noyé, le sort de nombreux pêcheurs.

Le gamin a cependant un ami dans cette équipage, Barour, un ami qui perd la vie pour une négligence. (La poésie peut tuer dans le Grand Nord).

Commence alors pour le gamin un voyage dans la neige pour ramener un des livres de Barour à son propriétaire.

J’ai trouvé cette histoire terriblement touchante et aussi si triste … Un pays rude où les enfants sont propulsés, un beau jour dans un monde cruel (comment peut on laisser mourir un homme pour quelques poissons ?)

Il est des poèmes qui changent votre journée, votre nuit, votre vie. Il en est qui vous mènent à l’oubli, vous oubliez votre tristesse, votre désespoir, votre vareuse, le froid s’approche de vous : touché ! Dit-il et vous voilà mort.

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La tristesse des anges (2ème tome de la trilogie)

Rien que le titre prévient : ce livre est triste. La tristesse des anges représente en fait la neige :  « Voilà les larmes des anges, disent les Indiens au nord du Canada quand la neige tombe. » car la neige est le personnage principal.

Le deuxième personnage est le Gamin qui poursuit son aventure suite à la mort de son ami Barour. Recueilli par Helga, il bénéficie de quelques jours de calme avant de se voir confier une mission : accompagner Jens le facteur pour porter une lettre – soi disant importante. Le lecteur sait (mais pas le gamin) que cette lettre est en fait un piège pour éliminer le facteur.
Ce monde est encore plus âpre et plus froid que dans le premier tome. Les scènes dans les tempêtes de neige sont impressionnantes. La folie du facteur ne l’est pas moins (folie suicidaire ou inconsciente?)
Le gamin croisera des familles repliées sur elles-mêmes et sur l’hiver qui n’en finit pas, familles qui le renverront à ses souvenirs d’enfance du temps où il avait une mère, un père,  une sœur et un frère (seul encore vivant mais dont il a perdu la trace à la mort des parents).

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Le coeur de l’homme (3ème tome)

De cette trilogie c’est  le tome que j’ai préféré : certainement un peu parce qu’il se déroule en été et que le froid et la neige des deux premiers tomes m’ont un peu oppressée.
Le gamin observe ses contemporains, tombe ou croit tomber amoureux.
J’ai beaucoup aimé les portraits des  femmes dans ce tome là. Que ce soit Andréa, la femme de Petrur qui quitte son mari suite au choc de la mort de Barour ou que ce soit la belle Geirbruour  qui résiste à une société très machiste en trouvant une « astuce » pour vivre en femme libre, ou encore la belle rousse (désolée je n’ai pas noté son prénom) qui fait la couverture.

Elle a des cheveux si roux qu’on les voit distinctement même à travers les montagnes. Et pourtant ces montagnes n’ont rien d’une plaisanterie, elles sont épaisses et impitoyables, mais la couleur de ses cheveux les traverse sans peine pour lui parvenir et elle change tout. Elle transforme le ciel et la terre, tout se teinte de roux.

Un très bon roman qui clôt une saga parfois oppressante et où les hommes sont bien peu de choses face à une nature hostile.

La fin – ouverte –  me fait dire que le gamin s’en sortira mais on peut aussi le voir différemment.

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Chez Edualc :

Entre ciel et terre 

La tristesse des anges

Le coeur de l’homme

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Challenge « trilogie de l’été » organisé par Philippe  et tour du monde pour l’Islande

TRILOGIEchallenge autour du monde

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16 réflexions au sujet de « Jon Kalman Stefansson – Trilogie »

  1. Hello Val. Une oeuvre majeure mais complexe qui m’a presque envoûté. J’ai adopté la phrase mnémotechnique pour m’en souvenir. Je crois qu’elle est explicite. « Entre ciel et terre la tristesse des anges a fondu sur le coeur de l’homme ». JKS vient de sortir un nouveau livre en France. Bises et à bientôt.

    • Bonjour Moglug
      Le premier est un peu sombre et désespéré pour moi 🙂

      Le troisième apporte un peu d’espoir et de renouveau 🙂

      Je vais voir chez Tête de lecture ce programme des écrivains européens 🙂

      Bonne journée 🙂

    • Oui le froid dans ces tomes est particulièrement bien rendu:-)
      J’ai failli arrêté au deuxième tome et bien m’en a pris puisque dans le 3ème le froid et le désespoir cèdent la place à l’été et à l’amoooouur 🙂
      Bonne journée Gwenaëlle 🙂

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  4. La jeune fille rousse qui sauve le gamin se nomme Alfheiour (je suis persuadée qu’elle le sauve). l’écriture est si belle (il ne faut oublier le traducteur Eric Boury) jamais lu de descriptions aussi sensibles, je n’arrive pas à oublier le texte et les personnages. Un très très grand coup de cœur pour cette trilogie que je vais relire dans un avenir proche.
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