Aujourd’hui nouvelle connexion neuronale – 24 septembre

juments vertes

En trouvant cette photo sur le net, je me suis  découverte impressionniste et impressionnante, pointilleuse, nouvelle, fauve, expressionniste, cubiste, futuriste, dadaïste, Mondrianesque, constructive, surréaliste (les petits poissons verts), Pop, minimaliste, conceptruelle, et face au néant.

J’ai eu une révélation aujourd´hui et j’ai donc une multitude de connexions neuronales en plus qu’hier dont la plus importante est  : « En vrai, la jument verte est le centre du monde »

Source photo
L’artiste a pour pseudo Wrong Hand ? Mauvaise main ? ceci expliquant pourquoi j’ai deux mains gauches…..

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 83 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

La tristesse des anges – Jon Kalman Stefannsson (incipit)

Quelque part dans l’aveuglante tempête de neige et le froid, le soir tombe, la nuit d’avril s’immisce entre les flocons qui s’accumulent sur l’homme et sur les deux chevaux. Tout est blanc de neige et de givre, pourtant, le printemps approche. Ils avancent péniblement contre le vent du nord qui est plus fort que toute chose en ce pays, l’homme se penche en avant sur sa monture, cramponné à la longe de l’autre animal, ils sont entièrement blancs, recouverts de glaçons. Probablement ne tarderont-t-ils pas à se changer en neige, le noroît les emportera avec lui avant que le printemps ne vienne. Les chevaux s’enfoncent dans la neige molle, celui de derrière porte une forme indistincte, une malle, un tas de poissons séchés ou peut-être deux cadavres et l’obscurité s’épaissit, sans toutefois devenir aussi noire que du goudron, c’est malgré tout avril et ils progressent grâce à cet entêtement aussi admirable que vain, caractéristique de ceux qui vivent à la limite du monde habitable. Certes, il est toujours tentant de renoncer à la lutte, nombreux sont d’ailleurs ceux qui le font, et laissent le quotidien les couvrir de ces flocons jusqu’à s’y retrouver figés : fini les aventures, il suffit de s’immobiliser et de laisser la neige s’accumuler sur soi dans l’espoir qu’un beau jour le temps se lèvera et que le ciel sera à nouveau  limpide. Mais les chevaux et l’homme continuent d’opposer résistance, ils continuent d’avancer même si rien d’autre ne semble avoir plus d’existence dans l’univers que cette tempête, le reste a disparu, de telles chutes de neige gomment les directions et jusqu’au paysage, même si de hautes montagnes se cachent à l’arrière des flocons, avec leurs sommets qui nous privent d’une grande partie de ciel, et ce, jusque lors des meilleures journées où tout est bleu et transparent, où il y a des oiseaux, des fleurs et sans doute du soleil .  Ils ne lèvent pas même la tête lorsque le pignon d’une maison sort brusquement de la tempête opaque pour venir à leur rencontre.  Bientôt, c’est un deuxième pignon qui apparaît. Puis un troisième. Et un quatrième. Ils continuent leur marche pénible comme si nulle vie, nulle chaleur ne les concernait plus et que rien ne leur importait que ce mouvement mécanique, on distingue d’ailleurs une lueur entre les flocons et la lumière est un message que vous envoie la vie. Les trois arrivent à une grande maison, le cheval qui porte le cavalier s’approche au plus près des marches, lève son pied droit, frappe vigoureusement celle d’en bas, l’homme marmonne quelque chose et l’animal cesse, puis ils attendent. Le premier cheval se tient droit, les oreilles dressées, tandist que celui qui le suit baisse la tête, comme plongé en une profonde méditation, les chevaux pensent à nombre de choses, ils sont en cela ceux qui, dans le règne animal, se rapprochent le plus des philosophes.

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La tristesse des anges – Jon Kalman Stefannsson