Aujourd’hui « pli » – 17 décembre

nana

Nana soupira. Il fallait qu’elle se remue et la douleur qui lui vrillait le ventre ne l’incitait pas à sortir de la couette. Et pourtant elle avait rendez vous aujourd’hui avec son oncle Vania, le russe pas l’australopithèque. Ils devaient s’occuper des cadeaux de Noël de leur nombreuse famille : loanna Mouskouri, son arrière-grand-mère qui lui avait laissé son prénom en héritage, voulait une nouvelle corde vocale à son arc, Julien Saforelle une boîte de préservatif pour épater sa dulcinée Mme de Gardenal. Il lui fallait acheter un nouveau GPS à son frère Tom-Tom, un nouveau royaume pour dieu le père Sangarios, son cousin Vlad Pitt désirait un Jean Lewis pour se rappeler sa jeunesse, Gervaise sa mère voulait une bouteille de gros rouge, bien charpenté, sa cousine Amélie qui chante le blues souhaitait des crayons …
Et puis faire du shopping alors qu’elle est absorbée par la poésie qu’elle a envie d’écrire  pour les Plumes …d’un coup elle déteste vers et rimes sous toutes ses formes : vivement la ménoprose !

Dans un sursaut d’énergie, Nana sortit la main de sous la couette et tapota sur son smartphone :
Cher oncle Vania
Peut pas sortir aujourd’hui ….Les anglais ont débarqué 💂🏻

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots : 200 mots

3. éléments réels de la journée : OK Réel oui j’ai mal au ventre, j’écris sous Spasfon

4. suivre la consigne de la date : OK pour en savoir plus sur le PLI sélectif il faut se rendre ici chez Bastramu.

 

Amélie les crayons – blues des ragnagnas

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Aujourd’hui  » tissu » – 16 décembre

J’étais dans de beaux draps quand j’ai lu la consigne.

Quand j’entends ou que je vois « Tissu » je pense de suite à mon premier boulot il y a 20 ans. J’ai travaillé 4 ans dans une chaîne de magasins de tissus.

J’étais dans de beaux draps quand j’ai lu la consigne…..

Un consigne cousue de fil blanc qui pouvait engendrer un tissu de mensonges, cela ne fait pas un pli …

J’étais dans de beaux draps quand j’ai lu la consigne….

Parler chiffon je ne le fais trop en ces lieux ni ailleurs :
« l’habit ne fait pas le moine » disait ma grand-mère
« Tu files un mauvais coton » disait ma mère

« Val est une main de fer dans un gant de velours » disait mon ancien patron (celui du tissu)

J’étais dans de beaux draps quand j’ai lu la consigne….

A propos de velours, j’aime être caressée dans le sens du poil.

Cela va de soie
Et un réel décousu …un de plus….

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots :150 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Aujourd’hui « il faudrait crier » – 15 décembre – Rediffusion pour l’agenda ironique

Attention : texte looooong, prenez une chaise et un café à l’entrée 😉

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Come Back pour l’idole des jeunes

 

 

Le 4 mars 2011

 

En ce jour d’avant printemps, Maître Renard rend visite à son concurrent et néanmoins ami Maître Corbeau. Celui-ci, confortablement perché dans son arbre, profite des premiers rayons du soleil; cette chaleur d’hiver qui dure à peine deux heures par jour à ce moment de l’année.

–     Bonjour Corbeau, je viens te voir pour une affaire de grande importance.

–     Bonjour Renard, viens tu faire acte de repentance ?

–         Que nenni, figures toi que les hommes se sont mis à chercher des nouveaux Jean de la Fontaine.

–         Cela ne se peut, notre Père Jean  est unique : il doit s’agir de calembredaines.

–         Point du tout : Pour souffler les bougies des 400 printemps de notre géniteur, un concours est organisé; il va y avoir une élection des nouveaux Jean de la Fontaine.

–         Une élection ? Qu’est ce que cela ?

–         Les hommes proposent des noms et ils vont voter pour désigner le digne successeur de notre créateur.

–         Je suis d’accord avec toi, il faut nous mobiliser; il ne faut pas laisser faire cela.

–         Une élection aussi sérieuse ne peut avoir lieu sans proposer nos candidats.

–         Oui mais comment faire ?

–         Il faut battre le rappel de nos confrères !

–         As tu gardé l’adresse de nos amis ?

–         Quelques uns : la Cigale tient un théâtre à Paris!

–         Ah oui ? figure toi que les deux Anes aussi !

–         Qui d’autres allons nous contacter ?

–         Le lièvre et la tortue (of course) !

–         La Souris et l’Ours

–         Les Lapins et l’Alouette !

–         le Lion et la Belette !

–         Le Chien et le Hibou !

–         L’Agneau et le Loup !

–         La Cigogne et le Chat !

–         L Aigle et le Rat !

–         la Grenouille et le Bœuf !

–         La Poule sans son Œuf !

–         le Rat des villes et celui des champs !

–         Le Dauphin et l’Eléphant !

–         La Fourmi : elle vend des voitures économes, elle a bien réussi sa vie !

–         Faut- il aussi contacter les hommes ? ils sont présents dans les fables eux aussi.

–         Surtout pas, appelons seulement Perrette, c’est notre amie.

–          Dans un an à Thoiry, donnons nous rendez vous.

–          Bonne idée, le Lion et ses amis ne peuvent se déplacer comme nous.

–         Oui, malgré leur envie de liberté, ils ont quelques soucis pour sortir de leur enclos :  nous irons donc jusqu’à eux

–         Mais pourquoi un an ? C’est long un an !

–         Certes, mais il faut bien laisser le temps à la Tortue d’arriver à Thoiry !

Le 4 mars 2012

Un an après ce conciliabule, tous les animaux des 243 fables de Mr De la Fontaine ont répondu présents à l’appel des deux compères.

Le Renard prend alors la parole et explique à ces congénères ce qui se trame : « les hommes veulent élire des nouveaux Jean de la Fontaine »

C’est le tollé parmi les animaux, un tel tollé qu’ils en perdent leurs bonnes manières et leur habitude de rimer, ils se coupent la parole. Voici quelques extraits

–         C’est un scandale !

–         Jean est irremplaçable, c’est un pilier de notre culture !

–         Il faut faire des propositions de nos représentants !

Soudain, on entend un bzzzz, c’est la Mouche du Coche qui bien que n’ayant pas été invitée, vient pointer le bout de son nez.

– Quel drôle de vent t’amène, mouche ?  demande le renard. Tramontane ou mistral ? peu importe : dis nous tes intentions ! as-tu envie d’être constructive et de faire avancer notre projet ?

– Oui, répond la fine mouche, sincère. Vous avez besoin de moi, je ferai l’espionne et vous donnerai des informations : je suis beaucoup plus utile que cette paresseuse de Tortue, ne peut elle s’empêcher de rajouter.

Le Renard s’emporte alors, soupe au lait, comme à son habitude :

– Silence Mouche, la Tortue a pleinement droit d’être ici ; Tu connais la loi comme moi, il nous faut nos 6 % d’handicapés. Commençons plutôt nos débats, y a-t-il des questions pour commencer? Oui, l’Agneau pose ta question !

–    Les nouveaux Jean de la Fontaine doivent ils écrire des poésies ? murmure l’agneau.

–    Non ce n’est pas impératif, affirme le Corbeau. Poésie, prose, qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse ! Question suivante ?

–         Et le cinéma ? Quid du cinéma ? cela n’existait pas à l’époque de notre cher Jean, demande l’Hirondelle qui a fait le printemps dans plusieurs films depuis.

–         Je suis d’accord avec l’Hirondelle, un film peut très bien être une fable, coasse la Grenouille

–         Le nouveau Jean de la Fontaine est il forcément un homme ? Demande Perrette la suffragette

–         Est il forcément français ? renchérit la Souris

–         Point du tout, glougloute le Dindon ! A l’heure de la mondialisation, notre futur Jean peut être de n’importe quelle nationalité.

–         Est il mort ou encore en vie? s’interroge la Pie

–         S’adresse-t-il aux adultes ou aux enfants ? Demande le petit Poisson devenu grand.

–         Doit il faire œuvre d’anthropomorphisme ? demande Perette.

–         Kézako ? anthropomorphisme ?   demande le loup

–         C’est quand on prête aux animaux des sentiments humains, lui répond la laitière.

–         Ah oui comme quand on dit que l’homme est un loup pour l’homme ?  veut savoir le loup

–         Non ça c’est plutôt de l’animalisme. Enfin je crois ! chuchote Perrette en retour.

–    Silence ou je fait évacuer la forêt ! Plus de questions ?  Dans ce cas, voici ma conclusion, dit le Lion.

« Les nouveaux Jean de la Fontaine peuvent être poètes, cinéastes, écrivains, conteurs, comiques, hommes ou femmes, français ou étrangers, parler d’animaux ou d’autres choses, être morts ou vifs,  mais surtout ils doivent montrer les travers de la société avec ironie, faire bouger les lignes, permettre d’assouvir nos désirs de voyages, et manier la satire à bon escient. »

–         Va-t-on donner un nom à notre groupe de réflexion, demande le Geai ?

–         Très bonne remarque, approuve le Renard, en ton honneur appelons notre groupe le Geai 243 pour les 243 fables de ce cher Jean. Et puis sans vouloir nous compter, nous devons bien dépasser le nombre de 200, dans cette clairière.

– Allez amis, partez à la recherche de cette perle rare et rapporter nous des noms, et même des photos, feule le Lion en guide de conclusion.

– Rendez vous dans un an ici même : et toi, Tortue ne va pas trop loin ! La séance est levée.

Le 4 mars 2013

Revoilà nos amis, organisés en Geai 243, dans la même clairière que l’année d’avant : les petits devant, les grands derrière, tous concentrés et tournés vers le Renard et le Lion qui se sont activés pour préparer cette cérémonie de nominations aux « nouveaux Jean de la Fontaine ». Ils ont bien fait les choses : un buffet est installé à l’orée de la forêt ; gâteaux secs, jus de fruits, thé dans la bouilloire, salades pour les herbivores, graines pour les oiseaux, fromage en tout genre pour le reste des invités. (c’est le corbeau qui a fait les courses !)

Ils sont même beaucoup plus nombreux que la première fois, les animaux des fables ayant rameuté toutes leurs connaissances et amis : Il y a là les Girafes, les Hippopotames, les Chevaux, les Insectes,  et toute la Basse-cour. Certains sont venus à pattes, d’autres en canot sur la rivière, d’autres par la voie des airs. Le buzz a été tel dans la forêt que même la presse s’est déplacée pour relater l’évènement : le Hibou et la Gazelle sont les représentants des deux feuilles de choux les plus lues du coin. Ils distribuent au passage des autocollants publicitaires pour leurs journaux respectifs.

–         Avez vous trouvé notre nouvelle idole, demande en premier le Renard.

–         Oui, oui s’écrient tous les animaux, si serrés les uns contre les autres que le service de sécurité se demande si quelqu’un ne va pas défaillir.

–         Je suis le plus jeune, je commence, s’avance le Perdreau de l’année.

–         Je parle au nom des volatiles ici présents : nous avons choisi pour notre nouveau Jean de la Fontaine le cinéaste Hitchcock pour son film « Les oiseaux ». Il a su  montrer que les animaux et en particulier les oiseaux, créatures innocentes,  pourraient un jour se rebeller et attaquer les hommes.

–         Je ne suis pas d’accord avec cette proposition,  s’écria le Loup : ce film est un film d’épouvante et jamais Jean n’aurait cautionné cela.

–         Ah bon ! et le Loup et l’Agneau : ce n’est pas une fable d’épouvante peut être ? l’interrompit l’Agneau, indigné. Mon ancêtre s’est fait manger tout cru tout de même.

–         Pas de censure, s’interposa le Lion, grand seigneur, la proposition d’Hitchcock et de ses oiseaux est retenue comme la proposition des volatiles. Une autre proposition ?

–         Oui,  prit alors la parole, le Lièvre : les animaux d’Afrique et moi même proposons Souleymane Mobdj et ses Contes d’Afrique. Pour ma part j’apprécie beaucoup l’histoire où mon cousin, le Lièvre d’Afrique joue un tour pendable à  l’Eléphant et à l’Hippopotame, les faisant cultiver des légumes pour son compte sans qu’ils s’en aperçoivent, l’un travaille de jour et l’autre trime la nuit et le Lièvre, lui se repose : à la fin les deux compères se retrouvent gros Jean comme devant, ayant travaillé pour rien, arnaqués par le rusé Lièvre.

–    Cette exploitation du petit peuple est immorale, on ne peut accepter ce conteur, s’exclame Perrette.

–         Pas de censure, s’interpose à nouveau le Lion, la  proposition Souleymane Mobdj  et de ses contes est retenue comme la proposition des animaux d’Afrique. Une autre proposition ?

–         Je propose Lewis Carroll  et ses deux livres : « la chasse au Snark » et  « Alice au pays des merveilles », s’écrit le Lapin Blanc Ce livre s’adresse aussi bien aux adultes qu’aux enfants, il fait intervenir une foule d’animaux comme le Chat, le Dodo, le Lori, le Pigeon et j’en passe. C’est surtout un livre contestataire qui fait réfléchir les lecteurs sur la logique et l’absurde; c’est aussi une féroce critique de la société victorienne : Voilà un digne successeur pour notre Jean.

–         Je suis contre, s’insurge le Cochon : dans la Chasse au Snark, cet auteur invente des animaux qui parlent et des mots qui n’existent pas. Par exemple il dit « Les verchons fourgus bourniflaient. » pour illustrer un cochon vert : les cochons verts n’existent pas, ils ne bourniflent pas non plus, c’est une atteinte à ma dignité de cochon.

–         Pas de censure, s’interposa à nouveau le Lion, la  proposition de Lewis Carroll pour l’ensemble de son oeuvre est retenue comme une proposition valable. Jean a également fait parler des animaux imaginaires comme l’escarbot. Une autre proposition ?

–         Je propose les Pokemon de Satoshi Tajiri, articule la grenouille. Ce sont des petits animaux qui représentent bien la société. Avec eux, les enfants apprennent plein de nouveaux mots et de vocabulaire. Il y a de gentils pokemons et des méchants : la morale est parfois sauve et d’autre fois moins. On le retrouve sous forme de mangas, de jeux vidéo, de dessins animés. Ils sont même capables d’évoluer, n’est  pas fantastique ? mélanger ludique, apprentissage et poésie

Mais là dessus plusieurs voix s’élèvent :

– Ces pokémon sont dangereux : ces jeux vidéos rendent les enfants obsessionnels, barrit l’Eléphant

– Cela les rends aussi agressifs et déconnectés de la réalité, renchérit la Mouche ;

– Cela développe leur imagination, murmure la Tortue mais personne ne l’entend ;

– Les enfants échangent leurs cartes entre eux et les plus petits se font arnaquer, croasse le Corbeau.

– Arrête d’en faire un fromage, Corbeau, cela leur apprend la vie et puis ce n’est pas plus dangereux que les billes, glapit le Renard oubliant son rôle d’organisateur et d’arbitre.

Tout le monde donne alors son avis sur ces petits personnages, Personne n’est neutre, tous ont un avis tranché à défendre : le brouhaha monte alors et les invectives se font de plus en plus fortes.

Comme au temps de la querelle des Anciens et des Modernes, il y a les pro pokémon et les anti. Des noms d’oiseux volent, des coups de becs et de griffes sont donnés, Perrette vexée monte sur ses grands chevaux et s’en va fâchée.

Le Lion  se retrouve alors un peu débordé par les évènements, lâché par le Renard qui invective les volatiles  en général et le corbeau en particulier.

– Silence ou je fais évacuer le Zoo, crie le Lion en dernier recours.

Et c’est ce qui finit par arriver, les Hirondelles dispersent la foule des animaux qui n’arrivent pas à se mettre d’accord. Cette dernière proposition autour des Pokemon a mis le feu aux poudres. Le Geai 243 se dissout dans la forêt et dans la douleur à sa deuxième réunion. Chacun rentre chez lui pour dormir et panser ses plaies.

 

Le  5 Mars 2013

Le lendemain, les animaux lisent cet entrefilet paru dans la Hulotte, le journal le plus lu dans les terriers (à égalité avec l’ Echo des savanes »)

«Une rumeur s’amplifie dans la forêt : Johnny H nous aurait fait part de son nouveau titre qui sortirait au printemps prochain : « On a tous quelque chose en nous de La Fontaine » »

Pour toutes informations supplémentaires, rendez vous le 4 mars 2014 à FONTENAY LA JOUTE

Contacts et réservations Hibou@lahulotte.fr et Gazelle@echodessavanes.fr

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots :2 084 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK

Participation Hors concours à l’agenda ironique organisé par Monesille qui nous invite à raconter un vécu animal ( pas trop quand même, restons décents, des enfants nous lisent), extérieur à l’existence humaine, d’amener ironiquement, toujours, un regard différent sur les étranges habitudes des hominidés pour fêter les ans qui passent et ne reviennent pas.

(rediffusion de mon ancien blog)

Aujourd’hui « gens sans importance » – 14 décembre

A la sortie du métro, il y a souvent des jeunes gens qui distribuent des tracts : des réductions de 10 euros chez un traiteur, un café gratuit chez Starbucks…les passants acceptent (ou pas) et se dépêchent d’aller au boulot… J’accepte toujours un tract, je me dis que comme cela la personne a rempli plus vite sa mission et qu’un sourire et un bonjour peuvent leur faire plaisir.
Ce matin, le jeune homme était charmant, souriant et un peu gêné en tendant son papier. J’ai accepté sans regarder et deux mètres plus loin je souris : deux échantillons gratuits de protection féminine …qui viendront rejoindre une réduction de 10 euros dans mon sac….

nana nana2

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots :107 mots

3. éléments réels de la journée : OK

4. suivre la consigne de la date : OK

Aujourd’hui « irréel » -13 décembre – Branchies Niccolo Ammaniti

branchies

Un sentiment en demi teinte ce livre : un mélange réel-irréel qui m’a plu au début et puis qui a fini par me donner la nausée.

Tout d’abord, voici les circonstances de lecture : Niccolo Ammaniti a été un coup de coeur pour plusieurs lecteurs et lectrices du mois italien.
Encore sous le charme d’Italo Calvino et de son oncle aquatique, j’ai accueilli avec enthousiasme la proposition de lecture commune d’Edualc…..l’aspect aquatique sans doute…. De plus, je trouvais la quatrième de couverture fabuleuse :

Je ne suis pas mort.

Certains d’entre vous risquent d’être agacés après tout ce que j’ai dit sur ma fin imminente,  ma détermination à mourir, bref toutes les salades que j’ai racontées.
Je regrette pour vous mais je suis toujours là, accroché à cette vie comme une moule aux décharges des égouts. Bien sûr, j’ai fait des choix radicaux, mais nécessaires.

La vieille dame en noir devra attendre encore un peu.
L’ex-abominable Subotnik m’a débarrassé du cancer. Il a retiré mes poumons désormais dévorés par les métastases, il est intervenu sur mon système sanguin, a dévié mes artères, bref il m’a totalement reconstruit et sauvé. Maintenant, je vis dans un énorme bassin de l’aquarium municipal de Berlin. J’ai de très belles branchies filiformes autour de la tête.

La première partie m’a plutôt intéressée : Marco est un jeune homme atteint d’un cancer des poumons et il refuse de se faire soigner. Sa vie dans Rome est la vie d’un jeune trentenaire, fiancé à Maria. Ils vont de fête en fête pour donner un sens à leur vie bien vide. La mère de Marco, très gratinée (un brin caricaturale) m’a fait rire. Un jour, Marco reçoit une lettre étrange de New-Dehli et  part en Inde . A ce moment, je me suis demandée si en fait il décrit la réalité où s’il abuse de l’opium. J’ai ri devant le groupe de musique qu’il monte avec des amis : le GEP, (Groupe de L’Écoute Profonde).  J’ai appris un mot « Didgeridoo » et le côté surréaliste d’un orchestre qui se produit dans les  égouts m’a séduit….l’odeur (âmes sensibles s’abstenir) ou le milieu aquatique….encore lui….

Marco est poursuivi par des étranges « Oranges » , on sent que la lettre qui l’a invité à New- Delhi est une arnaque mais laquelle ?
Des passages m’ont fait rire : une course poursuite de Marco suivi par les Oranges, Marco sauvé grâce à un cochon…..Marco et ses compères jouant d’instruments improbables (ils font un Didgeridoo avec une gouttière….la rencontre dans les égouts avec le groupe  GPEE (Groupe Purge des Égouts Engorgés) vaut son pesant de cacahouètes….

C’est dans la deuxième partie que cela se gâte et que j’ai eu du mal à finir : parce que cela devient franchement gore et porno : Marco découvre un trafic d’organes, digne de l’île du Docteur Moreau … Cela devient très sanglant …Et puis j’ai lu ce livre en novembre, la semaine qui a suivi les attentats, alors je n’avais pas le recul pour  lire des bouquins où une gamine et sa mère se font fusiller, où des gens sont étripés….. cela m’a donné la nausée ….Même si j’ai trouvé quelques passages bien écrits (notamment un passage sur des musiciens sardes)

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Bref, certainement pas la bonne semaine pour lire ce livre. Je retenterai cet auteur même si cet essai n’est pas concluant.

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Un extrait  – page 70 : la rencontre entre Julia, une musicienne belge, et Marco à New-Delhi.

– Et toi, tu ne fais pas de musique ? me demande-t-elle.

– A dire vrai, j’ai appris à jouer d’un instrument en suivant les instructions des fascicules hebdomadaires qu’on achète dans les kiosques. Je jouais quand j’étais au magasin et que je n’avais rien à faire.

– C’est quoi comme instrument ?

– Le didjeridoo.
Pour ceux qui l’ignoreraient, le didjeridoo est l’instrument des aborigènes d’Australie : il fonctionne à la fois comme une trompette et un mégaphone. Il s’agit d’une branche d’eucalyptus d’un mètre et demi de long et d’une dizaine de centimètres de large, creusé par les termites. Comme avec la trompette, la vibration des lèvres produit le son fondamental auquel se superpose l’émission de vocalises dans le tube ; en modifiant la configuration de cette cavité orale, le musicien sélectionne les sons partiels supérieurs produits par sa bouche, ce qui fait aussitôt varier leur hauteur de leur vibration.
– Fantastique ! s’exclame Livia excitée. On a enfin trouvé le quatrième membre du Groupe de l’Ecoute Profonde ! mais tu sais en jouer selon les techniques de respiration circulaire ?
Pour ceux qui ignoreraient également cela, cette technique permet de reprendre son souffle sans pour autant suspendre l’émission d’air et de garder un son continu.

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Il y a eu un film tiré de ce livre mais je n’ai pas trouvé d’extrait en français….

Challenge il viaggio chez Eimelle
Et challenge top 50 chez Claire dans la catégorie « Titre en un mot »

challenge italiechallenge top 50

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1. écrire sur le vif : KO

2. pas plus de 100 mots : 780 mots

3. éléments réels de la journée : KO (écrit dimanche dernier)

4. suivre la consigne de la date : OK (très irréel ce bouquin)

Aujourd’hui « conte de fée et agenda ironique » – 12 décembre

persisatance de la mémoire

Nous partîmes à deux et en arrivant à bon Port-Lligat nous étions toujours deux, moi Béchamelle la chamelle, et mon acolyte Pygmée-Lion, le nez dans son livre, confortablement installé entre mes deux bosses. En préparant notre paquetage, Valentyne nous avait dit « Ne revenez que quand vous aurez trouvé la raison de mon syndrome de la page blanche qui m’a frappé autour de mi-novembre ».

Valentyne a réglé le minuteur de temps sur trois heures du matin comme indiqué dans la notice du professeur Taurus et nous a injecté dans le tableau de Dali « Persistance de la mémoire » . D’après Wiki , nous aurions dû facilement en faire le tour puisqu’il s’agit d’un tableau de 24X33 centimètres. Cependant nous marchions dans le désert depuis des heures et la mer que nous voyions au loin ne s’approchait toujours pas… je désespérais un peu, en cela peu aidée par Pygmée-Lion qui relisait les 243 fables de Jeannot-lapin de la Fontaine. Soudain, sortant de sa torpeur qui durait depuis un mois, Pymée-Lion, mon maître et néanmoins ami s’écria : « Montres, Montres à Chambord »(1). Il faut dire qu’installé en haut, telle la vigie d’un vaisseau du désert, il avait une vue imprenable des lieux.
Il avait raison : trois montres molles se dessinaient dans le lointain, vraisemblablement des chamoiseries (2) clinquantes et trébuchantes : la première indiquait 7h moins 5, la deuxième midi ou minuit (vraisemblablement midi vu le soleil de plomb qui nous cognait dessus) et la troisième reposait sur un corps étrange recouvert d’une peau de mouton peu ragoûtante, foie de chameau.

Bizarrement, nous fûmes au pied de cet endroit étrange en moins de temps qu’il n’en faut pour dire ouf. La peau de mouton bougea. Pygmée-Lion, plus courageux quand il est dans sa lampe magique, se cacha derrière ma première bosse. Comme entre deux chameaux, on choisit toujours le moindre, je m’avançais et soulevais doucement la peau de mouton. Sous celle-ci, se cachait une charmante fée, (enfin charmante si on considère qu’elle avait passé au moins les deux dernières années sous une peau de mouton), elle nous tint à peu près ce langage : je m’appelle Peau-de-Brebis.
– La cousine de Peau d’âne ? demandai je d’un coup, rassurée d’être en terrain connu.
– Elle même ! Je suis la gardienne des hôtes de ce désert. Posez moi votre question ?
– Pourquoi Valentyne n’a plus aucune inspiration ? demanda alors abruptement Pygmée-Lion faisant fi des formules de politesse. Il nous faut la réponse maintenant car nous allons bientôt être exfiltrés, il doit bientôt être trois heures du matin.
D’un ton lourd et sentencieux, la fée Peau-de-Brebis s’esclaffa : L’inspiration ne se commande pas, il faut la bichonner, la titiller, la border le soir, l’abreuver de nouvelles visions……. Par contre, je peux vous donner un stimulant pour Valentyne. Cela vous coûtera CENT SOUS !
Nous nous regardâmes avec Pygmée-Lion, nous n’avions pas un radis sur nous, l’aventure tournait court !!!
Inflexible, Peau-de-Brebis remballa son stimulant dans sa panse farcie et secoua la tête : je ne fais du commerce que quand on me paie brebis sur l’ongle. Pygmée-lion retrouvant tout son panache, se redressa tel un chamoiseau (3) du XIIIème siècle et s’apprêta à s’emparer du remontant. Mon coeur en bat encore la chamade devant tant d’audace.

C’est à ce moment que nous fûmes aspirés par le minuteur de temps et que Valentyne, valises sous les yeux, nous accueillit pleine d’espoir, avide de connaître la cause de son aninspiration.
Pygmée-Lion, qui connait ses classiques, lui dit « Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage ».

A suivre ……

(1) Chambord : babord pour un chameau (ndt)

(2) Chamoiserie : mot commun aux langages des chamois et des chameaux, synonyme vraisemblable selon le professeur Taurus de chinoiseries.

(3) un chamoiseau est à Lawrence d’Arabie ce qu’un damoiseau est à DH Lawrence…..

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Double participation à l’agenda ironique, organisé par Martine et par Monesille 

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots :634 mots

3. éléments réels de la journée : KO

4. suivre la consigne de la date : OK (il y a une fée dans ce conte à dormir debout)

Aujourd’hui « reproches » -11 décembre

Ce matin, j’étais encore assoupie quand j’entendis une voix rauque et râpeuse « Tu ne t’occupes pas de nous » ….. »tu n’en as que pour ce monsieur Queneau et ses quotidiennes alors qu’il n’y a pas que le quotidien dans la vie il y a aussi les défis mensuels comme l’agenda ironique , voire même les sujets hebdromadaires. »
C’est quand j’ai entendu ce mot bizarre que je me suis totalement réveillée et que j’ai vu que la voix rauque et râpeuse n’appartenait pas à mon cher et tendre ou à Tichat ou à Ponette. Ce ton lourd de reproches sortait de la bouche de Béchamelle qui est en plan dans ma cervelle depuis le 7 novembre. Pygmée-Lion, quand à lui, était assis à côté de la lampe de chevet et il n’a pas levé la tête de son livre  » Cronopes  et fameux   » de Salvatore Dali de la Fontaine.

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366 réels à prise rapide (les règles sont ici)

1. écrire sur le vif : OK

2. pas plus de 100 mots :134 mots

3. éléments réels de la journée : OK (u peu mon rêve de cette nuit)

4. suivre la consigne de la date : OK

Aujourd’hui « de l’eau » – 10 décembre

ILO

Ce matin, en allant prendre mon train, cette affiche pour une pièce de théâtre dans ma ville m’a interpellée. Un rappel de l’histoire de Titouan sans doute ….

Et aussi pour la jolie robe verte de la jeune femme…

Avec le nez  qu’il a ce monsieur ce n’est pas un mouchoir qu’il lui faut quand il a la goutte au nez, mais au moins un torchon ou même plus  un drap de bain, voire même un drap de lit et la housse de couette qui va avec …. À vos souhaits…..

La pièce sans paroles s’adresse à tous à partir de 5 ans. plus d’info ici et

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Aujourd’hui « j’écris en CAPITALES un projet minuscule » – 9 décembre

La fin de l’année approche et je fais un petit point  des lectures faites au long de l’année et de mes futures lectures. Pour 2016, mon projet sera de remettre en route mon tour du monde littéraire, grâce à Sandrine.

Les nomimés seront peut être les suivants :

Johannesburg – Afrique du Sud – Nadine Gordimer  – Bouge toi
.
Algérie – Boualem Sansal – 2084 la fin du monde. L’histoire se déroule non pas à Alger mais en Abistan (capitale inconnue à cette date)
Botswana – Alexander McCall Smith – Le club des philosophes amateurs. L’action se passe à Edimbourg, tranquille capitale écossaise (ce n’est pas moi qui le dit mais la quatrième de couverture)
Côté d’ivoire – Ahmadou Kourouma – En attendant le vote des bêtes sauvages (république du Golfe – pays imaginaire – je donnerai le nom de la capitale dès que je la connais)
Égypte – Naguib Mahfouz –  Impasse des deux palais – Le Caire
 /
Guinée – Tierno Monemenbo – Le roi de Kahel – Je ne connais pas la capitale de la Guinée.
 /
Maurice – Ananda Devi – Le sari vert
L’action se passe à Curepipe, deuxième ville en nombre d’habitants après Port-Louis, la capitale de l’île Maurice
 .
Thimphu – capitale du Bouhtan – Kunzang Choden – Le cercle du karma
 .
Chine – Mo Yan – Grenouilles – région de Gaomi : il faudra que je me renseigne si c’est loin de Pékin.
 .
Corée du Sud – Nos jours heureux- Gong Ji-Young – Séoul
 .
Inde – Anita Nair – Compartiment pour dames .  L’action se passe dans un train mais la ville n’est pas précisée.
 :
Iran – Le goût âpre  des kakis – Zoyâ Pirzâd – des nouvelles….
Gageons qu’il y en aura une à Téhéran
 :
Vietnam – Duong Thu Huong – Sanctuaire du coeur – Hanoï
 ;
Grèce – Vassilis Alexakis – L’enfant grec à Athènes
:

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Aujourd’hui « foule » – 8 décembre

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Samedi : Epilogue

A un moment, maman a dit : « il est génial le défilé du carnaval cette année : les gens ont fait beaucoup d’efforts sur leur costumes : enfin surtout sur leurs têtes. »
Il y avait aussi des chars qui défilaient : le char des instruments à vent, le char des instruments à percussion, ceux à cordes.
On n’avançait pas vite avec la foule qu’il y avait, papa avait le temps de prendre plein de photos.
Un monsieur à tête de piano s’amusait à répéter en boucle « qui va piano va sano »
Comme toujours, le dernier char était la voiture de police, ils avaient tous des têtes de violons et regardaient maman d’un air bizarre, comme si elle avait volé la sienne.
Alors, tout le monde s’est mis à chanter en lançant des confettis : même les personnes à tête de casserole chantaient à gorge déployée.
Nous aussi on s’est mis au diapason : Avec mes copains on s’est mis à chanter : « trois jeunes tambours s’en revenaient de guerre et ri et ran rampataplan » en criant bien fort.
Au bout d’un long moment on est arrivé au parc devant la mairie.
« Flûte » a dit maman « il va y avoir le discours de Monsieur le maire avec sa tête de fanfare à lui tout seul ».
Dans le brouhaha qui régnait, presque personne ne l’écoutait monsieur le maire : il a remercié tous les organisateurs du carnaval pour le beau thème choisi : « de la musique avant toute chose » qui faisait suite à un autre carnaval non moins réussi sur le thème des peintres.
– Quelle cérémonie bien orchestrée ! Disaient les uns
– Réglée comme du papier à musique ! Répondaient les autres
– Les enfants, en sourdine s’il vous plaît, disaient les maîtresses de l’école qui accompagnaient certains enfants, ou sinon nous allons vous sonner les cloches, a rajouté Delphine.
Tambour battant, les employés de la mairie ont ensuite fait un grand feu avec Monsieur Carnaval et on est tous repartis vers notre maison.
A ce moment , j’ai dit « très réussi ce carnaval : par chance on avait les bonnes têtes : si le carnaval avait eu lieu lundi il n’y aurait eu que des têtes – moyens de transport, s’il avait eu lieu mardi, il n’y aurait eu que des têtes-animaux, s’il avait eu lieu mercredi des têtes-nourritures, jeudi des têtes d’homme sur des corps de femmes et des têtes de femmes sur des corps d’homme et vendredi des têtes de fruits et légumes »

Et là maman m’a mis la main sur le front et elle a dit : « je crois que Titouan a un peu de fièvre, il ne sait pas ce qu’il raconte » et elle a enlevé son masque de violon : elle avait l’air un peu inquiète, mais en dessous elle avait sa tête de maman comme d’habitude. J’étais content de la retrouver avec sa vraie tête ; mon papa aussi a enlevé son masque de guitare et a regardé de près si j’avais de la fièvre : « non non il va très bien, je crois juste que c’est son imagination débordante qui a encore débordé » et il m’a fait un clin d’oeil. Il sait bien, lui, ce qui s’est passé cette semaine.

F I N 

 ;F

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