Kenzaburô Oé – Une existence tranquille

Jadis, du temps où j’étais encore insouciante, mon père m’avait dit, tandis que nous passions l’été dans la maison de montagne de Gumma, que je courais comme un poulain. Sur cette bicyclette que je n’avais pas prise depuis un certain temps, je pédalais en secouant effectivement les épaules à la manière d’un cheval, et je pris vers le nord la première rue croisée à partir de l’avenue des bus, en scrutant soigneusement les deux côtés de chaque carrefour. J’arrivais à l’extrémité nord de la rue et rattrapai la suivante que je pris en direction du sud. C’est alors que je vis à l’endroit où la haie vive d’oliviers odorants, bien dense, qui entourait une vieille demeure, laissant la place à celle de cyprès nains mal entretenue de la maison voisine, deux silhouettes, une grande, une petite, entremêlées.

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Kenzaburô Oé – Une existence tranquille

 

Sur une idée de Chiffonnette

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