Cavale d’or vert – Georges Emmanuel Clancier

Cavale d’or vert
Enfantine amazone
Fleur et licorne
Aussi blanche qu’altière.

Vol immobile
D’après l’amour
D’après le secret
D’après le secret
D’après le feu
De chair et de songe.

Si loin, si proche,
Partie pour un soleil seul,
Dans l’orgueil muet
Du sang qui s’apaise,

Et mon regard sur ton sillage,
Sur ton silence de profil
Sur ta gorge et ta jambe
Appelle.

Écritures de jours
Georges Emmanuel Clancier

felix valloton le ballon

Félix Valloton – le ballon

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Itinéraire d’un enfant gâté – Slam 3 avec l’autre Jacques

algernon

Vous vous demandez peut-être ce que je fais dans cet arbre tel le roi des aulnes, et bien je réfléchis. Je me rapproche jusqu’à toucher les racines du ciel et je fredonne une chanson :

Monter au ciel, pas peur de l’orage
Sortir de la cage, loin des paradis artificiels
Échafauder une hypothèse sur la montée de sève
Monter en épingle, attendre la relève
Partir décrocher la lune sans tambour
ni trompette, monter d’un octave rebelle
Tenir les dragées (au poivre) hautes,
Faire le magnifique sur une pièce montée
Bâtir un château en Espagne, laveur de vitre sans nacelle
Escalader l’Everest dans les nuages ?
Se hisser jusqu’aux neiges du Kilimandjaro ?
Pas pour moi, j’suis alpiniste amateur, nanméhaut !
et marin d’eau douce aussi ….
Devenir marinier sur les chemins de halage
est mon prétexte pour monter sur Seine.

Monter au ciel, plus près des mésanges
Croquer la pomme, monter les blancs en blanche-neige,Pomme tendue
Garder le fouet pour grimper sur les grands chevaux
Monté en graine comme la folle avoine
Suis je Pierrot le fou ou bien Antoine?
Un singe en hiver sur mon baobab ?
King kong et peau de bananes …..
Monter, monter toujours plus haut avec Claude
Monter comme les enfants du paradis
Monter à bout de souffle
Monter l’escalier à Cannes, pieds nus comme Julieta
Monter sur le ring du seigneur des anneaux ?
Monter toujours plus haut pour décrocher la timbale
S’en décrocher la mâchoire, mais monter monter……
Sur des talons aiguilles ou au paradis des monte en l’air ….

Monter le son, monteur de court métrages
Du haut du clocher, je donne de la voix
L’espace d’un instant je m’imagine scénariste.
Partout partout je monte et cherche ma voie
Parce si j’avais pu, j’aurais été………. trapéziste.

laveur de carreau

 

Les photos et le jeu sont chez La licorne

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Lune noire – Federico García Lorca

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Mois espagnol Chez Sharon

Sous la lune noire

des brigands,

chantent les éperons.

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Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

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Les durs éperons

du bandit immobile

qui a perdu les rênes.

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Petit cheval froid,

Et ce parfum de fleur de couteau !

;

Sous la lune noire,

saignait le flanc

de la Sierra Morena.

;

Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

;

La nuit éperonne

ses flancs noirs

En lui plantant des étoiles.

;

Petit cheval froid

Et ce parfum de fleur de couteau !

;

Sous la lune

Un cri !

et la longue corne du brasier.

;

Petit cheval noir,

où mènes-tu ton cavalier mort ?

 

Lune noire – Federico García Lorca

 

Et pour écouter Paco Ibanez c’est ici 

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José Manuel Merello.- Le Cheval Lune

jeudi-poesie

Pour célébrer avril

Jeudi poésie chez Asphodèle

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Pour célébrer avril, semer des mots

Pour célébrer avril, j’ai descendu dans mon jardin avec l’intention de semer des mots (parce que le romarin c’est périssable)
J’ai aéré la terre, mis quelques vers puis je me suis demandée quelles graines de mots j’allais planter…

J’ai ratissé large et mis une centaine de mots dans ma besace : des noms, des adjectifs, des verbes et des adverbes, des petits mots doux et des gros mots….

J’ai planté le mot « oignon » dans l’idée qu’il pourrait donner jour à une tulipe mais l’idée a germé et j’ai récolté un « cor au pied » (foutu homonyme, je n’avais pas la bonne graine, celle de l’ivraie)

;
J’ai semé sept petit cailloux pour trouver mon chemin, me suis cassée la binette sur le dernier.

J’ai semé une verveine qui est devenue rouge sang, mon genou sur le caillou précédent.

Je n’ai pas semé de vent de peur de récolter une tempête mais j’ai semé une petite brise et versé une larme pour l’arroser…

J’ai semé du vert et j’ai récolté une trempette dans un vert d’eau.

J’ai élagué, fauché l’herbe sous le pied (juste sous mon cor)

J’ai semé, semé….. et rien récolté.

J’ai pioché à nouveau dans ma besace . Plus de mots à planter….

Les mots ressortaient de terre, ils n’ont pas voulu se laisser enterrer : « c’est le retour des mots vivants » m’a dit le cor de garde…

J’ai semé à tout va dans un champ lexical : à la volée, jardin anglais, dans Word …les mots se sont envolés…

Aurais je dû planter du romarin ?

ile au trsor

Magritte – L’île au trésor

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Projet 52 Nuances de vert

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Merci à Célestine pour l’idée de ce petit poème. La phrase « déclic » est « On sème les mots qui s’envolent comme des parachutes pour se poser sur nos coeurs,  telles des graines de pissenlits que l’on souffle. »

Poète peul – Jean Pierre Verheggen

jeudi-poesie

Poète peul

Si le peuple peul compte en ses rangs les meilleurs
pasteurs nomado-sahalo-sahariens qui (du Tchad au
Soudan, au Mali ou au Burkina-Faso et dans bien
d’autres territoires de l’Afrique) conduisent leurs
nombreux troupeaux de chevaux, zébus, vaches et veaux,
le peuple peul a également son pôle d’excellence dans
des domaines moins connus où continuent pourtant de
briller, en diaspora, quelques-unes de ces célébrités !
Sans vouloir trop insister sur le cas du Peul Émilie Victor
qui mit sur pied le premier élevage de rennes (pasteur
un jour, pasteur toujours ! on ne se refait pas)
dans le Grand Nord, on demeure davantage surpris
en apprenant qu’une des gloires de notre gastronomie
nationale le Peul Bocuse – en personne ! -appartient
à la même ethnie ! Mais c’est dans l’expression artistique
que les Peuls triomphent !
De Peul Gauguin ou de Peul Cézanne en peinture qui,
eux, l’affichaient ouvertement à Pierre
– Peul quoiqu’il en dise – Pierre Peul Rubens
qui tentait de le cacher sous un prénom redoublé
(quelle honte de ses origines avait-il donc ? )
ils sont légion ! Oh ! à des degrés divers qui vont du Peul
Schreber Oui ! l’illustre Président !
(Mais la psychanalyse est-elle un art,
nous rétorquera-t-on au Peul-Loup Sulitzer,
loin d’être le meilleur de leurs écrivains ! Citons encore
Le Peul Newman, acteur talentueux au cinéma avant
avant d’en venir à ce qui constitue le gros de leurs troupes,
les griots,
détenteurs de la parole et de la musique ! Pensons au Peul
McCartney mais aussi aux poètes tels que le Peul Verlaine,
incontournable pour célébrer les fêtes galantes (qu’on
ne saurait confondre avec le Peul Géraldy infatigable
animateur des goûters du troisième âge ou de promesses de
mariage) chacun selon sa spécialité :
Le Peul Claudel pour les célébrations de partage,
Le Peul Morand pour les récits de magie noire,
le Peul Léautaud pour les scènes de misanthropie
Le Peul Eluard, etc.

tous, par ailleurs dépositaires de traditions tels
le Peul Féval pour les histoires de cape et d’épée ou
le Peul Nizan pour l’art de monter à cheval à la hussarde
à Aden ou en Arabie !

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Poète bin qu’oui, Poète bin qu’non ? Jean- Pierre Verheggen

Poète bin qu’oui, Poète bin qu’non ? Jean- Pierre Verheggen

Ma bibliothèque municipale a mis ce recueil en avant pour le « printemps des poètes » et je l’en remercie. Cela faisait longtemps que je n’avais pas autant apprécié un recueil.

L’auteur, belge, Jean- Pierre Verheggen, met en avant 36 sortes de poètes : Voici les titres des poèmes :  poète avec Petite Gloire Locale Personnelle / poète Haddock Borderline / poète de Monsieur Séguin / poète champêtre / poète facteur / poète avec vieille orthographe / poète alcoolo / poète auvergnat / poète appuyé / poète Pouf Pouf / poète SurDouai / poète anthropophage / poète avec Andrée et Sortie / poète impérialement Auguste (avec un gros nez rouge sang) : poète kamikaze / poète pêcheur à la ligne / poète cherchant soutien / poète contrepèteur / poète S.P.A / poète avec accent circonflexe / poète indécis / poète fort échaudé / poète sachant dur bonsoir / poète avec modération / poète avec pommes de terre en petite chemise / poète avec César restât ferme mais simple / poète Peul / poète ambigu et ambidextre / poète préférant les sous-chefs / poétesse griffée / poète belgo-belge / poète mycologue / poète pas grand chose / poète Chevalier des arts et des lettres / poète inconnu / d’autres encore….

Un amoureux des jeux de mots (un certain Mr Queneau est cité….) qui m’a fait sourire plusieurs fois …. J’ai deux idées de poème que j’écrirai peut être …..un jour ….Poète vert et poète sur le fil….

:

Mon poème préféré « Poète Chevalier des arts et des lettres »

Poète chevalier des arts et des lettres

;

Le titre le plus envié !
Chevalier des Arts et des Lettres – être élevé au rang
de Chevaliers, vous imaginez ! Chevalier
la plus noble conquête de tout poète!
Tant d’autres n’atteindront jamais ce sommet,
que dis-je ? cet Olympe.
Jamais au grand jamais, ils ne pourront éprouver le plaisir
de sentir leur monter à la tête la célèbre fièvre de Chevalier
qui, au terme d’une courte période d’incubation,
vous transforme un Poète – qualifions-le d’ordinaire ! –
en canasson de première,
en mazette m’as-tu-vu,
en carne étoilée, en criquet ramenard,
en dada bêcheur, voire en haridelle crâneuse
(car les Poétesses n’y échappent pas !)
quand ce n’est pas en haquenée prématurément sénile
ou pire en bourrin complètement beurré !
Oui, complètement bourré
ce qui n’empêche pas ce dernier de parader, à la grande,
parmi les réunions mondaines où, tel un preux –
paladin de la plume ! se cabrant soudain
au milieu de la foule, le morceau de bravoure aux dents,
piaffant des quatre pieds, amblant de l’enjambement
lyrique et Pégazant du trou duc, il fustige et pourfend,
devant tout un parterre à son écoute
et gagné à sa cause – fût-elle bredouillante !
ces jeunes grooms de poétaillons qui,
déguisés en modernes disc-jockeys,
ruent dans les Pindare en perturbant ses lectures publiques !

;

Ceux-là ne seront jamais
que des crocheteurs de port au foin,
des lads de la contrepèterie, du menu crottin de pacotille
scribouillarde, des palefreniers du contresens, de vulgaires
garçons d’écurie – juste capables
de vous suggérer d’entendre :

;

« des Curie » en pensant à Pierre et Marie,
ce qui ne fait rire qu’eux, misérables gâches-poésie !

 

A jeudi prochain avec un autre poème de ce recueil 😉

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le mois Belge chez Mina et Anne

Printemps – Là où parfois l’inspiration se niche …..

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coin vert

Là où parfois l’inspiration se niche …..

Dans un petit coin vert
Véronique s’installa
Assise tranquille pour lire

Dans ce vallon-cuvette
Elle se sentait mélancolique
Tant de parfums la grisaient

Le bruit de la cascade
Lui chanta à l’oreille
Une mélopée bucolique

Coquelicot et colchiques,
Mille fleurs de lotus dans un pré
Elle découvrit le pot au rose :

De reine elle n’avait que le trône,
Un teint blanc porcelaine
Et une brise printanière

;

Ce petit poème vous a plu ? et si vous le relisiez avec une autre photo comme support ?

petit coin vert

Projet 52 nuances de vert avec le printemps pour thème

René Guy Cadou – Le cœur au bond

jeudi-poesie

Chez Asphodèle c’est ici 

:

Le cœur au bond

Rien n’a changé
Les fleurs du paravent montent jusqu’au plafond
La serrure secrète retrouve sa chanson
La fenêtre est ouverte
Je regarde courir la Loire jument verte
L’écume des corbeaux qui flotte au bord du toit

C’est toujours toi qui m’accueilles
Au bas de l’escalier
Des algues de lumière enchaînent tes épaules
Et le serpent de ciel aurait pu t’étouffer

Quand tes mains voleront sous les prèles
Quand la terre baignera tes paupières fossiles
Je reprendrai la vie où tu l’auras laissée.

:

René Guy Cadou – Années-lumière 1939

Symphonie en vers


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Son corps vert, comme une gaine,
Sort à moitié de la Loue
Elle, mi Lorelei, mi-sirène
Ondule entre les vagues frou-frou

Le soleil luit dans ses écailles
Elle s’allonge sur la mousse,
Se réchauffe et tressaille
D’un bond, elle plonge et éclabousse

La nymphe a disparu
Verte, glissante algue-liane
Immergée dans la forêt et son rû
Cabotine comme une courtisane

Ne reste alors que l’azur
Jusqu’au moment où la Pataude
Ressort et s’allonge dans la verdure,
Bijou dans un écrin d’émeraude.

Son buste arrogant incliné
Se couvre de lierre grimpant
Elle rampe, hypnotisée,
Et s’enroule, queue de serpent.

Dans la forêt profonde
La belle arpente le Jura ;
Le soleil dans sa ronde
Est prisonnier de son éclat.

Si on croise ses yeux troubles,
Pierres dures à l’arête de cuivre,
Leurs intensités redoublent
Quand on la nomme la Vouivre.

De quelle feuille tendre,
De quelle brindille, de quelle eau,
De quel végétal peut-elle descendre ?
D’où vient le vert de sa peau ?

D’un cactus sec et piquant ?
Ou de la jade du nénufar ?
Avec sa pâleur des olives d’antan
Nul besoin de rouge ou de fard.

Cheveux de luzerne ou fougère
Glissent sur ses épaules menthe ;
Le passant elle l’enferre
de sa voix vivifiante.

Elle s’approche entre les roseaux
Sous le prétexte d’un baiser
Séduit l’amoureux, son héros
et d’un coup de rein emporte l’infortuné.

vouivre film

La vouivre

:

Projet 52 Nuances de verts avec le sujet « Poésie»

Norge – la langue verte

jeudi-poesie

La langue verte

Verte la mer ! et la peau
Du monde, verte, o jouvence.

Quand la belle est nue et danse,
Verte laitue au chapeau,
Crache un peu tes escarbilles,
Mon enfant, mon p’tit Jésus,
Pour du baiser qui pétille
De jus verts et de verjus.

Verdoyez, verdures drues,
A la dent, au coeur, à l’œil.
Et vertement, cours les rues,
Pullule, vert-écureuil.

Le profond vert séculaire
Est brouté de chevaux verts.
Le profond vert légendaire
Est gloussé de ramiers verts.

Verte la mer et l’envie
D’être groseille ou semence.
Vert, le verbe qui commence

Et verte, la langue en vie.

Norge – la langue verte