Yoko Ogawa en hommage à Goran

Pour rendre hommage à Goran, disparu ce printemps, Eva et Patrice organisent aujourd’hui une LC du « Petit joueur d’échecs » de Yoko Ogawa.

Je me joins à eux et à tous les autres aminautes de Goran avec un autre titre de l’auteure (j’avais déjà lu le petit joueur d’échec)

Le roman s’ouvre avec la mort d’une petite fille de trois ans. Le médecin affirme qu’elle est morte de pneumonie mais la mère, accablée de douleur, prétend que cette mort est due à un chien maléfique.
La mère décide d’isoler les 3 enfants survivants dans une maison abandonnée afin de les préserver de la « malédiction ».
Il s’agit là d’un roman très onirique.
L’action est vue d’un point de vue extérieur, et raconte le quotidien de ces trois petits pendant plusieurs années..
Les jeux des enfants sont très bien racontés en particulier les instantanés d’ambre (Ambre est le garçon du milieu, huit ans lors du début de cet isolement) : il a réalisé des « dessins animés » de sa petite soeur disparue dans le bas d’encyclopédies. Sa soeur, Opale, 12 ans au début de l’histoire, danse et le petit dernier, Agate, 5 ans, découvre la nature à l’intérieur du jardin jusqu’au mur de briques cachant leur existence au reste du monde.
Le lecteur voit peu la mère mais le contact avec ses trois enfants est  « magique ».


Un livre étrange et envoûtant …à la fois doux et un peu angoissant…

Un extrait :

L’œil gauche de celui-ci (le fils aîné) commençait à présenter une évolution qui cadrait bien avec son nom, Ambre, et aucun autre. Tout d’abord, non loin du coin de l’oeil la limite entre le noir et le blanc s’estompa, le marron de l’iris déborda en marbrures qui bientôt s’étendirent à la totalité de l’œil gauche. Elles coulaient le long des vaisseaux capillaires, se déposaient, sédimentaient. Et les strates venant s’imprégner de larmes comme de résine, il se forma bientôt une concrétion d’ambre. L’existence de cet œil attestait le nom de l’ambre.
Au fur et à mesure de cette transformation son œil gauche eut peu à peu des difficultés à voir, mais Ambre n’était pas inquiet. Si l’extérieur devenait pour lui de plus en plus vague, inversement l’intérieur gagnait en densité, faisant ressortir avec davantage de vie les silhouettes qui apparaissaient au fond.