Le dimanche des mères – Graham Swift

Un court roman mettant en scène une journée capitale dans la vie de Jane Fairfield, bonne de 22 ans dans l’Angleterre de 1924.
J’ai trouvé ce roman très bien construit. Au début il m’a semblé que Jane avait une réflexion très (trop) aboutie pour une jeune femme d’une condition aussi modeste en ce début de 20ème Siècle. Puis on apprend que Jane justement se remémore cette journée de 1924, 60 ans plus tard : elle est devenue écrivain et ainsi le vocabulaire et la réflexion deviennent beaucoup plus crédibles.
Je ne dirai pas en quoi cette journée a changé la vie de cette jeune orpheline, pour ne pas trop en dévoiler. Juste que Jane est la maîtresse d’un jeune homme résidant dans la maison voisine où elle travaille (amours ancillaires qui ne seront vues que du côté de Jane).
Dans une Angleterre qui pleure les nombreux jeunes hommes morts dans les tranchées, l’histoire de Jane m’a convaincue et énormément intéressée.
Ce fameux dimanche sera un déclencheur dans la vie de cette jeune femme, pudique et déterminée….

Un extrait :

Normalement, on ne devait entrer dans les bibliothèques, oui, surtout dans les bibliothèques, qu’après avoir discrètement frappé à la porte, même si, à en juger par celle de Beechwood, il n’y avait personne la plupart du temps. Cependant, même sans personne à l’intérieur, elles pouvaient vous donner l’impression, plutôt désobligeante que vous n’aviez rien à y faire. Une bonne se devait toutefois d’épousseter -et Dieu sait ce que les livres pouvaient accumuler de poussière ! Entrer dans la bibliothèque de Beechwood revenait presque à pénétrer dans les chambres des garçons, au premier étage. L’utilité des bibliothèques, se disait-elle parfois, tenait moins au fait qu’elles contenaient des livres, qu’à celui qu’elles préservaient cette atmosphère sacrée de « prière de ne pas déranger » d’un sanctuaire masculin.

Challenge Petit bac  chez Enna – catégorie « famille»

18 réflexions au sujet de « Le dimanche des mères – Graham Swift »

  1. ne jamais rentrer dans les bibliothèques, voilà un sage conseil, qui plaira à la poussière (et puis on peut si vite attraper des mots qui vous pousserons hors de votre condition, comme, dans les chambres de garçon, une jeune bonne risque d’attraper autre chose qui la poussera dehors aussi).
    bref, noté pour lire avant Noël, dès que la Bib rouvre.

    • Oui quand les attentes sont trop importantes , des flops se produisent !
      Je viens de « prendre » un grand « flop »avec in de mes écrivains « refuges » John Steinbeck avec une saison amère … la déception est proportionnelle à l’attente dans ces cas là…

  2. Je l’ai lu aussi cette année : pas inoubliable, mais je me souviens très bien de l’ambiance générale qui se dégage de ce livre et de la tension sous-jacente.

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