Sous le soleil des Scorta – Laurent Gaudé

Laurent Gaudé nous emmène sous le soleil écrasant des Pouilles, dans le petit village de Montepuccio plus précisément.
Tout commence avec le retour, après quinze ans d’absence pour cause de prison, de Luciano Mascalzone ; les villageois sont rancuniers et lui feront payer ses méfaits…

Le roman a une ambiance indéniable, certains personnages ont une présence très forte (surtout Carmela qui prend la parole et raconte certains épisodes à la première personne : le récit du voyage à New-York est marquant).

Un livre qui ne m’a pourtant pas totalement convaincue. Ce n’est pas du fait du livre en lui même, je pense, mais cela vient plutôt de moi : ce n’est pas là première fois que je reste un peu à côté d’un livre qui balaie plus de 100 ans d’histoire en 250 pages : je n’arrive pas à trouver les personnages attachants quand ils « vieillissent » si vite ou que d’un chapitre à l’autre un « bond » de 20 ans a été fait.

Un auteur que je relirai pour son style…

.

Extraits:

Les olives sont éternelles. Une olive ne dure pas. Elle mûrit et se gâte. Mais les olives se succèdent les unes aux autres, de façon infinie et répétitive. Elles sont toutes différentes, mais leur longue chaîne n’a pas de fin. Elles ont la même forme, la même couleur, elles ont été mûries par le même soleil et on le même goût. Alors oui, les olives sont éternelles. Comme les hommes. Même succession infinie de vie et de mort. La longue chaîne des hommes ne se brise pas. Ce sera bientôt mon tour de disparaître. La vie s’achève. Mais tout continue pour d’autres que nous.

* *

Lorsque le soleil règne dans le ciel, à faire claquer les pierres, il n’y a rien à faire. Nous l’aimons trop cette terre. Elle n’offre rien, elle est plus pauvre que nous, mais lorsque le soleil la chauffe, aucun d’entre nous ne peut la quitter. Nous sommes nés du soleil, Elia. Sa chaleur nous l’avons en nous. D’aussi loin que nos corps se souviennent, il était là, réchauffant nos peaux de nourrissons. Et nous ne cessons de le manger, de le croquer à pleines dents. Il est là dans les fruits que nous mangeons. Les pêches. Les olives. Les oranges. C’est son parfum. Avec l’huile que nous buvons, il coule dans nos gorges. Il est en nous. Nous sommes les mangeurs de soleil.

Madame lit mets les prix Goncourt à l’honneur ce mois-ci

son avis (beaucoup plus enthousiaste que le mien) sur ce livre ici