Gabacho – Aura Xilonen


Traduit de l’espagnol (Mexique) par Julia Chardavoine.

En cherchant un autrice mexicaine , je suis tombée par hasard sur Aura Xilonen
Et ça fait mal (c’est constructif et positif ce que je dis) . Aura Xilonen fait mal en mettant en scène l’histoire de ce jeune mexicain qui traverse le Rio Grande pour essayer de survivre aux Usa. Parce qu’il crevait au Mexique …

Liborio, le narrateur, raconte sa vie actuelle – homme à tout faire dans une librairie – en relatant, dans des chapitres en italique, sa vie au Mexique et le début de sa clandestinité aux States…

Sa vie actuelle est compliquée, très compliquée : il se retrouve sans domicile car il a voulu aider une jeune femme harcelée dans la rue. Des gangs lui tombent dessus, le tabassent , des policiers le rançonnent.
Il croit un moment trouver de l’aide auprès d’une femme étrange, jusqu’à la trahison (selon lui)..
Bref, le style est percutant, l’écriture orale, on se prend un direct au coin d’une page … puis on croit qu’il va s’en sortir … et puis ça part dans une autre direction …

J’ai cru au début que ce jeune homme avait une vingtaine d’années mais finalement il a plutôt seize-dix sept ans mais, ce qu’il a vécu, l’a fait mûrir vite. Je me rends compte que l’auteure avait 19 ans à la parution de ce livre : quelle force dans la narration….une claque, je vous dis…

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Mention spéciale au courage de Naomi 10 ans qui devient l’amie de Liborio : (avec un clin d’oeil à Quichottine)

« Dis-moi, Liborio, m’a demandé Naomi deux jours après avoir pris Don Quichotte de la Manche, ça veut dire quoi rhabdomancien, en abondance, panoptique, cestui-là, yard, lépreux, abside et pourboire ?
– Je veux bien t’expliquer, mais seulement si toi, tu me dis ce que ça veut dire googler, twitter, stalker, runner, linker, Instagrammer, Whatsapper, parce que je capte que dalle ! »

La fin « rose bonbon » m’a paru cependant un peu « facile » même si cela ne retire rien à ce roman qui m’a fait alterner des larmes au rire … (larmes au début, rire à la fin du roman)

Chez Enna, catégorie gros mot (Gabacho signifiant Plouc en espagnol)

Le mois espagnol (et lusophone) est chez Sharon, les logos sont concoctés par Belette