Quatre garçons dans la nuit – Val Mcdermid

Un roman policier en deux parties.
La première se passe en 1978 et est extrêmement captivante : dans le premier chapitre, quatre étudiants trouvent le corps de Rosemary, 20 ans, sur la lande ; ils préviennent la police et pendant deux cent pages, ils oscillent entre suspects, témoins… mensonges et vérités : le portrait des quatre jeunes est très crédible, on voit les dégâts que peut créer la suspicion dans une amitié et dans la vie quotidienne. Les années 70 sont également bien rendues avec une bande son que j’ai appréciée.
Le policier chargé de l’enquête se démène pour faite la lumière sur ce crime sordide.

La deuxième partie nous fait découvrir, 25 ans plus tard, ce que sont devenus les quatre amis : Ziggy, Alex, Weird et Mondo…Le meurtrier de Rosemary n’a jamais été arrêté et à l’occasion de nouveaux tests possibles (les tests d’ADN n’existaient en 1978) , l’enquête est rouverte et replonge les amis dans le stress de la suspicion ..
La deuxième partie m’a moins convaincue (peut-être parce qu’on a l’impression d’avoir souvent vu ce type de situation) et par quelques rebondissements que j’ai trouvé peu vraisemblables.
Malgré ce petit bémol, ce livre reste un excellent polar que l’on a du mal à lâcher …

 

un extrait

Dans ses articles, Jackie Donaldson avait eu l’occasion d’évoquer les coups frappés à la porte au petit matin, la bousculade jusqu’à la voiture de police rangée le long du trottoir, le trajet à toute allure à travers les rues désertes et l’attente insupportable dans une pièce exiguë imprégnée de l’odeur de tous les pauvres bougres qui étaient passés par là. Mais il ne lui était jamais venu à l’esprit qu’elle pourrait en faire l’expérience à ses dépens.

Elle avait été tirée du sommeil par le bourdonnement de l’interphone. Il était 3h47, avait-elle noté, avant d’attraper son peignoir et de se diriger vers la porte d’un pas incertain. Lorsque l’inspecteur Darren Heggie s’était annoncé, sa première pensée avait été pour Hélène. Sinon pourquoi serait-il venu à une heure pareille ? Mais elle n’avait pas protesté. Elle savait que ça n’aurait servi à rien.

Heggie avait fait irruption chez elle accompagné d’une femme en civil et de deux agents en uniforme à la traîne, l’air légèrement mal à l’aise. Il n’avait pas perdu de temps en bavardages. « Jacqueline Donaldson, je vous demande de me suivre. Vous êtes soupçonnée de complicité de meurtre. Sans mise en examen, la période de détention provisoire est d’un maximum de six heures. Il vous est possible de communiquer avec un avocat. Tout ce que vous êtes tenue de dire, c’est votre nom et votre adresse. Comprenez-vous la raison de votre garde-à-vue ? ».

Challenge polar chez Sharon

Que lire un 24 avril ?

– Le samedi 24 avril 1915, à minuit, des douzaines de notables arméniens d’Istanbul furent arrêtés et conduits de force au quartier général de la police.
Ils étaient tous vêtus élégamment, comme s’ils se rendaient à une cérémonie. On les garda longtemps sur place sans leur fournir d’explication, puis on les sépara en deux groupes et ils furent déportés à Ayach et à Cankiri.
Un triste sort attendait le groupe d’Ayach.
Les déportés de Cankiri furent tués plus graduellement. Mon arrière grand-père appartenait à ce dernier groupe.
Des soldats turcs les escortèrent dans le train de Cankiri.
Là on les obligea à marcher les 5 km qui séparaient la gare de la ville.
Jusqu’ici on les avait traités décemment, mais au cours de cette marche, on les battit avec des cannes et des manches de pioche.
Komitas, le grand musicien, perdit la raison après avoir vu ce que firent les soldats turcs ce jour-là.

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La batarde d’Istanbul – Elif Shafak