Les jours de silence – Phillip Lewis

Lc avec Edualc

Je repère certains livres dès leur sortie à leur couverture ..inutile de dire que la couverture de celui-là m’a aimantée.
Ce livre est paru en grand format en 2018 et en poche il y a quelques semaines. Les chevaux ne sont pas l’élément principal de l’histoire …

L’histoire se passe dans les Appalaches dans un coin perdu des Etats-Unis.
Tout d’bord, Henry Astier nous raconte son enfance avec ses parents et ses soeurs.
A la fac, il rencontre Eléonore. Il souhaite devenir écrivain. Comme sa mère tombe malade, le jeune couple, accompagné d’un bébé, Henry Junior, retourne dans les Appalaches, ils y resteront toute leur vie. Henry Senior devient avocat, frustré de ne pas réussir à écrire le roman qui le hante.
Le lecteur suit alors plus Harry Junior de ses 10 ans jusqu’à ses 25 ans.
La grand mère meurt ; Henry senior tombe dans une dépression et abandonne sa famille. Eléonore se retrouve seule avec Henry junior, 15 ans et une petite fille Threnody. La suite du livre se concentre sur les études d’Henry Junior avec en filigrane ce vide que le père a laissé en s’enfuyant, il y rencontre une jeune fille, Story, qui semble elle aussi se chercher …

Voici pour l’histoire.
Les personnages sont convaincants, j’ai eu plusieurs fois l’impression de basculer dans le fantastique avec la maison qu’habitent Henry et sa famille. Dans cette maison, toute biscornue et comme hantée, un crime a eu lieu il y a de nombreuses années et c’est pour cela que le jeune couple peut l’acheter pour un bouchée de pain. C’est à partir de l’achat de cette maison que tout semble mal se dérouler pour eux, mais peut-être n’est ce qu’une impression…juste la vie qui coule et les rêves de jeunesse qui semblent inatteignables…

Un premier roman qui est très dense et une fin qui m’a estomaquée : ou comment un secret pour protéger un enfant peut finalement le détruire …
Ce livre me laisse un sentiment de tristesse, de mélancolie…j’ai eu à un moment envie de secouer les personnages pour qu’ils se sortent un peu de leur situation respective…(léthargie) mais peut être que je projette ma mélancolie et léthargie sur les personnages …Allons lire l’avis d’Edualc…

Quant au titre magnifique, il peut avoir plusieurs interprétations car il semble dans cette histoire que le silence soit prédominant : que ce soient Henry senior, Henry junior Eleonor, la famille de Story, tout ce petit monde est bien silencieux…

Un extrait

Cela faisait un an et demi que j’avais quitté ma vie et ma famille dans les montagnes de Caroline du Nord. Depuis tout ce temps, je n’avais pas revu Threnody et Mère. Des semaines s’étaient écoulées depuis la dernière fois que l’on s’était parlé, mais je ne rentrai pas ce Noël là. Je n’appelai pas, ni n’écrivis, ni ne répondis au téléphone, et j’écoutai des messages laissés à mon intention avec une douleur que je n’avais jamais éprouvée auparavant, et sans avoir la moindre idée de ce qui me poussait à me conduire ainsi. Je me forçais à être seul. Je m’éveillais au petit matin, tout tremblant et frémissant, avec le sentiment que ma nuit de sommeil avait été un événement traumatique. Quand le soleil apparaissait, bas dans le ciel à l’est, et que sa lumière passant à travers les fentes des volets venait illuminer mon existence de reclus, mes yeux s’ouvraient grand sur les murs uniformément blancs, sur le plafond blanc de ma chambre, et aussitôt j’et frappé par une peur indéfinie logée au creux de mon estomac et par un frisson omniprésent qui me parcourait les os ; la peur ne me quittait pas de la journée, tandis que je lisais mes livres en frissonnant, seul dans ma chambre, sans manger ni boire jusqu’à la tombée de la nuit, quand il serait temps enfin de soulager cette peur en me purgeant de ma douleur, ma colère et ma solitude à grandes gorgées d’une bière blonde bon marché, et avec ma guitare acoustique, dont je jouais chaque nuit des heures d’affilée, jusqu’à ce que, trop hébété par l’alcool pour jouer, je m’endormisse enfin, pour répéter le cycle avec la nouvelle journée qui débutait.

Challenge petit bac chez Enna – Catégorie son 

8 réflexions au sujet de « Les jours de silence – Phillip Lewis »

    • 🙂
      J’ai appris chez Edualc que le titre initial étaient « The Barrowfields », et qu’il s’agissait des contreforts des Appalaches… effectivement moins parlants pour des lecteurs français …

      Bonne soirée Madame Lit 🙂

  1. Oui Val, c’est un grand roman qui impresionne avec justement ces silences assourdissants et cette « incommunicabilié existentielle ». Et, tu seras sûrement d’accord, un gâchis gigantesque. Bises et à très bientôt.

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