Enigme 11/15 – La ronde de la jument

Bonjour à tous et à toutes,

Comme l’an dernier, j’ai eu envie de jouer autour des livres. Le but du jeu est de trouver des titres de livres, leurs auteurs et le point commun entre les livres.

Voici la onzième  énigme :

Pour participer, il faut laisser votre ou vos réponses en commentaires. Chaque bonne réponse vaut un point pour  TOUTES LES PERSONNES  ayant trouvé : Pas besoin d’arriver le premier pour remporter un point donc 🙂

Vous pouvez faire juste une proposition, ou deux ….ou …sept…

Courant février, nous connaîtrons les vainqueurs de ce jeu 🙂

Bon weekend  à tous

Edit du 13/01/2020 Réponse en image

 

Que lire un 10 janvier ?

– Les gens du Sud sont extraordinaires de bonté et de générosité, dit-il. C’est un bonheur de s’oublier dans les oasis de Taghit, Igli, Kersaz et Kenadsa.
Kenadsa… J’ai parlé d’elle à mes amis, je l’ai chantée dans mes livres, pourtant je ne connais pas grand chose sur elle. Je sais seulement que c’est une bourgade quasi millénaire que, que son ksar croule sous huit siècles d’histoire et quarante années d’oubli et que, à l’heure où le soleil se replie derrière la barkhane, la nuit l’investit comme l’opium engourdit l’esprit. Elle m’a vu naître un lundi 10 janvier 1955. Depuis elle demeure ce spectre qui se substitue à mon nombre, me retenant par le bras à chaque fois que je tente de m’envoler ; cette légende qui me conte fleurette lorsque toutes les autres voix m’auront manqué. Écartelée à une trentaine de kilomètres à l’ouest de Béchar, elle refuse de n’être qu’une houillère reniée, elle qui fut le premier village électrifié d’Algérie et qui bien avant l’entraînement du roumi, se voulait le mirador imprenable des ergs et des regs, le pont-levis du Grand Sahara. J’appartiens à la tribu des Doui Menia, une race de poètes gnomiques, cavaliers émérite et amants fabuleux, qui maniaient le verbe et le sabre comme on fait un enfant. Du haut de nos montures aux crinières argentées, nous tenions tête aux tempêtes et aux sultans. Nous empruntions aux varans leur altesse, aux scorpions leur sang-froid, aux mouflons leur adresse, aux gazelles leur grâce. Araignées souveraines au large des canicules, nous piégeons les caravanes aussi aisément que de vulgaires moucherons … Mais la lune ne décroît qu’au faîte de sa plénitude.

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Yasmina Khadra – L’écrivain