Que lire un 2 janvier ?

Alobar boycotta le repas de Noël du bloc cellulaire, préférant rester seul dans son box à pratiquer sa respiration, même si, grâce à son vieillissement accéléré, le box d’acier stérile en question commençait à puer comme un nid de souris ou une caisse de pommes de terre.
La période des « fêtes » passa de sa démarche de crabe, chaussures émotionnelles aux pieds, et puis, terminé, le 2 janvier arriva, le monde occidental se moucha, prit deux comprimés d’aspirine, rangea les décorations païennes et les crèches en plastique au grenier, et essaya de trouver comment financer les récents excès. Bing ! Après ses divagations célestes, l’horloge se remettait au temps mécanique et précis, ou en tout cas, mesurable ; ou tout au moins, des choses normales pouvaient à nouveau se produire. Alobar fut mis en liberté conditionnelle, les audiences débutèrent à Baton Rouge, Wiggs (un peu aidé en cela par Petit Lapin LeFever) parvint à comprendre Où Nous Allons et pourquoi ça sent comme ça, et Huxley Anne devint le plus jeune membre de toute l’histoire de l’association des orchidées du détroit de Puget.

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Un parfum de jitterbug – Tom Robbins