Enigme 7/15 – La ronde de la jument

Bonjour à tous et à toutes,

Comme l’an dernier, j’ai eu envie de jouer autour des livres. Le but du jeu est de trouver des titres de livres, leurs auteurs et le point commun entre les livres.

Voici la septième  énigme :

Pour participer, il faut laisser votre ou vos réponses en commentaires. Chaque bonne réponse vaut un point pour  TOUTES LES PERSONNES  ayant trouvé : Pas besoin d’arriver le premier pour remporter un point donc 🙂

Vous pouvez faire juste une proposition, ou deux ….ou …neuf…jusqu’à dimanche soir…

Courant février, nous connaîtrons les vainqueurs de ce jeu 🙂

Bon weekend  à tous

Edit du 17/12 : réponse en image

Que lire un 13 décembre ?

Et puis, c’est venu tout seul, le 13 décembre 1914, pour être exact, par la malle qui arrivait à V. et qui s’arrêta comme d’habitude en face de la quincaillerie de Quentin–Thierry dont la devanture alignait immuablement des boîtes de rivets de toutes tailles aux côtés de pièges à taupes. On vit descendre quatre marchands de bestiaux, rouges comme des mitres de cardinal, et qui se poussaient des coudes en riant de grands coups à force d’avoir trop arrosé leurs affaires ; puis deux femmes, des veuves, qui avaient fait le déplacement à la ville pour y vendre leurs ouvrages au point de croix ; le père Berthiet, un notaire retiré des paperasses qui se rendait une fois par semaine, dans une arrière-salle du Grand café de L’Excelsior pour jouer au bridge avec quelques rogatons de son espèce.
Il y eut aussi trois gamines qui étaient allées faire des emplettes pour le mariage de l’une d’elles. Et puis enfin, tout en dernier, alors qu’on croyait qu’il n’y avait plus personne, on vit descendre une jeune fille. Un vrai rayon de soleil.
Elle regarda sur sa droite, puis sur sa gauche, lentement, comme pour prendre la mesure des choses. On n’entendait plus le cognement des canons et l’éclatement des obus. Le jour sentait encore un peu le chaud de l’automne et la sève des fougères. Elle avait à ses pieds deux petits sacs en cuir marron dont les fermoirs de cuivre semblaient garder des mystères. Sa tenue était simple, sans effets ni fioritures. Elle se baissa un peu, prit ses deux petits sacs et tout doucement disparut de nos regards, tout doucement dans sa silhouette fine que le soir enroba dans une vapeur bleue, rose, et brumeuse.

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Les âmes grises – Philippe Claudel