Les cafards n’ont pas de rois – Daniel Evan Weiss

Le narrateur est un cafard (oui vous avez bien lu). Il s’appelle « Nombres » et vit avec sa famille (tribu? ) dans un petit appartement new-yorkais.
Sa colonie et lui ont élu domicile dans une bibliothèque. Chaque cafard a le nom de l’homme ou de la femme qui a écrit le livre dans lequel la nymphe-cafard passe son enfance (mention spéciale à Reud qui est né dans Malaise dans la civilisation et qui a mange le F de son auteur, mention également à Bismark, Rosa Luxembourg et Maïté). Un jour Ira, l’habitant de cet appartement, rencontre Ruth.
Le couple se décide de changer de cuisine : branle-bas de combat chez les cafards. La vieille cuisine, où ils pouvaient rentrer comme ils voulaient tellement elle était pleine de trous, est remplacée par une cuisine moderne : la famine guette les cafards ; les placards ferment bien et Ruth est adepte des Tupperware…)

Le texte est jubilatoire, ironique, irrévérencieux, défouloir.
C’est mal mais j’ai éclaté de rire à la mort de Rosa Luxembourg (l’amoureuse cafarde de Nombres qui finit mangée dans un bol de céréales d’Ira :-))
J’ai aussi ri de tous les stratagèmes qu’utilisent les cafards pour semer la zizanie dans le couple Ira-Ruth et reconquérir leur territoire. J’ai ri en entendant l’explication de Nombres sur la cause de disparition des dinosaures. J’ai ri de son périple dans les égouts de New-York…Bref, j’ai ri..

Ira , Ruth et leur deux voisins, Oliver et Elisabeth, en voient de toutes les couleurs mais ils sont tellement « bêtes » que l’on ne peut que rire (un rire qui peut ne pas plaire à tout le monde car c’est aussi de l’humour scatologique et parfois obscène; une scène en particulier m’a fait penser à Charles Bukowski et sa nouvelle « le petit ramoneur » de « Contes de la folie ordinaire »)

Au delà de l’histoire loufoque, il y a une critique acerbe : des religions (chrétienne – Nombres, le cafard, est né dans une bible) et juive…mais pas que, une critique de l’humanité dans son ensemble…racisme, misogynie, justice corrompue aux USA  : tout y passe…

A réserver donc à un public qui ne se choque pas facilement (parce que certains passages sont vraiment peu ra(t)goutants)…

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Un extrait

Les seins sont des organes pleins de traîtrise destinés à nourrir les petits alors qu’il est dans l’intérêt de l’espèce qu’ils se débrouillent le plus tôt possible. Comme ils ne servent que quelques mois, disons une année ou deux dans la vie d’une femme, ces sacs de graisse entament une longue et irréversible descente, véritable martyre pour ces dames, jusqu’à ce qu’ils finissent par pendre, pitoyables et inutiles, comme deux nids de loriots abandonnés.

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un livre qui m’ été conseillé par Marie-Jo ici 

7 réflexions au sujet de « Les cafards n’ont pas de rois – Daniel Evan Weiss »

  1. Ça a le mérite d’être original !

    qui sait……
    en attendant je viens de recevoir le tome 4 du Passe-Miroir et je m’envole dans ses 565 pages !!!
    j’ai lu avec surprise qu’il s’agissait d’une saga pour la jeunesse, je ne suis pas convaincue mais je suis fan à fond.

  2. Ping : Une année de lecture – tag de l’après | La jument verte

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