Bleu de prusse – Philip Kerr

Je connaissais le nom de l’auteur pour sa fameuse trilogie berlinoise que je n’ai toujours pas lue (je crois qu’il fait un peu plus de 1000 pages en poche). Celui-là fait 610 pages. Absolument passionnantes, les pages : il y a deux histoires en parallèle.
L’action commence en 1956, l’ex-commissaire Bernie Gunther est employé dans un grand hôtel à Nice. Dans cette introduction il mentionne d’anciennes enquêtes,  et je me suis dit que c’était une mauvaise idée de lire ce livre sans avoir lu les précédents et puis après quelques chapitres cette impression a disparu : On peut réellement lire ce livre sans connaître les enquêtes déjà parues.

Bernie Gunther commence alors une cavale à travers la France pour échapper aux sbires de la Stasi qui sont à ses trousses. Parmi ses poursuivants se trouve son ancien adjoint ce qui lui fait se remémorer une enquête réalisée en 1939 :
Pour les trois quarts du livre l’histoire se passe donc en 1939, en avril, à Berchtesgaden et à Berlin : un meurtre d’un ingénieur civil a été commis sur la terrasse de la résidence d’Hitler (en son absence). Heydrich demande à Bernie Gunther de découvrir le coupable en moins d’une semaine ; Hitler devant venir passer quelques jours dans son nid d’aigle. C’est donc une course contre la montre qui s’engage avec pléthore de suspects, de méchants, de fausses pistes, de coups de feus et de menteurs.
L’intrigue est haletante et le personnage de Bernie est un des rares personnages à avoir le sens de l’humour et aussi une honnêteté sans faille.

La guerre semble inéluctable pour tout le monde et on assiste aux différentes réactions (majoritairement des personnes qui souhaitent cette guerre)

De temps en temps, on retrouve Bernie Gunther en 1956, ce qui nous montre le chemin parcouru et les relations franco allemandes, une dizaine d’années après la fin de la guerre…

Finalement le bleu de Prusse du titre a deux significations une en 1939 et une en 1956 , significations que je vous laisse découvrir (pour ma part je file regarder combien il existe d’enquêtes de Bernie Gunther…)

* *

Un extrait :

J’ai toujours été un grand lecteur, depuis tout petit. Mon livre préféré était Berlin Alexanderplatz, d’Alfred Döblin. J’en avais un exemplaire chez moi, à Berlin, enfermé dans un tiroir car c’était un livre interdit, évidemment. Les nazis avaient brûlé nombre d’ouvrages de Döblinen 1933, mais très souvent, je ressortais mon exemplaire dédicacé de son œuvre la plus célèbre pour revivre la bonne vieille époque de la République de Weimar. En vérité, je lis de tout. Absolument tout. J’ai lu tout ce qu’il y a qui va de Johann Von Goethe à Karl May. Il y a quelques années, j’ai même lu le livre d’Adolf Hitler, Mein Kampf (mon combat). Je l’ai trouvé pugnace, comme on pouvait s’y attendre, mais également perspicace, ne serait-ce qu’au sujet de la guerre. Je ne suis pas critique littéraire, mais à mon humble avis il y a toujours quelque chose à tirer d’un livre, même mauvais. Par exemple, Hitler écrivait que les mots construisent des ponts dans des régions inexplorées. Il s’avère qu’un enquêteur fait la même chose, même si parfois il peut regretter de s’être aventuré dans ces régions. Hitler écrivait également que les grands menteurs sont de grands magiciens. Un bon enquêteur est aussi une sorte de magicien, capable à l’occasion de rassembler ses suspects dans une bibliothèque de manière théâtrale et de leur arracher une exclamation de surprise en faisant son numéro de magie révélatrice. Hélas, ça n’arriverait pas ici. Hitler affirmait par ailleurs que la vérité importe peu, seule la victoire compte. Je sais que beaucoup de flics pensent la même chose, or, pour moi, il n’y a pas plus de belle victoire que la vérité.

Challenge polar chez Sharon

15 réflexions au sujet de « Bleu de prusse – Philip Kerr »

  1. Un joli titre, Valentyne, mais je crois que pour le moment, je vais m’abstenir 😉
    car j’ai une nouvelle activité ! je tricote à l’Atelier Tricot-Crochet 😆
    Non, j’plaisante pas !!!
    Gros bisous

  2. La trilogie berlinoise c’est 3 romans sur Bernie Gunther, policier berlinois à travers les années 30, 40
    J’ai lu au moins 2 ou 3 autres romans de cette histoire qui continue dans les années 50 et il me semble jusque dans les années 60.
    Philip Kerr est écossais et pas allemand. Je crois que les questions qu’il pose sont plus proches des anglo-saxons que des allemands, de même que les questions que LItteul posait de façon similaire dans « les bienveillantes » mais dans la tête d’un criminel, renvoie plutot aux consciences françaises.

    Cela dit c’est une de mes lectures préférées dans ce genre, que je rapprocherais aussi du polar ethnique malgré tout.

  3. Ping : Bilan n°3 du challenge Polar et thriller 2019-2020 | deslivresetsharon

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