Que lire un 27 août ?

Pendant tout le mois d’août, Danglard attendit avec confiance et fébrilité, pendant qu’Adamsberg vaquait sans accélérer aux tâches ordinaires. Son seul bref moment de tension était à l’heure du courrier, puis cela passait. Le tueur n’écrivait plus. Vers le 20 du mois, Adamsberg ne guettait plus le facteur et partait en promenades de plus en plus fréquentes. Il avait expliqué à Danglard que, après le 15 du mois, il fallait profiter activement des dernières chaleurs au lieu de se disperser dans la besogne des bureaux.
Il se mit en effet à tomber des hallebardes le 27 août, dès le matin. Adamsberg regarda longuement la flotte rincer les trottoirs par sa fenêtre ouverte, debout, les mains dans le dos. Il n’y avait eu que très peu d’orages depuis celui qui avait ouvert le début de cette affaire. Et il regrettait. Il y a des mois d’août où l’on peut se prendre pour Dieu tous les soirs, et d’autres où l’on reste seulement flic tous les matins.

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Fred Vargas – Coule la Seine