Laisser parler les pierres – David Machado

Portugal de nos jours

Valdemar a 15 ans : c’est un dur au collège : bagarres, insolences, mauvaises notes, renvois…Seule sa petite amie, Alice, trouve grâce à ces yeux. Lui est « gros », elle est anorexique…

Depuis qu’il a 6 ans son grand père Nicolau vit avec Valdemar, son père et sa mère.
Le grand père lui a raconté son séjour en prison à partir de 1947 et son désir de vengeance. Celui-ci est très diminué et ne quitte plus son lit que pour un fauteuil roulant, il perd la mémoire alors Valdemar se décide à écrire l’histoire de son grand père, entrecoupée de son histoire à lui et celle d’Alice.

Le fonds historique, pour la partie concernant le grand père est la dictature de Salazar
Sur dénonciation, Nicolau se retrouve une première fois en prison . Il réussit à s’évader au bout de plusieurs années de prison et retourne chez son ancienne fiancée, mariée à son rival. Il se fait arrêter le lendemain (dénonciation ?)

La description de la vie de cette homme est très dure : il a été rendu sourd par les tortures, ses mains ont été brisées
Malgré tout, doué d’un instinct de survie hors du commun, il résiste…Ce qui le sauve ? être un fabuleux conteur. Il raconte à ses bourreaux l’histoire d’un communiste imaginaire Dionisio et ils le croient …tant et si bien que ce Dionisio totalement imaginable finit par devenir célèbre et vivant !

J’ai aimé : l’alternance de points de vue entre la vie de Valdemar et celle de son grand père. C’est le premier livre que je lis  autour de la dictature de Salazar, celle ci n’a finalement rien à envier à celle de Franco, Ceaucesu et tant d’autres…La fin est surprenante,  l’évolution de Valdemar (d’adolescent rebelle à adolescent plus réfléchi) est très bien mise en avant…Et surtout j’ai apprécié la conclusion m^me s’il elle n’en est pas une  : il ne suffit pas d’avoir vécu l’Histoire pour en avoir une vision « réelle » : où est la vérité ? où sont les mensonges ?

J’ai moins aimé : des répétitions (sur les tortures, la prison), le rôle des parents de Valdemar n’arrive qu’à la toute fin …

Un extrait

Je sais ce qui va se passer quand mes jambes vont s’arrêter. Je sais que je vais devoir raconter une histoire, celle de mon grand-père, la mienne ; j’aurai toujours une histoire à raconter. Ma plaie va se refermer complètement et quand elle aura cicatriser, la douleur disparaîtra, elle ne sera plus qu’un souvenir. J’aurai à nouveau toute ma main avec cette belle ligne saillante sur la peau, et je pourrais continuer à écrire. Parce que je ne veux pas oublier. Le passé est toujours là. Le passé ne cesse de grandir et il sera extrêmement difficile de ne rien oublier.

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4 réflexions au sujet de « Laisser parler les pierres – David Machado »

  1. Je ne sais pas si je le lirai… mais J’aime aussi la conclusion dont tu nous fais part.

     » il ne suffit pas d’avoir vécu l’Histoire pour en avoir une vision « réelle » : où est la vérité ? où sont les mensonges ? »

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