Les perroquets de la Place d’Arezzo – Eric-Emmanuel Schmitt

Genre : un livre pris au hasard juste pour son titre (et parce que c’est un pavé)
.
Dans la première partie, le lecteur est embarqué dans  16 chapitres (environ 179 pages sur 780) avec deux voire trois personnages. Au début, j’ai cru que c’étaient des nouvelles et je suis même allée vérifier que ce roman était bien étiqueté roman dans Babelio.
Le pitch de cette première partie : on découvre tour à tour un couple vivant autour de la fameuse place d’Arezzo (en Belgique) :  des couples de différentes sortes : des soixantenaires qui fêtent leur troisième mariage, un père et une mère de famille de quatre enfants, un écrivain mondialement connu et sa femme, un jardinier et son collègue, une fleuriste acariâtre marié à l’ « idiot » de la place, un étudiant mystérieux, une veuve triste qui se dispute avec sa fille adolescente….A la fin du chapitre, un des deux protagonistes découvre une lettre avec écrit dessus « Ce mot simplement pour te signaler que je t’aime. Signé : tu sais qui. »
Ces histoires sont certaines surprenantes, d’autres moins : quelle variété dans les réactions amoureuses, j’ai globalement été surprise à  peu près par la moitié de ces « présentations » avec une chute à la fin surprenante, ironique, drôle ou cynique.
Après cette « introduction » qui présente les personnages, le roman commence réellement.
A la fin de la première partie, Hippolyte le jardinier (bel hidalgo), achète des fleurs à la fleuriste acariâtre et il va toquer à la porte de celle qu’il désire en secret.
Autour de cette place, les personnages vont se croiser, s’aimer, se détester.
Un couple de gay essaie de mener l’enquête pour trouver la colombe (un corbeau envoyant des lettres  anonymes pleines de fiel alors cet anonyme qui envoie des lettres d’amour est une colombe). C’est parti pour les jeux de l’amour et du hasard de 10 à 60 ans.
Que de fausses pistes dans ce roman : des virevoltes, du sexe, des changements de rythme, saupoudré de quelques drames ….un peu de machiavélisme, des sentiments, du sexe (déjà dit mais il y en a pas mal), des mensonges, des trios amoureux, de la tendresse, de la honte et de l’indignation ….
Un pavé rondement mené 🙂
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Un extrait (p 778 donc quasiment dernière page)   Pour ne pas spoiler le texte entre crochet [] a été changé

– Qu’est-ce que c’était, cette lettre ?
– Une partie de mon roman.
– Quel roman ?
– Celui que je compose.
– Ah oui… Où en es-tu ? Je ne te vois jamais le rédiger. Sur quel cahier ?
– Je ne l’écris pas sur un cahier.
– Sur quoi alors ?
[La colombe] désigna le monde alentour, les façades, les convives, puis précisa :
– Je ne l’écris pas vraiment d’ailleurs. J’ai juste trouvé le début. Après j’ai arrêté parce que j’ai eu peur.
– De quoi ?
– Des personnages. Ils ne font jamais ce que j’attendais. Ils agissent à leur façon. Ils sont bizarres. Je ne les comprends pas.
– Pourquoi ?
– Ils reçoivent une lettre d’amour et ça ne leur fait pas plaisir. Aucun ne réagit pareil.

Le pavé de l’été chez Brize

L’avis d’A propos de livres 

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