Le théorème des Katherine – John Green

Vingt minutes plus tard, ils étaient assis dans un pré, en bordure d’une épaisse forêt qui, précisa Lindsay, appartenait encore à Hollis mais serait bientôt à Marcus. Le pré, envahi de fleurs sauvages et piqué ça et là d’une jeune pousse d’arbre, était clôturé par un enchevêtrement de bûches.
– Pourquoi cette clôture ? demanda Colin.
– On avait un cheval qui paissait dans ce pré. Il s’appelait Hobbit, mais il est mort.
– C’était ton cheval ?
– Ouais. Celui d’Hollis aussi. Mon père le lui avait offert en cadeau de mariage. À ma naissance, six mois plus tard, Hollis me l’a donné . Hobbit était un amour. Je l’ai monté dès l’âge de trois ans.
– Tes parents sont divorcés ?
– Non, pas officiellement. Mais tu sais ce qu’on dit à Gutshot : « La population n’augmente jamais et ne diminue jamais, parce que, chaque fois qu’une femme est enceinte, un homme quitte la ville. »
Colin rit.
– Il est parti quand j’avais un an, expliqua Lindsay. Il appelle une ou deux fois par an, mais Hollis ne me le passe jamais. Je ne le connais pas et je n’en ai pas envie. Et toi ?
– Mes parents sont toujours mariés. Je dois les appeler tous les soirs à la même heure – c’est dans une demi-heure, d’ailleurs. Ils sont ultraprotecteurs, mais normaux. On n’est pas une famille très délire.

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Le théorème des Katherine – John Green

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