Destination PAL 2019

L’an dernier, le challenge « destination PAL » m’avait bien motivée puisque j’avais lu 9 titres sur les 10 prévus 🙂

Je rembarque donc cette année Chez Liligalipette 🙂

Avec une liste de 10 titres 🙂

1 – Quinzinzinzili de Régis Messac

2 – Le peigne de Cléopâtre de Maria Ernestam

3 – John l’enfer de  Didier Decoin

4 – Swamplandia de Karen Russel

5 –  L’art de la joie – Gollarda Sapienza (celui que je n’ai pas lu lors du dernier Destination PAL )

6 – L’enfant perdue d’Elena Ferrante

7- 22/11/63 de Stephen King

8 – Gagner la guerre de Jean-Philippe Jaworski

9 – Le tambour de Gunter Grass

10 – Une trilogie mais je ne sais pas encore laquelle : Berlinoise ? Écossaise ?
Japonaise ? Egyptienne ? je me déciderai début juillet pour le challenge Trilogie chez Philippe

Rendez vous s’en septembre pour le bilan 🙂

Sous le règne de Bone – Russel Bank

Chapman le narrateur a 13 ans. En rupture familiale (il lui faut à tout prix éviter son beau père) il squatte l’appartement d’un de ses amis Russ, 16 ans, en rupture familiale lui aussi.
Plattsburh, état de New-York, c’est assez effrayant de savoir que les enfants aux États Unis sont si peu protégés. Chapman ne dit pas ce que lui a fait son beau père mais des allusions ne font aucun doute.
Pour survivre, Chapman (Chappie) vend de l’herbe et fait de petits trafics. Pour payer le loyer de leur appartement, les deux adolescents « s’acoquinent » avec un groupe de bikers, qui se droguent et volent du matériel hi-fi. Le jour où Russ vole les voleurs, leur monde déjà instable vole en éclat : ils doivent fuir et se faire passer pour morts.
L’auteur nous présente les États-Unis sous un angle très sombre: pauvres gamins livrés à eux mêmes, victimes d’abus en tout genre, et pour lesquels la drogue est la seule échappatoire.

Dans le début de leur cavale Chappie et Russ rencontrent deux frères (drogués aussi) qui sont les frères de Nicole, rescapée de l’accident de bus dans le livre « De beaux lendemains » …Nicole qui m’avait beaucoup émue dans ce livre …

Un peu plus tard, Chappie se retrouve seul : Russ préfère rentrer chez lui et essayer de se réconcilier avec sa famille.
Nous suivons Chappie dans une sorte de voyage initiatique (parfois lucide, parfois halluciné pour cause de diverses substances , un voyage qui l’emmènera de rencontre en rencontre.  Chappie devenu Bone (changer de nom permet il d’entamer une nouvelle existence ?) sauve Froggie une petite fille d’un pervers.
Les deux enfants rencontrent un jamaïcain en situation illégale qui les accueille chaleureusement….

Russel Banks excelle à faire parler des adolescents, en même temps déconnectés de la vie réelle et tellement lucides sur le peu de chances qu’ils ont dans leur vie …

Un très grand roman qui nous permet de suivre Chappie, 13 ans puis 14 puis 15, devenu le Bone du titre, de Plattsburg jusqu’à Montego Bay, Jamaïque.

En bref : Bone ou « ce qui ne nous tue pas nous rend plus fort »

 

Un extrait

Je lui ai demandé si elle savait où mon père s’était tiré après le divorce, puisque à ma connaissance il n’était resté ni Au Sable ni à Plattsburgh. Personne en ville ne m’en avait jamais parlé. C’était une sorte d’étranger mystérieux du nom de Paul Dorset, avec l’accent et le look de JFK, qui était un jour entré dans Au Sable sur son grand cheval, s’était trouvé la plus jolie fille du coin, l’avait mise enceinte et épousée, et puis un autre jour à la suite d’une méchante histoire l’étranger avait de nouveau quitté la ville sur son grand cheval, et à part la fille et ses proches parents nul ne se souvenait de lui ou de son passage. Ils demandaient, mais qui c’était, cet homme masqué? Et lui, il s’écriait, Oh Yo-o ! Silver, au galop!

Défaite des maîtres et possesseurs – Vincent Message

Comment parler de ce livre sans dévoiler toute l’histoire ? Et bien en ne parlant pas du tout de l’histoire !
Celle de Malo, d’Iris essentiellement …Mais j’ai dit que je ne parlerais pas de l’histoire …
J’ai repéré ce livre sur de nombreux blogs et je savais avant de démarrer la lecture un fait important (que je ne dirais pas ici puisqu’il il fait partie de l’histoire )

C’est un livre très habilement construit, qui tient en haleine alternant des faits sur cette dystopie et une réflexion plus générale sur notre rapport à la Terre. Les informations pour comprendre le contexte sont distillées au goutte à goutte, ferrant la lectrice que je suis…

L’histoire (dont j’ai promis de ne pas parler) nous est racontée par Malo, une sorte d’assistant parlementaire qui est chargé de défendre une loi. Laquelle ? et bien lisez ce livre ….
Il nous raconte d’abord l’accident d’Iris, l’accueil aux urgences puis remonte le fil de leur rencontre ainsi que plus brièvement celle des parents de Malo…

Mon coup de cœur absolu pour 2019 !
Et cette fin ! A la fois horrible (humainement parlant) et formidable (je n’ai rien vu venir ou pas voulu voir venir)

L’avis de Kathel et celui d’Ingannmic 

Un extrait – page 21
Autre vision. C’est le printemps –printemps subit dans ma mémoire. L’averse est passée, et dans le pays de collines autour de la maison où nous allons à la campagne, tout fume et tout scintille. Iris vient me trouver aussitôt, elle s’en fout que je fasse la sieste ou que je travaille, elle veut sortir, saisir le moment qui s’offre, ne rien avoir à regretter si de nouveau ça s’assombrit. Parfois je suis moi aussi énervé d’impatience, parfois c’est plutôt pour lui faire plaisir, mais dans tous les cas je m’équipe, on sort. Dehors, le moindre brin d’herbe porte la lueur parfaite d’une goutte ronde. On marche sans compter les heures, dans cette région de moyenne montagne où la vue change à chaque virage, et où les chemins ne fatiguent pas. Je ne sais comment il fait, par où il passe, mais le paysage m’entre en tête. Les sapinières noires et compactes. La silhouette de l’observatoire, sur le plus haut des sommets de la chaîne qu’on voit se découper à l’est. Iris se tient un peu en avant de moi, elle se met à courir pour un oui ou pour un non, moins endurante, mais explosive. Je vois ses jambes. Ses jambes là-bas, élégantes, élancées, qui me font signe, me commandent de la suivre. Elle s’arrête net au bord du chemin, cueille une graminée dont elle coince la tige entre ses incisives, et qui suffit – mains dans les poches, tignasse déglinguée par la pluie –à lui donner l’allure d’un jeune poète rebelle. L’air nous imprègne, et ses odeurs d’herbe et de bois. On pourrait avoir l’impression de renouer avec les sensations qu’a toujours dû donner cette terre dans les régions de climat océanique et tempéré. Mais les nuages qui filent, et le tremblement sans douleur des épis dans les champs – ils ne peuvent pas faire oublier que les oiseaux ont fait silence. De loin en loin, on croise un cheval. Il n’en reste plus beaucoup, et leur encolure est aussi solitaire au-dessus de leur mangeoire qu’un arbre mort au milieu d’un vallon.

Les coups de coeur chez Antigone 

L’outil et les papillons – Dmitri Lipskerov

Par inertie, Véra continuait à parler de la tendresse dont son mari faisait preuve sur le plan sexuel, jusqu’à ce que son corps, couvert par celui du jeune homme, fonde comme neige au soleil. Elle sentait contre ses seins les minuscules tétons d’Eugène, qu’on aurait dit sculptés dans du marbre. Ses aisselles devinrent moites et répandirent en même tant que les papillons qui s’envolaient de son ventre, des effluves de fenaison estivale, qui donnaient la fièvre tant était grande leur concentration en phéromones. En Vera, Eugene remplaça les machaons d’amour par sa propre personne, ce qui lui coupa le souffle pendant une minute entière. Quand elle reprit sa respiration, son corps fut parcouru pour la première fois d’une espèce de décharge électrique, et ses jambes secouées de tout petits tremblements. Eugène observait ses yeux écarquillés sans manifester grand-chose. Il connaissait son affaire, possédait Vera avec brio, décapant ses entrailles de toutes les traces qu’avaient pu y laisser ses autres hommes, l’emplissant de lui-même. En délire, elle couinait à la manière d’une souris qui viendrait de découvrir une meule de fromage intacte, puis suffoquait de nouveau avec l’impression qu’elle allait mourir d’un trop-plein de tout. A un moment, elle crut voir son mari derrière la porte, reluquant avec concupiscence son accouplement criminel.
– Viens ! l’appela-t-elle. Mais viens donc.

– Il n’y a personne, chuchota Eugène en lui mordant rudement un sein, le plus petit des deux, celui qu’Iratov aimait tant.

Vera poussa un cri et cessa de se laisser distraire par les mirages qu’engendrait le tourbillon de ses sentiments et cette révolution sexuelle. Elle se soumit entièrement à Eugène, se plia à ses lubies en lui offrant la chair ferme de ses fesses, puis telle une donzelle inexpérimentée, le remercia en pinçant ses lèvres joliment dessinées pour ne pas érafler de ses dents blanches le génie du jeune homme.
Elle avait cessé de penser à son mari, même quand ils prirent une pause et s’assirent dans la cuisine pour manger ce qui se trouvait dans le frigo. Elle était certaine que c’était Arseni Andréiévitch lui même qui se tenait devant elle, après avoir baigné dans un lait de jouvence brûlant, sur lequel aurait soufflé le Petit Cheval Bossu. (1)
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L’outil et les papillons – Dmitri Lipskerov
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(1) allusion au conte Le petit cheval bossu de Piotr Erchov (NdT)

L’outil et les papillons – Dmitri Lipskerov

Mais il s’y prit si maladroitement que le bout incandescent du mégot non éteint atterrit sur la croupe du cheval. Sous cette brûlure inattendue, la vieille jument qui voulut se cabrer tira désespérément, sans parvenir pour autant à décoller de plus de quelques centimètres au-dessus du sol, puis elle s’écroula de tout son poids sur le chemin, retournant du même coup le traîneau et ses passagers. Alissa et le rouquin furent éjectés dans des directions opposées.
Pendant qu’Alissa s’extirpait d’une congère, le cocher furibard se rua sur le cheval gisant et roua de coups de pieds sa panse dilatée par des intestins malades. L’animal ne put qu’expulser de la vapeur et loucher sous les rares cils blancs qui lui restaient.
– Espèce de chienne ! jura Chourik, en lui envoyant de nouveau sa botte de feutre dans le ventre.
– Ce n’est pas une chienne ! s’insurgea Alissa. (La jeune fille, qui avait réussi à sortir de la neige, frottait son flanc contusionné .) Ce n’est pas une chienne, répéta-t-elle. C’est une jument.
Puis Alissa se souvint tout d’un coup d’un poème de Maïakovski qu’elle avait appris au début de l’année scolaire. Il y était question d’un cheval qui était tombé, sous les yeux des passants que le spectacle mettait unanimement en joie, tandis que les larmes coulaient des yeux du cheval. Sans qu’elle comprenne trop pourquoi, le sort de la jument du poème serrait le cœur d’Alissa : en apprenant ces vers, elle avait même versé quelques larmes en cachette. La bourrique affalée sur le chemin ne suscitait en revanche pas la moindre compassion, rien que de l’irritation. Du haut de ses treize ans, Alissa avait déjà remarqué que la vieillesse est source d’agacement, certainement pas de commisération. Sa grand-mère, par exemple, l’énervait au quotidien. Maïakovksi devait avoir écrit son poème à propos d’un jeune cheval.
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L’outil et les papillons – Dmitri Lipskerov

Norma – Sofi Oksanen

Voici un livre étrange.
Tout commence à l’enterrement d’Anita. Norma,, sa fille nous apprend qu’Anita s’est suicidée en se jetant sous une rame de métro à Helsinki.
Norma a 30 ans et vit (vivait) dans le même immeuble que sa mère.
Un homme arrive, menaçant , il a pour nom Lambert et se présente comme un ami d’Anita … il cherche à soutirer de informations que Norma n’a pas ….
L’histoire est confuse mais pas inintéressante : on a le ressenti de Norma puis celui de Marion, la fille de Lambert.

Les deux femmes ont peur ..pas pour les mêmes raisons mais elle ont peur. De qui ? De Lambert en premier : c’est le chef du clan. Mafia locale finlandaise mais pas seulement. Sans dévoiler le trafic en question, il a pour base la Finlande mais se retrouve également en Ukraine, Roumanie, Thaïlande, Nigéria , Vietnam, Haïti, Venezuela aussi … des pays pauvres où la lutte pour la survie est quotidienne….
De l’auteure, j’ai lu Purge qui m’a laissé un fort souvenir …celui ci est plus confus (empreint de la schizophrénie de plusieurs personnages, hallucinations, fantômes…)… Leur façon de raconter l’histoire n’est pas réaliste…
Un livre qui part parfois dans toutes les directions et un peu déroutant …mais également résolument féministe … les femmes restent victimes des trafics des hommes alors quand deux d’entre elles essaient de s’en sortir, je me suis vue souhaitant qu’elles réussissent..peu importe la méthode employée …

Tour à tour, les personnages apparaissent comme sympathiques, un peu fêlés, torturés puis on a envie de les frapper devant tant de cruauté, puis on les comprend …on les déteste aussi … donc finalement malgré la confusion (voulue par l’auteure à mon avis) et certaines situations improbables, j’y ai cru ..

Un extrait

De nos jours, les femmes ont les mêmes droits, les mêmes chances, et pourtant nous ne recueillons pas les fruits de la victoire. Nous offrons juste des matériaux aux industries de la beauté, nous offrons notre travail, de siècle en siècle nous offrons notre visage, nos cheveux, notre utérus, nos seins, et les hommes continuent d’empocher les bénéfices.

 

Challenge « lire sous la contrainte chez Philippe » où la contrainte est « sans nom commun »

Que lire un 4 juin ?

Un peu avant la date fixée pour son départ, Isabel reçut de Mrs Touchett un télégramme ainsi conçu : QUITTE FLORENCE 4 JUIN POUR BELLAGIO ET VOUS EMMENE SI VOUS N’AVEZ PAS AUTRES PROJETS. MAIS NE PEUX ATTENDRE SI FLÂNEZ ROME.
La flânerie à Rome était délicieuse, mais Isabel avait d’autres projets et informa sa tante qu’elle partait immédiatement pour la retrouver. Elle en avertit Osmond et il répondit que, comme il passait l’essentiel de ses étés et de ses hivers en Italie, il musarderait encore un moment à l’ombre fraîche de Saint-Pierre. Il ne rentrerait pas avant dix jours à Florence et elle serait alors déjà partie pour Bellagio. Des mois peut-être s’écouleraient avant qu’il la revît.

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Portrait de femme – Henry James 

 

Que lire un 3 juin ?

(Incipit)
Chaude, pensaient les Parisiens. L’air du printemps. C’était la nuit en guerre, l’alerte. Mais la nuit s’efface, la guerre est loin. Ceux qui ne dormaient pas, les malades au fond de leur lit, les mères dont les fils étaient au front, les femmes amoureuses aux yeux fanés par les larmes entendaient le premier souffle de la sirène. Ce n’était encore qu’une aspiration profonde semblable au soupir qui sort d’une poitrine oppressée. Quelques instants s’écouleraient avant que le ciel tout entier s’emplit de clameurs. Elles arrivaient de loin, du fond de l’horizon, sans hâte, aurait-on dit ! Les dormeurs rêvaient de la mer qui pousse devant elle ses vagues et ses galets, de la tempête qui secoue la forêt en mars, d’un troupeau de bœufs qui court lourdement en ébranlant le sol de ses sabots, jusqu’à ce qu’enfin le sommeil cédât et que l’homme murmurât, en ouvrant à peine les yeux.
– C’est l’alerte ?
Déjà, plus nerveuses, plus vives, les femmes étaient debout. Certaines, après avoir fermé les fenêtres et les volets se recouchaient. La veille, le lundi 3 juin, pour la première fois depuis le commencement de cette guerre, des bombes étaient tombées à Paris ; mais le peuple demeurait calme. Cependant les nouvelles étaient mauvaises. On n’y croyait pas. On n’eût pas cru davantage à l’annonce d’une victoire. « On n’y comprend rien », disaient les gens. À la lumière d’une lampe de poche on habillait les enfants. Les mères soulevaient à pleins bras les petits corps lourds et tièdes : « Viens, n’ai pas peur, ne pleure pas. » C’est l’alerte.

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Suite française – Irène Némirovsky

Petites infamies – Carmen Posadas

Voilà un roman qui m’a enchantée. La plongée dans l’ambiance est immédiate puisque l’on assiste à l’enfermement de Nestor Chaffino, cuisinier-traiteur, dans une chambre froide, on ressent fortement toutes ses émotions et sentiments de claustrophobie, de peur, d’angoisse d’être enfermé dans une chambre froide au moins 30 degrés.
De plus, la scène racontée par le protagoniste principal a un ton très « culinaire » et m’a mis l’eau à la bouche (Vous prendrez bien un boudin au brocoli de bon matin ou des truffes en chocolat ? ).
Après ce premier chapitre qui nous met dans le bain(marie), l’auteur procède à plusieurs flash-back et présente tous les personnages que l’on a vu dans le premier épisode : d’abord le cuisinier mais aussi son adjoint, Carlos ; Karel le serveur tchèque, culturiste à ses heures qui m’a bien fait rire, puis Chloe, serveuse également, la seule fille de l’entreprise de Nestor. Chloe est un personnage qui m’a beaucoup plu et dans lequel je me suis reconnue (normal, c’était la seule fille me direz vous, mais pas que : ce personnage a une sensibilité que j’ai trouvé très réussie : peut être l’auteure y a t-elle mis plus d’elle-même que pour les autres personnages ?).

Les quatre  personnes travaillent donc ensemble pour le couple Teldi à qui appartient la maison sur la Costa del Sol. Une grande réception avec une trentaine d’invités…
Le cuisinier est à la fois sympathique (quand il écrit à son ami Antonio resté en Argentine, quand il conseille Carlos sur ses problèmes « existentiels ») et très antipathique (dans ce que les protagonistes racontent de lui). Très ambigü, il a vécu en Espagne là où se trouve l’action principale mais aussi en Argentine pendant la dictature (comme les Teldi).
On se retrouve donc dans une maison où le cuisinier, détesté de quand même pas mal de monde, meurt. Accident ? meurtre ? ça va être tout  le propos de ce livre de remonter le temps pour voir quels sont les mobiles de chacun et qui a éventuellement tué le cuisinier.

L’auteure joue avec les codes : un peu de suspense saupoudré ici, un peu d’ésotérisme par là, une pincée de coïncidences pour le moins étranges,  elle laisse le lecteur croire qu’il a deviné ce qui s’est passé… donne plein de fausses pistes…bref, elle s’amuse et nous aussi …

La fin m’a beaucoup plu, je ne m’y attendais pas du tout et pourtant en reprenant mes notes notamment page 39 tout était déjà écrit ! bravo l’auteure !

Un extrait (p 57):

Il est incontestable que les fourneaux sont de bons alliés pour les confidences. Que devant un chaudron de sirop bouillant dans lequel flottent par exemple, des fleurs d’oranger ou peut-être aussi, des morceaux de potiron et autres délices, on finit par révéler à un ami ou à un maître ses secrets les plus intimes, comme le ferait un jeune barde en présence d’un druide.

Certes, Carlos Garcia – mauvais étudiant en première année de droit et, pour le moment, serveur payé à l’heure –n’était pas un jeune barbe, pas plus que la maison « Le Mûrier & le Gui » n’était la verte terre des celtes mais une petite entreprise distinguée de traiteur, propriété de Nestor Chaffino. « Repas privés ou d’affaires à domicile » affirmait sa carte publicitaire. « Organisation de réceptions, cocktails, et autres manifestations mondaines. Venez nous voir et comparer. » En revanche, c’est vrai, Nestor pouvait avoir parfois quelque chose d’un druide : pas précisément pour son aspect physique, car un cuisinier italo-argentin à la moustache blonde et effilée n’a guère de points  communs avec Panoramix ; mais il avait une manière quasi thaumaturgique de tourner la cuillère dans les chaudrons qui invitait aux confidences.

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Deuxième auteur de langue espagnole que je lis ce mois-ci (normal c’est le mois espagnol chez Sharon)

Deux auteurs qui m’ont enchantée et qui on est toutes les deux eu le prix Planeta :  Carmen Posadas et Lucia Etxebarria avec « un miracle en équilibre ».