Tropique de la violence – Nathacha Appanah

Roman Choral

C’est Marie qui prend la parole la première : elle raconte sa joie de découvrir une île paradisiaque sous les tropiques. C’est une infirmière métropolitaine qui décide à 20 ans de partir à Mayotte : elle est amoureuse de Cham, Marie … Mais elle déchante vite car elle ne peut avoir d’enfant. Aigrie, elle rend la vie impossible à son mari qui finit par la quitter.
A 30 ans, Marie adopte (de façon pas très légale) Moïse, un bébé Comorien, que sa mère souhaite abandonner pour cause de superstition : l’enfant a un œil noir et un œil vert, il porte malheur…
Moise prendra ensuite la parole pour décrire son mal de vivre et son besoin d’affection. Il a une enfance privilégiée mais son abandon par sa mère naturelle le mine.

Mayotte est à la fois un département français (donc riche pour ses voisins qui y émigrent donc massivement) et une île très pauvre où les bidonvilles sont très nombreux. (C’est le deuxième livre que je lis récemment où les bidonvilles ont pour non Gaza, celui-ci et la Transparence du temps de Leonardo Padura)
Après Moïse on entendra la voix de Bruce, un jeune caïd du bidonville, celle de Stéphane, un éducateur métropolitain venu quelques années à Mayotte, Olivier un policier …puis à nouveau Brice, le fantôme de Marie, Stéphane, Moïse …dans une ronde qui s’accélère et ne laisse pas de répit (avec une sorte de spirale dans la violence évoquée par le titre…)
Un livre sensible sur une jeunesse très pauvre qui rêve d’une vie meilleure …sans espoir d’amélioration de sa situation matérielle : pas d’études, pas de travail, pas d’avenir…La misère n’est pas forcément moins pénible au soleil ….

En conclusion : un livre qui sonne juste, très émouvant…

 

Un extrait :

Nous l’avons rejoint et nous sommes entrés dans Gaza. Je ne sais pas qui a baptisé ce quartier de Kaweni Gaza, je ne suis pas sûr de savoir où se trouve la vraie ville de Gaza mais je sais que ce n’est pas bon. Est-ce que si cette personne avait rebaptisé ce quartier avec un nom doux, un nom sans guerre, un nom sans enfants morts, un nom comme Tahiti qui sent les fleurs, un nom comme Washington qui sent les grandes avenues et les gens en costume cravate, un nom comme Californie qui sent le soleil et les filles, est-ce que ça aurait changé le destin et l’esprit des gens ici ?

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6 réflexions au sujet de « Tropique de la violence – Nathacha Appanah »

  1. Intéressant, l’extrait…
    Je suis de ceux qui pensent qu’un nom de lieu influence la vie et le caractère des habitants…Tout comme un prénom, et tous ces mots que l’on entend enfant et qui nous marquent à jamais.
    Bisous
    •.¸¸.•*`*•.¸¸☆

  2. Hello Célestine

    Tout à fait d’accord avec toi
    Le nom des choses (ou des lieux ou des gens) change les choses (ou les lieux ou les gens)
    En bien ou en mal

    Bisous 😘 itou

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