Portrait de femme – Henry James 

– Vous saurez à quel point je suis heureuse de faire votre connaissance si je vous dis que seule la certitude de vous rencontrer m’a menée jusqu’ici. Je ne viens jamais voir mon frère, je le fais venir chez moi. Sa colline est impossible, je ne sais vraiment pas ce qui lui a pris. Sincèrement, Osmond, un jour ou l’autre, tu vas épuiser mes chevaux et, s’ils se blessent, tu devras m’en donner une autre paire. Je les entendais corner tout à l’heure en montant, je te l’assure. C’est très désagréable d’entendre ses chevaux souffler quand on est en voiture ; on a l’impression qu’ils ne sont pas ce qu’ils devraient être. Bien que j’ai manqué de beaucoup de choses, j’ai toujours de bons chevaux. Mon mari manque d’instruction mais je crois qu’il connaît les chevaux . Généralement, les Italiens n’y entendent rien, mais lui, avec ses faibles lumières, s’emballe pour tout ce qui est anglais. Mes chevaux sont anglais et ce serait vraiment une pitié qu’ils soient fourbus. Je dois vous dire, poursuivit-elle en s’adressant directement à Isabel, qu’Osmond ne m’invite pas souvent. Je ne crois pas qu’il aime que je vienne chez lui. Je suis venu aujourd’hui de mon propre chef. J’aime rencontrer des têtes nouvelles et je suis sûre que vous êtes une vraie nouveauté.

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Portrait de femme – Henry James