La rage – Zygmunt Miloszewski

J’avais déjà rencontré le procureur Teodore Szacki dans un « Fonds de vérité », un polar pas mal mais sans être exceptionnel .
« La rage » est beaucoup plus marquant : Dans une ville polonaise de province, un cadavre (ou plutôt un squelette) est trouvé dans un ancien bunker. Tout le monde pense d’ailleurs que le squelette est un allemand resté là depuis la seconde guerre mondiale. Le squelette est donc envoyé non pas à la morgue mais à l’université dans une section recherche. Que nenni ! Le professeur Frankenstein (quelle riche idée ce nom) informe Szacki que le squelette est en fin de compte le corps d’un homme décédé il y a à peine une semaine !
Szacki va donc mener l’enquête et délaisse donc un peu ses autres tâches, il a également du mal à trouver sa place entre sa compagne et sa fille (la fille de Szacki) celle ci est ado et un peu rebelle … elle digère mal d’avoir abandonné sa vie à Varsovie pour arriver dans une petite ville de province.
Au delà de l’histoire bien ficelée et captivante, j’ai été convaincue par les personnages : ils sont à la fois crédibles, fouillés avec des failles mais sans caricature. Il y a Szacki, son adjoint Falk, les suspects qui ont tous un truc à cacher, la jeune Viktoria, la psychiatre… tous convaincants…

L’enquête est menée de façon très sérieuse et d’un seul coup au moment où on s’y attend le moins l’auteur réussit à faire rire ou sourire.
En toile de fonds : on en apprend beaucoup sur la situation de la Pologne pendant et après la seconde guerre mondiale …

Je n’ai qu’un seul reproche à faire à l’auteur et je profite de ce blog lu mondialement pour l’interpeller :  « Non mais ça va pas de faire « ça » à ton enquêteur fétiche : il est cuit maintenant Szacki ! et comment on va faire pour avoir un tome 4 avec cet enquêteur hors pair, hein ?…. ». fin de l’interpellation.

Bon heureusement qu’il me reste le tome 1 à lire (les impliqués)… oui j’ai lu un tome 2 et 3 sans me rendre compte qu’il y avait un tome 1 …

Un extrait :

Deux mille personnes tentaient chaque année l’examen de l’Ecole nationale des tribunaux et du parquet. Trois cents d’entre elles étaient prises en première année. Douze mois plus tard, on n’en remerciait cent cinquante et on taillait les autres pour en faire des joyaux du monde judiciaire. Edmund Falk représentait donc la première promotion d’étudiants devenus adjoints non pas après trois années de stage interne, c’est-à-dire trois années passées à préparer du café au siège d’un parquet de seconde zone, mais après trois années d’un travail harassant. Il connaissait les codes et les procédures sur le bout des doigts, avait appris à travailler auprès des victimes au contact d’ O.N.G. européennes et à interroger les suspects grâce aux formateurs de l’école du FBI de Quantico. Il avait fait des stages dans des laboratoires de criminologie, dans des instituts médico-légaux, dans des commissariats de police, aux sièges des parquets et dans des tribunaux de toutes les instances. Il possédait un diplôme de sauveteur en mer et un certificat de premiers secours. Il maîtrisait l’anglais à un niveau qui lui permettait de l’enseigner à l’école et avait appris le Russe dès ses années de fac, car il avait conclu que c’était une décision logique : dans son travail de procureur à Olsztyn, au cœur d’une région frontalière avec l’enclave de Kaliningrad, il s’agirait d’une connaissance utile. Sa chef, aux anges, avait également affirmé Szacki que Falk avait été champion de Pologne junior de danse de salon et disposait d’autorisations pour devenir instructeur d’équitation. Teodore s’était alors dit que cette dernière ligne du CV avait été choisie pour parfaire l’image du shérif. Falk savait probablement aussi faire tourner un revolver sur son index.

Le mois de l’est est organisé par Goran, Eva et Patrice

Le mois du polar était  chez Sharon en février 

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