La rage – Zygmunt Miloszewski

Frankenstein s’agenouilla près du crâne de Najman et invita Szacki à le rejoindre. Avec un crayon pris dans la poche de sa blouse, le scientifique toucha des fragments disposés à hauteur de l’oreille du fantôme.
– Ce sont les osselets auditifs, dit-il. Ils transfèrent les vibrations de la membrane du tympan à l’oreille interne, grâce à quoi vous entendez ce que je vous dis. Le marteau, l’enclume et l’étrier. Une construction fascinante. Sachez que ce sont les seuls os du corps humain dont la taille ne varie pas depuis la naissance jusqu’à la mort. Ils se forment à 100 % lors de la période utérine, d’une manière assez inhabituelle d’ailleurs, ce qui constitue une preuve en faveur de la théorie de l’évolution, dans la mesure où, chez les poissons et chez les reptiles, leur formation est identique…
– Professeur, je vous en prie…
Frankenstein se redressa fièrement. S’il avait prévu une riposte, il la garda pour lui.
– C’est l’étrier. Vous voyez ?
Il hocha la tête. Il avait toujours cru que ce nom n’était qu’une façon de parler, alors que le minuscule osselet ressemblait effectivement à un étrier miniature, on aurait dit un accessoire d’équitation pour Schtroumpfs.

La rage – Zygmunt Miloszewski