L’appel du coucou – Robert Galbraith

J’avoue avoir lu ce roman par curiosité essentiellement du fait de la célébrité de l’auteure. JK Rowlings, après le succès phénomènal de son Harry Potter, a choisi d’écrire sous pseudo, un pseudo masculin de surcroît : Robert Galbraith.

Pour tout dire, je n’ai pas retrouvé l’imagination de l’auteure.
Ce roman n’en reste pas moins un bon roman qui m’a tenu quelques soirées en haleine.
Le détective privé s’appelle Cormoran Stricke et a été engagé par John Bristow pour enquêter sur le « suicide » de sa sœur, Lula. Celle ci était top model dans une agence de mannequin (l’héritage est estimé à 10 millions de livres. ..)
J’aime bien en général quand un roman policier n’est pas centré sur l’enquête mais qu’il prend le temps de parler de la vie des enquêteurs et là le roman remplit bien le contrat : l’auteure arrive à faire de Cormoran Strike et de son assistante un portrait réaliste et intéressant. Le privé a la carrure d’un rugbyman, il se débat dans ses difficultés conjugales et doit gérer sa prothèse de jambe. Anciennement dans la police militaire, Cormoran eu une jambe arrachée en Afghanistan et s’est reconverti en privé. Il vient de rompre avec sa fiancée (ils étaient ensemble depuis une quinzaine d’années)
J’ai aussi beaucoup aimé la débrouillardise de son assistante intérimaire Robin. Elle est pleine d’initiatives ; à la fois lucide et bienveillante sur les difficultés passagères de Cormoran (il dort sur un lit de camp dans son bureau et il est criblé de dettes).

Pour être honnête, la partie qui décrit le milieu de la mode ne m’a pas tout à fait convaincue : pas mal de clichés sur ce milieu : le styliste excentrique, le producteur véreux qui veut embaucher Lula pour un film (et surtout l’attirer dans son lit), la femme du producteur qui ne pense qu’à l’argent…

Pour finir, j’ai trouvé la fin crédible et convaincante (pas du tout bâclée comme dans certains romans policiers). Je n’ai pas du tout trouvé le coupable avant la fin.

En bref, pas un coup de cœur mais un roman convaincant (j’ai réservé la suite à la Bibliothèque)

Un extrait

Il tira son paquet de cigarettes de sa poche et en glissa une entre ses lèvres.
« Vous ne pouvez pas fumer ici », lui rappela-t-elle doucement.
Le barman, qui semblait avoir attendu cet instant, accourut vers la table en toute hâte, avec une expression tendue.
« C’est interdit de fumer à l’intérieur ! », lança-t-il d’une voix forte.
Strike leva vers lui ses yeux troubles, l’air surpris.
« Ne vous inquiétez pas, nous partons, dit Robin au jeune homme, en prenant son sac. Venez, Cormoran. »
Il se leva, massif, laid, titubant, dépliant son grand corps dans l’espace étroit entre la table et le mur et jetant au barman un regard mauvais. Robin ne s’étonna pas de voir celui-ci faire un pas en arrière.
« Pas la peine de crier, lui dit Strike. Pouvez rester poli, non ?
– C’est bon, Cormoran, allons-y, dit Robin en s’écartant pour le laisser passer.
– Une seconde, dit le détective, levant sa grosse main. Une seconde, Robin.
– Oh, seigneur ! murmura Robin pour elle-même, les yeux au ciel.
– T’as déjà fait de la boxe ? demanda Strike au barman, qui sembla aussitôt terrifié.
–  Cormoran ! Allons-nous en.
– Parce que moi, j’ai été boxeur. Dans l’armée, mec. »
Du bar, un petit malin lança :
«Peut-être pas dans cet état.
– Allons nous en, Cormoran », répéta Robin.
Elle le prit par le bras, et, à sa surprise et à son soulagement, Il la suivit avec une totale docilité. Elle se rappela l’énorme cheval Clydesdale que son oncle fermier conduisait autrefois par la bride.

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Le mois du polar est chez Sharon

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