La classe de neige – Emmanuel Carrère

Un livre lu en deux heures

Un livre avec des qualités certaines mais qui ne m’ont pas totalement convaincue.
Nicolas, au Cm1, part avec sa classe en colonie à la montagne. Son père anxieux à l’idée d’un accident de car, l’a emmené lui même à 400 kilomètres de son domicile. Puis ayant laissé l’enfant au chalet avec ses camarades, l’institutrice et deux moniteurs, il repart en oubliant de laisser le sac de vêtements de Nicolas.

Un élève finit, de mauvais coeur, par prêter un pyjama à Nicolas et le lendemain le moniteur emmène Nicolas acheter quelques affaires de première nécessité. Le père n’appelle pas et ne semble pas s’être rendu compte de son oubli.

On sent le petit Nicolas anxieux, mal intégré dans sa classe : il rêve sa vie et se croit en permanence dans un livre du Club des Cinq ou dans un livre d’horreur ou de super héros. J’ai cru un moment que le petit allait être le souffre douleur des autres et puis non …l’angoisse annoncée par la quatrième de couverture vient d’ailleurs … la disparition d’un petit garçon de 10 ans, René …
J’ai trouvé le portrait de Nicolas très crédible, émouvant : sa peur sonne juste, son désir d’évasion également avec sa « fugue » dans la neige. Par contre, j’ai trouvé les adultes finalement peu fouillés, très caricaturaux que ce soient les accompagnateurs de la colonie, le père, la mère ….

En bref, un sentiment mitigé (j’en attendais plus pour un Prix Femina)

Un extrait

La neige recouvrait tout. Il en tombait encore, des flocons que le vent faisait doucement tournoyer. C’était la première fois que Nicolas en voyait autant et, du fond de sa détresse, il ressentit de l’émerveillement. L’air glacé de la nuit saisit sa poitrine à demi nue, contrastant avec la chaleur de la maison endormie derrière lui comme un gros animal repu, au souffle tiède et régulier. Il resta un moment sur le seuil, immobile, puis avança une main sur laquelle se posa légèrement un flocon, et sortit.
Enfonçant ses pieds nus dans la neige que personne n’avait encore foulée, il traversa le terre-plein. L’autocar aussi avait l’air d’un animal endormi, le petit du chalet, serré contre son flanc, dormant les yeux ouverts de ses gros phares éteints. Nicolas le dépassa, longea le chemin jusqu’à la route, couverte de neige aussi. Il se retourna plusieurs fois pour voir les traces de ses pas, profondes et surtout solitaires : il était seul dehors cette nuit, seul à marcher dans la neige, pieds nus, en pyjama mouillé, et personne ne le savait, et personne ne le reverrait. Dans quelques minutes, ses traces seraient effacées.
Passé le premier lacet, là où se trouvait la voiture de Patrick, il s’arrêta. Très loin, entre les branches des sapins, il aperçut une lumière jaune qui se déplaçait en contrebas, puis disparut : sans doute les phares d’une voiture roulant sur la grande route, dans la vallée. Qui voyageait si tard ? Qui, sans le savoir, partageait avec lui le silence et la solitude de cette nuit ?

Chez Madame Lit, le sujet du mois est « Neige »

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