Top Ten Tuesday : Rentrée littéraire 2018

Le Top Ten  Tuesday est un rendez-vous hebdomadaire dans lequel on liste notre top 10 selon le thème littéraire prédéfini. Ce rendez-vous a initialement été créé par The Broke and the Bookish et repris en français pour une 2e édition sur le blogue Frogzine.

Le sujet de cette semaine est : « Les 10 romans de la rentrée automnale qui vous font rêver» 

1- Chien loup – Serge Joncour (je n’ai pas relu cet auteur depuis « l’amour sans le faire » qui avait été un coup de coeur)
2 – Helena – Jérémy Fel (pour sa couverture flashy)
3- Swing Time – Zadie Smith (cette auteure m’intrigue – Deux petites filles métisses d’un quartier populaire de Londres se rencontrent lors d’un cours de danse…. )
4 – La vérité sort de la bouche du cheval – Meryem Alaoui (un premier roman repéré chez Sharon)
5- Dix sept-ans d’Eric Fottorino parce que je viens  de lire « L’homme qui m’aimait tout bas et que l’écriture m’a beaucoup plu et aussi parce que …. Ponette a dix sept-ans le mois prochain)
6- Trois fois la fin du monde de Sophie Divry – parce que les Papous dans la tête….et parce que j’ai beaucoup aimé le diable dans la salle de bain
7 – Hotel Waldheim de François Vallejo parce que le roman se passe en Suisse pas loin de mon lieu de vacances cette année
8 – Quatre-vingt dix secondes – Daniel Picouly (parce que …la Martinique)
9 – Une femme invisible de Nathalie Piégeay (le titre m’a plu, le sujet est la mère d’Aragon…)
10 – Prodiges et Miracles de Joe Meno, pour la couverture 😉

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Le bal du dodo – Geneviève Dormann

C’est longtemps après l’avoir connue et perdue que Bénie, devenue grande, éprouvera une grande curiosité pour cette petite femme râblée et sportive ; car tout le temps qu’elle ne consacre pas à ses chats, Lady Oakwood le passe à dresser des chevaux et, à soixante ans passés, elle a encore, dans le comté, la réputation de pouvoir dompter les poulains les plus rétifs. Lady Oakwood se lève à l’aube, été comme hiver, et commence par engloutir un gigantesque petit déjeuner composé de kippers, d’œufs frits, de rognons ou de côtelettes avec des muffins et des toasts qu’elle fait rôtir elle-même à la flamme de la cheminée – car elle a refusé qu’on installe le chauffage central à Midhurst – avec une longue pique d’argent emmanchée d’ébène. Le tout arrosé d’un thé couleur d’ambre rouge, un mélange spécial qu’on lui  fait chez Fortnum and Mason. Après quoi, elle part monter, toujours impeccable, cravatée de piqué blanc, en jodhpurs et veste de velours, sa bombe sous le bras, fouettant sa botte de sa cravache.

Le soir, métamorphose complète. La centauresse du matin devient une lady de gravure victorienne, en corsage de dentelle dont les poignets avancent en pointe sur le dos de ses mains baguées d’émeraudes et de diamants. Un fin lorgnon d’or pincé à mi-nez, elle brode des samplers d’un air séraphique, s’interrompant de temps à autre pour tremper ses moustaches dans un verre de sherry amontillado dont elle raffole. Autour d’elle, un parterre de chats s’étirent sur le tapis ou jouent avec les pelotons de soie ramassés dans une corbeille, à ses pieds.

Quand Bénie s’aventurait à cette heure dans le salon, Lady Oakwood lui parlait mais sans lever les yeux de son ouvrage, sans jamais la regarder, ce qui impressionnait beaucoup l’enfant.
Sa vie était si régulière qu’on pouvait la quitter pendant des semaines, des mois et être sûr de la retrouver, aux mêmes heures, dans les mêmes occupations. Souvent, Bénie s’était demandé quelle jeune fille, quelle femme elle avait été, cette petite dame qui était l’image même de la solitude.

Lady Oakwood parlait peu, ne se plaignait jamais et deux syllabes suffisaient, en général à exprimer son indignation ou sa contrariété :« Oh, no ! » prononcées sur un ton de ferme réprobation et qui en disaient long. « Oh, no ! » pour la déclaration de la guerre, pour une excentricité de Maureen. « Oh, no ! » Pour le blitz de Londres, la mort d’un chat, le triomphe de l’Angleterre sur l’Irlande au Tournoi des Cinq Nations ou l’écart incongru d’un cheval comme celui qui, plus tard, devait définitivement lui rendre la vie insupportable.
C’était peut-être aussi ce qu’elle avait pensé, à dix-sept ans, le jour où le baronet Oakwood, qui avait vingt-cinq ans de plus qu’elle, l’avait épousée, après l’avoir gagnée aux dés contre son père avec lequel il chassait le renard. C’est ainsi qu’elle avait quitté son Galway natal pour le Sussex où les renards ne manquaient pas. Edward et Maureen étaient nés, ce dont Bénie s’était toujours étonnée car il lui était difficile d’imaginer que Lady Oakwood ait pu jouer à la bête-à-deux-dos ni même accoucher. Non, rien, dans sa personne ne permettait de soupçonner qu’elle se soit jamais livrée à de semblables gesticulations. Oh, no !
Elle s’était suicidée à quatre-vingt-deux ans, après avoir soigneusement empoisonné tous ses chats et lâché ses chevaux dans la campagne. Un matin, sa femme de chambre avait trouvé un papier épinglé sur la porte de sa chambre et une enveloppe posée par terre. Sur la porte, le message était bref : « Marjorie, n’entrez pas : je viens de me tuer. Appelez mon médecin et faites parvenir cette lettre à mes enfants. »

La lettre destinée à Edward et Maureen n’était guère plus longue. « Ma mémoire baisse et je suis tombée de cheval, hier. Rassurez-vous, personne ne m’a vue. Je me suis tuée seule et sans aide. » Signé : « maman ».

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Le bal du dodo – Geneviève Dormann

Aux portes de l’éternité – Ken Follett


Dernier tome de cette trilogie  « Le siècle »

J’écris ce billet après mes vacances et donc 3 semaines après la lecture…
Ce que j’en retiens ?
Le personnage le plus intéressant est sans conteste Jake, le fils métis de Greg Pechkov : on le suit pas à pas dans la dure conquête des droits civiques aux USA : je ne connaissais pas par exemple l’épisode des freedoms-riders…
Le contexte historique est toujours aussi passionnant : la guerre froide, le bras de fer entre les Russes et les Américains, l’élection de JFK puis son assassinat, le combat de Martin Luther King, son assassinat…l’histoire bégaie …

Georges avait appris quelque chose et avait l’impression qu’il lui faudrait du temps pour assimiler cette leçon. Les problèmes politiques étaient plus imbriqués qu’il ne l’avait imaginé jusqu’ici. Il avait toujours cru que des questions comme celles de Berlin et de Cuba étaient distinctes et n’entretenaient que peu de rapport avec celles des droits civiques et de la couverture maladie, par exemple. Or le président Kennedy n’avait pu régler la crise des missiles cubains sans réfléchir aux répercussions que ces décisions pourraient avoir en Allemagne. Et s’il avait échoué à Cuba, le résultat des élections de mi-mandat aurait affecté son programme de politique intérieure et l’aurait empêché de faire passer une loi sur les droits civiques. Tout était lié.

En Allemagne, à Berlin, la famille de Walli est séparée par le mur. Les allemands de l’est sont terrorisés par la Stasi. Les épisodes en Russie et Allemagne de l’Est font froid dans le dos. Dimitri proche de Khrouchtchev espère une amélioration et une modernisation de son pays : las, il sera remplacé par de vieux tyrans.

Quel gâchis quand même…

A partir de années 80, il s’agit de faits que j’ai vu se « passer » aux infos :  l’essai de démocratie en Pologne vite réprimée par Jaruzelski, la chute du Mur de Berlin….captivant de les revivre avec les personnages de Ken Follett.

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Même si les personnages m’ont paru moins «  proches » que dans les deux tomes précédents, un excellent dernier livre.

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Lecture d’été pour le « voyage destination PAL » chez Liligalipette et pour le pavé de l’été Chez Brize (928 pages) et « lire sous la contrainte » chez Philippe (Trilogie de l’été)